Calligrammes, sous-titré Poèmes de la paix et de la guerre 1913-1916, est un recueil de poésie de Guillaume Apollinaire publié le aux éditions Mercure de France et contenant de nombreux calligrammes.
Composition Les poèmes de Calligrammes sont composés entre 1912 et 1916. Apollinaire les organise en six partiesEn 1917, un bulletin de souscription n'évoque que quatre parties (Ondes ; Étendards ; Case d'Armons ; La Tête étoilée). sur base chronologique : Ondes ; Étendards ; Case d'Armons ; Lueurs des Tirs ; Obus couleur de Lune ; La Tête étoilée.
La première partie (Ondes) rassemble des poèmes écrits avant la guerre : poèmes-conversations, qui fonctionnent comme des enregistrements ; poèmes simultanés, d'inspiration cubiste ; « idéogrammes lyriques » (rebaptisés par la suite calligrammes).
Les poésies de la seconde partie (Étendards) ont été écrites entre la déclaration de guerreLe premier poème (La Petite Auto) évoque le retour vers Paris, en compagnie d'André Rouveyre, à l'annonce de la mobilisation. Les deux amis étaient en déplacement à Deauville pour un reportage. et le départ d'Apollinaire pour le front (). Cette section contient de nombreux calligrammes typographiques ou manuscrits.
La troisième partie (Cases d'Armons) est écrite dans les tranchées et Apollinaire la publie pour ses camarades, dans des conditions artisanales, en . Elle contient aussi de nombreux calligrammes ou manuscrits.
La quatrième partie (Lueurs des Tirs) date de la période septembre-, à l'exception des sept premiers poèmes, écrits à la demande de Marie Laurencin, à qui Apollinaire les fait parvenir le (sous le titre Le Médaillon toujours fermé). Cette partie ne contient aucun calligramme typographique Les poèmes de la section suivante (Obus couleur de lune), écrits entre et , sont présentés sans ordre chronologique. Elle contient quelques calligrammes typographiques.
Enfin, la dernière partie (La Tête étoilée), comporte trois poèmes écrits après la blessure d'Apollinaire à la tempe. Elle ne contient que cinq calligrammes typographiques regroupés sur la même page, sous le titre Éventail de Saveurs.
Genèse et publication Certains poèmes voient le jour avec Calligrammes, mais avant que l'ensemble ne paraisse, en , au Mercure de France, de nombreux textes le composant ont été publiés dans des revues littéraires. Outre les publications ponctuelles, Apollinaire en fait paraître un large extrait dans Le Mercure de France le sous le titre Lueurs des Tirs — Aux armées 1915-1917. En , il publie dans La Grande Revue un ensemble de treize poèmes, intitulé Poèmes de Guerre et d'Amour.
La première édition contient en frontispice la reproduction d'un portrait représentant Apollinaire signé Pablo Picasso. Le recueil est dédié à René Dalize, ami d'enfance d'Apollinaire, mort à la guerre, à qui il rend hommage dans sa dédicace: .
Apollinaire l'évoque dans les calligrammes La Colombe poignardée et le Jet d'eau :
Préface inédite Apollinaire avait prévu pour cet ouvrage un « Avertissement de l’auteur » resté inéditUne page mise en vente à Drouot, le 22 octobre 2024 par la maison Magnin Wedry, avec une estimation de 3 000/ 4 000 €. Provenant de la collection privée de Bernard Poissonnier (1898-1993)..
C'est également dans cette préface que le poète précise les conditions artisanales qui ont présidé à la publication, sur le front, de Case d'Armons, recueil de ses 21 poèmes d'artilleur, reprographié à la gélatine, en 25 exemplaires, au bureau de sa batterie.
Les calligrammes Le recueil se distingue par la présence de nombreux poèmes ou strophes « calligrammatiques » qui font intervenir le plus souvent la typographie (parfois l'intervention manuscrite) pour conférer au texte une dimension visuelle supplémentaire, figurative ou non, souvent poétique ou sensuelle, quelquefois humoristique. Les césures inattendues imposées par la forme ouvrent en outre la porte à de nouvelles lectures du texte.
Cette innovation s'inscrit dans une réflexion déjà ancienne sur la disposition typographique en poésie (Goncourt, Baudelaire, Gide, Mallarmé en France, les futuristes et leurs « mots en liberté » en Italie). Apollinaire avait d'ailleurs annoncé, courant 1914, la parution d'un recueil d'« idéogrammes lyriques » dédié à son frère Albert et intitulé Et moi aussi, je suis peintre !, opuscule-manifeste d'un « art de synthèse qui [serait] l'Art unique »’.
Dans une lettre à André Billy, Apollinaire, se défendant de tout projet destructeur du vers classique, explique :
Extraits
Commentaires vignette|upright=1|alt=alternative textuelle|droite|La Colombe poignardée et le Jet d’eau
Selon Laurence Campa, l'accueil du recueil a été mitigé lors de sa première publication : l'innovation formelle est mal comprise et les poèmes paraissent tantôt trop légers tantôt pas assez critiques vis-à-vis de la Première Guerre mondiale..
Michel Butor a préfacé les éditions de 1966, 1994 et 1995..
Notes et références
Annexes
Bibliographie . Bernard Holtzmann, « Calligramme », Encyclopædia Universalis, consulté le . (lire en ligne
Liens externes Histoire des arts. Thématique Art, Ruptures, Continuités. Document : La colombe poignardée et le jet d’eau, recueil Calligrammes, 1918 La Tour Eiffel -Apollinaire- Calligramme Apollinaire, un poète graphiste
Catégorie:Recueil de poèmes en français Catégorie:Livre paru en 1918 Catégorie:Œuvre poétique de Guillaume Apollinaire Catégorie:Littérature sur la Première Guerre mondiale