Julius Eastman, né le à New York Hilton Als, « The Genius and the Tragedy of Julius Eastman », The New Yorker, 22 janvier 2018. et mort le à Buffalo Andrew Male, « Julius Eastman: the groundbreaking composer America almost forgot », The Guardian, 14 septembre 2016., est un compositeur, pianiste, chanteur et danseur africain-américain du courant minimaliste. Il fait partie des premiers musiciens à associer des éléments de musique pop à la musique minimaliste Russell Platt, « Bad Boys », The New Yorker, 26 août 2013.. Les titres de ses œuvres ont souvent un aspect politiquement provocateur comme ou . Il meurt dans l'indigence et l'indifférence en 1990, un grand nombre de ses partitions disparues Zachary Woolfe, « A Long-Lost Composer Is Raised From the Dead », The New York Times, 29 janvier 2018.. Ce n'est qu'au cours des années 2010 que son travail est redécouvertGuillaume Scheunders, « après sa mort, la musique de Julius Eastman sera publiée », Le Vif/L'Express, 22 février 2018..
Biographie
Jeunesse et études
Julius Dunbar Eastman Jr. nait le dans le quartier de Harlem, à New York, de parents d'origine caribéenne. Son père, Julius Dunbar Eastman Sr., est ingénieur civil, et sa mère, Frances Eastman (née Famous), étudie au City College of New York. Peu de temps après la naissance de leur premier enfant, ils déménagent et s'installent à Syracuse. Le , la famille s'agrandit à la naissance de Gerry Eastman. En 1947, après un rapide retour à Manhattan, ils s'établissent tous les quatre définitivement à Ithaca, considérée comme moins dangereuse que New York par Frances Eastman. Rapidement cependant, elle et Julius Eastman Sr. se séparent.
Entré en à l'institut de musique Curtis où il étudie la composition, Julius Eastman en sort diplômé en .
Carrière
Professeur depuis peu à l'université de Buffalo, Julius Eastman exprime dans le journal de celle-ci son désir de se consacrer exclusivement à la composition en . Au milieu des années 1970, il y interprète par ailleurs l'une des de John Cage. Faisant de celle-ci une « conférence-performance lubrique » durant laquelle il discute du colonialisme et de la sexualité, Julius Eastman s'attire à cette occasion les foudres du compositeur, présent dans le public, qui lui reproche notamment son « ego renfermé sur son homosexualité ». À la suite de ce scandale, Julius Eastman perd son poste à l'université de Buffalo.
En 1974, Julius Eastman est nommé aux Grammy Awards pour son interprétation de , de Peter Maxwell Davies.
Après avoir collaboré une première fois avec elle en 1981, en tant qu'interprète sur son album , Julius Eastman accompagne Meredith Monk aux claviers sur deux ans plus tard.
Mort Décédé le à l'hôpital de Buffalo, ce n'est que huit mois plus tard qu'un avis de décès parait dans , mettant fin à l'ignorance dans laquelle étaient nombre de ses connaissances jusque-là.
Reconnaissance posthume et hommages artistiques C'est grâce au travail de la compositrice , qui rassemble plusieurs compositions de Julius Eastman dans l'anthologie Il s'agit d'une anagramme de Julius Eastman., que le public redécouvre son œuvre à partir de 2005, date de sortie de cette compilation.
Du au , une exposition ainsi que des concerts ont lieu à New York dans le cadre de l'évènement . Après quoi, le président de la maison d'édition G. Schirmer annonce avoir conclu un contrat avec Gerry Eastman, jusque-là responsable de son héritage, en vue de « restaurer, reconstituer et publier tout ce qui est artistiquement viable de Julius [Eastman] ».
Fin 2022, sort l'album sur Phantom Limb après que le label lui a demandé de réinterpréter à sa façon l’œuvre de Julius Eastman. Paru en 2023, , le cinquième album de Loraine James, s'inscrit lui aussi dans un dialogue avec la musique du compositeur américain.
En 2023, le duo de chorégraphes Gerard & Kelly joue son spectacle , intitulé ainsi d'après le morceau éponyme de Julius Eastman, au Centre Pompidou. Participent notamment à leur performance la drag queen Soa de Muse et les danseurs étoiles Guillaume Diop et Germain Louvet.
En 2023, la nouvelle Le Drap d'Eastman, librement inspirée des dernières années du compositeur est publiée par l'écrivain Julien Landel et reçoit la même année le prix du roman gay très court.
En 2026, l'autrice Penda Diouf annonce publier un roman inspiré de la vie d'Eastman.
Œuvre Bien que Julius Eastman ait écrit de la musique dès 1963 et jusqu'en 1990, il est au début des années 2020 surtout connu pour les œuvres qu'il a composées entre 1973 et 1981. Au nombre de huit, celles-ci constituent pour Jean-Christophe Marti le « canon » eastmanien : (1973), (1974), (1977), , , (1978-1979), et (1981). Ce canon correspond en fait à l'anthologie établie par Mary Jane Leach et augmentée de .
Compositions 1968 - Piano Pieces I - IV pour piano 1970 - Thruway pour flute, clarinette, trombone, violon, violoncelle, soprano, trio jazz trio, chœur (soprano, alto, ténor et basse), instruments électroniques 1970 - The Moon's Silent Modulation pour danseurs, chanteurs et orchestre de chambre 1970 - Touch Him When pour piano à quatre mains 1970 - Trumpet pour sept trompettes 1971 - Macle pour chant et instruments électroniques 1971 - Comp 1 pour flûte 1972 - Mumbaphilia pour danseurs 1972 - Wood in Time pour huit métronomes 1972 - Tripod 1973 - Colors pour bande et quatorze chanteuses 1973 - Stay on It 1973 - 440 pour chant, violon, alto et contrebasse 1974 - That Boy pour petit ensemble 1974 - Joy Boy pour quatre instruments aigus 1974 - Femenine pour orchestre de chambre 1974 - Masculine pour petit ensemble 1977 - If You're So Smart, Why Aren't You Rich? pour violon, cors, trompettes, trombones, tuba, piano, carillon et basses 1978 - Nigger Faggot pour cloche, percussions et cordes 1974 - Dirty Nigger pour flûtes, saxophones, bassons, violons et contrebasses 1979 - Evil Nigger pour n'importe quel type d'instruments similaires (couramment quatre pianos) 1980 - Gay Guerilla pour n'importe quel type d'instruments similaires (couramment quatre pianos) 1980 - Crazy Nigger pour n'importe quel type d'instruments similaires (couramment quatre pianos) 1981 -The Holy Presence of Joan d'Arc pour dix violoncelles 1981 - Untitled [Prelude to The Holy Presence of Joan d'Arc] pour chant solo 1983 - His Most Qualityless Majesty pour chant et piano 1984 - Hail Mary pour chant et piano 1983 - Buddha 1986 - Piano 2 pour piano 1989 - Our Father pour deux chanteurs
Discographie 1981 - Stay On It 1980 - The Nigger Series
1980 - Crazy Nigger 1979 - Evil Nigger - Gay Guerilla chez Editions Blume 1974 - Joy Boy 2017 - Stay on It interprété par Abdu Ali et Horse Lords 1974 - Femenine interprété par l'ensemble SEM 2014 - Unchained interprété par Lutosławski Piano Duo and Friends 2014 - Piano 2 interprété par Joseph Kubera sur Book of Horizons 1973? - Unjust Malaise sorti en 2005
Participation à des enregistrements édités 1972 - Barbara Kolb, et Richard Moryl. New York: Desto. (Julius Eastman, narrateur de la face A) 1981 - Meredith Monk. Dolmen Music (Julius Eastman, percussion et chant) 1982 - Dinosaur L. 24→24 Music (Julius Eastman claviers et chant) 1983 - Monk, Meredith. Turtle Dreams (Julius Eastman à l'orgue) 1987 - Peter Maxwell Davies. Miss Donnithorne's Maggot; Eight Songs for a Mad King, (Julius Eastman, bariton.)
Discographie compositeur 2019 - Femenine par Apartment House. 2019 - Femenine par AUM grand ensemble et Ensemble 0 chez Sub Rosa 2019 - Three Extended Pieces fo Four Pianos par Melaine Dalibert, Stéphane Ginsburgh, Nicolas Horvath, Wilhem Latchoumia chez Sub Rosa 2021 - Femenine par Wild Up
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
Liens externes
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