En psychanalyse, la jalousie est un complexe de sentiments et d'idées ordinaires, projetées ou délirantes concernant l'infidélité présumée de son objet d'amour.
Chez Freud La forme normale de jalousie est inhérente à la rivalité œdipienne et est abordée par Freud dès les Études sur l'hystérie et L'interprétation des rêves (rêve de la belle bouchèreS. Freud, (1900) L’interprétation des rêves, Paris, PUF, 1967, .). Plus tard, Freud repère des aspects pathologiques de la jalousie chez un cas de paranoïa, le Président Schreber (1911). Ce n'est qu'en 1922 qu'il étudie différentes formes de la jalousie, normale, projetée et délirante dans son texte Sur quelques mécanismes névrotiques dans la jalousie, la paranoïa et la jalousie.
Suivant Françoise Coblence et Jean-Luc Donnet, .. Ils soulignent que selon Freud les trois couches sont ainsi stratifiées et que la jalousie délirante comprend toujours aussi les deux précédentes : la jalousie normale enracinée dans l’infantile œdipien . Elle est potentiellement vécue bisexuellement, comportant l'amour pour le rival et l'identification à l'infidèle ; la jalousie projetée a sa source dans la propre infidélité du sujet, refoulée et projetée sur l'objet d'amour ; la jalousie délirante a sa source dans la tentation à l'infidélité mais concerne un objet du même sexe, elle est enracinée dans l'homosexualité. Cependant, précise F. Coblence, .
Chez Lacan Dans Les formations de l'inconscient, Lacan reprend la phrase de Freud et propose Lacan lexicon: https://lexique-de-lacan.blogspot.fr/2010/08/jalousie.html.. Selon les auteurs du Dictionnaire de la psychanalyseDictionnaire de la psychanalyse, Roland Chemama, Bernard Vandermersch, Larousse, 2009, ., l'apport de Lacan permet de comprendre et conceptualiser la jalousie selon l'axe imaginaire et l'axe symbolique : dans le premier cas il s'agit de la relation en miroir du moi et de l'autre (l'image de complétude fondatrice du désir est convoquée) alors que dans le deuxième cas elle introduit le tiers dans la relation amoureuse et rend compte de la source œdipienne.
Délire de jalousie Le délire de jalousie, (avec le délire d'érotomanie et délire de revendication), est une des trois formes des délires passionnels décrits par Clérambault. Henri Ey, Paul Bernard et Charles Brisset, Manuel de psychiatrie, Masson, 1989, .. Freud développe en 1911 à propos du cas Schreber la thèse selon laquelle la paranoïa est une défense contre la motion homosexuelle Sigmund Freud, 1911, « Le président Schreber », in Cinq psychanalyses, PUF, 1985, .. Il reprend cette formule en 1922 pour théoriser la jalousie délirante . Le désir d'infidélité est projeté et en même temps s'adresse vers le tiers introduit entre les partenaires, tiers du même sexe. Selon Lacan, dans cette clinique de l'imaginaire, le pacte symbolique fait défaut, il s'agit d'une relation du moi en miroir où le tiers, ou le signifiant primordial nécessaire pour accéder à la signifiance phallique, est exclu.
Le psychanalyste Daniel Lagache dans son livre sur La jalousie amoureuse, propose de comprendre la jalousie alors que le degré de pathologie dépend de l'organisation psychique dans laquelle le mécanisme prend place. Trois éléments participent à la constitution de l'amour jaloux : l'avidité insatiable, la passivité et un engagement total. La passion amoureuse qui en résulte serait le prototype d'un mode relationnel fusionnel visant à récréer la relation duelle primitiveDaniel Lagache, La jalousie amoureuse, Paris, PUF, 1981..
Notes et références
Bibliographie . Revue française de psychanalyse, Jalousie, paranoïa et homosexualité, 2011/3 ().
Articles connexes Paranoïa Jalousie
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