vignette|Portraits stéréotypés d'Autochtones d'Amérique du Nord par peuple (États-Unis, 1914).

Les Autochtones d'Amérique du Nord ou Premiers Peuples d'Amérique du Nord, quelquefois désignés comme les Nord-Amérindiens en français européen, sont les membres et les descendants des premiers peuples originaires de l'Amérique du Nord, peuples dont la présence est attestée antérieurement à la colonisation européenne des Amériques.

Les autochtones d'Amérique du Nord sont répartis dans une vingtaine de grandes familles linguistiques et culturelles, dont les familles algonquiennes, inuites, na-denées, uto-aztèques et oto-mangues. Ces grandes familles regroupent plusieurs centaines de nations distinctes.

Terminologie Dans un contexte nord-américain, le terme Autochtones désigne les premiers peuples d'Amérique du Nord et leurs descendants. L'usage du nom Nord-Amérindiens est relativement rare et est même inusité en français nord-américain; il est plus courant, et plus consensuel, d'utiliser le terme Autochtones d'Amérique du Nord ou, en contexte et par ellipse, Autochtones. Dans la documentation canadienne, on relève aussi l'équivalent Premiers Peuples d'Amérique du Nord.

Dans la terminologie du gouvernement du Canada, le terme Autochtone englobe trois groupes : les Premières Nations, les Inuits et les Métis. Le terme Premières Nations remplace les termes Indiens et Amérindiens, que Bibliothèque et Archives Canada décrit respectivement comme « offensant » et « désuet ». Le terme Indien est encore utilisé dans certains textes de loi canadiens, dont la Loi sur les Indiens, mais son usage en dehors des contextes juridiques n'est généralement plus considéré comme étant approprié. Le gouvernement canadien remplace parfois Autochtones par le synonyme générique Premiers Peuples, ce dernier terme ne devant pas être confondu avec son hyponyme Premières Nations.

Bien qu'en anglais il est courant d'utiliser des termes comme Aboriginal peoples et Indigenous peoples, et que leurs traductions françaises directes s'utilisent en référence à certains groupes comme les Aborigènes d'Australie, les termes Aborigènes et Indigènes s'emploient peu en français pour désigner les membres des Premiers Peuples d'Amérique du Nord.. Ces termes sont généralement remplacés par Autochtones ou Peuples Autochtones en français. À titre d'exemple, le service nommé Indigenous Services Canada en anglais se nomme Services aux Autochtones Canada en français.

En anglais des États-Unis, les autochtones sont couramment appelés , ou . En français, ces termes sont généralement traduits par la périphrase Autochtones des États-Unis.

Sociétés autochtones en Amérique du Nord Peuplement originel : Théories anciennes et découvertes les plus récentes

Langues

vignette|redresse=2.2|centré|Familles de langues autochtones et isolats en Amérique du Nord.

Les linguistes estiment le nombre de langues autochtones, mortes et toujours existantes confondues, à ou , dont 200 rien qu'en Amérique du Nord. Bien que certaines comportent des différences majeures par rapport à d'autres, les spécialistes ont pu les regrouper en « familles » n'ayant parfois connu aucun contact. Les langues eskimo-aléoutes comprennent l'inuvialuktun ou l'inupiaq. La famille des langues athapascanes comprend des dialectes pratiqués par les Apaches et les Navajos. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les services secrets américains employaient des auxiliaires navajos qui traduisaient dans leur langue les messages les plus confidentiels avant qu'ils soient cryptés.

Enfin, les langues européennes ont nommé en utilisant leurs propres vocabulaires des éléments des cultures autochtones, ce qui introduit des confusions : les Espagnols ont ainsi baptisé les Indiens « pueblos », qui signifie « village », mais les pueblos appartiennent à quatre groupes linguistiques différents : Hopis, Zuñis, Keres et Tanoar. Les colons anglophones ont utilisé l'appellation « Indian Corn » pour désigner le maïs, comme les colons francophones, l'appellation « blé d'Inde ».

Croyances vignette|Un pow-wow. vignette|Fasciné par les Indiens dès son enfance, le peintre George Catlin se fait leur historien en réalisant des toiles montrant leurs cultures, ici une danse de l'ours, animal-totem à qui ils rendent hommage avant leur départ pour la chasse. On regroupe le plus souvent les cultures autochtones en grands ensembles géographiques : nord-est, nord-ouest, région arctique, région subarctique, nord-ouest (État de Washington), Californie, Grand Bassin, Plateaux, Grandes Plaines, Sud-Est, Sud-Ouest, forêts de l'Est. Les conditions de vie étaient donc très différentes selon le milieu de vie des Autochtones. La diversité des peuples autochtones s'exprime également dans le domaine des croyances. On peut néanmoins dégager quelques points communs aux nombreuses nations : Une « entité » créatrice, le Grand Esprit (par exemple Manitou pour les Algonquins), auquel beaucoup d'Autochtones, des plaines notamment, donnent le nom de Wacontanka et associent Eïtineka déesse mère et nourricière (autre terme utilisé: "Le Créateur"). Des « esprits auxiliaires » bons ou mauvais (par exemple : les esprits du vent, du feu, du tonnerre, ou le Grand Serpent, ennemis du bien dans la culture iroquoise). Ces cultures sont pour la plupart animistes (plusieurs ont été christianisées ensuite ou présentent des croyances syncrétiques). Contrairement aux sociétés occidentales, ils ne se voyaient pas comme au centre de la vie, mais comme un simple élément de la vie, et du monde en général. On pourrait aujourd'hui parler de biocentrisme. Le chamanisme : pratiques rituelles d'apaisement des esprits comme la danse du serpent chez les Apaches ou la société des False Faces chez les Iroquois, ces pratiques pouvaient chez certaines cultures (plaines, bassin, Sud-Ouest) s'accompagner de l'utilisation d'amulettes protectrices. Le symbolisme : beaucoup d'Autochtones (Nord-Est, Plaines, Bassin, Subarctique, Arctique) s'identifient symboliquement à une filiation animale. Cette filiation pouvait se trouver à l'origine de la constitution d'un clan (Iroquoiens, Algonquiens). La constitution de sociétés guerrières (« guerriers chiens » sioux ou cheyennes). De même, cette « filiation » pouvait parfois se trouver « archivée » (totems, spécificité du Nord-Ouest, Noutkas Tlingit, etc.). D'une manière générale, cette symbiose homme/animal est une constante des mythes autochtones, à l'exemple des légendes inuits qui font état de l'homme/animal en tant qu'être unique se transformant à volonté.

Rites Les Autochtones d'Amérique du Nord partagent également des rites communs : Rites de purification (hutte à sudation) pour les prières et les cérémonies, utilisation du tabac et de la sauge Prières et transes en cercles Pow-wow La Danse des Esprits (The Ghost Dance) : les participants répètent des couplets au son des tambours. Les incantations peuvent mener à la transe. (cette danse s'est généralisée pendant les années 1880 dans les réserves des plaines. Elle était jugée subversive par Washington qui l'a fait interdire et est l'une des causes du massacre de Wounded Knee en 1890) La Danse du Soleil (The Sun Dance) dans les Grandes Plaines pour vénérer le soleil, pendant la période du solstice d'été. Elle était accompagnée de mutilations corporelles volontaires destinées à montrer son courage et à entrer en transe.

Vie quotidienne vignette|Céramique hopi, vers 1880, conservée à Washington DC.

Vivant en symbiose avec leur milieu naturel, les Autochtones d'Amérique du Nord dépendent en effet des conditions climatiques et des ressources, même s'ils ont su s'adapter aux contraintes. Chaque grand ensemble a ainsi développé une activité de prédilection, avec son savoir-faire propre. Dans les régions arctique et sub-arctique, il s'agit de la pêche. Dans le Nord-Ouest (État de Washington) celle-ci vise en particulier les cétacés, les phoques, et la morue. Le travail du bois de thuya (totems, masques), de la vannerie et du tissage sont aussi très développés. Le Grand Bassin se caractérise par la chasse et l'organisation de véritables villages, voire de villes et de huttes.

Dans les Grandes Plaines, c'est le bison qui est chassé et le cheval dressé à la suite de son introduction par les Européens. En Californie, on trouve un art décoratif à base de décorations en plumes et en coquillages.

Au Sud-Est, des cultures tropicales de maïs et de pomme de terre sont faites à grande échelle. Ce sont les grandes civilisations précolombiennes qui mettaient en place de telles organisations radicalement différentes du modèle de vie nomade et en harmonie avec la nature, développées par les peuplades d'Amérique du Nord étudiées plus haut.

Enfin au Sud-Ouest, confluent de ces deux civilisations, on trouve des peuples sédentaires influencés tant par leurs voisins de la partie supérieure du continent que par ceux de la partie inférieure. Ainsi, ils pratiquent l'irrigation, tissent le coton, font des poteries, tressent des paniers, exploitent les cactus Peyotl, portent des bijoux et vivent dans des constructions en adobe. Toutefois les Apaches sont nomades et vivent donc bien plus de la chasse.

Cultures disparues vignette|redresse|Flèches préhistoriques autochtones, conservées à Washington, D.C.. Les sites les plus anciens des États-Unis se répartissent en deux régions principales : la première est celle de l'est, où l'on trouve des témoignages très anciens de la culture des Mound Builders, qui construisaient des tertres zoomorphes et des pyramides de terre pour enterrer leurs morts. Les archéologues ont baptisé ces peuples aujourd'hui éteints : les Adenas sont les plus anciens (- 1000 / + ), puis viennent les Hopewells ou Hopewelliens. Les cultures du Mississippi sont également rattachées au Mound Builders.

Le sud-ouest est la deuxième région qui abritait des civilisations disparues au moment où Christophe Colomb « découvre » l'Amérique : les sites archéologiques les plus connus sont le site Clovis, Danger Cave (Utah) ou encore Folsom (Nouveau-Mexique). Mais de nombreux sites de pétroglyphes se situent aussi dans l'Ouest américain : Red Rock Canyon (Nevada), Bryce Canyon... Dans cette région marquée par l'aridité et les contacts avec la Méso-Amérique vivent les Indiens pueblos qui sont les héritiers de cultures disparues : la culture Mogollon dont les vestiges peuvent être visités dans le Gila Cliff Dwellings National Monument la culture hohokam, de 300 à 1400 environ ; les Indiens Hohokam ont aménagé des canaux au sud de l'actuel Phoenix la culture anasazi, de 100 à 1700 environ ; plusieurs sites témoignent de l'importance des Anasazi : Mesa Verde et Aztec Ruins National Monument sont les plus notables.

vignette|droite|Parc national de Mesa Verde, Colorado, à l'ouest des États-Unis.

Au nord-est, dans la vallée du Saint-Laurent, les Laurentiens (des Iroquoiens) disparaissent entre le dernier voyage de Jacques Cartier et l'arrivée de Samuel de Champlain. En l'espace d'un demi-siècle, Stadaconé, Hochelaga et tous les villages mentionnés par Cartier ont disparu. Il est généralement admis que leur disparition ne fut pas causée par des épidémies venues d'Europe. Il est fort probable que, sous la pression d'attaques venant d'autres peuples, les habitants du Saint-Laurent se soient dispersés pour rejoindre les Wendats, les Iroquois (les 5 Nations) et quelques bandes algonquines. La tradition wendat fait état de ce fait. Il semblerait, qu’autour des années 1550, les Algonquins, les Innus et les Wendats regroupés au sein d'une Alliance Laurentienne aient fait la guerre et expulsé très brutalement leurs ennemis iroquois (Desrosiers Iroquoisie). Ces derniers garderont en mémoire cette expulsion et feront preuve de grande cruauté lors des combats qu’ils mèneront pendant près de contre ces nations.

Prénoms autochtones en Amérique du Nord