La (en occitan : carrièra Lafaieta) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.
Simple chemin au pied du rempart durant l'Antiquité et le haut Moyen Âge, la rue se forme à partir du développement du bourg Saint-Sernin au . La porte Villeneuve, qui s'élève à l'est de la rue, est un des principaux points d'entrée dans la ville, et mène au quartier de la Porterie et à l'enclos de la Maison commune des capitouls – le Capitole. La rue est alors bordée de boutiques et d'échoppes, mais la fermeture de la porte, après 1562, affaiblit leur activité. Au , la multiplication des travaux d'urbanisme – aménagement de la place du Président-Thomas-Woodrow-Wilson, percement de la rue d'Alsace-Lorraine, reconfiguration du Capitole et création du square du Capitole – lui rendent son attractivité, et la rue se borde de grands magasins. Rendue piétonne en 2013, elle reste l'une des rues commerçantes les plus fréquentées de la ville.
Situation et accès Description La rue Lafayette est une voie publique. À l'est de la rue d'Alsace-Lorraine, elle appartient au quartier Saint-Georges, tandis qu'à l'ouest, elle marque la limite entre les quartiers Capitole, au sud, et Arnaud-Bernard, au nord).
Elle naît à l'angle nord-est de la place du Capitole, au carrefour de la rue Charles-de-Rémusat, qui relie la place à la place Jeanne-d'Arc. Depuis les travaux de réalignement des façades, au , la rue est parfaitement rectiligne, longue de , large d'environ et orientée est-ouest. Elle reçoit à droite la rue Ernest-Roschach, puis elle est bordée, sur le même côté, par le square Charles-de-Gaulle. Elle est coupée en deux par la rue d'Alsace-Lorraine, puis se prolonge, après avoir donné naissance à la rue du Rempart-Villeneuve, jusqu'à la place du Président-Thomas-Woodrow-Wilson. Elle est prolongée, au-delà de cette place, par la rue des Trois-Journées, qui rejoint le boulevard Lazare-Carnot.
La chaussée compte une seule voie de circulation automobile en sens unique, de la rue du Rempart-Villeneuve vers la place du Président-Thomas-Woodrow-Wilson dans sa première partie, et de la rue du Rempart-Villeneuve vers la place du Capitole dans sa deuxième partie. Elle appartient, dans sa première partie, à une zone de rencontre, où la vitesse est limitée à , et, dans sa deuxième partie, à une aire piétonne, où la circulation est réglementée et la vitesse limitée à . Il n'existe pas de bande, ni de piste cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.
Voies rencontrées La rue Lafayette rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :
Rue Charles-de-Rémusat (g) Place du Capitole (d) Rue Ernest-Roschach (d) Square Charles-de-Gaulle (d) Espace de la Laïcité (d) Rue d'Alsace-Lorraine Rue du Rempart-Villeneuve (g) Place du Président-Thomas-Woodrow-Wilson
Odonymie vignette|gauche|Le Marquis De Lafayette, par Ary Scheffer (1822, National Portrait Gallery). La rue porte le nom du marquis de La Fayette, Gilbert du Motier (1757-1834)Salies 1989, vol. 2, .. Le jeune noble, né au château de Chavaniac, portait le nom de la seigneurie de La Fayette (La Faieta en occitan), en Auvergne. Héros de la guerre d'indépendance des États-Unis, il devint une des personnalités de premier plan de la Révolution française. C'est à cette époque qu'il choisit de signer « Lafayette » en un seul mot, en réaction contre le système nobiliaire. En 1793, il est capturé par les Autrichiens alors qu'il fuit la Terreur et il doit rester en exil jusqu'en 1800. Il se retire alors de la vie politique, quoiqu'il se montre hostile au régime napoléonien. Revenu au premier plan en 1814, pendant la première Restauration, il est député, mais il s'oppose au régime de Louis XVIII, soutient des conspirations et des tentatives de coup d'État, et adhère en 1821 à la charbonnerie. Battu aux élections de 1824, il est réélu en 1827 et reprend son rôle d'opposant, cette fois à Charles X. Il soutient l'agitation qui débouche, en 1830, aux Trois journées qui renversent le roi, puis la proclamation de Louis-Philippe. Il retourne pourtant, à partir de 1832, dans l'opposition, avant de mourir deux ans plus tardSalies 1989, vol. 2, ..
Les premières mentions de la rue, au début du , la désignaient comme la rue Villeneuve, parce qu'elle se trouvait à la limite de la cité romaine et du nouveau bourg Saint-Sernin. Au milieu du , elle était aussi la rue de la Porte-Villeneuve car elle aboutissait à cette porte. Au , on trouve aussi le nom de rue Sainte-Catherine, car on y trouvait un important couvent des religieuses de Sainte-Catherine de Sienne. La création au début du de la Maison du Petit-Versailles, qui accueillit des spectacles, puis l'Académie des Arts, explique qu'on la connaisse également sous ce nom. En 1794, pendant la Révolution française, elle devint la rue de la Révolution. Cette dénomination prestigieuse est à l'origine des nombreux changements de nom que la rue connut au : en 1806, elle devint rue Bonaparte, en l'honneur de l'empereur des Français, puis rue d'Angoulême, le , en l'honneur de la venue du duc d'Angoulême à Toulouse. Le changement de régime et de dynastie, après la Révolution de 1830, provoqua un nouveau changement de nom, et elle devint rue Lafayette. Mais lors du passage du président de la République, Louis-Napoléon Bonaparte, du 4 au , elle devint la rue Louis-Napoléon Bonaparte, nom qu'elle garda jusqu'à la chute du Second Empire en 1870Chalande 1929, ..
Histoire Moyen Âge et période moderne Au début du Moyen Âge, l'actuelle rue Lafayette n'est qu'un chemin qui longe au nord le vieux rempart gallo-romain. Le développement du bourg Saint-Sernin, à partir du , transforme profondément le visage du quartier. En 1150, un système de défense – fossé et palissade en bois – est élevé pour protéger le bourg, incluant l'actuelle rue Lafayette. Celle-ci permet de relier le quartier de la Porterie, porte nord de la cité romaine, à l'ouest, et la nouvelle porte Villeneuve, à l'est (emplacement des actuels et 22) : elle prend d'ailleurs le nom de cette porte, puisqu'elle est connue au comme la rue Villeneuve ou rue de la Porte-VilleneuveChalande 1929, ..
Le quartier est encore peu densément peuplé et bâti, ce qui permet aux consuls de la ville, les capitouls, d'établir leur Maison commune sur des terrains à l'ouest de la rue Villeneuve, à la limite entre la cité et le bourg. Progressivement, l'enclos de la Maison commune s'agrandit, au gré des nouvelles constructions.
En 1562, la ville est profondément agitée par les troubles religieux, qui opposent catholiques et protestants. Après cinq jours de combat, les protestants toulousains, concentrés dans la Maison commune, sont obligés de fuir la ville en sortant par la porte Villeneuve. En commémoration de cette victoire, les catholiques font murer la porte, fermant de la même manière le débouché de la rue Villeneuve.
En 1603, le couvent des religieuses de Sainte-Catherine de Sienne, ou Catherinettes, est installé dans la rue Villeneuve. L'ordre de Sainte-Catherine de Sienne avait été fondé la même année par le conseiller au parlement Arnaud de Bourret et sa deuxième épouse, Marie de Costa, et acheté une maison et un jardin, rue Villeneuve (ancien )Arnaud de Bourret avait déjà favorisé l'installation des Filles de la Doctrine chrétienne des Vierges de Sainte-Ursule, ou Ursulines, en leur cédant en 1605 l'ancien hôtel de Delpech (emplacement de l'actuel rue Sainte-Ursule).. Ils y font construire une chapelle et un dortoir. En 1605, Marie de Costa prend le voile et entre au couvent – son mari entrera en 1614 au noviciat des Jésuites – où elle meurt en 1616. Progressivement, le couvent s'étend, par l'achat de plusieurs maisons voisines, s'étendant sur presque la totalité du côté nord de la rue Villeneuve (emplacement des actuels à 29). À partir de 1622, il accueille également l'hôpital des Orphelines, fondé par Gabrielle de Vézian, supérieure des religieuses de Sainte-Catherine, et destiné à des orphelines pauvresChalande 1929, .
En 1739, la Maison du Petit-Versailles s'installe à l'angle de la rue Villeneuve et de la rue de la Porte-Nove (emplacement de l'actuel rue d'Alsace-Lorraine). En 1769, cette Maison du Petit-Versailles est aménagée pour accueillir l'Académie des Arts, installée auparavant au Logis de l’Écu.
Époque contemporaine La Révolution française bouleverse la vie de la rue Villeneuve. En 1790, le couvent des religieuses de Sainte-Catherine de Sienne est fermé, les religieuses dispersées et les immeubles deviennent biens nationaux. Les bâtiments servent même de prison pour les prêtres réfractaires. En 1797, les orphelines sont transférées à l'hôpital de la Grave, pour ne revenir qu'en 1811Chalande 1929, .Dominicaines : couvent de Sainte-Catherine-de-Sienne, sur le site des Archives départementales de la Haute-Garonne (consulté le 14 février 2019)..
Ce sont les travaux d'urbanisme successifs qui ont donné à la rue sa configuration moderne. En 1825, le rempart médiéval et la porte Villeneuve sont démolis, afin de favoriser l'aménagement et le développement de la place d'Angoulême (actuelle place du Président-Thomas-Wilson). La rue, qui est devenue rue d'Angoulême, est ainsi prolongée depuis la rue du Rempart-Villeneuve jusqu'à la nouvelle place, tandis que de nouveaux immeubles, à l'angle de la place, sont élevés (actuels et 39)Chalande 1929, ..
Sous le Second Empire, on installe le Conservatoire de musique dans la Maison du Petit-Versailles.
La rue Lafayette est profondément bouleversée, dans la deuxième moitié du , par le percement de la rue d'Alsace-Lorraine. Une partie des bâtiments de l'orphelinat devant être démolie, il est déplacé en 1880 dans un nouvel établissement, construit par l'architecte Delor, rue des Récollets (emplacement de l'actuel rue Achille-Viadieu). En 1860, ces travaux s'accompagnent de la démolition des vastes dépendances de l'enclos de la Maison commune, à l'emplacement desquels est aménagé un square. Seul le portail de l'Arsenal (ou de la Commutation) est épargné, mais il est démonté en 1886 dans le Jardin des Plantes.
Patrimoine et lieux d'intérêt Hôtel central des Postes ..
Le premier hôtel des Postes est construit entre 1886 et 1890 par Joseph Thillet sur la rue John-Fitzgerald-Kennedy (actuels ), mais après l'acquisition de quatre immeubles de la rue Lafayette (anciens à 15), un nouveau bâtiment Art déco de style « paquebot » est élevé entre 1939 et 1946 par Pierre Thuriès, architecte régional des PTT. Le chantier, retardé par la Seconde Guerre mondiale, connaît un drame en 1946, lorsque Pierre Thuriès meurt en chutant accidentellement d'une trémie.
La façade est en béton couvert d'un plaquage de brique. L'architecte joue sur des rythmes de symétrie/asymétrie. Au rez-de-chaussée, resté en béton, la grande porte centrale est en ferronnerie, avec les initiales PTT. Aux étages, l'élévation, prise dans un grand cadre en brique, se compose de trois larges travées, séparées par des bandeaux verticaux en pavés de verre. Les étages sont séparés par des bandeaux horizontaux animés par un calepinage de brique en losange. Sur le côté gauche une avancée en pavés de verre est surmontée du blason de Toulouse et d'un hublot. Le dernier étage est en léger recul par rapport à la façade.
L'intérieur est traité avec soin. Au rez-de-chaussée, la grande salle de réception du public, qui est alors la plus grande et la plus moderne de France, est aménagée sur . Elle est couverte de pavés de verre, qui permettent un éclairage zénithal. La salle était équipée de tout le confort moderne. Les usagers étaient dirigés vers 37 guichets en fer à cheval, disposés au centre. On trouvait sur les côtés dix cabines téléphoniques et les boîtes des commerces et des abonnés, tandis que de grandes tables de marbre des Pyrénées permettaient de travaillerPapillault 2016, ...
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