Le Merrimack est un fleuve de qui coule du centre du New Hampshire jusqu'à l'océan Atlantique à Newburyport, Massachusetts. Il naît de la confluence de deux rivières, la Pemigewasset et la Winnipesaukee, à Franklin (New Hampshire), s'écoule vers le sud jusqu'au Massachusetts, puis s'oriente vers le nord-est jusqu'au littoral atlantique à Newburyport. De Pawtucket Falls à Lowell (Massachusetts), il dessine la frontière nord de l'état de Massachusetts, parallèle au lit mineur du fleuve mais écartée de cinq kilomètres au nord.

La vallée du Merrimack constitue un site naturel important pour les deux états de New Hampshire et du Massachusetts.

Plusieurs navires de guerre américains ont porté le nom de en honneur au fleuve.

Hydrographie Jusqu'aux glaciations quaternaires, le lit du Merrimac se prolongeait vers le sud jusqu'à l'actuelle frontière entre les états de New Hampshire-Massachusetts avant de se déverser dans l'Océan Atlantique près de Boston. Lors de la fonte des glaciers, les dépôts morainiques au nord de Boston ont comblé la vallée inférieure du Merrimac, créant le coude vers le nord-est à Lowell. Sur les berges de la rivière, à Neville dans le New Hampshire, se trouve un site archéologique de la Période archaïque des Amériques.

Son bassin versant est d'environ : il recouvre toute la moitié sud de l'état du New Hampshire et une partie du nord-est du Massachusetts. Ses berges sont fortement urbanisées, car l'énergie hydraulique a été fortement exploitée tout au long du par les filatures, qui dominaient l'économie de la Nouvelle-Angleterre : Concord, Manchester et Nashua dans le New Hampshire, et Lowell, Lawrence et Haverhill dans le Massachusetts. La petite ville de Newburyport marque l'embouchure du fleuve. Jusqu'au creusement du Canal de Middlesex, Newburyport était un chantier naval florissant grâce à son site, idéal pour l'entrepôt du bois d’œuvre flotté depuis le New Hampshire. Le fleuve pénètre dans le Massachusetts par la ville de Tyngsborough et de là contourne ou traverse les villes de Chelmsford, Lowell, Dracut, Tewksbury, Andover, Methuen, Lawrence, North Andover, Haverhill, Groveland, West Newbury, Merrimac, Amesbury, Newburyport et Salisbury.

Ce fleuve forme le cadre d'un classique de la littérature coloniale américaine, Sept jours sur le fleuve de Henry David Thoreau. Ses affluents sont la , qui traverse d'ouest en est la ville de Merrimack (New Hampshire) ; la Nashua, qui s'écoule vers le nord jusqu'à la ville de Nashua ; la Concord, qui s'écoule vers le nord entre Concord (Massachusetts) et Lowell ; la Rivière Powwow, qui s'écoule entre Danville (New Hampshire) et Amesbury (Massachusetts) ; et la Rivière Shawsheen, qui s'écoule également vers le nord, avant de se déverser dans le Merrimac à Lawrence.

Navigation Le Merrimac est une voie navigable officielle des États-Unis : elle relève de la Section 10 de la juridiction du Rivers and Harbors Act.

Les crues du Merrimack La crue de mai 2006 vignette|left|Le Merrimac en crue, vu depuis Pawtucket Gatehouse à Lowell (Massachusetts). Le Merrimack ne développe en principe que de petites inondations, mais le , les pluies répétées ont fait monter le niveau des eaux de au-dessus du niveau normal. Cette crue exceptionnelle a déclenché l'évacuation de la région de Haverhill, a causé d'énormes dégâts dont la rupture des conduites d’assainissement, ce qui a provoqué la contamination du fleuve par /jour d'eaux noires. Les hydrogrammes montrent de fortes disparités au cours de cet épisode de crue, mais il apparaît que la plus grande partie du bassin versant a enregistré une lame d'eau de .

Selon le The Boston Globe, près de habitants ont évacué leur domicile pour fuir l'inondation.

La crue a ensuite incité la ville de Lowell à remplacer la vanne Francis historique en charpente de bois (Ce petit barrage, aussi appelé « The Great Gate », avait été installé en 1850 par un ingénieur célèbre, James B. Francis. Considérée comme superflue lors de son inauguration, la « Folie-Francis » avait déjà sauvé la ville lors d'une crue en 1852, puis derechef en 1936.), par une barrière anti-tempête moderne (quoique temporaire) comportant quatre raidisseurs tubulaires en acier. Cette barrière, une fois abaissée contre le radier, ferme l'alimentation du canal urbain par le Merrimack.

Autres crues historiques La plus grave crue connue historiquement dans la vallée du Merrimack est celle du mois de , où la conjugaison de deux pluies importantes et consécutives, et de la fonte des neiges avait gonflé les eaux du Merrimack jusqu'à porter la cote à Lowell à , soit au-dessus du plenissimum flumen de 2006. Une partie du roman Docteur Sax de Jack Kerouac a pour cadre cet événement.

Hormis cette inondation de 1936, les crues les plus graves sont celles de 1852, celle de la Fête des Mères de 2006, l’Ouragan de Nouvelle-Angleterre (1938) et la crue d'. La vanne Francis, démontée jusqu'en 1936, avait été remise en place et elle évita le pire lors de l'ouragan de 1938.

Étymologie et orthographe vignette|Le Merrimac à Pembroke (New Hampshire). L’étymologie du nom du Merrimac (et donc celle de tous les bâtiments portant ce nom, comme le cuirassé de la guerre de Sécession) reste imprécise. Par sa forme, le mot trahit une origine algonquine. En 1604, des indigènes de Nouvelle-Angleterre parlèrent à Pierre Dugua de Mons, qui emmenait des colons français vers l'Acadie, d'une belle rivière s'écoulant vers le sud. Le Français retranscrivit le mot donné par les indigènes en Merremack. En 1605 Samuel de Champlain, qui suivait la route prise par son devancier, découvrit le fleuve et le baptisa Rivière du Gas. vignette|left|Le Merrimac à Manchester, dans le New Hampshire, en direction du nord (2014).

La plaine maritime du fleuve était alors habitée par la tribu des indiens Agawam ; la moyenne vallée était partagée entre les Pawtucket de Lowell, les Nashuas, Souhegan et Namoskeag dans la région de l'actuelle Manchester, les Pennacook au nord de Bow, et les Winnepisseogee à la source, le Lac Winnipesaukee. Ils formaient une ligue d'algonquiens, dite « Nipmuck », qu'on peut traduire par « eaux calmesCf. Meade, p. 170. »

Selon Joseph B. WalkerPages 414-415., qui cite à ce sujet The History of Manchester de Chandler E. PotterPotter était délégué aux affaires indiennes durant l'ère de la Nouvelle-Angleterre. (1856), le toponyme Merremack serait formé du radical merruh (« fort ») et du suffixe (locatif) -auke (« site, endroit »), et désignerait fort à-propos une zone de rapides. Thoreau, au contraire, dans son récit Sept jours sur le fleuve , signale que le nom du fleuve signifie « rivière aux esturgeonsCf. Johnson, p. 319. »

Walker poursuit en donnant les différentes graphies du toponyme : « Merimacke », « Merimack » et « Merrimacke » que l'on trouve dans les archives du Massachusetts colonial, ou « Merrimake » et « Merrymake » (selon un acte de concession de 1721 à Penacook, New Hampshire). Le « New England's Prospect » de William Wood (1634) désigne le fleuve par le nom de « Merrimacke » et le situe à au-delà d'Agowamme (l'actuelle ville d'Ipswich).

La colonie de Merrimac, fondée en 1638, fit d'(abord partie d'Amesbury, et s'appelait West-Amesbury jusqu'en 1876. Merrimack (New Hampshire) a reçu le statut de commune en 1746, sous le nom de "Marrymac" donné par les archives. Au début du , elle est citée comme « Merrimac » : d'après les rôles du recensement décennal de 1810, elle s'appelle « Merrimac », mais lors du recensement de 1820, on retrouve la transcription « Merrimack. »

En 1914, le représentant au Congrès John Jacob Rogers (MA) exige l'emploi du nom « MerrimackD'après Frederick W. Coburn, History of Lowell and Its People V1 (1920). »

Dans les médias La chanson « Merrimack River » et son interprétation instrumentale figurent dans l'album Amanda Leigh de Nashua (2009) , New Hampshire, où Mandy Moore est née.

Notes

Bibliographie .

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