Le prieuré Saint-Georges de Gesnes est un ancien prieuré bénédictin situé à Gesnes, dans le département de la Mayenne, en région Pays de la Loire. Fondé au Moyen Âge, il dépend de l'abbaye Notre-Dame d'Évron à partir de 1125. Le logis prioral actuel est principalement issu d'une reconstruction du milieu du , menée sous des prieurs de la famille de Bouillé, dont il conserve les armoiries.

Le bâtiment conserve notamment un escalier en vis et des cheminées monumentales à décor sculpté et héraldique. Il a été étudié en 1986 dans le cadre de l'Inventaire général du patrimoine culturel.

Parmi les titulaires du bénéfice figure Antoine François Prévost, dit l'abbé Prévost, auteur de Manon Lescaut, prieur de Gesnes de 1754 à 1763. Il ne réside cependant pas au prieuré et en perçoit essentiellement le revenu.

Histoire

Origines médiévales Le prieuré Saint-Georges est fondé au par l'abbaye Saint-Nicolas d'Angers. Il dépend de l'abbaye bénédictine Notre-Dame d'Évron à partir de 1125.

Le prieuré possède notamment une annexe à Châlons. Une chapelle latérale du chœur de l'église paroissiale est attribuée au prieur, auquel incombent diverses obligations liturgiques. Les sources mentionnent également, en 1671, une obligation relative au bois destiné au pont de Gesnes sur la Jouanne.

La résidence d'un prieur à Gesnes est attestée en 1422. Denis Poisson est mentionné en 1468.

Les Bouillé et la reconstruction du logis Plusieurs membres de la famille de Bouillé se succèdent à la tête du prieuré au . Georges de Bouillé est attesté en 1538. Charles de Bouillé résigne en 1558. Bertrand de Bouillé, neveu de Charles, prend possession du bénéfice le et se démet en 1559 dans la maison priorale. Un autre Charles de Bouillé devient prieur en 1559, puis Claude de Bouillé en 1567.

La notice de l'Inventaire général date la principale campagne de construction du logis actuel du milieu du et indique que la maison priorale est reconstruite vers le milieu du XVIe siècle pour Bouillé, dont elle porte les armes.

La succession de plusieurs Bouillé à la tête du prieuré ne signifie pas que celui-ci constitue alors une propriété privée de la famille : il demeure un bénéfice ecclésiastique. Les armes des Bouillé témoignent néanmoins de leur rôle dans la campagne de reconstruction et de décoration du logis.

Décor héraldique Les armes de la famille de Bouillé sont sculptées sur le logis. L'Inventaire général les décrit comme un écu « chargé d'une fasce frettée et de deux burelles ». Une source historique signale ces armes sur le portail et les cheminées, avec cartouches et supports.

Dans l'une des chambres, l'écu des Bouillé est décrit comme accompagné d'un second écusson « chargé de deux pals ». L'identification de ce second écu n'est pas établie.

Le décor intérieur comporte des cheminées sculptées dont les pilastres ont été rapprochés du vocabulaire Renaissance de la galerie du château du Rocher, à Mézangers, également associé aux Bouillé.

Du Après Claude de Bouillé se succèdent notamment Jacques Fouyn, Pierre Gaignery et Jean du Bellay. Plusieurs nominations donnent lieu à des contestations concernant la possession du bénéfice.

René de Maulny est inhumé dans le chœur de l'église de Gesnes le . Éléonor de Bouillé, seigneur de Chelé et prieur de Torcé, est ensuite titulaire de Gesnes avant de se démettre en 1667.

Michel Amelot de Gournay, archevêque de Tours et abbé d'Évron, devient prieur de Gesnes en 1682 et résigne en 1686. Jean-François de Marescot lui succède, puis Charles-René de Marescot en 1721.

L'abbé Prévost Après Joseph-Pierre de Villards puis Gilles Lemesle, le bénéfice est attribué en 1754 à Antoine François Prévost, dit l'abbé Prévost. L'auteur de Manon Lescaut demeure titulaire du prieuré jusqu'à sa mort en 1763.

Il ne semble pas avoir habité Gesnes : la source historique indique qu'il se contente d'en percevoir le revenu. Jean-François-Robert Denise lui succède en 1763, puis César-Jérôme de Couasnon de la Barillère en 1777.

Révolution française Le prieuré est pris à ferme en 1786 pour 3 500 livres.

Après la nationalisation des biens ecclésiastiques pendant la Révolution française, il est vendu comme bien national le au sieur Leforestier pour 63 877 livres. La vente comprend également les métairies du Pont et de la Roussardière ainsi que la closerie de la Jariais.

Époque contemporaine Le prieuré appartient à la famille Boisseau en 1828. Le logis est ultérieurement complété par deux pavillons latéraux moins élevés que le corps Renaissance.

Une enquête de l'Inventaire général du patrimoine culturel est réalisée en 1986. La notice correspondante est enregistrée sous la référence Mérimée IA00034093.

Architecture

Logis prioral Le logis est principalement daté du milieu du . Il est construit en grès et moellon et couvert d'ardoise. L'Inventaire général décrit un sous-sol, un étage carré et un étage de comble, avec une élévation à travées.

La couverture associe toit à longs pans, croupe, appentis et toit en pavillon. La circulation verticale est assurée par un escalier hors-œuvre en vis sans jour.

Décor sculpté et cheminées La sculpture constitue l'un des principaux éléments patrimoniaux du logis. Le décor est notamment héraldique et fait apparaître les armes des Bouillé.

Les cheminées intérieures comportent des pilastres sculptés, des compositions armoriées, des cartouches et des supports. Le rapprochement avec le décor Renaissance du château du Rocher à Mézangers est signalé dans la documentation historique.

Dépendances L'Inventaire général mentionne une cour, des communs et une remise, mais les classe comme « parties constituantes non étudiées ». Leur datation ne peut donc être déduite de cette notice.

Héraldique L'Inventaire général décrit les armes des Bouillé présentes au prieuré comme un écu chargé d'« une fasce frettée et de deux burelles ».

Principaux prieurs connus Denis Poisson, attesté en 1468 ; Georges de Bouillé, attesté en 1538 ; Charles de Bouillé, jusqu'en 1558 ; Bertrand de Bouillé, 1558-1559 ; Charles de Bouillé, 1559-1567 ; Claude de Bouillé, 1567-1572 ; Jacques Fouyn, à partir de 1572 ; Pierre Gaignery, à partir de 1575 ; Jean du Bellay, à partir de 1576 ; Grégoire de la Goupillère, à partir de 1597 ; René de Maulny, mort en 1641 ; Éléonor de Bouillé, jusqu'en 1667 ; François de Crochard, à partir de 1667 ; François Lemeusnier, à partir de 1670 ; Charles Amelot, à partir de 1673 ; Michel Amelot de Gournay, 1682-1686 ; Jean-François de Marescot, 1686-1721 ; Charles-René de Marescot, 1721-1731 ; Joseph-Pierre de Villards, 1731-1752 ; Gilles Lemesle, 1752-1754 ; Antoine François Prévost, 1754-1763 ; Jean-François-Robert Denise, 1763-1777 ; César-Jérôme de Couasnon de la Barillère, à partir de 1777.

Inventaire patrimonial Le prieuré est recensé par l'Inventaire général du patrimoine culturel. L'enquête topographique date de 1986 et la notice individuelle porte la référence IA00034093.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Gesnes Abbaye Notre-Dame d'Évron Antoine François Prévost Prieuré

Liens externes

Bibliographie

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