L'Église catholique romaine en principauté de Monaco fait partie de l'Église catholique, sous la direction spirituelle du pape à Rome. Tout en ayant des liens forts avec l'Église catholique en France et l'Église catholique en Italie, le pays ne forme qu'un seul diocèse, l'archidiocèse de Monaco, qui n'est membre d'aucune conférence nationale.

Présente sur la côte ligure depuis l'expansion du christianisme aux premiers siècles, les traces les plus anciennes de l'Église à Monaco sont dans le vallon des Gaumates, à l'emplacement de l'actuelle église Sainte-Dévote.

En 2013, le catholicisme, en plus d'être, en vertu de l'article 9 de la constitution de Monaco, la religion d'État de la principauté de Monaco, est aussi la religion de 82.5% de sa population.

Histoire Dans l'Antiquité, des chrétiens dans le vallon des Gaumates La Ligurie aurait été évangélisée par saint Nazaire et saint Celse qui, arrêtés à Vintimille, auraient subi le martyre à Rome sous Néron. Aucun fait relatif aux chrétientés de la région n’est, du reste, à relever jusqu’aux persécutions de Dèce et de Dioclétien. Selon la tradition populaire, la foi arrive à Monaco avec sainte Dévote. Après avoir subi le martyre en Corse vers l’an 304, sa dépouille, portée par les vents serait arrivé sur le rivage de Monaco, à l’entrée du vallon des Gaumates. Quoi qu'il en soit, une présence chrétienne est attestée en ce lieu par les titres les plus anciens relatifs à la région de Monaco, c'est-à-dire au . On retrouve là un prieuré dépendant de l’abbaye de Saint-Pons.

En 1075, l’église de Sainte-Dévote, au vallon des Gaumates, était comprise dans les restitutions que les seigneurs de Nice font à l’abbaye de Saint-Pons; en 1078, quelques habitants de La Turbie ont fondé, au port même de Monaco, une autre église sous le vocable de Sainte-Marie, qu’ils ont donné à Archambaud, évêque de Nice. Ce lieu était probablement redevenu un petit centre de population.

Ainsi, le territoire génois de Monaco relève alors de deux juridictions ecclésiastiques différentes, de l'abbaye de Saint-Pons pour certains droits, et de l’évêque de Nice, théoriquement, pour la juridiction spirituelle et administrative; une situation d'incertitude qui sera source de tension jusqu'à l'établissement d'une hiérarchie ecclésiale propre à Monaco.

Au Moyen Âge, des Guelfes sur le Rocher

Des querelles intestines agitent Gênes durant le . Les Guelfes, représentés par les Grimaldi - sont partisans du pape, et les Gibelins - représentés par les Doria et les Spinola notamment - sont favorables à la politique impériale. vignette|C'est vêtu en habit de franciscain que François Grimaldi, dit Malizia, parvient à s'emparer de la forteresse génoise du rocher de Monaco au nom de son cousin Rainier. Ce qui explique la présence de deux franciscains armés sur les armoiries des seigneurs de Monaco. Après la prise de Monaco par les Grimaldi, la bulle Pro Puritate d’Innocent IV en confirme, le , accorde le droit perpétuel d'ériger une chapelle sur le Rocher, près du Château Neuf, et la possession à l’abbaye de Saint-Pons en vertu de ses anciens droits sur le rocher. La même année, le même pape autorise l’érection dans le Château Vieux d’une autre chapelle réservée aux Génois habitant Monaco ou y étant de passage, dont le chapelain était à la nomination de l’archevêque de Gênes. Dédiée à Saint Jean-Baptiste et déplacée dans l’intérieur de l’édifice sous Honoré II, cette chapelle est encore la chapelle du Palais.

Tout au long du Moyen Âge, Monaco fait preuve d'une indéfectible fidélité au pape. Ainsi, le pape se tourne souvent vers les Monégasques et sait pouvoir compter sur leur soutien. Ainsi, Benoît XII, le , se tourne vers le roi Robert et les habitants de Monaco pour s'engager dans une croisade pour résister contre les Sarrasins qui avaient envahi et occupé les terres du roi de Castille. Plus tard, Clément VI invite les habitants de Monaco par une missive envoyée à Antoine et Charles Grimaldi, à rejoindre la croisade du Roi Alphonse de Castille contre les Maures d'Espagne. Pendant le grand schisme d'Occident, les Grimaldi se montre des "ardents défenseurs du trône de Saint-Pierre", et des cardinaux schismatiques sont ainsi arrêtés par Rainier II Grimaldi en alors qu'ils sont en escale à Menton, après avoir dérober le pape Urbain VI.

Pour répondre à l'accroissement de la population, la construction de l'église Saint-Nicolas est alors entreprise, qui sera à l'origine de l'actuelle cathédrale.

La Renaissance d'une principauté catholique À partir de la Renaissance, Monaco s'affirme comme une véritable principauté catholique. La première visite d'un souverain au Pape a lieu en 1450 quand Jean et sa femme Pomelinne se rendent à Rome à l'occasion du Jubilé décrété par Nicolas V. Ces visites officielles continuent jusqu'à ce jour, notamment par le prince Rainier III et le S.A.S. Albert II auprès du pape Benoît XVI et du pape François.

La dévotion des Monégasques envers sainte Dévote se développe aussi à l'époque. Le , une indulgence perpétuelle est accordée à ceux qui travaillent à la restauration et l'agrandissement de la petite église du vallon des Gaumates, à l'instigation de Lambert Grimaldi. vignette|Louis Bréa a aussi consacré à sainte Dévote un retable commandé en 1513 par Françoise Grimaldi, et conservé dans l'église paroissiale Sant'Antonio de Dolceacqua. À l'occasion du Jubilé de 1500, une souscription publique est ouverte pour l'achat d'un retable destiné à l'autel majeur de l'église Saint-Nicolas. C'est l'origine du chef-d'œuvre de Louis Bréa, actuellement conservé à la cathédrale.

Un sursaut de dévotion est provoqué par la peste de 1631. Celle-ci s'arrête le , fête de la Présentation de Marie au Temple. On érige un ex-voto et une statue de la Vierge dans la rue Basse, et l'année suivante, Honoré II propose à ses sujets le vœu très solennel de célébrer chaque année la fête de la Présentation, date qui marquer la fin du fléau. À l'occasion de la peste, des confréries s'illustrent en portant secours à la population du Rocher et en se chargeant de l'ensevelissement des morts. La confrérie des Pénitents Noirs est créée le et s'installe le dans une nouvelle chapelle érigée sur le Rocher et consacrée à la Vierge de la Miséricorde. Celle-ci deviendra le , par fusion de deux anciennes confrérie, l'origine de l'actuelle vénérable archiconfrérie de la Miséricorde, dont les princes souverains sont prieurs d'honneur L'épouse d'Honoré II, Ippolita Trivulzio, apporte aussi la marque de sa propre dévotion romaine; elle est en effet liée par sa mère à Louis de Gonzague, un jeune novice jésuite mort prématurément, qui sera donné en modèle de sainteté pour toute la jeunesse. Juste après sa béatification mais bien avant sa canonisation, sa vénération solennelle en principauté est accordée par l’évêque de Nice, monseigneur Marenco, de même qu'un oratoire privé lui est dédié au Palais.

Après elle, Catherine Charlotte de Gramont, épouse malheureuse de Louis , fonde en 1663, à Monaco, un couvent de l’ordre de la Visitation, destiné à des religieuses d’origine aristocratique.

Un témoin privilégié de cette époque est le curé de Saint-Nicolas, Dom Dominique Pacchiero, dont les chroniques sont un précieux témoignage sur la vie de la principauté et de l'Église à Monaco au

En 1699, le prince Louis I est envoyé par comme ambassadeurs du roi de France auprès du Saint-Siège. Sa sœur, Isabelle Grimaldi, de retour de Terre sainte où elle avait contracté la lèpre, invoque Notre-Dame et après avoir obtenu une guérison miraculeuse, elle fait édifier sur le chemin de la chapelle de Puypin, au lieu de l'actuel monastère de l'Annonciade, quinze oratoires consacrés aux mystères de la Vierge.

De la Révolution à aujourd'hui, une Église libre à Monaco Le , le général d'Anselme, entré à Nice, envoie à Monaco un ses bataillons pour l'occuper, et ériger un arbre de la liberté. Le , la "Société populaire et montagnarde", s'affilie au Club des jacobins. Cette société, dont certains membres se révèlent particulièrement hostile à l'idée religieuse, occupe l'oratoire des Pénitents noirs; certains veulent saccager le lieu, mais par miracle, la statue de la Vierge de la Miséricorde, qui est encore aujourd'hui sur l'autel, est protégée des iconoclastes.

Alors que Monaco est rayé de la carte, jusqu'au congrès de Vienne durant tout le premier Empire, l'évêque de Nice est l'administrateur de Monaco, et Honoré IV, qui recouvre ses états en 1815, est obligé d'accepter cette ingérence. vignette|upright|Sous l'épiscopat de monseigneur du Curel, évêque de Monaco, le prélat catholique et compositeur, monseigneur Perruchot, développera la beauté du chant et de la liturgie à la cathédrale de Monaco. Un Concordat est signé en 1822, qui ne met pas au clair la situation du patronage du Prince sur l'Église à Monaco. La nomination du curé Ramin à Saint-Nicolas, en 1865, est l'occasion de tension entre l'évêque de Nice et la principauté. Charles III reprend alors les négociations avec le Saint-Siège qui aboutissent le à la création d'une abbaye nullius diocesis à Monaco, ayant à sa tête un Abbé dépendant directement de Rome. L'expérience monastique, dirigée par Dom Romaric Fulgi, de l'abbaye de Subiaco, est assez brève et non concluante. Après des négociations laborieuses, la bulle pontificale Quemadmodum du érige l'abbaye nullius en évêché dépendant directement de Rome. Monseigneur Theuret est son premier évêque. Ce n'est que par la convention signée le entre le Saint-Siège et le prince de Monaco que le droit de patronage et de collations des bénéfices ecclésiastiques sera définitivement aboli, et que Monaco sera élevé au rang d'archevêché. Désormais, la nomination de l'archevêque de Monaco dépend directement du Saint-Siège; pour autant, le Gouvernement princier poursuit et maintient son engagement dans la gestion des œuvres paroissiales et religieuses nécessaires à un développement positif de l'activité de l'Église.

Ainsi, à travers l'époque moderne, l'Église à Monaco gagne en liberté. Une congrégation dominicaine, les Dominicaines de la Sainte Famille, est fondée à Monaco en 1871 par mère Thérèse Émilie Bourget pour s’occuper des enfants abandonnés. Les Jésuites, arrivés en principauté en 1861, exercent une certaine influence, qui déplait à certains français, notamment en raison de leur position critique à l'égard de la construction du casino de Monte-Carlo. Certains vont jusqu'à faire courir le bruit de leur prochaine expulsion, qui est démentie en plus haut lieu par L'Osservatore Romano, le Journal de Monaco, et la revue jésuite La Civiltà Cattolica. À l'occasion des lois de séparation de l'Église et de l'État en France, Monaco devient un refuge pour nombre de congrégations religieuses, malgré les tendances anti-cléricales du prince Albert . Dans la nouvelle cathédrale érigée sur le Rocher, le prince Albert et l’évêque de Monaco font appel, en 1904, à Perruchot, musicien réputé, pour organiser définitivement une formation chorale qui deviendra très vite un chœur célèbre à l'origine des Petits Chanteurs de Monaco. Dans les années 1930, la figure du père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus, qui fondera plus tard l'Institut Notre-Dame-de-Vie, devient prieur du couvent des Carmes, et désire proposer une vie de prière aux monégasques, malgré la récente agitation à Monte-Carlo. L'essor économique de la principauté amène aussi avec elle une certaine pauvreté, à travers l'immigration. Des jésuites, comme le père Jean Boulier, se distingue par leur engagement auprès des classes populaires dans les banlieues monégasques. D'autres, comme le père Pedro Arici, protègent de nombreux juifs pendant la Seconde Guerre mondiale.

Depuis le concile Vatican II, entre tradition et modernité