vignette|redresse=1.2|Rue de Montréal déneigée.

Le déneigement est un travail consistant à déblayer la neige. Ce travail implique principalement d'enlever la neige sur et autour des habitations, des voies carrossables et des trottoirs. Le déneigement des routes se fait généralement en repoussant la neige le long de la bordure de la route, en l'emportant ensuite dans des camions et en effectuant finalement le salage des routes.

Le déneigement des rues et des routes se fait à l'aide de véhicules spécialisés par les services publics municipaux, régionaux et nationaux de voirie ; ou par des entreprises privées engagées par les autorités. Les voies et les accès privés sont, quant à eux, laissés au soin des propriétaires qui font le déneigement personnellement ou le donnent à contrat à des firmes spécialisées. Le déneigement s'inscrit ainsi dans le contexte de la viabilité hivernale, pour le maintien des conditions de sécurité et la continuité des activités économiques.

Histoire thumb|right|Déneigement manuel à la pelle après des chutes record de de neige à Montréal (Canada) le 27 décembre 2012 La neige est un obstacle à la circulation routière et piétonnière même en faible quantité. De plus, les fortes accumulations de neige sur certaines structures, comme les toits et les balcons d’édifices, causent des surpoids qui peuvent mener à des bris structurels de ceux-ci.. Les ponts et les routes en montagne peuvent être emportés par une avalanche, qui peut être parfois évitée en ne laissant pas la neige s'accumuler. Le déneigement est donc un travail nécessaire pour la santé et la sécurité de la population.

Dans la période antérieure aux grands ensembles urbains dans les régions fortement exposées à l'enneigement, les peuplades nomades ou sédentaires utilisaient en général des sentiers pour se déplacer et des moyens rudimentaires de transport. La notion de dégagement des voies de communications n'existait pas vraiment, et des moyens de transport permettant de « surnager » la neige étaient utilisés, plutôt que de lutter contre celle-ci. Ainsi les raquettes, skis, traîneaux ont été développés pour le transport en hiver depuis plus de quatre mille ans ...

En revanche, le besoin de garder les habitations accessibles, même après une tempête de neige, a poussé les gens des pays où la neige s'accumule en hiver à adopter une architecture et une orientation de leurs abris qui réduit la formation de congères au minimum près de ceux-ci, en tenant compte du fait que la neige est soufflée dans les endroits très venteux et qu'elle retombe dans les zones d'accalmie. Ils ont développé des maisons basses et plates, aux formes plus ou moins effilées et orientées dans le sens du vent dominant, de telle sorte que la neige passe tout autour et aille se déposer à une bonne distance de l'entrée, qui se retrouvait dans la zone sous le vent..

Avec le développement urbain, il devint difficile de laisser la nature évacuer le trop-plein de neige. Les déplacements en montagne étaient également très problématiques. La méthode utilisée, de l'Antiquité jusqu'au à travers le monde, était de repousser le surplus de neige sur le bas-côté de la route et de durcir le fond afin d'obtenir une surface plus unie pour les traîneaux..

thumb|Chargement à la pelle de la neige sur des wagons de chemin de fer lors du blizzard de 1888 à New York. Les problèmes en Europe affectaient surtout les pays d’Europe du Nord, dont les pays scandinaves et la Russie, et les routes de montagne. Après l'arrivée des premiers colons au Canada et dans le nord des États-Unis, ces nouveaux habitants ont observé des hivers très froids et très longs qui apportaient de la neige en quantité sur tout leur territoire. Dans les Treize Colonies britanniques d'Amérique du Nord, devenues États-Unis, aux , les neiges hivernales étaient considérées comme une manifestation de la Providenc; les habitants ne disposant que de pelles en bois pour déblayer la neige ont appris à l'utiliser en se servant de traîneaux et de luges pour faciliter le transport.

Avec le développement et l'accroissement de la densité de population dans les pays où la neige s'accumule durant une partie de l'année, en particulier après la révolution industrielle, il est devenu nécessaire d'assurer le déblaiement des routes, des rues des villes et du pourtour des bâtiments. Ainsi au Canada au début du , le déneigement était effectué à l'aide de pelles et de pioches lors de corvées où toute la population s'entraidait pour déblayer les chemins. La neige était chargée dans des sortes de traîneaux tirés par des chevaux, et ceux-ci la transportaient dans des endroits conçus pour contenir toute cette neige. Ce qui restait sur la route était piétiné. Les habitants ne pouvaient vaquer à leurs occupations quotidiennes tant que le déneigement n'était pas fini, car cette corvée de déneigement était obligatoire.. À la fin du , dans les grandes villes comme Montréal ou New York, ce sont des ouvriers engagés qui réalisaient ce travail, et de la machinerie comme des chasse-neiges tirés par des chevaux commençait à être utilisé... Avec le développement du transport ferroviaire aux États-Unis, les compagnies ferroviaires s'équipèrent de chasse-neiges. Cependant, leur usage se heurtait parfois à l'opposition des habitants qui préféraient utiliser la voie enneigée comme piste de traîneau..

Au , le développement des véhicules automobiles a entraîné une demande pour un meilleur déneigement dans tous les pays à forte nivolométrie, et la production d'engins lourds pour y répondre s'est rapidement développée. La même évolution s'est produite en Amérique et en Europe. Des tempêtes de neige importantes ont poussé à la révision des procédés de déneigement afin d'éviter la paralysie des grandes villes industrialisées. Jusqu'alors, les autorités responsables attendaient la fin des précipitations ; maintenant, elles effectuent le déneigement continu des principales artères durant les tempêtes. Un des éléments déclencheurs de ce changement en Amérique fut le Blizzard de 1888 à New York, qui poussa la mairie à diviser la ville en sections de déneigement, à enfouir les câbles électriques et téléphoniques et à développer le métro souterrain. Ces méthodes furent bientôt imitées bientôt imités dans les autres grandes villes américaines. Le blizzard de favorisa une nouvelle vague d'innovations dans les techniques de déneigement. Le salage donna lieu à des polémiques à cause de ses effets sur l'environnementBlake McKelvey, Snow in the Cities, University of Rochester, 1995, p. xviii-xix .

Les grands centres urbains et les routes ne sont pas les seuls à requérir le déneigement. Dès le milieu du , les compagnies de chemin de fer ont dû trouver des moyens de dégager les voies ferrées. Des locomotives spécialisées ont été construites, certaines avec un éperon chasse-neige, d'autres avec une turbine pour souffler la neige. À partir des années 1920, le développement de l'aviation a entraîné celui de machines et de techniques spécialisées pour dégager les pistes des aérodromes.

Dans les Alpes françaises, les premiers outils de déneigement utilisés sur les routes fréquentées par les automobiles des touristes désireux d'aller dans les stations de sports d'hiver furent des triangles en bois traînés par des chevaux ; les engins de déneigement se sont ensuite mécanisés et ont eu une évolution constante, avec une adaptation des machines selon les différentes contraintes rencontrées. Il arrive que les contraintes climatiques et de déneigement obligent à fermer certaines routes pendant les mois d'hiver, comme des routes secondaires passant par des cols de montagne peu fréquentés, tels le col du Galibier. Vers le milieu du , des laboratoires d'étude sont créés dans plusieurs pays (comme la Suède, la Suisse et la France) afin de mieux connaître les propriétés de la neige et ses transformation, et d'étudier du matériel de déneigement comme les chasse-neige. Les chasse-neige mécaniques sont alors des engins montés sur roues ou chenilles et possédant le dispositif de déneigement ; il pouvait s'agir dans les premiers temps de camions ou d'autocars de lignes régulières mais le véhicule devient bien vite un engin spécialisé. Les conditions de déneigement nécessitent le développement de différents types d'engins : à soc pour repousser la neige sur les côtés de la voie, ou bien à évacuation (de type pelleteuse, à turbine ou à fraise).

Déneigement des entrées, rues et routes

Contrairement à la pluie, qui peut être évacuée grâce à un réseau d'égouts collecteurs qui utilise la gravité pour effectuer le travail, la neige nécessite des manipulations recourant à la machine et au travail de nombreuses personnes. Le déneigement peut représenter des coûts considérables.

Épandage de fondants thumb|Épandeuse en Europe.

En début de précipitations, si la température est près du point de congélation, l'épandage de sel de déneigement permet de faire fondre l'accumulation, qui est ensuite évacuée par les égouts.. Ceci peut être la seule étape de déneigement si la quantité de neige est faible. Cette technique est utilisée après une forte chute de neige, lorsque la plus grande partie a été retirée par des engins lourds et qu'il reste à éliminer le mince couvert restant sur la route.

Le sel (chlorure de sodium) épandu absorbe l'humidité de l'air et de la neige qui l'entoure, dans une réaction chimique endothermique, de sorte que le mélange se refroidit en formant une saumure. Cette dissolution initiale du sel pour former une saumure est d'autant plus rapide que la circulation effectue un brassage plus intense.. Le sel a la propriété d'abaisser le point de congélation de l'eau et la neige qui fond ensuite au contact de la saumure reste sous forme liquide. Cependant, la concentration en sel diminue à mesure que de la neige fond, ce qui diminue son efficacité. À partir de , il n'y a généralement pas assez d'humidité dans l'air pour enclencher le processus et les services de déneigement épandent alors une saumure déjà préparée. En laboratoire, le chlorure de sodium (en grande quantité) empêche la formation de glace jusqu'à ; aux dosages employés sur route, à partir de , la réaction chimique cesse de produire la fonte désirée. Les épandeuses déversent donc un mélange de sel et d'abrasifs (gravillons, sable, scories, déchets de carrière) pour rendre la couche de neige assez rugueuse pour permettre une adhérence suffisante des pneus des automobiles. D'autres fondants permettent de pallier les défauts (prise d'humidité, corrosion) du sel.

Déblaiement thumb|Chenillette pour trottoir, à Ottawa. thumb|left|Chasse-neige pour dégager une rue à Québec.

Quand la quantité de neige est suffisamment importante pour que l'épandage de sel ne permette pas de l'éliminer complètement, les déneigeurs recourent au déblaiement. Généralement, le passage à cette étape se fait quand l'accumulation atteint ou dépasse 2 à 3 centimètres (cm), surtout si le taux de précipitations est important.

L'objectif est de garder libres de neige les voies d'accès ou les structures critiques. Un particulier peut utiliser une pelle, une pelle-traîneau ou une souffleuse à neige pour projeter la neige en congères de chaque côté d'une voie privée à déblayer. En revanche, pour libérer les rues et les routes, les services publics utilisent des engins lourds : chasse-neige, chenillettes de trottoirs, niveleuses, tracteurs-chargeurs pour former des andains ou banquettes de neige.

Un particulier attend généralement la fin des précipitations pour commencer à déblayer un accès privé, mais les services publics préfèrent déblayer plusieurs fois les artères principales afin de maintenir la circulation automobile et piétonne fluide.