Yves Guéna, né le à Saint-Pierre-Quilbignon, aujourd'hui un quartier de Brest, FinistèreSaint-Pierre-Quilbignon est une ancienne commune qui fusionne en 1945 avec Brest, et constitue aujourd'hui un des quartiers à l'ouest de la ville., et mort le à , est un haut fonctionnaire, homme politique, écrivain et résistant français.
Gaulliste de la première heure, il combattit dans les Forces françaises libres durant la guerre puis fut député de la Dordogne, ministre sous les présidences de de Gaulle et Pompidou, sénateur, conseiller général et maire de Périgueux. Nommé membre du Conseil constitutionnel français en 1997, il préside cette institution de 2000 à 2004.
Biographie Famille et études Yves Guéna est le fils d'Yves Guéna (1896-1987[www.cgf-forum.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=15990].) et d'Eugénie Kernaléguen (1902-1981).
Élevé dans une famille modeste, il est scolarisé au lycée de Brest, sa ville natale. Il y obtient le baccalauréat en 1939 puis est admis en hypokhâgne à Rennes. Après la Seconde Guerre mondiale, il passe avec succès le premier concours de l'École nationale d'administration et intègre la promotion 1946-1947 (France Combattante). Il obtient 20/20 en du fait de son parcours pendant la guerre, et fait partie des derniers admis. Il effectue son stage préfecture à la préfecture de la Seine, au sein du bureau des cimetières, et son stage international au Maroc. Il sort très bien classé.
Il épouse, le , Oriane de La Bourdonnaye-Blossac (1924-2018) Elle est inhumée le 13 janvier 2018 dans le caveau familial, au cimetière de Chantérac en Dordogne., fille du comte Alphonse de La Bourdonnaye-Blossac et d'Élisabeth de La Panouse, elle-même fille de Sabine de Wendel. Il l'a rencontrée en 1944., lors de sa convalescence à l'hôpital militaire du Val-de-Grâce à Paris, alors qu'elle est infirmière. Ils ont sept enfants : cinq fils et deux filles, et la famille passera les vacances au château de Chantérac en Dordogne d'où est originaire Oriane de La Bourdonnaye. Sa fille Brigitte est l'épouse du juriste et président de la cour européenne des droits de l'homme Jean-Paul Costa (1941-2023).
Engagement dans la Résistance Après la défaite de la France lors de la bataille de France et la demande d'armistice du maréchal Pétain, annoncée aux Français le , Yves Guéna, 17 ans, élève au lycée de Brest, entend parler de l'appel à la résistance lancé par le général de Gaulle le soir du . Le lendemain, il monte à bord d'un remorqueur de la marine qui l'emmène à Ouessant. Puis, dans la nuit du au , il embarque sur un chalutier en direction de l'Angleterre. Arrivé à Plymouth, il est envoyé à Annerley School, près de Londres, avant de rejoindre l'Olympia Hall, où sont regroupés les engagés de la France libre. Le , le général de Gaulle vient les rencontrer. Dirigé ensuite vers le camp de Camberley, il participe au défilé du 14 juillet 1940, à LondresAvec de Gaulle, tome 1: La Guerre et la Libération, Nouveau Monde Éditions, 2003, .. En 1941 il envoie de Londres une lettre à ses parents pour leur expliquer son engagement.
Après une longue période de formation il est envoyé en Afrique et, en 1942, il est affecté dans une automitrailleuse du régiment de marche de spahis marocains ( RMSM) avec lequel il participe notamment à la seconde bataille d'El Alamein le . En 1944, lieutenant au du escadron du RMSM, il débarque avec la DB du général Leclerc, il est grièvement blessé le 11 août près d'Alençon lors de la bataille de Normandie. Fin 1944 il reprend le combat avec la DB en Alsace et va jusqu'à Berchtesgaden en Allemagne.
Après-guerre et Ve République En 1947 il devient contrôleur civil au Maroc, puis maître des requêtes au Conseil d'État.
En 1958-1959 il est conseiller technique, puis directeur de cabinet du garde des Sceaux, Michel Debré.
Entre le et le il travaille, avec un petit groupe informel sous le contrôle du général de Gaulle, à la rédaction de la constitution de 1958 qui régit la Cinquième République. Ce travail a été remis, à partir du , au comité consultatif constitutionnel chargé d'établir la nouvelle constitution. La constitution est approuvée par les Français lors du référendum du , et promulguée le .
En il devient directeur adjoint de cabinet du Premier ministre, Michel Debré. Il est nommé, en , haut-commissaire puis, à partir du , le lendemain de l’indépendance de la Côte d'Ivoire, envoyé exceptionnel plénipotentiaire dans ce pays.
Il est député de la Dordogne entre 1962 et 1981 avec des interruptions de son mandat lors de ses fonctions ministérielles. Le , lors du deuxième tour des élections législatives, il est élu député de la première circonscription de la Dordogne sous l'étiquette Union démocratique du travail (UDT), battant de 16 voix le candidat communiste et ancien député Yves Péron. Il exerce son mandat jusqu'au dans le groupe UNR (Union pour la nouvelle République), devenu UDR (Union des démocrates pour la République).
En 1964 il échoue aux élections cantonales en Dordogne. Aux élections municipales de , il est candidat à la mairie de Périgueux. Il est battu par le maire radical sortant Lucien Barrière.
Il est réélu député de la première circonscription de la Dordogne en mars 1967 sous l'étiquette Union des démocrates pour la Cinquième République (UD-)
Le , sous la présidence de Charles de Gaulle, il devient ministre des Postes et Télécommunications dans le gouvernement Pompidou IV, jusqu'au . En 1967, alors que 7 Français sur 10 ne sont pas équipés d'un téléphone, il lance le programme « téléphone pour tous ». Il soutient le développement des satellites de communication, conduisant quelques années plus tard au programme de la fusée Ariane. Il soutient aussi le programme Airbus, le développement des TGV et de l'aéroport de Roissy .. Localement, il fait implanter l'imprimerie nationale des timbres-poste à Boulazac, commune voisine de Périgueux. Lors des événements de Mai 68, il est chargé par le Premier ministre Georges Pompidou, en tant que ministre des PTT, de « remettre de l'ordre » dans les radios périphériques en les menaçant de leur couper les fréquences si elles continuent à couvrir de façon trop favorable les manifestations étudiantes. Du au , il est ministre de l'Information.
Après la dissolution de l'Assemblée nationale le , il est réélu le , député de la première circonscription de la Dordogne sous l'étiquette UDR.
Le il est de nouveau nommé ministre des Postes et Télécommunications dans le gouvernement Couve de Murville, toujours sous la présidence de Charles de Gaulle, puis celle d'Alain Poher, président du Sénat qui remplace de Gaulle à la présidence de la République à la suite de la démission de celui-ci. Yves Guéna reste ministre jusqu'au .
En 1970 il est élu conseiller général de la Dordogne. Réélu, il exerce la fonction jusqu'en 1989, siégeant dans l'opposition départementale.
En il est de nouveau candidat aux élections municipales à Périgueux face à deux listes de gauche. Sa liste arrive en tête au premier tour, obtenant 75 suffrages de plus que la liste de la gauche non communiste arrivée en deuxième position. Le , il est élu maire de Périgueux. Il sera réélu quatre fois aux élections municipales suivantes (1977, 1983, 1989, 1995 ; obtenant souvent près de 60 % des voix). Lors de sa mandature, il procède à la rénovation de la ville (réaménagements de quartiers, pavage de rues, etc). Il crée le Festival international du mime Mimos en 1983, le Salon international du livre gourmand avec l'aide de son adjoint à la culture Xavier Darcos. En , il quitte ses fonctions de maire à la suite de sa nomination au Conseil constitutionnel par le président du Sénat René Monory. Son adjoint à la culture Xavier Darcos est élu maire à la suite du vote du conseil municipal.
En 1972 il est nommé conseiller d'État, admis à l'honorariat de cette fonction à partir de 1974.
Réélu député UDR le , il entre dans le gouvernement Messmer II sous la présidence de Georges Pompidou. Il est ministre des Transports du au , avec Pierre Billecocq comme secrétaire d'État auprès du ministre des Transports. Il reste en même temps député jusqu'au . En tant que ministre, Yves Guéna dessine le tracé de la première ligne TGV entre Paris et Lyon et développe le programme Airbus. Il conçoit la création et propose le nom de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle inauguré par le Premier ministre Pierre Messmer le . Il décide des premiers travaux du tunnel sous la Manche, qui est finalement en service 20 ans plus tard le . Du au , il est ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat dans le gouvernement Pierre Messmer III, sous la présidence de Pompidou, puis d'Alain Poher qui assure l'intérim de la présidence de la République à la suite du décès de Georges Pompidou le .
Il est secrétaire général adjoint de l'UDR en 1974. Lors de l'élection présidentielle de 1974 il soutient Jacques Chaban-Delmas au premier tour, puis rallie au second tour le centriste Valéry Giscard d'Estaing opposé au socialiste François Mitterrand. La même année, Yves Guéna est réélu député UDR en octobre lors d'une élection législative partielle. Il est secrétaire général de l'UDR le puis du RPR à partir de (création du RPR présidé par l'ancien Premier ministre Jacques Chirac). À la même date, Yves Guéna est inscrit au groupe RPR de l'Assemblée nationale comme tous les autres députés de l'UDR.. De 1977 à 1978, il est délégué politique du RPR, puis à partir de 1978, conseiller politique et trésorier général du parti. Aux législatives de mars 1978, il est réélu député de la Dordogne, faisant partie du groupe RPR. Avec Marie-France Garaud, Pierre Juillet et Charles Pasqua, il fait partie de la « bande des quatre » qui conseille et entoure Jacques Chirac, lui conseillant de diffuser l'« appel de Cochin » du , dirigé contre le président Giscard d'Estaing et le « parti de l'étranger »Philippe Goulliaud, « Yves Guéna, un grand seigneur du gaullisme », Le Figaro, vendredi 4 mars 2016, page 5.. Il abandonne ses fonctions de conseiller et de trésorier du RPR en 1979.
En 1981 il fonde le cercle Périclès, consacré aux études de défense, et en devient le présidentJules Gheude, L'Incurable Mal belge, Wavre, Mols, 2007, p. 331.. Il soutient la candidature de Michel Debré à l'élection présidentielle de . Il est battu aux élections législatives de juin 1981 par le candidat PS Roland Dumas.
Il est élu député de la Dordogne le puis devient simultanément vice-président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale. Le , il est battu par le candidat PS et président du Conseil général de la Dordogne Bernard Bioulac.
En , il est élu sénateur de la Dordogne, inscrit au groupe RPR. Il succède au socialiste Roger Roudier et est réélu en . Il est vice-président de la Haute-assemblée de 1992 à 1997. Il quitte ses fonctions en à la suite de sa nomination au Conseil Constitutionnel par le président du Sénat René Monory. Le maire et conseiller général du Bugue, ancien président RPR du Conseil général de la Dordogne Gérard Fayolle lui succède comme sénateur.
De la création du RPR jusqu'à sa transformation en UMP, Yves Guéna est Président du Rassemblement pour la République dans le département de la Dordogne.,
En , Yves Guéna initie une pétition dans laquelle il prend position contre la réunification allemande, engagement concrétisé par la publication d'un Manifeste pour la grande EuropeNotice dans le catalogue du SUDOC.. Il s'oppose au traité de Maastricht en 1992. En , il accorde un entretien au Choc du mois intitulé « L’immigration, ça suffit comme ça ! » et qu'il renie par la suite.