Abbesses est une station de la ligne 12 du métro de Paris, située dans le de Paris.
Situation La station se trouve au sud-ouest du quartier de Clignancourt à sa limite administrative avec le quartier des Grandes-Carrières. Elle est implantée sous la place des Abbesses et orientée approximativement nord-sud, selon l'axe du square Jehan-Rictus. Établie en palier, elle s'intercale entre les stations Lamarck - Caulaincourt et Pigalle, cette dernière lui étant géographiquement assez proche.
Sur cette section de la ligne 12, le tunnel se développe en tréfond des immeubles et maisons de la butte Montmartre avec une forte rampe de 4 %, à proximité d'anciennes carrières de gypse. En raison de la déclivité du terrain, les quais de la station sont situés à sous la surface, ce qui en faisait historiquement la plus profonde station du métro de Paris., jusqu'à la mise en service de la station Villejuif - Gustave Roussy en , sur le prolongement de la ligne 14 vers Aéroport d'Orly. Abbesses demeure néanmoins la station de métro la plus profonde de Paris intra-muros.
Histoire
Mise en service La station est ouverte le Annexe du compte-rendu de la séance du 8 février 1913 de la ., soit près de trois mois après l'inauguration du deuxième prolongement de la ligne A de la Société du chemin de fer électrique souterrain Nord-Sud de Paris (dite Nord-Sud), depuis le terminus provisoire de Pigalle jusqu'à . Cette extension fut décidée par le conseil municipal du sur proposition d'Édouard BallièreFiche d'Édouard Ballière, membre nommé en 1903, de la commission du Vieux Paris, sur cths.fr (consulté le 23 juillet 2011).Paris et les élections municipales sous la Troisième République, sur books.google.fr (consulté le 23 juillet 2011). et déclarée d'utilité publique par la loi du votée sur proposition de Louis Barthou.. Jusqu'à l'achèvement de la station, les rames de métro la traversaient sans y marquer l'arrêt.
Le , la ligne A devient l'actuelle ligne 12 du métro à la suite de l'absorption de la société du Nord-Sud le par sa concurrente, la Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris (dite CMP), qui gère la concession de l'essentiel des autres lignes du réseau.
Origine du nom La station doit sa dénomination à son implantation sous la place des Abbesses, laquelle fait référence aux dirigeantes de l'abbaye des Dames de Montmartre, figures du quartier à l'époque, et dont plusieurs ont des rues à leur nom dans les et , comme Marguerite de Rochechouart, Louise-Émilie de La Tour d'Auvergne, Catherine de La Rochefoucauld ou Marie-Éléonore de Bellefond. Abbesses se situe en première position des stations du réseau classées par ordre alphabétique.
Sur le plan RATP de la , la station porte comme sous-titre Butte Montmartre du nom de la colline sous laquelle elle se situe, haut lieu touristique de Paris Plan de la ligne, sur www.ratp.fr (consulté le ).. Ce sous-titre est cependant absent des quais de la station, les inscriptions sur la faïence de style « Nord-Sud » s'y prêtant mal.
Modernisations Comme l'ensemble des points d'arrêt de la ligne 12 de 1959 à 1960, les quais sont modernisés par la mise en place d'un carrossage métallique sur les piédroits, doté de montants horizontaux de couleur vert d'eau et de cadres publicitaires dorés, éclairés par le haut. Cet aménagement est alors largement déployé sur le réseau en tant que moyen de rénover les stations rapidement et à moindre coût.
En 1974, la balustrade d'origine de l'accès à la station, en fer forgé rythmé de piliers en céramique selon le style caractéristique de l'ancien réseau Nord-Sud, disparaît au profit d'un édicule Guimard qui appartenait jusqu'alors à la station Hôtel de Ville, située sur les lignes 1 et 11.
En 1984, deux fresques murales retraçant la vie parisienne sont mises en place dans les volées d'escaliers en colimaçon, qui relient les quais à la salle de distribution des titres de transport.
Dans les années 1990, le carrossage des quais voit ses lambris métalliques repeints en bleu et ses bancs d'origine remplacés par des banquettes « assis-debout » ainsi que des sièges « Motte », de couleur bleue également afin de s'harmoniser avec la nouvelle teinte des montants horizontaux.
Dans le cadre du programme « Renouveau du métro » de la RATP, les couloirs de la station sont rénovés le ., tandis que le carrossage des quais est déposé en urgence la même année en raison d'infiltrations d'eau majeures à travers les maçonneries. La décoration d'origine en céramique, dans le style caractéristique de l'ancien réseau Nord-Sud, est restituée à l'identique en 2007, tandis que les escaliers se dotent de nouvelles fresques décoratives, celles d'origine ayant été vandalisées au fil des ans.
Au printemps 2025, la RATP procède à l'installation de séparateurs de voies dans la station afin de limiter les intrusions intempestives de personnes, récurrentes sur la section nord de la ligne 12. Ces clôtures anti-franchissement sont également déployées dans d'autres stations du même tronçon durant le premier semestre 2025, puis sur la section centrale de la ligne 5 dès l'été suivant et sur le tronçon nord-est de la ligne 7 à l'hiver 2026.
Fréquentation Nombre de voyageurs entrés à cette station. : Année20132014201520162017201820192020Effet de la pandémie de Covid-19.2021Nombre de voyageurs par anRangNombre de stationsLe nombre de stations au 31 décembre de l'année n'inclut pas la station fictive Funiculaire de Montmartre. Cette dernière est en effet considérée comme une station de métro par la RATP et rattachée statistiquement à la ligne 2, ce qui explique pourquoi la RATP annonce exploiter une station en plus.302302302302302302302304304
Services aux voyageurs Accès vignette|L'entrée de la station en 1949, avant l'installation de l'édicule Guimard. Au second plan se trouve l'église Saint-Jean de Montmartre.|180px La station dispose d'un unique accès intitulé « Place des Abbesses », débouchant sur le terre-plein central de la place précitée, au droit du de la rue La Vieuville. Constitué d'un escalier fixe, il est orné d'un édicule Guimard coiffé d'une verrière surnommée « libellule », tout en ayant conservé ses décorations d'origine sur les murs d'échiffe.
Cet entourage était présent à l'origine à la station Hôtel de Ville (accès , situé sur la rue de Lobau), et fut remonté à son emplacement actuel en 1974 en raison de la création d'un parking souterrain attenant à l'hôtel de ville de Paris. Sa présence sur une station de l'ancienne société du Nord-Sud constitue un contre-sens historique, car cette dernière n'avait pas fait appel à Hector Guimard pour décorer ses stations, dont les accès étaient habituellement agrémentés de balustrades plus sobres en fer forgé rythmées de piliers en céramique. Cette particularité est rappelée par une plaque à l'entrée. Initialement protégé au titre des monuments historiques par un arrêté du , l'édicule fait l'objet d'une seconde inscription par l'arrêté du , protection renouvelée le ..
Couloirs Compte tenu de l'importante profondeur de la station, celle-ci dispose de quatre cabines d'ascenseurs — deux réservées la descente et deux autres à la montée — desservant trois niveaux de sous-sol : la salle de distribution des titres de transport au niveau −1, le quai en direction de Mairie d'Issy au niveau −2 (ce palier correspondant à un couloir qui enjambe les voies du métro) ainsi que le quai opposé pour Mairie d'Aubervilliers au niveau −3.
Ces ascenseurs sont doublés par deux séries d'escaliers descendant jusqu'au niveau −2, comportant 176 marches et imbriqués en colimaçon afin de dissocier les flux entrants et sortants, selon une disposition que l'on retrouve également à la station suivante de la ligne, Lamarck - Caulaincourt (à ceci près que celle-ci n'utilise plus qu'une seule suite d'escaliers pour la montée et la descente). Depuis 1984, ces volées d'escaliers étaient décorées de fresques murales retraçant la vie parisienne, vandalisées au cours du temps. À la suite de la rénovation de la station en 2006, celles-ci ont laissé place à de nouvelles œuvres picturales : l'escalier montant est agrémenté d'une fresque des artistes de l'association Paris-Montmartre, représentant des paysages floraux, tandis que l'escalier descendant expose des photographies de l'artiste français Jacques Habbas, présentant des sites célèbres de la butte Montmartre tels que le Moulin-Rouge, la basilique du Sacré-Cœur, la vigne de Montmartre ou encore la place des Abbesses.
Quais Abbesses est une station de configuration standard pour le métro de Paris : elle possède deux quais, d'une longueur conventionnelle de , séparés par les voies du métro situées au centre et la voûte est semi-elliptique, forme spécifique aux anciennes stations du réseau Nord-Sud, dont la partie inférieure des piédroits était verticale et non courbée comme dans les stations de sa concurrente, la CMP. Les quais se situent à sous le niveau du sol, ce qui en fait la station la plus profonde du métro de ParisJean Robert, Notre métro, 1983, .. Pour les mêmes raisons, ils sont établis selon un profil spécial caractérisé par une voûte surbaissée afin de supporter la pression considérable du gypse. Cette dernière particularité se retrouve à la station suivante sur la même ligne : Lamarck - Caulaincourt, également enfouie à grande profondeur sous la butte MontmartreJean Robert, Notre métro, ..
La décoration en céramique reprend le style caractéristique du « Nord-Sud » d'origine, de couleur marron comme il en est d'usage dans les stations sans correspondance, selon les codes graphiques de cette ancienne compagnie. Cette teinte s'applique aux cadres publicitaires et aux entourages du nom de la station, en faïence avec des motifs végétaux et le monogramme NS (initiales de « Nord-Sud ») entrelacé en relief, ainsi qu'aux dessins géométriques en carreaux biseautés sur les piédroits et la voûte. Le nom de la station est incorporé dans la céramique murale en blanc sur fond bleu, de petite taille au-dessus des publicités et de très grande taille entre celles-ci, tandis que les anciennes directions de la ligne (Porte de la Chapelle au nord et Porte de Versailles au sud) sont inscrites la faïence des tympans, au-dessus de l'entrée des tunnels. Ces ornements sont mariés avec les traditionnels carreaux en céramique blancs biseautés du métro de Paris, lesquels recouvrent les piédroits, la voûte ainsi que les tympans. L'éclairage est assuré par deux bandeaux-tubes suspendus et les sièges, disposés au droit des faïences nominatives de grand format, sont de style « Akiko » de couleur jaune.
À l'exception de la teinte des assises, cette décoration est identique à celle des stations suivantes de la ligne 12, Lamarck - Caulaincourt et Jules Joffrin. Depuis le printemps 2025, les voies sont séparées par des barrières anti-franchissement, également déployées aux deux stations précitées ainsi qu'à Marcadet - Poissonniers sur la même ligne, afin de limiter les intrusions illicites de personnes sur les rails (récurrentes sur ce tronçon de la ligne 12) en empêchant leur traversée. Ces mêmes séparateurs de voies ont été posés ultérieurement aux stations Stalingrad, Gare du Nord, République et Oberkampf de la ligne 5, à la station Corentin Cariou sur la ligne 7 ainsi qu'à Stalingrad et Gare de l'Est sur les deux lignes précitées.
Intermodalité La station est desservie par la ligne 40 (ex-Montmartrobus) du réseau de bus RATP, qui est la seule à traverser la butte Montmartre.
En empruntant la rue Yvonne-Le-Tac, puis la rue Tardieu jusqu'aux places Saint-Pierre et Suzanne-Valadon, une correspondance à distance est possible avec la gare basse du funiculaire de Montmartre, également accessible depuis la station Anvers sur la ligne 2, toujours en transitant par la voirie.
À proximité
Versant sud de la butte Montmartre Église Saint-Jean de Montmartre Mur des je t'aime Square Jehan-Rictus Jardin des Abbesses Théâtre des Abbesses Théâtre de la Manufacture des Abbesses