Claude de Romefort, né le à Marseille et mort le à Chatuzange dans la Drôme., est imprimeur, éditeur, peintre et dessinateur français.

Biographie Claude de Romefort fait ses études à Marseille chez les Jésuites puis à Mélizan. En classe, il remplit ses cahiers de dessins et de caricatures et à 15 ans, il crée plusieurs bandes dessinées dans un style inspiré de Töpffer. En 1934, Il entre à l'École des beaux-arts de Marseille. En 1937-38, il intègre l'Académie Julian à Paris, au 31 rue du Dragon dans le arrondissement.

Mobilisé en , il devient officier aspirant à la base aérienne de Bordeaux-Mérignac, démobilisé fin 1940, il rentre à Marseille. Il épouse Marie Antoinette Corliet de Coursac, sa collègue des Beaux-Arts avec qui il a partagé des premiers prix, et s'installe à Romans-sur-Isère. Il continue à peindre notamment pour Paris. Ses dessins sont marqués par l'expressionnisme allemand, si bien que son entourage lui déconseille de présenter ce style au prix de la jeune peinture car, après quatre ans de guerre, la société aspire à plus de légèreté : « et Bernard Buffet emporta le prix » lâche-t-il amusé..

Claude de Romefort fait des dessins humoristiques pour plusieurs journaux. Par exemple, il collabore régulièrement pour le magazine V.. Il crée une petite entreprise de publicité, la Sérigraphie Romefort qu'il va transférer quelques années plus tard à Marseille en conservant le même nom. Il s'associe alors à un ancien camarade de classe, Robert Morlot, et adhère au Centre des jeunes patrons de Marseille. II dessine des affiches, cartes de vœux, calendriers et panneaux publicitaires tirés en sérigraphie pour les entreprises marseillaises. Pour la Société Margnat, il crée des séries de publicités accompagnées de poèmes à la gloire du vin qui recouvrent les parois intérieures des autobus de la ville. Fernandel est un de ses clients.

Pierre Seghers découvre ses illustrations dans un manuscrit qu'il vient de recevoir et lui écrit le : « Je veux vous dire tout de suite que j'ai été infiniment sensible à vos illustrations. Il y a une force, une personnalité, une présence qui sont d'un vrai peintre... Je pourrais éventuellement envisager de vous demander votre collaboration ». Il lui confie, la même année, le second tirage en sérigraphie du poème de Paul Éluard, Liberté, j'écris ton nom, illustré par Fernand Léger..

En 1957 et 1958, Claude de Romefort édite également trois livres en sérigraphie qu'il illustre sous des pseudonymes, T.P. Grieg et Brevent, pour éviter la répétition du même nom entre auteur/éditeur et/ou illustrateur....

En , la sérigraphie est cédée au Comptoir Franco-Britannique d'Encres d'Imprimerie et Romefort installe un atelier de peinture à son domicile au Prophète, à Marseille. Il conserve une machine de sérigraphie, ce qui lui permet d'éditer en 1963 un livre d'art par l'Union des bibliophiles de France avec un texte de son frère, Jacques de Romefort, O.P. archiviste paléographe : L'Empire occitan ou l'Éternelle colonie et illustré par le peintre marseillais Pierre Ambrogiani.... La même année, il sort un second livre d'art : Vanina Vanini de Stendhal, dont il calligraphie le texte à la plume et demande à un autre peintre marseillais, Antoine Ferrari, d'illustrer le récit..

Romefort se remet aussi à la peinture dans son atelier du Prophète. Il découvre l'Italie et expose à Aix-en-Provence et Marseille entre 1965 et 1967, mais il travaille surtout pour des antiquaires et des marchands italiens qui lui commandent de nombreux tableaux et dessins. Pour l'Italie, il multiplie des peintures de vedute, Rome, Venise, Florence, et pour des commandes de particuliers, il reproduit plusieurs fois, sur bois ou sur toile, la célèbre bataille de Morone du palais ducal de Mantoue. Il peint aussi de nombreux châteaux de la Loire très appréciés des Italiens. et régulièrement, chaque mois, il livre ses peintures en Italie avec son épouse qui, de son côté, peint des natures mortes. Il dit avec humour qu'il est un « faiseur d'images ».

Toujours avec son épouse, Romefort peint les murs de la chapelle de Calas en Provence. (les fresques seront détruites par des jeunes, plusieurs années plus tard !).

En 1968, il édite un livre d'art entièrement fait à la main dont chaque exemplaire est un original. Le texte, Incidencerécit de chateaubriand à Venise tiré des Mémoires d'outre Tombe., un récit de Chateaubriand à Venise, est écrit à la plume et illustré de nombreuses vues de Venise à l'encre de chine, à main levée et au pinceau sec, ainsi que des gouachesCHATEAUBRIAND – ROMEFORT – Incidences. S.l.n.d. (vers 1960) In-4 à l’italienne, en feuilles sous chemise et emboîtage. « Cet ouvrage entièrement exécuté à la main (texte et illustrations) a été exécuté à 50 exemplaires… ». Celui-ci, l’un des 40 ordinaires, est illustré de 6 gouaches originales à pleine page, et de nombreuses encres de Chine à mi-page, illustrant le voyage à Venise de Chateaubriand (catalogue de vente à Marseille)..

En 1975, le taux de change de la lire devenant de plus en plus défavorable, Romefort laisse l'Italie et ses peintures partent pour LondresCampbell&Francks (Fine Arts)LTD, 37 New Cavendish St. London.. vignette|Claude de Romefort, Jugement dernier, 1976 (détail) En 1976, à Paris, il découvre Beaubourg et l'immense chantier des Halles, c'est le choc. Il applique sa technique picturale aux grands chantiers de Paris. De retour à Marseille, il peint un jugement dernier de grande dimension et explique: « ayant constaté un jour que le palais Pompidou comportait sept étages, autant que les sept pêchés capitaux, qu'une rampe de lancement pouvait être utilisée pour l'envol des âmes pieuses et que l’accès des parcs souterrains était encombré par de pauvre âmes maudites, j'eus l'idée de peindre un jugement dernier sur cette folle façade »Voir détail image.

Il obtient un laisser passer pour l’accès au chantier des Halles qu'il parcourt en prenant photos et croquisSEMAH (syndicat mixte aménagement des Halles) laisser passer du 16 janvier 1978 dans le chantier des Halles, signé de Mr Poissac, chef de du service travaux. (Archives personnelles du peintre).. En 1987, Il obtiendra également une autorisation pour se rendre sur le chantier du Grand LouvreIM PEI & Partners architectes, autorisation d’accès au chantier Cour Napoléon du 13 mai 1987, signé par le directeur du chantier, Arnaud Puvis de Chavannes. (archives personnelles du peintre).. Il peint aussi Beaubourg en travaux qu'il peuple de personnages des tableaux du Louvre dont La Liberté guidant le peuple brandissant une pancarte « chantier interdit au public». Sa Liberté sera exposée au Louvre, au Pavillon de Flore, en 1982 avec celle de Delacroix..

Jean Marie Tasset, critique d'art au Figaro, le classe dans la famille des peintres métaréalistes : Romefort « puise son inspiration dans le paysage urbain qui se métamorphose sous la pioche des démolisseurs, ils nous entoure d'architecture sans équivoque où déambulent les fantômes des musées et des monstres sacrés de l'Histoire.».

En 1979, Romefort se retire à la campagne dans la Drôme avec son épouse. Il installe un nouvel atelier dans lequel il prépare plusieurs expositions, notamment pour la Galerie de peintures Bijan AalamGalerie de peinture située jusque dans les années 1990 au 22 Galerie Vero-Dodat dans le premier arrondissement de Paris.: Paris Pékin à la suite d'un voyage en Chine en ; Paris-Révolution pour le bicentenaire de 1789. Il participe aussi à des expositions de groupes sur des thèmes précis: 1978, Les Métaréalistes à la galerie Bellint, œuvres réunies par Jean Marie Tasset; Miroirs du fantastique à la galerie Bijan Aalam en 1981, ou encore, en 1985, au centre d'Art Contemporain du Prince Murat pour le centenaire de Victor Hugo: 40 artistes regardent Victor Hugo..

En 1988, la Mairie du premier arrondissement de Paris lui consacre une exposition : Paris-Romefort. En 1990, la Mairie du sixième arrondissement de Paris: Rêver Venise, et en 1993, il expose Venise.à Saint-Lager, au château des Ravatys.

En 1999, à Romans sur Isère, une rétrospective réunissant l'ensemble de ses œuvres révèle le parcours original du peintre. Romefort « C'est un peu la rencontre de Canaletto et de Max JacobMichel Ozenne: préface du Catalogue "Tableaux et objets fantastiques" de M° Cornette de Saint Cyr, du 28 février 1986. (Romefort à 44).».

Expositions Paris 1946 : exposition de dessins rue du Dragon Paris 1946 ou 1947 : œuvre présentée au prix de la jeune peinture, Galerie Drouant David Italie 1965 à 1974 : peintures et dessins régulièrement exposés à Venise, Bottega Oswaldo Böhn ; Montanara, Galleria Scani ; Milan, foire internationale... Aix-en-Provence 1965 : Galerie Lorenzaccio Venise Aix en Provence 1966 : Galerie Lorenzaccio, Venise, peinture et dessins Marseille 1967 : Galerie Alain le Breton, Vues de Venise Londres 1975 /1977 : Campbell & Franks fine arts Paris 1977 : Galerie Bijan Aalam et le Centre Culturel du Marais, Romefort, les rêveries d'un fossoyeur solitaire Paris 1978 : Galerie Eric Fabre, exposition de groupe, Collectif B.A. Paris 1978 : Galerie Bellint, exposition de groupe, Les Métaréalistes Paris 1979 : Galerie Bijan Aalam, Romefort, vedute: Paris, Rome, Venise Paris 1980 : Galerie Bijan Aalam, Romefort, Paris-Pékin Paris 1981 : Galerie Bijan Aalam et Mr André Parinaud, Miroirs du Fantastique Toulouse 1981 : Galerie Protée, Toulouse vue par les peintres. Paris 1982 : Galerie Michel Ozenne, exposition de groupe: avant propos Paris 1982 : Musée du Louvre, Pavillon de Flore: La Liberté guidant le peuple de Delacroix Eure 1982: Château de Vascoeuil, exposition de groupe: L'art fantastique Nointel 1984 : Centre d'Art Contemporain du Prince Murat: Romefort, Peintures Nointel 1985 : Centre d'Art Contemporain du Prince Murat: 40 artistes regardent Victor Hugo Paris 1986 : Galerie Jan de Maere & Ozenne, Romefort, sur la place publique Paris 1987 : Galerie Jan de Maere & Ozenne, Romefort, aquarelles pour le Grand Louvre Paris 1988 : Mairie du premier arrondissement, Paris-Romefort, aquarelles et peintures Paris 1988 : Paris Théâtre Montparnasse, Peintures de Romefort Paris 1989 : Galerie Jan de Maere&Ozenne, Romefort-Révolution Paris 1990 : Mairie du sixième Arrondissement, Rêver Venise Saint-Lager 1993 : Château des Ravatys, Venise Romans sur Isère 1999 : Hôtel Duport Roux, Rétrospective

Œuvres diverses Dessins humoristiques pour la presse (entre 1946 et 1952) Ici FranceJournal de Pierre Longone pour le Comte de Paris, le dernier numéro parait le 14 novembre 1947.; Le Dauphiné Libéré; V Magazine; Paysagejournal hebdomadaire n'existant plus.; L’Étrave, revue d'art et de littérature25 rue Daumier Marseille, Directeur JM Couissinier, revue n'existant plus.…

Sérigraphie Création de nombreuses affiches, calendriers, cartes de vœux, objets publicitaires. Impression Liberté, j'écris ton nom, (Sérigraphie Romefort), édité par Seghers 1953

Livres d'art (Illustrés et édités par la Sérigraphie Romefort) L'Or blanc et l'Or noir, sel et pétrole par le R.P. Jacques de Romefort et Edouard Rastoin, (illustration de Claude de Romefort sous le pseudonyme T.P.Grieg), Éditions Morlot, Marseille, 1958 Provence de Constant Vautravers, illustration de Claude de Romefort sous le pseudonyme T.P.Grieg. Villages de Provence de Corliet (son épouse), illustré par Claude de Romefort sous le pseudonyme Brevent

(Édités en sérigraphie) L'Empire occitan ou l'Éternelle colonie du R.P. de Romefort, illustré par Pierre Ambroggiani Vanina Vanini de Stendhal, texte calligraphié par Claude Romefort, illustré par Antoine Ferrari

(Réalisé entièrement à la main, texte et illustrations par Claude de Romefort) Incidence de Chateaubriand, texte écrit à la plume et illustré de gouaches et encre de chine originales par Claude de Romefort.

Autres illustrations La vie étonnante de Joseph Lallemand, apôtre de la jeunesse, par Henry Arnaud, 1966. Décors