De la phénoménologie, précédé d'un avant propos approbateur d'Edmund Husserl est un ouvrage du philosophe allemand Eugen Fink assistant et secrétaire particulier d'Husserl dans les années 1930. Cette œuvre reprend le contenu de quatre études parues entre 1930 et 1939, études qui ambitionnent de restituer toute sa rigueur et sa singularité à la pensée husserlienne, ce faisant elles conduisent la phénoménologie à ses limites écrit Didier Franck. Il s'agit de Représentation et Image, La philosophie phénoménologique d'Edmund Husserl face à la critique contemporaine, Que veut la phénoménologie d'Edmund Husserl, Le problème de la phénoménologie d'Edmund Husserl.

Re-présentation et Image En première partie de l'ouvrage, l'étude, titrée Re-présentation et Image et sous-titrée Contributions à la phénoménologie de l'irréalité, s'attache selon son traducteur Didier Franck .. Sachant que le flux transcendantal des vécus est un enchaînement unitaire de présentations et de re-présentations Fink interroge le sens des intentionnalités qui comme les rétentions et les protentions , ne sont ni des présentations ni des re-présentations. De telles intentionnalités et les horizons qui leur correspondent accompagnent toute présentation comme condition de possibilité de toute objectivité-..

L'introduction expose que c'est dans l'équivocité des thèmes de la représentation et de l'image que cette étude trouve sa justification.. Représentation et image débute sur quelques définitions formelles et l'analyse de la « pré-compréhension » des phénomènes thématiques (car toute question présuppose une pré-donnée déterminée de ce sur quoi elle porte), poursuit par une analyse du concept de réduction et termine en rappelant la spécificité de toute analyse phénoménologique..

La première section est consacrée à l'analyse des actes qui correspondent à des représentations-. (re-souvenir, pro-souvenir, souvenir du présent, imaginations, itérations, re-présentations signitives, rêves) note David Chaberty dans sa thèse. Le critère qui permet de partager l'impression (ou perception) et l'imagination reste chez Fink, comme chez Husserl, « le mode de présence » et l'essence de l'imagination est aussi saisie négativement par rapport à la perception.. François-David Sebbah dans son intervention note chez Fink les traits distinctifs suivants : ..

La deuxième section propose une première analyse spécifique de la « conscience d'image ». Contrairement à ce qui est dit plus haut de la re-présentation à laquelle appartient la « conscience d'image » , souligne Raphaël Célis. dans la Revue philosophique de Louvain

Face à la critique contemporaine La deuxième étude de 1933, incluse dans De la phénoménologie intitulée La philosophie phénoménologique d’Edmond Husserl face à la critique contemporaine , se veut une réponse de ce proche de Husserl à , écrit David Chaberty. C'est cette étude qui reçoit, dans un avant-propos, la chaleureuse approbation de Husserl. Problématique La problématique de cette seconde étude est ainsi définie par son traducteur Didier Franck

Développement Fink abandonne d'emblée les introductions et points de départ traditionnels en usage dans la présentation de la phénoménologie (théorie de la connaissance, fondation de la logique) pour inviter à une rupture. écrit Fink (p.118).

Réfutation des critiques

Selon Fink, rappelle Jean-François Lyotard. les critiques les plus virulentes, à l'encontre de la pensée d'Husserl proviennent des néo-kantiens qui s'appuient sur l'aspect intuitionniste de la philosophie transcendantale pour l'accuser d'obéir à un préjugé empiriste-.. Or pour Fink, .Fink dit de cette expression « origine du monde » ..

Ainsi, la critique qu'adresse le criticisme à la phénoménologie, s'exerce de l'extérieur, en prenant pour base un concept de méthode qui vise la faculté de connaître (p.97). Cette appréhension extérieure, c'est-à-dire à partir d'une problématique criticiste, conduit la critique néo-kantienne à un certain nombre de préjugés et donc de mésinterprétations quant à la phénoménologie(p.137) Or la seule et unique méthode de la philosophie phénoménologique est la « réduction ». écrit Fink (p.127).

Les critiques adressées, par exemple, aux Recherches logiques tombent à plat (p.103). Il conviendrait d’interpréter la Phénoménologie à partir de ses derniers développementsEn fait, il ne faut pas partir des Recherches pour comprendre les Idées, puis la Logique formelle , il faut au contraire partir de la théorie dernière pour comprendre les problèmes immanents de l’étape précédente.. Incidemment Fink rejette la qualification de dégénérescence à propos de la phénoménologie de Husserl qui aurait été infidèle à son commencement, criticiste, sans le dire (p.129).

La critique néo-kantienne ajoute Fink, n’est pas nulle du fait qu’elle ne souscrit pas à toutes les propositions de la phénoménologie, mais elle ne porte pas, parce qu’elle ne saisit pas le problème phénoménologique de l’intérieur. Fink détaille les critiques néo-kantiennes adressées à la phénoménologie, accusée successivement de verser dans l'empirisme puis dans l'intuitionnisme, comme aussi celles de . Le problème fondamental de la phénoménologie est par essence , contrairement au questionnement criticiste, ignoré de l'attitude naturelle. Ce problème n'apparaît que dans et par la réduction phénoménologique(p.126)

Rechercher les fondements de la connaissance ne consiste pas seulement à prendre en compte les conditions de la connaissance des objets, mais elle se doit de prendre en vue l’élément même de la connaissance, à savoir le « monde »-.. En définitive, pour Fink, (p.117)-..

Le sens de la phénoménologie La démarche qui consiste à partir des problèmes philosophiques traditionnels pour comprendre la phénoménologie est vouée à l'échec (p.118). . Fink, souligne le caractère mondain de la philosophie criticiste (119). (p.119). Question qu'Emmanuel Housset, reformule comme « énigme de la transcendance du monde »..

Fink expose le « comment » de la démarche qui consiste à transcender le monde pour en découvrir le sens. Partant de l'« attitude naturelle », la « réduction » dont il s'emploie à décrire quelques caractéristiques devient le mode par excellence de la phénoménologie. La « réduction » n’est pas le simple retour au sujet transcendantal, mais constitue, comme le dit Fink, « l’authentique découverte de la croyance au monde, la découverte du monde comme dogme transcendantal. Fink parle de la difficulté devant toute entreprise d'exposition de la doctrine de la « réduction phénoménologique » qui ne peut que se présupposer elle-même. Le problème philosophique de la phénoménologie ne peut être exposé dans l'orbe de l'attitude naturelle, attitude qui est précisément relevée par l'accomplissement de la réduction. Toutes les premières déterminations de la doctrine de la « réduction » dans les premières œuvres, et notamment dans les Ideen I doivent être fondamentalement dépassées (p.130-131).

L'attitude naturelle et la croyance au monde La phénoménologie, bien loin d’être un empirisme naïf, pose le problème de l’origine de la connaissance Les néo-kantiens s’en tiennent à la forme universelle de la connaissance des objets, l’aperception transcendantale. Ils ne saisissent pas le problème de la validité et des flux de validité dans la connaissance des choses précisément parce qu’ils restent sur le terrain de la forme pure de l’aperception transcendantale.-..

Faisant référence aux Ideen et de leur présentation de la réduction Fink parle d'un engagement et d'un empêtrement dans l'« attitude naturelle » dont Husserl n'arrive pas à se défaire. En fait toutes les attitudes de l'homme demeurent fondamentalement à l'intérieur de l'attitude naturelle(p.132). Fink parle d'un (p.136) . La « réduction » est justement le seul moyen de rupture. (p.132). S'agissant de l'accomplissement de l'acte de réduction, il voit en lui (p.29).

L'aperception transcendantale du monde L'aperception est une perception accompagnée de réflexion et de conscience.

Il y a de la naïveté pour une philosophie à vouloir connaître les objets du monde tout en restant aveugle au monde lui-même. C'est tout le problème de l'origine du monde. Le monde nous est donné comme (p.133)À noter que ..

La croyance mondaine correspond à une . La détermination de l'attitude naturelle commence par la croyance intra-mondaine (p.134). Mais . L'homme est impliqué dans la croyance mondaine, le monde ne peut avoir en ce sens aucun caractère objectif. L'époché n'est pas l'invalidation d'une croyance reconnue mais l'authentique découverte de la croyance au monde, la découverte du monde comme dogme transcendantal(p.135).

Tout acte de la vie éveillée présuppose un monde pré-donné à travers une qui malgré sa modification perpétuelle se présente comme une unité (p.137). Cette aperception universelle du monde autorise (p.137).

En interdisant toute prise de position sur le monde, l' épochè ou « réduction phénoménologique » fait de la conscience l'objet de la recherche-.. Avec la réduction transcendantale le monde apparaît à cette conscience comme phénomène. (p.138).

L'ego transcendantal , écrit Eugen Fink(p.141-142). L'épochè qui n'est pas une simple inhibition mondaine de la croyance au monde mais une mise hors circuit de la croyance dans l'homme qui accomplit la croyance, c'est-çà-dire, mise entre parenthèses de l'appréhension de soi alors le véritable sujet de la croyance est découvert l'« ego transcendantal » pour qui le monde, le sujet intra-mondain et la totalité de ses objets, est un univers de validités transcendantales(p.136). Selon Fink, il est possible de distinguer, à l'intérieur d'une unité globale, à différents niveaux de profondeur, trois ego dans le cours de l'accomplissement de l'époché à savoir un ego engagé dans le monde (le Je, l'homme), l'ego transcendantal possédant le monde comme pré-donné et l' ego qui accomplit l'époché..

(p.154).

La subjectivité transcendantale

(p.139). (156).

(p.139-140)Si comme le note Dan Zahavi, le monde auquel nous nous intéressons, à la suite de la réduction c'est celui qui est, selon son expression, qui est perçu, imaginé, jugé, c'est-à-dire, ., Ce qui définit la subjectivité transcendantale c’est qu’ « elle est le corrélat du « monde pré-donné », du « monde phénomène »..

Chez Husserl, l'expression « subjectivité transcendantale » concerne la vie de la conscience au sein de laquelle se met en place le monde « pré-donné » que la réduction a pour objet de suspendre. Husserl rappelle d'abord les termes du problème classique de la transcendance : .. Pour lui, tout objet pensable reste selon les principes de la constitution transcendantale une formation de sens de la subjectivité pure. Husserl use d'une voie indirecte pour approcher la subjectivité. écrit Didier Franck dans sa préface.

Notes et références Notes

Références

Annexes Bibliographie . . . . . .

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