Reutlingen est une ville dans l'État (Land) allemand de Bade-Wurtemberg. La ville se situe environ à 40 km de Stuttgart, environ 60 km à l'ouest d'Ulm et 180 km de Strasbourg.

Géographie Reutlingen est entourée du Jura souabe (directement derrière les villes d'Eningen unter Achalm et Pfullingen), elle est traversée par un cours d'eau, l'Echaz, et possède deux monts de et , respectivement le mont Achalm et le Georgenberg.

La ville est subdivisée en douze quartiers et bourgs, énumérés ci-dessous avec leur blason.

40px|Wappen Altenburg Altenburg 40px|Wappen Betzingen Betzingen 40px|Wappen Bronnweiler Bronnweiler 40px|Wappen Degerschlacht Degerschlacht 40px|Wappen Gönningen Gönningen 40px|Wappen Mittelstadt Mittelstadt 40px|Wappen Oferdingen Oferdingen 40px|Wappen Ohmenhausen Ohmenhausen 40px|WappenReicheneck Reicheneck 40px|Wappen Rommelsbach Rommelsbach 40px|Wappen Sickenhausen Sickenhausen 40px|Wappen Sondelfingen Sondelfingen

Histoire Appartenances historiques 1143–1240 (Ville libre) 1240-1803 1803–1806 1806–1871 1871–1918 1918–1933 1933–1945 Allemagne occupée 1945–1949 1949–1990 1990–présent Moyen Âge En 1030 un premier château fort fut érigé par le Graf (comte) Egino au sommet du Hausberg (la montagne mère) de Reutlingen, appelé mont Achalm. Ce château fort tomba en ruines au et fut rasé durant la guerre de Trente Ans. Il n'en reste aujourd'hui que les fondations en ruines, mais le donjon fut rebâti en 1838 (le travail de rénovation historique et le besoin de mémoire ont commencé en Allemagne bien plus tôt qu'en France) et sert aujourd'hui de belvédère, offrant un point de vue exceptionnel sur le bord du Jura souabe et le Albvorland (plaine).

Temps modernes Au début du protestantisme luthérien, Reutlingen se rallia massivement aux idées réformatrices.

Dès 1519, Mathäus Albert prêcha les thèses de Luther et fut surnommé le Luther Souabe. Reutlingen resta depuis lors un important fief du protestantisme du Bade-Wurtemberg (catholique). La ville devint membre en 1529 de l'alliance de la minorité protestante, et fut avec Nuremberg en 1530 l'une des deux villes libres du sud de l'Allemagne à signer le confessio Augustana à Augsbourg. Les juifs et catholiques furent alors bannis.

Époque contemporaine Au , la première communauté catholique se réinstalla à Reutlingen (1823), et l'on comptait catholiques en 1900.

Du statut de ville libre à l’annexion au Wurtemberg thumb|Rue du centre-ville de Reutlingen. Dans la première moitié du , sous le règne de l'empereur Maximilien , Reutlingen devint terre d'asile pour les meurtriers - à condition qu'ils aient agi sans préméditation - et la classification de ville libre fut par la suite décrétée, son autonomie lui étant garantie par l'empereur du Saint-Empire romain germanique ; cette autonomie perdurera jusqu'en 1802.

En 1726 survint la plus grosse catastrophe de la ville, puisque celle-ci fut détruite a plus de 80 % lors d'un incendie, faisant perdre leur toit à familles.

Dans le cadre des guerres napoléoniennes, la ville perdit son statut et son autonomie au profit de la famille Württemberg à cause de sa résistance à l'envahisseur… À l'époque étaient intégrés les villages de Betzingen, Bronweiler, Ohmenhausen, Wannweil, Stockach et Ziegelhausen à la « ville libre de Reutlingen », et profitaient de la même autonomie (Gomaringenet Hinterweiler en firent aussi partie jusqu'en 1648, mais à la suite de la guerre de Trente Ans, la ville endettée dut les vendre à la famille Württemberg). En 1802, à la suite de l'annexion, les villages nommés précédemment prirent le statut de commune.

La guerre civile de 1848, le printemps des peuples, eut peu de répercussions à Reutlingen, qui (à cause de son passé de ville libre dépendant de l'Empereur) est par ailleurs toujours restée très fidèle (politiquement parlant) au pouvoir central.

L'industrialisation de la ville débuta tard, mais à toute vapeur, avec la mise en service de la ligne de chemin de fer Stuttgart-Plochingen, le (Neckar-Alb-Bahn), en 1859. À la fin du , la ville devint un fief socialiste à l'avant-garde des mouvements de défense des travailleurs.

Reutlingen sous le national-socialisme Après la prise de pouvoir du NSDAP en 1933, la ville sombra dans le national-socialisme : prise de pouvoir dans les institutions communales, interdiction des syndicats. Richard Dederer, fonctionnaire du NSDAP, devint maire (Oberbürgermeister) et resta à ce poste jusqu'à la libération.

La ville comptait en 1933 des familles juives (env. 100 personnes) et tziganes. En effet, le judaïsme a été banni de la ville durant 350 ans, interdiction qui prit fin dans les années 1860, ce qui explique le faible nombre de familles de cette confession dans la ville. Au milieu des années 1930, l'« aryanisation » des commerces juifs fut ordonnée à Reutlingen (les familles ont ainsi été dépossédées de leur outil de travail au profit d'Allemands « aryens »). En 1942, on ne dénombrait officiellement plus de Juifs à Reutlingen, une bonne trentaine d'entre eux ayant fui à l'étranger, les autres ayant été déportés en camps de concentration et d'extermination. Seuls 8 d'entre eux ont survécu. Les Tziganes sont quant à eux pour la plupart morts à Auschwitz-Birkenau.

Les opposants politiques furent aussi envoyés en camps, en particulier le communiste Fritz Wandel qui séjourna à Dachau, et se rallia par la suite à Kalbfell pour reconstruire et démocratiser la ville, détruite à plus de 25 % par l'aviation alliée.

Kabfell était à la tête d'un mouvement de résistants allemands, qui se rebella contre le pouvoir central et put livrer la ville en aux troupes françaises, évitant à celle-ci de plus amples destructions. Le l'armée française sur ordre du capitaine Max Rouché exécute quatre personnes civiles comme représailles pour la mort non élucidée d'un soldat français.

Après-guerre En 1945, la ville passe sous occupation française et demeure une importante garnison des Forces françaises en Allemagne jusqu'à la fin de la guerre froide. Y ont notamment stationné le 12 régiment de dragons jusqu'en 1955, le régiment de cuirassiers (quartier Daumale), et le 73 régiment d'artillerie puis régiment d'artillerie (quartier Schlesser).

La reconstruction de Reutlingen et sa démocratisation sont étroitement liées à l'action de M. Oskar Kalbskin, son maire de 1945 à 1973.

Éducation L'université de Reutlingen a été fondée en 1855. Ce n'est pas une université comme on peut l'entendre en France, mais une université pour les sciences appliquées, où les études sont ponctuées de semestres de stages, selon le principe de la Fachhochschule, en Allemagne.

Population En 1907, la ville comptait , ce nombre grimpa jusqu'à en 1952. En 1988 la barre des fut atteinte. En , en poursuivant la courbe statistique élaborée par le Bade-Wurtemberg, ce nombre devrait être passé à .

En , le nombre d'étrangers résident à Reutlingen s'élevait à 15,2 % (soit ), d'après les données de la mairie. La plupart venant de Turquie (), Grèce (), Italie (), Croatie () et Bosnie-Herzégovine ().

Le tableau ci-dessous décrit l'évolution du nombre d'habitants au fil des décennies. Jusqu'en 1733, les chiffres sont le fruit d'estimations et après cette date, ils sont le résultat de recensements et de leur prolongement statistique.

année habitants 1300 4.500 1347 5.000 1542 5.420 1600 5.043 1659 4.376 1733 6.663 ¹ 7.798 ¹ 9.475 ¹ 12.660 ¹ 12.659 ¹ 12.410 ¹ 12.367 ¹ 12.729 ¹ 13.449 ¹ 13.420 ¹ 13.781 année habitants ¹ 14.237 ¹ 15.246 ¹ 16.609 ¹ 17.319 ¹ 18.542 ¹ 19.822 ¹ 21.494 ¹ 23.848 ¹ 29.763 ¹ 25.691 ¹ 25.355 ¹ 28.891 ¹ 30.501 ¹ 33.204 ¹ 38.885 36.562 année habitants ¹ 36.785 ¹ 45.735 ¹ 60.481 ¹ 67.407 73.375 ¹ 79.534 95.289 95.456 97.030 ¹ 98.853 103.687

Politique Conseil municipal Les élections du conseil municipal du ont abouti à la répartition des sièges entre partis politiques suivants : CDU - 12 sièges SPD - 9 sièges Grüne et indépendants - 6 sièges Électeurs libres - 5 sièges WiR (Wir in Reutlingen) - 4 sièges FDP - 2 sièges BMR (Bürgerliche Mitte Reutlingen) - 2 sièges Les FDP et BMR se sont unis.

Maires Voici la liste des différents maires de Reutlingen, suivis de leur parti politique, et de leur titre officiel (car la fonction de maire a été désignée de plusieurs manières différentes au cours des siècles, ainsi que l'étendue de leurs pouvoirs et responsabilités). 1803 - 1804 : Dr. Christoph Jakob Enslin, Amtsbürgermeister 1804 : Karl Wilhelm Kenngott, Amtsverweser 1805 - 1819 : Dr. Clemens Christoph Cammerer, Oberbürgermeister 1819 - 1837 : August Merkh, Oberbürgermeister 1837 - 1845 : Carl Joseph Cammerer, Stadtschultheiß 1845 - 1867 : Wilhelm Grathwohl, Stadtschultheiß 1867 - 1898 : Dr. Carl Julius, Stadtschultheiß 1898 - 1929 : Karl Emil Hepp, Stadtschultheiß 1929 - 1933 : Dr. Ing. Dr. Karl Haller, Oberbürgermeister 1933 - 1945 : , NSDAP, Oberbürgermeister 1945 - 1973 : Oskar Kalbfell, SPD, Oberbürgermeister 1973 - 1994 : , CDU, Oberbürgermeister 1995 - 2003 : , CDU, Oberbürgermeister 2003 - 2019 : Barbara Bosch, Oberbürgermeisterin 2019 - : Thomas Keck, Oberbürgermeister Les maires sont élus pour une durée de huit ans ; le mandat 2003-2011 de Barbara Bosch a été renouvelé en ..

Jumelage La ville de Reutlingen est jumelée avec. :

Export Akademie et l'ISEG - jumelage universitaire

Personnalités nées à Reutlingen Alice Haarburger (1891-1942), peintre allemande Christophe Malavoy (1952-), acteur français Friedrich List (1789-1846), économiste Emil Span (1869–1944), peintre allemand établi au Costa Rica Friedrich Wilhelm Schnitzler (1928-2011), homme politique Rudolf Yelin (1864-1940), peintre Donatien Gouraud (1952-) Médecin spécialiste de rééducation pédiatrique

Curiosité thumb|100px|La Spreuerhofstraße. La Spreuerhofstraße est selon le Livre Guinness des records la rue la plus étroite au monde avec une largeur moyenne d'environ . À son point le plus étroit, la rue ne mesure que de large.

Liens externes

Site officiel de la ville

Notes et références

Catégorie:Ville en Bade-Wurtemberg