Les Idées directrices pour une phénoménologie et une philosophie phénoménologique pures, aussi connues sous le titre d' Ideen I (Ideen zu einer reinen Phänomenologie und phänomenologischen Philosophie, I) sont un ouvrage d'Edmund Husserl publié en 1913.
Paul Ricœur à qui l'on doit la traduction et les commentaires constate que ce livre est difficilement compréhensible en lui-même parce qu'il s'inscrit dans un ensemble de trois volumes dont Ideen II et Ideen III.
Vue d'ensemble Renaud Barbaras résume ainsi l'idée directrice : . Emmanuel Levinas lire en ligne de son côté, écrit . Pour Paul Ricœur les Ideen I en tant que premier ouvrage d'une trilogie serait consacré à l'élaboration d'une méthode à partir de quelques exemples abrégés. Pour le reste Paul Ricœur parle d'un livre dont le sens resterait caché. Jean-François Lyotard note que .
Dans son mémoire, Mario Charland lire en ligne résume ainsi l'intention de l'auteur :
Plan de l'ouvrage Nous reprenons les divers points exposés par Emmanuel Levinas dans un article en ligne de la Revue philosophique de la France et de l'Étranger, 2011 lire en ligne. Cet article suit sensiblement le plan de l'ouvrage de Husserl. Première section La première section est consacrée à la notion et à la connaissances des « essences » et de la science qui les concerne à savoir la science « éidétique » selon la terminologie de Husserl.
Comme points notables nous apprenons, que l'essence sous forme d'« invariant », peut être trouvée à même l'objet individuel par simple « variation » imaginaire de l'objet sensible ; que toute essence individuelle relève d'une essence régionale d'un degré supérieurLes essences s'ordonnent hiérarchiquement, en partant du sensible : 1/ des essences matérielles (celle du vêtement par exemple), étudiées par des ontologies ou sciences éidétiques matérielles-2/ des essences régionales (objet culturel) coiffant les précédentes , et explicitement par des éidétiques régionales-3/ l'essence d'objet en général, dont une ontologie formelle fait l'étude- et enfin que les essences sont considérées comme des objets, qui au même titre que les objets empiriques peuvent faire l'objet d'une « intuition ». On appelle « acte d'idéation » la découverte de ces essences, et les vérités qui concernent ce nouvel objet « vérité éidétique » lire en ligne.
Au paragraphe 24 comme le souligne Natalie Depraz dans le Dictionnaire des concepts, . Les essences sont susceptibles d'intuition, tout comme les formes catégoriales qui, dans le langage courant lient le sujet et le prédicat (le chat sur le paillasson) qu'Husserl appelle « intuition catégoriale ».
La première section se poursuit en rappelant la place, au-dessus de toutes les sciences, d'une ontologie formelle ainsi lire en ligne. Naturalisme et scepticisme niant les essences apparaissent aux yeux de Husserl également absurdes lire en ligne.
La phénoménologie au sens husserlien se découvre au moment où la manière dont l'objet se donne à la conscience devient problème. Alors le regard intuitif se retourne vers la conscience. Les ontologies régionales traditionnelles (sur la nature par exemple) sont déclarées dogmatiques c'est-à-dire ignorantes des conditions de la donation du sens de leur objectivité. La nouvelle science phénoménologique aura pour thème, par conséquent, la conscience. Éclaircir ce que signifie que des objets soient donnés à la conscience, c'est aussi questionner ce que signifie l'existence tout court, car il n'y a d'existence que reçue dans une conscience lire en ligne.
Deuxième section La deuxième section est consacrée à des considérations phénoménologiques fondamentales. Il s'agit de montrer que l'attitude naturelle aussi bien que les sciences ignorent le sens de la connaissance et de la transcendance. La « thèse du monde » (la thèse existentielle ou croyance en l'existence absolue du monde) doit être mise hors circuit sans tomber dans le scepticisme, en la mettant simplement de côté (entre parenthèses), on peut parler d'elle et de ses propriétésDans son Introduction aux Idéen, Paul Ricœur écrit. Cette démarche prend le nom d' épochè ou réduction phénoménologique lire en ligne.
En interdisant toute prise de position sur le monde, l' époché ou « réduction phénoménologique » fait de la « conscience » l'objet de la recherche-. Le trait principal de la conscience est d'être toujours « conscience de quelque chose », constat sur lequel Husserl bâtit son concept d' « intentionnalité » dont les structures deviennent l'objet propre de la recherche phénoménologique lire en ligne.
Husserl écarte au deuxième chapitre la méthode cartésienne dite du « doute universel » au motif de son manque de radicalité car, écrit Renaud Barbaras . L'époché ne fait pas passer le réel au non-être, mais du réel au phénomène du réel.
Ce qui est à noter, et qui est contraire au sens commun, c'est que lire en ligne.
Les Ideen I ambitionnent d'expliciter le passage de l' épochè au transcendantal . écrit Renaud Barbaras.
Alors que l'existence de l'objet transcendant est toujours relative à une conscience, cette conscience, par contre, celle que découvre l'époché, se donne pour existante indépendamment de la réflexion qui la perçoit. Si l'objet peut être considéré comme contingent, non nécessaire, la conscience, elle, est donnée d'une manière absolue lire en ligne.
Ainsi atteinte, la conscience ne dépend pas de la nature, elle n'est pas une « chose pensante » comme la définissait Descartes. Même si dans la réflexion elle paraît être, comme une chose de la nature, et faire objet d'une science naturelle (la psychologie), la conscience qui intéresse le phénoménologue est pure et transcendantale. Cette conscience est individuelle (il ne s'agit pas du Moi absolu de Fichte) et chacun d'entre nous la retrouve dans le cogito.
Parallèlement et contrairement à la thèse qu'il défendait dans les Recherches logiques, Husserl adopte maintenant la thèse d'un « moi pur » non réduit-. Dans ses traits distinctifs ce « moi » apparaît comme irréductible, incontournable et nécessaire dans le flux du vécu . C'est au troisième chapitre que Husserl établit définitivement la distinction entre le « moi psychologique » et le « moi pur ou transcendantal ». Avec le « moi transcendantal » on atteint le niveau où, non seulement la conscience se distingue de la réalité, mais .
Troisième section La troisième section aborde les problèmes de constitution. Par « constitution » il faut entendre chez Husserl,, écrit Emmanuel Levinas.. À noter que par « constitution » comme le remarque Jean-Luc Marion .
Husserl n'aborde dans cette section que les problèmes liés à la constitution des objets de la nature ignorant ceux liés à la constitution du « moi psychologique » qui lui aussi doit faire l'objet d'une réduction. Les problèmes de constitution sont présentés autour de la notion de noème, le « noème » étant le corrélat de la conscience.
Précédés de longs préparatifs méthodologiques (chapitre I), les problèmes de constitution sont étudiés sous le titre d'analyse « noético-noématique » à travers Il s'agit notamment de déterminer dans la perception, les caractères « éidétiques » du « visé comme tel » dont le sens comporte les caractères corrélatifs du douteux et de du réel.
Notes et références Notes
Références
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Articles connexes
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