Le championnat du monde féminin de handball réunit tous les deux ans les meilleures équipes nationales féminines du handball mondial sous l'égide de la Fédération internationale de handball (IHF). Cette épreuve est lancée en 1957 et adopte une cadence biennale depuis 1993.

En 2017, on dénombre cinquante et une sélections ayant pris part à la compétition. L'équipe de Roumanie détient la particularité d'être la seule à avoir participé à toutes les éditions. Douze nations ont remporté l'épreuve : dix européennes, une asiatique (la Corée du sud) et une sud-américaine (le Brésil). Avec sept titres remportés dont trois sous l'égide de l'Union soviétique, la Russie est la sélection la plus titrée.

La dernière édition a lieu en 2025 en Allemagne et aux Pays-Bas et est remportée pour la cinquième fois par la Norvège.

Histoire De 1949 à 1968 : les débuts

Dans la première moitié du , le handball se dispute essentiellement dans son format à onze, sur gazon et en plein air. C'est ainsi dans ce format qu'est disputé le premier championnat du monde en 1949. La Hongrie, équipe hôte, remporte cette première compétition internationale, la Roumanie s'imposant lors des deux autres éditions disputées en 1956 et en 1960.

La première compétition internationale à sept joueuses est organisée en 1957 en Yougoslavie. Bien qu'il s'agisse d'un championnat du monde, seules des équipes européennes participent à cette première édition. De plus, s'il est disputé en plein air., il s'agit bien de la première édition de la compétition avec des équipes de sept joueuses et se distingue donc des précédents championnats du monde à onze. assistent à la finale nettement remportée 7 buts à 1 par la Tchécoslovaquie face à la Hongrie.

Une première équipe non européenne, en l'occurrence le Japon, participe à l'édition suivante, organisé en 1962 en Roumanie, toujours en plein air, sur terre battue, en plein jour en deux mi-temps de vingt minutes. Les entraîneurs roumains Niculae Nedeff et permettent à l'équipe locale de remporter la compétition grâce à sa victoire en finale face à l'équipe danoise, 8 buts à 5.

vignette|Les Hongroises, championnes du monde en 1965. À partir de l'édition suivante de 1965, accueillie par l'Allemagne de l'Ouest, les rencontres ont lieu en salle. Les huit équipes participantes sont réparties en deux groupes de quatre disputant une phase de groupe, dont les vainqueurs se rencontrent en finale. La Hongrie remporte son premier titre en battant la Yougoslavie en finale par 5 buts à 3. Pays hôte, l'Allemagne de l'Ouest se classe troisième. À noter la première victoire du Japon lors du match pour la place face à la Pologne.

L'édition de 1968, prévue en novembre, est annulée en août par l'IHF après l'invasion de la Tchécoslovaquie par l'URSS.. Neuf équipes étaient qualifiées, dont une seule hors d'Europe, le Japon une nouvelle fois.. En , l'URSS a organisé un avec quatre des neuf équipes qualifiées. Aucun pays n'ayant fait part de son intention de l'organiser, il n'y a pas de championnat du monde féminin en 1969 ou 1970..

De 1971 à 1990 : triplés est-allemands puis soviétiques

Deux équipes dominent les compétitions féminines de handball dans les années 70 et 80, l'Allemagne de l'Est puis l'Union soviétique. En 1971, neuf équipes sont réparties en trois groupes de trois. Les deux meilleures de chaque groupe rejoignent un tour principal à deux groupes dont les premiers, deuxièmes et troisième se rencontrent ensuite respectivement pour la finale et les matches de classements pour la troisièmes et la cinquième place. Cette édition marque la première victoire de l'Allemagne de l'Est, victorieuse de la Yougoslavie en finale (11-8).

Deux ans plus tard, dans une compétition disputée à douze équipes, les Yougoslaves prendront leur revanche remportant le championnat du monde 1973 disputé à domicile. Cette édition est également marquée par l'émergence au plus haut niveau de l'Union soviétique qui bat les tenantes du titre est-allemande en phase de poule et termine à la troisième place, leur premier podium de la compétition. La Yougoslavie remporte son premier titre, après ses finales malheureuses de 1965 et 1971, en dominant la Roumanie par 16-11 en finale.

Le tournoi de 1975, organisé en Union soviétique, voit la victoire de l'Allemagne de l'Est, devant l'équipe hôte. En l'absence de matchs éliminatoires et de finales, la décision se fait à l'occasion du match nul entre Allemagne de l'Est et URSS (10-10) en début de compétition, et surtout lors de la défaite des soviétiques face à la Hongrie, qui permet aux joueuses est-allemandes de remporter leur second titre après celui de 1971, sans avoir vaincu leur dauphin. Pour la première fois, les États-Unis et la Tunisie participent à la compétition, premiers représentants à ce niveau de leurs continents respectifs. Le tournoi sert également de qualification pour le premier tournoi féminin de handball aux Jeux olympiques de 1976, compétition remportée par l'Union soviétique qui réalisera même le doublé lors Jeux de 1980.

Une situation comparable a lieu en lors de l'édition de 1978. Les Est-Allemandes, championnes du monde en titre, perdent face aux Soviétiques dans le cadre de la poule finale (12-14), mais la défaite d'un but 10-11 de ces dernières face à la Tchécoslovaquie lors du tour préliminaire permet à l'Allemagne de l'Est d'être couronnée pour la troisième fois de la décennie. La Hongrie complète le podium. Deux joueuses marquent le tournoi de leur empreinte, Waltraud Kretzschmar, capitaine de l'équipe est-allemande, ainsi que Zinaïda Tourtchina, joueuse du Spartak Kiev qui mène la sélection soviétique. En plus de Waltraud Kretzschmar, trois autres joueuses est-allemandes deviennent triples championne du monde : , Kristina Richter et .

Lors du championnat du monde de 1982, l'équipe d'Union soviétique confirme sa domination et remporte son premier titre mondial. Les coéquipières de Tourtchina remportent tous leurs matchs hormis un dernier match sans enjeu pour elles face la Hongrie qui en profite pour s'emparer de la médaille d'argent. La Yougoslavie doit se contenter du bronze et l'Allemagne de l'Est, en perte de vitesse, termine au pied du podium. Cette édition voit également l'apparition au plus haut niveau de la Corée du Sud qui se classe sixième, marquant l'arrivée d'équipes compétitives hors du continent européen et la poursuite de la mondialisation du handball.

Ce point participe probablement de l'élargissement de douze à seize équipes décidé pour le championnat du monde de 1986. L'équipe soviétique, toujours menée par Zinaïda Tourtchina bat en finale la Tchécoslovaquie (30-22) et conserve son titre acquis en 1982. Dans la petite finale, la Norvège s'impose face à l'Allemagne de l'Est (23-19), et atteint son premier podium au niveau mondial.

Le championnat du monde 1990 est la dernière édition du temps de la guerre froide. Si la Réunification allemande a eu lieu deux mois plus tôt en octobre, deux Allemagnes sont encore présentes lors de la compétition et c'est d'ailleurs l'ex-RDA qui s'impose 25 à 19 face à l'ex-RFA lors de la petite finale à forte portée symbolique. L'autre particularité de cette édition est qu'elle se déroule pour la première fois hors d'Europe, en Corée du Sud. Les Coréennes, qui ont créé la sensation deux ans plus tôt en remportant le titre olympique à Séoul, font figure de favorites mais doivent se contenter d'une décevante onzième place. Symbole de la domination des pays du bloc de l'Est, l'URSS et la Yougoslavie se retrouvent en finale après avoir dominé leurs adversaires. Si les Soviétiques prennent rapidement 4 (9-5) puis 6 buts d'avance (17-11), les Yougoslaves parviennent à revenir à un but à 12 minutes du terme (20-19).. Mais l'URSS recrée rapidement un écart de 3 buts pour finalement s'imposer 24 à 22 et remporter son troisième titre consécutif. La soviétique Marina Bazanova devient la cinquième joueuse avec trois couronnes mondiales.

De 1993 à 1999 : l'alternance

La Norvège, finaliste des Jeux olympiques l'année précédente, accueille l'édition de 1993 avec l'ambition de remporter, à domicile, leur première victoire dans la compétition. La Russie, en difficulté tout au long du tournoi, remporte néanmoins une victoire importante face au pays hôte (19-14), qui prive la Norvège de finale. La Norvège est devancée à la différence de but par l'équipe du Danemark, menée par Anja Andersen, qu'elle avait pourtant dominée lors du dernier match du tour principal. La seconde équipe qualifiée pour la finale est l'équipe d'Allemagne entraînée par , champion olympique en 1980 en tant que joueur. L'Allemagne a réussi à surmonter une entame de tournoi moyenne en réalisant un sans-faute lors du tour principal. La finale est l'une des plus serrée de l'histoire de la compétition jusqu'alors. Soixante minutes ne suffisent pas à départager les deux équipes qui disputent une prolongation. Malgré leur domination, les Danoises ne parviennent pas à creuser l'écart et les Allemandes restent au contact. Durant la prolongation, Lothar Doering lance , auteure jusqu'ici d'un tournoi sans relief, qui va donner la victoire aux Allemandes pour une victoire 22 à 21. Lors de la petite finale, la Norvège se console en remportant une médaille de bronze grâce à une victoire étriquée sur la Roumanie (20-19).

Deux ans plus tard, le championnat du monde 1995 est placé sous le signe de la nouveauté. Attribué en co-organisation à deux pays, l'Autriche et la Hongrie, la compétition prend une nouvelle périodicité biennale et est élargie à vingt participants. Ceux-ci sont répartis en quatre groupes de cinq équipes lors d'un tour préliminaire, dont les trois premiers se qualifient pour une phase finale à élimination directe commençant en huitièmes-de-finale. Les places restantes sont attribuées aux équipes non encore qualifiées lors de matches de barrage. Conformément aux attentes, les quarts-de-finale sont monopolisés par les équipes européennes, seulement accompagnées de la Corée du Sud. En demi-finales, les favorites Danoises et Norvégiennes sont cependant éliminées respectivement par les Sud-Coréennes (33-31) et les Hongroises (22-21). Les Sud-Coréennes, déjà victorieuses des tenantes du titres Allemandes à deux reprises dans la compétition, déploient un jeu tout-terrain, basé sur la vitesse, encore jamais vu jusqu'alors. Lors de la finale disputée à Vienne comme prévu initialement, la Hongrie ne parvient pas à contenir le jeu rapide des joueuses asiatiques et s'incline logiquement par 25 buts à 20. La Corée du Sud remporte son premier titre de championne du monde, qui constitue également la première victoire d'une équipe non-européenne dans l'histoire de la compétition.

En championnat du monde 1997, le tournoi est encore élargi, passant à 24 équipes, à l'identique du tournoi masculin. Quatre groupes de six sont formés pour le tour préliminaire et les quatre premières équipes se qualifient pour les huitièmes de finale. Certaines équipes parmi les favorites, comme la Roumanie, l'Autriche et la Hongrie, sont éliminées dès les huitièmes de finale. En quarts de finale, ce sont les Sud-Coréennes, tenantes du titre, qui sont éliminées. Jusqu'alors invaincue dans la compétition, l'Allemagne, hôte du tournoi perd en demi-finale face à la Norvège (23-25). Au cours de la seconde demi-finale, un spectateur allemand ivre poignarde trois supporteurs danois dont deux succomberont à leurs blessures... Le tournoi est alors à la limite d'être annulé, mais la compétition est finalement maintenue et le Danemark se qualifie pour une finale inédite entre équipes scandinaves, où il domine facilement la Norvège pour une victoire sans appel 33 buts à 20. Déjà championnes olympiques et championnes d'Europe en titre, les Danoises réalisent ainsi un triplé historique. Enfin l'Allemagne termine à la troisième place après sa victoire 27 à 25 face à la Russie en match de classement.