Sharon Olds, née le à San Francisco est une poétesse américaine.

Elle a reçu de nombreux prix, dont le prix Pulitzer de la poésie en 2013., le National Book Critics Circle Award en 1984, le premier San Francisco Poetry Center Award en 1980 ; elle a été poétesse lauréate de l'État de New York en 1998-2000.. Elle enseigne actuellement l'écriture créative à l'université de New York (NYU)..

Biographie

Jeunesse et formation Sharon Olds est née le à San Francisco, en Californie., et a grandi à Berkeley avec ses frères et sœurs. Elle a été élevée comme une « hellfire Calvinist », écrit-elle.. Son père, comme son père avant lui, était un alcoolique qui a été souvent été violent envers ses enfants. Dans son œuvre elle fait souvent référence à la fois (ou peut-être les fois) où son père l'a attachée à sa chaise.. Sa mère était incapable, peut-être parce qu'elle avait trop peur, de venir en aide à ses enfants.

Sharon Olds est élevée dans un environnement strictement religieux, où règnent la censure et la retenue. Elle ne va pas au cinéma, et sa famille ne possède pas de télévision. Quant à la littérature, Olds raconte qu'une fois, elle remporte un concours de chant dans la chorale de l'église : . Elle aime les contes de fées, et aussi lire Nancy Drew et Life. En ce qui concerne sa propre foi et l'influence qu'a pu avoir sur elle l'art littéraire religieux, elle dit qu'elle est par nature , et précise . Elle ajoute:

Sharon Olds est scolarisée à l'est, à Wellesley (Massachusetts), dans une école de filles, la Dana Hall School, qui compte une impressionnante liste d'anciennes élèves.. Elle y étudie principalement la littérature anglaise, l'histoire et l'écriture créative. Ses poètes préférés sont William Shakespeare, Emily Dickinson, Walt Whitman, et Edna St Vincent Millay, mais c'est Howl et Autres Poèmes d'Allen Ginsberg qu'elle transporte dans son sac pendant sa seconde.

Pour sa licence, Sharon Olds revient en Californie où elle obtient son diplôme à l'Université de Stanford en 1964. Ensuite elle traverse de nouveau le pays pour passer sa thèse en 1972, à l'Université Columbia de New York. Sa thèse a pour thème la prosodie d'Emerson, car elle apprécie sa façon de défier les conventions.

Après sa thèse, Olds se détache de tout ce qu'elle croyait « savoir » sur les conventions poétiques. Libérée, elle commence à écrire sur sa famille, les relations abusives, le sexe, en se focalisant sur son travail et non sur la réaction du public. Olds a déjà dit qu'elle était davantage influencée par le travail de poètes comme Galway Kinnell, Muriel Rukeyser et Gwendolyn Brooks que par le confessionnalisme d'Anne Sexton ou Sylvia Plath. Sur Plath, Olds commente : , mais si ces femmes ont cartographié magistralement la place des femmes dans le monde, Olds ajoute .

Vie privée Le elle épouse le David Douglas à New York. Ils ont le premier de leurs deux enfants en 1969. En 1997, après 32 ans de mariage, ils divorcent, et Olds déménage dans le New Hampshire, revenant à New York trois jours par semaine. Elle continue alors à occuper le même appartement de l'Upper West Side dans lequel elle a vécu quarante ans, pendant qu'elle travaillait comme Professeure à l'Université de New York. Dans le New Hampshire elle habite à Graylag Cabins, à Pittsfield, avec Carl Wallman, son partenaire depuis sept ans, ancien éleveur de bétail.

En 2005, la première dame Laura Bush invite Sharon Olds au Festival national du livre de Washington, D.C.. Olds refuse l'invitation dans une lettre ouverte publiée le dans The Nation. La lettre se termine ainsi : .

Carrière littéraire Olds envoie son premier poème à un journal littéraire et reçoit cette réponse :

Olds publie son premier recueil, Satan Says, en 1980, à 37 ans. Satan Says campe la candeur sensuelle et sexuelle qui court dans la plupart de ses œuvres. Dans The Sisters of Sexual Treasure, elle écrit : .

Le recueil se compose de quatre parties : Daughter (Fille), Woman (Femme), Mother (Mère), et Journeys (Voyages). Ces titres reflètent l'influence de la vie familiale, que l'on retrouve dans la plupart de ses œuvres.

The Dead and the Living (Les vivants et les morts) est publié en . Ce recueil se compose de deux parties, Poems for the Dead (Poèmes pour les morts) et Poems for the Living (Poèmes pour les vivants). La première partie commence par des poèmes sur toutes sortes d'injustices, comme le génocide arménien pendant la Première Guerre mondiale, l'émeute raciale de Tulsa en 1921, le règne de Mohammad Reza Shah Pahlavi, et même la mort de Marilyn Monroe. Au sein de ce recueil, le poème The Fear of Oneself (La peur de soi-même) reflète les opinions politiques de Olds. Bien que son œuvre ait été critiquée pour être trop égocentrique, certains critiques écrivant même qu'elle est obsédée par elle-même, on trouve cependant des commentaires politiques dans ses poèmes. Dans ce poème, Olds parle du niveau de « courage » qu'il faut pour résister à la torture pour protéger ses enfants. Elle frémit en pensant à : .

Cette imagerie négative de la torture résume son opinion à ce sujet. Olds refuse en 2005 une invitation d'aller faire une lecture à un salon du livre à la Maison Blanche, en raison de ses divergences politiques avec l'administration Bush. Dans sa lettre de refus, Olds écrit : . Dans ce contexte, ce poème est davantage qu'une exploration du courage personnel, il est aussi une critique forte des atrocités de la guerre. Voici encore un extrait de la lettre de Olds : .

Le recueil The Wellspring (La source) (1996), comme les précédents, utilise une langue brute et des images surprenantes pour exprimer des vérités sur la violence aussi bien domestique que politique, et sur les relations familiales. Un critique du New York Times loue ce recueil : . Alicia Ostriker écrit qu'Olds retrace l'. Ostriker poursuit :

Stag's Leap (Le bond du cerf) paraît en 2013. Les poèmes qui le composent ont été écrits en 1997, après son divorce, et traitent essentiellement de son mari, parfois de sa maîtresse. Ce recueil gagne le prix de poésie T. S. Eliot. Elle est la première Américaine à gagner ce prix. Le recueil est également récompensé du prix Pulitzer de la poésie.

Il existe plus de 100 anthologies de l'œuvre de Sharon Olds, aussi bien dans des manuels de littérature ou de poésie, que dans des éditions spéciales. Elle est traduite dans sept langues et publiée à l'international. Son recueil Odes (2016) a été traduit en français aux éditions Le corridor bleu par Guillaume Condello.

Féminisme Olds n'a pas pris part au mouvement Women's Lib à ses débuts, mais elle dit :

Œuvres

1987 : The Gold Cell 1987 : The Matter of This World 1991 : The Sign of Saturn 1992 : The Father 1996 : The Wellspring 1999 : Blood, Tin, Straw 2002 : The Unswept Room 2004 : Strike Sparks: Selected Poems 1980–2002 2008 : One Secret Thing 2012 : Stag's Leap 2016 : Odes 2017 : Penguin Modern Poets 3: Your Family, Your Body by Malika Booker, Sharon Olds, Warsan Shire 2019 : Arias

Traduction en français Odes, traduit par Guillaume Condello, Le Corridor bleu, Collection S!NG, 2020.

Prix et distinctions

2022 : récipiendaire de la médaille Robert Frost décernée par la Poetry Society of America..

Notes et références

Liens externes

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