La (en occitan : carrièra Charles de Rémusat) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.

Situation et accès Description La rue Charles-de-Rémusat est une voie publique. Elle traverse le quartier Arnaud-Bernard.

Elle naît au nord-est de la place du Capitole, au carrefour de la rue Lafayette. Rectiligne, longue de 365 mètres, large de 9 mètres, elle est orientée au nord-est. Elle rencontre successivement les rues du Sénéchal et John-Fitzgerald-Kennedy, puis les rues Montoyol et Rivals, et enfin les rues de Périgord et du Salé. Elle forme avec ces dernières une petite place triangulaire connue comme la place de la Visitation. Elle se termine au carrefour de la rue d'Alsace-Lorraine, mais elle est prolongée au nord-est par la rue de Bayard et au nord, au-delà du boulevard de Strasbourg, par la place Jeanne-d'Arc et la rue Matabiau.

La chaussée compte une seule voie de circulation automobile à sens unique, du boulevard de Strasbourg et de la rue d'Alsace-Lorraine vers la place du Capitole. Elle appartient, entre la rue d'Alsace-Lorraine et la rue Rivals, à une zone de rencontre et la vitesse y est limitée à 20 km/h. Entre la rue Rivals et la place du Capitole, sur 135 mètres, elle devient une voie piétonne et la circulation y est réglementée et limitée à 6 km/h. Il n'existe pas de piste, ni de bande cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable sur toute sa longueur.

Voies rencontrées La rue Charles-de-Rémusat rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :

Place du Capitole (g) Rue Lafayette (d) Rue John-Fitzgerald-Kennedy (d) Rue du Sénéchal (g) Rue Rivals (d) Rue Montoyol (g) Rue du Salé (d) Rue du Périgord (g) Rue d'Alsace-Lorraine

Transports La rue Charles-de-Rémusat est parcourue et desservie sur toute sa longueur par la navette . De plus, elle débouche au nord sur la place Jeanne-d'Arc et le boulevard de Strasbourg, où se trouvent la station Jeanne-d'Arc, sur la ligne de métro , ainsi que les arrêts des lignes de Linéo , de bus et des navettes . Au sud, la rue débouche sur la rue Lafayette, près de laquelle se trouve la station Capitole, sur la ligne de métro .

Les stations de vélos en libre-service VélôToulouse les plus proches sont la station (21 rue Lafayette) au sud et les stations (25 rue de Périgord) et (32 boulevard de Strasbourg) au nord.

Odonymie vignette|gauche|Portrait de Charles de Rémusat par Paul Delaroche (1843, musée du Vieux Toulouse). vignette|gauche|Plaques de rue en français et en occitan. Le nom de la rue rend hommage à Charles de Rémusat (Paris, - Paris, ), homme politique et philosophe français. Son père, Auguste Laurent de Rémusat, fut préfet de la Haute-Garonne entre 1815 et 1817, où il se signala par son zèle ultraroyaliste lors de la Terreur blanche. Charles de Rémusat fut lui-même élu député de la Haute-Garonne de 1830 à 1848 sous la monarchie de Juillet, puis de 1848 à 1851 sous la Deuxième République, et de 1873 à 1875 sous la Troisième République, siégeant systématiquement dans les rangs du centre droit, royaliste et libéral. Il fut élu mainteneur de l'Académie des Jeux floraux en 1863.

Les mentions les plus anciennes de la rue la désignent comme la rue ou la grande-rue Matabiau (carraria Mathebovis en latin médiéval).. En effet, elle menait à la porte (emplacement de l'actuel ) et au faubourg de ce nom (autour de l'actuelle place Jeanne-d'Arc). La tradition populaire a rapproché ce nom de mata-biau (mata buòu, « [le lieu où l'on] assomme le bœuf » en occitan) du bœuf qui avait traîné l'évêque Saturnin lors des persécutions religieuses de Dèce en 250. Pierre Salies, s'il ne rejette pas cette hypothèse, rapproche ce nom des grands bovaria qu'on trouvait au nord de la ville au ..

Au Moyen Âge, la partie nord de la rue est également connue comme la rue de Saint-Orens, à cause d'une chapelle placée sous le vocable de ce saint, et confiée en 1356 au religieux de la Sainte-Croix.. Au , on lui trouva également le nom de rue des BourdettesSalies 1989, vol. 1, .. Dans sa partie sud, elle était connue comme la rue du Puits-d'Aguilhères., puis rue de Mirabel, qu'elle devait à un propriétaire de la rue, qui possédait un hôtel particulier, surmonté d'une tour (emplacement de la Salle du Sénéchal, actuel ).. À partir du milieu du , après l'installation de la sénéchaussée dans l'hôtel de Montmaur, cette partie de la rue devint naturellement la grande-rue du Sénéchal.. De plus, le carrefour de la rue de Périgord formait une petite place, appelée rue Vidal-Guilhem, puis de la Visitation.

En 1794, pendant la Révolution française, la rue Matabiau fut renommée rue Force-Armée, mais il ne subsista pas.. C'est le que la municipalité toulousaine d'Henri Ebelot décida d'honorer l'une des plus importantes rues de la ville du nom de Charles de Rémusat.

Histoire Moyen Âge Au Moyen Âge, le quartier de l'actuelle rue Charles-de-Rémusat se trouve hors de l'enceinte de la ville, au nord de la Porterie, la porte nord de la vieille cité romaine (emplacement de l'actuelle place du Capitole). C'est dans la première moitié du qu'elle commence à s'urbaniser grâce au développement d'un bourg autour de l'abbaye Saint-Sernin. Ce n'est probablement qu'un simple chemin qui mène de la Porterie à la porte Matabiau (emplacement au-devant de l'actuel boulevard de Strasbourg) ou, par l'étroite rue Négogousses (actuelle rue Rivals), à la porte Sardane (emplacement au-devant de l'actuel place Victor-Hugo)Cazes 2013, ..

L'activité se développe le long de la rue, comme le montre la présence d'auberges, telle l'hôtellerie à l'enseigne de Saint-Jacques, du côté de l'ancienne Porterie, dans les années 1440.. Aux au moins, la population de la rue a accès à un four public, le four d'Aguilhères, et d'un puits public, du même nom .. Une petite chapelle est également édifiées avant le (emplacement de l’actuel ). Elle est placée sous le vocable de saint Orens, ce qui indique peut-être un lien avec l'important prieuré de Saint-Orens d'Auch . Signe de l'importance de cette voie pour l'entrée dans la ville, un pilori en pierre se trouve sur la petite place Mirabel, à l'angle de la rue Négogousses : c'est là qu'on attache à des carcans de bois et de fer les voleurs..

Mais, surtout, l'importance des terrains non construits favorise à partir du l'installation – comme dans le reste du bourg Saint-Sernin – de nombreuses institutions religieuses. Les premières sont les chanoinesses de Saint-Sernin. Leur ordre est fondé avant 1294 à la suite de la prédication d'un jeune moine franciscain, Vital Du Four : un petit groupe de prostituées repenties décide de se consacrer à la vie religieuse et de fonder un ordre de chanoinesses régulières. À cette date, elles obtiennent des chanoines de Saint-Sernin le droit de s'installer dans la rue d'Agulhères (emplacement des actuels et 12)Fournier 1999, .. Leur couvent s'agrandit progressivement dans la première moitié du , en particulier grâce au soutien de Vital Du Four, devenu un personnage éminent de la cour pontificale avignonnaiseFournier 1999, ..

Au milieu du viennent les religieux de la Sainte-Croix. En 1356, durant la Guerre de Cent Ans, comme les capitouls donnent l'ordre de détruire toutes les constructions des faubourgs de la ville, les religieux de la Sainte-Croix achètent une maison à un certain Vidal Guilhem, dans la rue Matabiau (emplacement de l'actuel ), avec le soutien du représentant du roi, le comte d'Armagnac Jean , et l'autorisation de l’abbé de Saint-Sernin, HuguesEn 1256, un groupe de chanoines réguliers de la Sainte-Croix, un institut de chanoines réguliers fondés à Clairlieu, près d'Huy, en 1211 par le chanoine Théodore de Celles, s'installe à Toulouse, dans le faubourg de Pouzonville, sur des terres qui leur ont été cédées par l'abbé de Saint-Sernin. Ils obtiennent la permission de fonder un monastère, avec une église et un cimetière. Ils participent à la lutte contre le catharisme et profitent d'une partie des biens confisqués aux cathares, comme lorsque, en 1264, ils reçoivent des biens cédés par ordre du comte de Toulouse, Alphonse de Poitiers. Théodore de Celles, fondateur de l'ordre de la Sainte-Croix, avait d'ailleurs participé comme chevalier à la Troisième croisade d'Orient entre 1189 et 1192, puis, comme religieux, à la croisade des albigeois vers 1210.. Ils obtiennent de la ville que leur soit cédée la petite chapelle Saint-Orens, et le prieur Saint-Orens d'Auch leur envoie même des reliques de ce saint. C'est pour ces raisons qu'ils prennent par la suite le nom de religieux de Saint-Orens.

Les religieuses hospitalières de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem. Leur monastère, sous le vocable de Saint-Jean-Baptiste se trouvait rue du Sénéchal et occupait un vaste espace..

Le développement de l'université de Toulouse explique enfin la multiplication des collèges dans le bourg Saint-Sernin. Au est fondé dans la rue d'Agulhères le petit collège des Mathurins, réservé aux religieux trinitaires..

Période moderne En , le roi Henri II, afin d'alléger le travail des parlements, crée par édit royal les présidiaux. À Toulouse, le siège de la sénéchaussée et présidial – qui se trouvait depuis le dans le Château Narbonnais, puis à proximité immédiate (emplacement des actuels rue des Fleurs et place des Hauts-Murats) – est transféré dans la maison dite « tour de Montmaur », car appartenant à la famille Buisson de Montmaur (emplacement de l'actuel ). Le tribunal, le greffe et les prisons sont déplacés dans l'hôtel de la rue de Mirabel, tandis que le sénéchal continue à résider dans l'ancienne sénéchaussée.

En 1649, l'archevêque de Toulouse, Charles de Montchal, fonde le couvent de la Visitation-de-la-Bienheureuse-Vierge-Marie, qui dépend de l'ordre de la Visitation de Sainte-Marie, qui connait un fort développement dans le royaume de France depuis sa fondation en 1610 par Jeanne de Chantal. Les Visitandines font construire leur couvent sur un terrain de la rue des Pères-de-Saint-Orens, près de la porte Matabiau (emplacement de l’actuel ). Les travaux semblent être terminés en 1659. Le bâtiment d’un style classique se signale par un vaste porche à pilastres doriques et fronton, et l’église conventuelle, décorée par une fresque et des toiles de Jean-Baptiste Despax, représentant la vie de Jeanne de Chantal.

C'est également au , en 1673, qu'est fondée, avec l'approbation du cardinal-archevêque Pierre de Bonzi, la congrégation des Filles de la Providence. Cette communauté des « providentes », tenues ni aux vœux, ni à la clôture, est placée sous l'autorité de l'abbé Jacques Mercadier, prêtre de la congrégation des oblats de Sainte-Marie, et se dévoue au soulagement des pauvres et à l'instruction des enfants. Leur maison est installée près de la rue du Salé, presque en face du couvent des Pères de Saint-Orens (emplacement des actuels à 50)..

Les dernières venues dans la grande-rue Matabiau sont d'ailleurs les religieuses de la Congrégation du Bon Pasteur. Le , les chanoines de Saint-Orens, qui ne sont plus que trois, abandonnent leur couvent de la rue Matabiau au profit des Filles du Bon Pasteur, qui cherchaient à quitter leur couvent du faubourg Saint-Cyprien, après la mort de 51 d'entre elles lors de l'inondation de la Garonne en 1727Le couvent des Filles du Bon Pasteur avait été fondé au début du par Pierre de Tournier, conseiller clerc au Parlement, avec l'appui de l'archevêque, René François de Beauvau du Rivau...

Époque contemporaine Révolution et Premier Empire Pendant la Révolution, la rue connaît des transformations. Alors que les biens de l'Église sont mis à disposition de la Nation en , les ordres religieux réguliers sont supprimés en et les ordres séculiers en . Les religieuses du Bon-Pasteur et de la Visitation doivent quitter leurs couvents, comme les vingt-trois chanoinesses de Saint-Sernin. et les quarante-sic hospitalières de Saint-Jean-de-Jérusalem.