L’Hotié de Viviane, également dénommé maison de Viviane ou tombeau des Druides est un coffre mégalithique situé à Paimpont, en Ille-et-Vilaine. La légende en a fait la demeure de la fée Viviane, où elle retiendrait l'enchanteur Merlin dans une prison d'air.
Historique
Le monument est décrit, dans l'ouvrage de Félix Bellamy, la Forêt de Bréchéliant paru en 1896 : un plan sommaire le décrit comme un coffre constitué de 11 dalles sur chant, de de long sur large. À l'époque le monument n'a déjà plus de couverture et a été vidé de son contenu. En 1929, Paul Banéat reprend le plan de Bellamy et le décrit comme . Le site est déjà un point de repère pour les promeneurs et les élèves officiers du camp voisin Coëtquidan, qui prennent l'habitude d'y laisser des graffitis ou d'y effectuer des petites fouilles superficielles.
Le monument est fouillé en 1982-1983 dans le cadre d'un programme général de sauvetage du Val sans retour.
Localisation
Le monument est situé au sud-ouest de la forêt de Paimpont, sur la lande de Rauco, surplombant le Val sans retour, dans un petit creux en contrebas d'une ligne de crête s’élevant à d’altitude là où le sol est assez épais pour y planter des dalles mégalithiques.
Description vignette|gauche|Vue depuis l'est. Il s'agit d'un des rares coffres sous tumulus dans une région qui compte habituellement des allées couvertes datées de la même période. Le cairn mesurait de diamètre sur une hauteur maximum . Il semble qu'il était plus élevé à l'origine sans pour autant recouvrir totalement le coffre mais s'arrêter à mi-hauteur des dalles. Le cairn est constitué de petites dalles en schiste, avec un rembourrage de petites pierres au centre. Le tout est ceinturé par une bordure de pierres plus grosses, de de longueur, inclinées de biais à 45° et enfoncées d'une quinzaine de centimètres dans le sol. A l'intérieur du cairn, une deuxième enceinte délimite la partie centrale où le coffre fut construit. Initialement laissé à découvert après les fouilles, le cairn fut de nouveau ré-enterré pour le protéger des dégradations résultant de la fréquentation du site.
Le coffre proprement dit est constitué de 12 dalles en schiste rouge d'origine locale enfoncées dans le sol sur de profondeur et bloquées par un calage de pierres. La chambre funéraire mesure de long sur de large et ne dépassant pas de haut. La dalle de l'angle nord-est est plus basse que les autres dalles, elle pourrait correspondre à une dalle amovible faisant office de porte. La plus grande dalle du côté ouest comporte des cupules sur sa face extérieure mais elles pourraient être d'origine naturelle (après disparition de petits nodules). Le mode de couverture est inconnu mais le coffre devait être recouvert par d'autres dalles désormais disparues.
Mobilier archéologique
Le coffre a probablement été vidé au et un petit monticule de terre découvert contre la paroi nord pourrait correspondre aux déblais de ces fouilles. Les fouilleurs y ont découvert quelques tessons de poterie assez grossière, des fragments d'une poterie similaire ayant été recueillis dans les angles intérieurs de la chambre. Un talon de hache polie en dolérite a également été découvert dans l'angle nord-ouest de la chambre. La fouille du cairn a livré un mobilier archéologique beaucoup plus abondant :
Silex Outils Éléments de parure Céramique 1 pointe de flèche à tranchant transversal 1 pointe de flèche à pédoncule et ailerons 1 grattoir en silex noir éclats de silex de mauvaise qualité 2 haches polies en dolérite fragments de meule en poudingue de Montfort, grès et granite galets de rivière polis pendeloque en grès 1 perle globuleuse 1 fragment de perle discoïde nombreux fragments d'une poterie à gros dégraissant et fond plat
L'ensemble a été daté entre et av. J.-C.. La datation par le carbone 14 de charbons de bois retrouvé sur place a affiné l'estimation entre et av. J.-C.
Le site a pu servir d'habitat provisoire ou permanent avant la construction du coffre. Un petit atelier de taille de silex a été retrouvé à l'ouest du cairn.
Légende
Au fil du temps, le nom de « tombeau des druides »Hostié signifiant « hôtel, maison » selon l’abbé A. Millon, « Les Mégalithes et les Légendes », dans Bulletin et mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, volumes 50, 1923, p. 58 lire en ligne, lié au légendaire gaulois, a été supplanté par celui d'« Hotié de Viviane »Jacques Briard, Les mégalithes, ésotérisme et réalité, éditions Jean-paul Gisserot, 1997, , p. 103-104 car il aurait été, selon la légende, le refuge de la fée Viviane. Comme pour la plupart des toponymes légendaires de la forêt de Paimpont, c'est au celtomane Blanchard de la Musse que l'on doit d'avoir lié ce lieu aux légendes arthuriennes. Cette affirmation fut reprise plus tard par Félix Bellamy et de nombreux auteurs comme Pierre Saintyves« Ce serait dans ce château de pierre que la fée retiendrait enchaîné Merlin, sur la colline du Val-sans-Retour, au milieu des bois et des rochers » selon Pierre Saintyves, Corpus du folklore préhistorique en France et dans les colonies françaises, volume 3, Librairie É. Nourry, 1934, p. 507 et Jean Markale« À moins que la tour d'air invisible où Merlin est enfermé ne soit tout bonnement cet Hostié de Viviane [...] » Jean Markale, Petite encyclopédie du Graal, Pygmalion/Gérard Watelet, 1997, , p. 209.
La légende en fait la demeure de la fée Viviane, où elle retiendrait l'enchanteur Merlin dans une prison d'air. Une autre légende l'assimile à l'esplumoir Merlin.. Lorsque la localisation du Val sans retour est déplacée dans le val de Rauco en 1850, le site mégalithique proche de la vallée de Gurvant prend le nom d’Hotié de Viviane qui est parfois assimilé au tombeau de Viviane.. Auparavant, ce tombeau était localisé à proximité du Tombeau de Merlin et de la première localisation du Val sans retour dans la vallée de la MaretteCette première localisation correspond actuellement à une allée couverte en ruines, près du village des « Brousses Noires ». Le site mégalithique est aussi nommé « Tombeau des Anglais », appellation qui n’apparaît qu’à partir de 1982, dans un guide touristique, et bénéficie d'une valorisation touristique dans les années 1980. Cf. ..
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes Sites mégalithiques d'Ille-et-Vilaine Liste des monuments historiques d'Ille-et-Vilaine
Catégorie:Site mégalithique en Ille-et-Vilaine Catégorie:Site archéologique en Ille-et-Vilaine Catégorie:Toponyme lié à une légende