Michel Cardon, né le à Amiens (Somme), est un criminel français.

Il est condamné en 1979 à la prison à perpétuité pour le meurtre d'un sexagénaire infirme. Sa remise en liberté conditionnelle est décidée le par le tribunal de l'application des peines d'Arras, alors que son incarcération a duré plus de .

Biographie Né à Amiens le ; ., Michel Cardon est retiré de la garde de ses parents à l'âge de 8 ans, comme ses quatre frères et sœurs aînés, et il se trouve ensuite ballotté de foyers en familles d'accueil. pour finir à la rue.. Une fois adulte, n'ayant qu'un très faible niveau d'instruction (il sait à peine lire et écrire), il doit enchaîner les « petits boulots » pour subvenir à ses besoins.

Affaire Crime Dans la nuit du 25 au , à Amiens, au 2, chemin de la Flaque, non loin de leur domicile, Michel Cardon, âgé alors de 26 ans, et Jean-Yves Defosse, 29 ans, s'introduisent chez René Roullet, plombier retraité et invalide de 64 ans, afin de commettre durant son sommeil un cambriolage.. Le retraité s'étant réveillé, les deux malfaiteurs, qui sont sous l'emprise de l'alcool, le torturent pour qu'il révèle l'endroit où il a caché ses économies.. Ne réussissant pas à mettre la main sur le butin escompté, ils frappent à mort leur victime après avoir tenté de l'étrangler. Ils emportent sur une carriole divers objets lui appartenant, y compris des boissons et des boîtes de conserve. Le crime ne leur rapporte que ..

Procès et condamnation Identifiés peu après les faits, les meurtriers sont arrêtés le et avouent qu'ils avaient décidé de tuer le retraité si celui-ci venait à les reconnaître. . Au terme du procès qui se tient deux ans plus tard, le , ils reviennent sur ces aveux.

L'expert psychiatre chargé du dossier décrit Michel Cardon comme . Jean-Yves Defosse est lui aussi illettré. Par ailleurs, malgré plusieurs cures de désintoxication, Michel Cardon est alcoolique depuis l'âge de 18 ans. Les experts concluent que les deux accusés , eux qui vivaient au jour le jour de la vente de vieux cartons et de ferraille.

L'avocat général Jacques Basse requiert contre eux la peine de mort. Mais les jurés de la cour d'assises de la Somme, après une heure cinquante de délibérations, condamnent les deux hommes à la réclusion criminelle à perpétuité Pour plus de détails, voir par exemple l'article du Figaro publié le lendemain du verdict, reproduit en illustration de l'article suivant : ..

Contexte de débat sur la peine de mort Le procès se déroule deux ans avant l'abolition de la peine de mort en France, pour laquelle militent de nombreuses personnes, et ce contexte a une influence sur le jugement. Les avocats des deux parties peuvent aborder la question, même si l'avocat général affirme qu'il ne souhaite pas donner lieu à un débat.

Le premier avocat de Defosse, Bertrand Savreux, répond à cette déclaration que . Le deuxième avocat de l'accusé, maître Vagogne, ajoute que son client est . Il renchérit en affirmant que la justice n'a pas le droit d'éliminer , et que la société, quant à elle, n'a pas le droit de mettre à mort ceux qui ont fauté : .

Libération en 2018 En , un article de La Voix du Nord révèle que Michel Cardon, alors incarcéré à Bapaume, reçoit sa première visite après 38 ans passés en prison.. Ému par cet article, l'avocat pénaliste parisien Éric Morain, en vacances dans la région, propose alors son aide au prisonnier. Avec son accord, il adresse en février 2018 une demande en grâce au président de la République Emmanuel Macron et dépose parallèlement une demande de libération conditionnelle. De leur côté, les médias évoquent de plus en plus souvent l'affaire, car, sous le numéro d’écrou 7147, il s'agit alors du plus ancien détenu de France parmi ceux qui ont été condamnés pour un seul fait.Le plus ancien détenu à la même date, Maurice Gateaux, a cumulé deux peines sans interruption de temps.À la différence d'autres affaires criminelles du , celle-ci n'a pas donné lieu jusqu'ici à une étude circonstanciée, probablement en raison de son caractère somme toute assez banal, de sorte que les journaux de la fin des années 1970 restent pratiquement l'unique source d'information à son sujet. C'est seulement en 2018, quand la durée inhabituelle de la détention de Michel Cardon en a fait une question d'actualité, que la presse s'est de nouveau intéressée à elle, sans toutefois apporter d'élément inédit concernant le crime lui-même.. Par ailleurs, il se trouve dans un état de santé très précaire : victime d'un AVC en 2012, il a perdu l'usage d'une oreille et d'un œil, et souffre de problèmes cardiaques.. Son complice Jean-Yves Defosse est, quant à lui, décédé en prison après quelques années.

Le , le tribunal de l'application des peines d'Arras lui accorde une remise en liberté conditionnelle sous réserve .. Il quitte le centre de détention le .. Toutefois, il n'est vraiment libre qu'au terme d'une période probatoire d'au moins un an.. Dans l'intervalle, il est admis dans un centre d'hébergement et de réinsertion sociale du Val-d'Oise, où il suit un traitement destiné à soigner les troubles psychiatriques consécutifs à la durée exceptionnelle de son emprisonnement..

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie Éric Morain, Il était un avocat, Récit de justices et d'injustices, Les Arènes, février 2026 .

Émission de radio Michel Cardon, un prisonnier aux oubliettes, Affaires sensibles, France Inter,

Articles connexes Liste d'affaires criminelles françaises depuis 1900

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