La campagne de l’Adriatique durant la Première Guerre mondiale était une campagne navale entre les Empires centraux et les escadres méditerranéennes du Royaume-Uni, de la France, du royaume d'Italie, de l'Australie et des États-Unis.

Caractéristiques Les opérations navales durant la Première Guerre mondiale dans l'Adriatique consistèrent principalement en des bombardements austro-hongrois de la côte orientale de l'Italie et en des incursions sous-marines allemandes et austro-hongroises de plus grande envergure en Méditerranée.

Les forces alliées se limitèrent principalement à bloquer les marines des puissances centrales dans l'Adriatique, ce qui fut un succès en ce qui concerne les unités de surface, mais échouèrent pour les sous-marins qui trouvèrent des ports sûrs et des passages faciles dans et hors de la région durant toute la durée de la guerre. Considéré comme une partie relativement secondaire de la guerre navale de la Première Guerre mondiale, ces opérations immobilisèrent néanmoins des forces importantes.

La campagne de l'Adriatique était également importante parce que, pour la première fois, deux nouvelles armes furent utilisées avec succès dans la guerre, à savoir le torpilleur MAS de Luigi Rizzo qui coula le cuirassé SMS Szent István et la torpille humaine de Raffaele Rossetti qui envoya par le fond le cuirassé SMS Viribus Unitis en 1918.

Histoire 1914 Début de la guerre vignette|droite|Dreadnoughts austro-hongrois à Pola. droite|vignette|Le cuirassé français Jean Bart.

Le , un accord naval franco-anglais fut signé, donnant à la France la direction des opérations navales en Méditerranée. Les restes des forces britanniques de Méditerranée, un croiseur cuirassé, quatre croiseurs légers et 16 destroyers, furent placées sous le contrôle de l'Escadre française de Méditerranée, et les bases de Gibraltar et de Malte furent ouvertes aux Français.

Un jour après la déclaration de guerre de la France à l'Autriche-Hongrie le , une flotte française sous le commandement de l'amiral Augustin Boué de Lapeyrère arriva à Malte. Il avait l'ordre de naviguer avec tous les navires français et britanniques disponibles, de passer en mer Adriatique et d'entreprendre toutes les opérations qu'il jugerait les meilleures contre les ports autrichiens. Lapeyrère décida de surprendre les navires autrichiens en imposant un blocus du Monténégro. La force alliée principale comprenait les cuirassés français Courbet et Jean Bart, et le croiseur Jurien de la Gravière. Deux escadrons français de pré-dreadnoughts, deux escadrons de croiseurs et cinq escadrons de destroyers furent maintenus en appui. Le groupe de soutien britannique comprenait deux croiseurs blindés et trois divisions de destroyers. La force anglo-française a réussi à isoler et à couler le vieux croiseur austro-hongrois SMS Zenta au large de Bar le durant la bataille d'Antivari.n

Pendant la plus grande partie de la fin août, l'essentiel de l'action consista en un simple bombardement de troupes serbes et monténégrines par des navires autrichiens. Le , le pré-dreadnought SMS Monarch bombarda la station de radio française de Budva, tandis que le destroyer SMS Panther bombardait le Mont Lovćen. Le , le Monarch bombarda une station de radio monténégrine au large de Bar, puis une autre station au large du Point Volovica le . Pendant ce temps, une escadre française bombardait les troupes autrichiennes à Prevlaka.

Les forces françaises et monténégrines tentèrent également de ravager Cattaro en septembre, octobre et , et la marine austro-hongroise y fut également appelée, entraînant une défaite décisive pour les Alliés.

Les Français et les Autrichiens passèrent la plus grande partie de ce temps à poser de vastes champs de mines dans les eaux peu profondes de l'Adriatique. La plupart du temps, cette tache fut exécutée par des destroyers de nuit. Plusieurs navires à vapeur heurtèrent ces mines et coulèrent ou furent endommagés.

Le Goeben

En juillet, le croiseur de bataille allemand SMS Goeben navigua vers Trieste depuis Pola. Lui et le croiseur allemand SMS Breslau y étaient ancrés depuis le début de l'été. Le , le Goeben et le Breslau se retrouvèrent à Brindisi, puis se dirigèrent vers Messine pour charbonner. Ils levèrent l’ancre pour Constantinople le , suivi de près par le croiseur britannique .

Le , une flotte austro-hongroise composée de six cuirassés, de deux croiseurs et de 19 destroyers et torpilleurs, sortit de Pola pour escorter le Goeben et le Breslau dans les eaux territoriales austro-hongroises, et rentra au port le jour suivant sans jamais entrer en contact. Le Goeben et le Breslau engagèrent brièvement le HMS Gloucester et la chasse fut abandonnée par les Britanniques. Au , les deux navires de guerre allemands étaient en sécurité dans les Dardanelles et se dirigeaient vers la Turquie.

Hiver En novembre, le sous-marin français réussit à se glisser dans les Bouches de Cattaro jusqu'à la baie de Topla, mais il fut chassé par le destroyer autrichien SMS Blitz et le torpilleur Tb 57T.

Plus tard ce mois-là, le sous-marin français Curie attaqua le barrage du port de Pola et attendit sa chance de s’introduire dans le port. Deux jours plus tard, le , lors d'une tentative pour se faufiler dans le port, il s'empêtra dans un filet anti-sous-marin et ne put se libérer. Forcé de faire surface pour avoir de l'air frais, il fut coulé par le destroyer autrichien et le torpilleur Tb 63T. Il y eut trois victimes. Les Autrichiens ont renflouèrent l'épave entre et . Il fut ensuite réparé et remis en service sous le nom de U-14 en .

Le , le sous-marin tira une torpille sur le cuirassé français Jean Bart au large de l'île de Sazan. Le cuirassé dut se retirer à Malte pour d'importantes réparations.

1915 En février, le destroyer français Dague, escortant le navire de transport Whitehead à Bar, coula après avoir heurté une mine. Ce même mois, le sous-marin autrichien U-12 fut attaqué sans succès au large du cap Mendra par un sous-marin français. Le destroyer autrichien SMS Csikós bombarda les positions monténégrines à Bar avec le Tb 15 et le Tb 68F.

En avril, le sous marin autrichien , commandé par le lieutenant Georg von Trapp, pourchassa le croiseur blindé français Victor Hugo au large de Paxos, mais ne put tirer aucune torpille. Par ailleurs, l’U-5 torpilla le croiseur blindé français Léon Gambetta après une poursuite de deux jours au large de Santa Maria di Leuca, causant dont le contre-amiral Sénès. Seuls 137 marins français survécurent. L’ autrichien torpilla et endommagea le croiseur léger britannique . En outre, le destroyer autrichien SMS Warasdiner bombarda les positions ennemies à Bar.

Bombardement d'Ancône droite|vignette|Province italienne d'Ancône.

Lorsque le royaume d'Italie déclara la guerre à l'Autriche-Hongrie le , la flotte autrichienne réagit rapidement en lançant plusieurs attaques contre la région des Marches en Italie.. Ce jour-là, le destroyer Dinara et le Tb 53T bombardèrent le port d'Ancône. Le destroyer SMS Lika, en mission de reconnaissance entre Pelagosa et le cap Gargano, bombarda le sémaphore et la station de radio de Vieste et tira sur le destroyer italien Turbine. Le , la majeure partie de la flotte autrichienne à Pola navigua en direction de la côte italienne de l'Adriatique. Elle comprenait les dreadnoughts SMS Viribus Unitis, Tegetthoff, Prinz Eugen et huit pré-dreadnoughts. La flotte bombarda plusieurs villes et d'autres cibles dans et autour de la province d'Ancône, endommageant en particulier la ville portuaire d'Ancône.

vignette|gauche| Tourelle triple du SMS Tegetthoff.

Le destroyer SMS Velebit bombarda le dirigeable italien Città di Ferrara au large d'Ancône. Le pré-dreadnought SMS Radetzky et deux torpilleurs canonnèrent Potenza Picena, puis retournèrent à Pola. Le pré-dreadnought SMS Zrínyi, de la classe Radetzky, avec deux torpilleurs attaquèrent Senigallia, détruisant un train et endommageant une gare et un pont, puis retournèrent à Pola. Le torpilleur Tb 3 attaqua sans succès par un dirigeable italien. Le croiseur léger SMS Admiral Spaun attaqua la station de télécommunication italienne de l'île de Cretaccio, tandis que le SMS Sankt Georg, avec deux torpilleurs, canonna Rimini, endommageant un train de marchandises. Le destroyer SMS Streiter bombarda la station de radiocommunication près de la tour Mileto. Le croiseur léger SMS Novara, un destroyer et deux torpilleurs entrèrent dans le canal de Corse et canonnèrent une base de torpilleurs italiens, une station de sémaphore et des batteries d'artillerie côtières.

Le croiseur léger SMS Helgoland, aidé de quatre destroyers, envoya par le fond le destroyer italien Turbine dans une bataille rangée au sud de Pelagosa. Le destroyer SMS Tátra bombarda le quai près de Manfredoine tandis que le destroyer SMS Csepel bombardait la gare de Manfredoine.

Enfin, des hydravions austro-hongrois larguèrent des bombes sur Venise et des hangars de dirigeables à Chiaravalle.

Raids alliés En réponse, le , quatre forces alliées ont attaquèrent la côte autrichienne. Quatre croiseurs blindés italiens, escortés par quatre destroyers français, bombardèrent Cavtat; le croiseur britannique , escorté par cinq destroyers italiens, bombarda Donzella; le croiseur léger italien Quarto, escorté par quatre destroyers, bombarda Lastovo; le croiseur léger italien , deux destroyers italiens et deux français bombardèrent l'île de Lissa. Le , une force mixte de destroyers britanniques, français et italiens canonna la station de radiocommunication austro-hongroise au cap de Rodon en Albanie.

L'été 1915 Le croiseur blindé SMS Sankt Georg et un escadron de torpilleurs bombardèrent Rimini le , causant des dégâts mineurs. Puis, le , les croiseurs SMS Novara et SMS Admiral Spaun et leurs escortes attaquèrent et coulèrent le vapeur italien Maria Grazia au large de Giulianova. Le lendemain, ils bombardèrent Rimini et Fano, détruisant la station de radio italienne.

L'été 1915 fut également une période de succès pour les sous-marins autrichiens. Le , lU-11 coula le sous-marin italien Medusa et le torpilleur Serpente. L’U-10 envoya par le fond le torpilleur italien PN 5 le , au large de Venise. Le , l’ torpilla et coula le . Le , l’ captura le bateau grec Céphalonie de Durazzo. Mais ce ne fut pas sans pertes. Le , l’ fut coulé à Brindisi par le destroyer français Bisson, après avoir été sévèrement endommagé par le croiseur auxiliaire italien Città di Catania la vneille.

L'aéronavale austro-hongroise lança également des raids de bombardement réguliers contre Bari et Brindisi en juin, endommageant légèrement le croiseur protégé britannique lors d’un raid avec des tirs de mitrailleuses. Et le chalutier armé britannique Schiehallion fut coulé par une mine. L'''Amalfi fut coulé au large de Venise par le sous-marin allemand UB-14 le . Tandis que le croiseur de reconnaissance italien bombardait la gare de le , le croiseur reconnaissance et trois destroyers italiens attaquèrent les Autrichiens à Guiparra.

Le SMS Helgoland, sept destroyers et quatre torpilleurs soutinrent un débarquement autrichien à Pelagosa le . Le débarquement fut repoussé par la garnison italienne, qui était arrivée dans l'île le . Le , les croiseurs légers Helgoland, Saida et plusieurs destroyers canonnèrent encore l'île. Le réservoir d'eau fut gravement endommagé et le lendemain les Italiens commencèrent l'évacuation. Le , l'un des croiseurs fut torpillé sans succès par un sous-marin italien au retour. Le dernier événement sur mer de l'été fut le naufrage, le , du cuirassé italien Benedetto Brin dans le port de Brindisi résultat de l’action de saboteurs austro-hongrois de langue italienne. Plus de 450 marins furent tués.

À la fin de septembre, les Alliés établirent le barrage d'Otrante, une tentative de bloquer l'entrée de la mer Adriatique au canal d'Otrante.

Décembre vignette|Le Monge