Simon de Joinville, né vers 1175 et mort en 1233, est seigneur de Sailly puis de Joinville au début du . Il est le quatrième fils de et de son épouse Helvide de Dampierre. Il succède à son frère aîné lorsque ce dernier meurt en Terre sainte durant la quatrième croisade et devient à son tour seigneur de Joinville jusqu'à sa mort.
Il épouse en premières noces Ermengarde de Montclair, qui lui apporte en dot la seigneurie de Montclair, dans le diocèse de Trèves, avec laquelle il a trois enfants. Peu après, il guerroie aux côtés du duc de Lorraine contre le comte de Bar .
Il prend ensuite part à la croisade des albigeois et combat certainement aux sièges de Béziers et de Carcassonne. De retour en Champagne, il jure allégeance à la comtesse régente de Champagne Blanche de Navarre et son fils, le futur , en prévention contre les prétentions prochaines de son cousin Érard de Brienne, mais se rallie finalement à la cause de ce dernier lors de la guerre de succession de Champagne. Mais il est défait par les forces réunies du comté de Champagne et du duché de Bourgogne et contraint de se soumettre.
Il prend peu après la décision de rejoindre la cinquième croisade et participe au siège de Damiette où il retrouve son cousin Jean de Brienne, désormais roi de Jérusalem. Une fois la ville tombée, il retourne à Joinville où était entre-temps décédée son épouse.
Il épouse par la suite en secondes noces Béatrix d'Auxonne qui lui apporte le château de Marnay en dot. Ils sont les parents de six autres enfants.
Puis, il accompagne le comte Thibaut en Occitanie afin de continuer la croisade des albigeois où il participe au siège d'Avignon. Mais il n'y reste que quarante jours et repart avec son suzerain dans ses états.
Quelques années plus tard, il soutient le comte de Champagne contre une ligue de puissants barons unis contre lui. Il effectue alors en représailles une chevauchée en Barrois. Par la suite, il doit réunir d'urgence ses vassaux afin d'aller secourir la ville de Troyes contre les ennemis du comte.
Simon de Joinville meurt en 1233 et est inhumé dans l'abbaye de Clairvaux. Il laisse son fils et héritier, Jean de Joinville, futur chroniqueur de la vie de Saint Louis, encore mineur sous la tutelle de sa veuve Béatrix d'Auxonne.
Biographie
Origines vignette|droite|alt=Petite église de style gothique en pierre blanche surmontée d'un clocher assez bas en ardoises.|upright|L'église Saint-Maurice de Sailly, dont la construction date du .
Simon de Joinville est né vers 1175, probablement au château de Joinville. Il est le quatrième fils de , seigneur de Joinville, et de son épouse Helvide de Dampierre, elle-même fille de , seigneur de Dampierre et vicomte de Troyes, et de son épouse Helvide de Baudément...
La maison de Joinville est l'une des plus anciennes et puissantes familles du comté de Champagne, dont elle est vassale. Par le jeu des alliances matrimoniales, elle est l'alliée naturelle des familles de Reynel, Vignory, Brienne, Dampierre, etc.
Preuve de l'importance de la famille de Joinville en Champagne, le grand-père de Simon, , a obtenu du comte Henri le Libéral la sénéchaussée du comté. Alors que les autres titres de grands-officiers de Champagne sont accordés à titre viager, celui de sénéchal est le seul à être transmis de père en fils.
Début de carrière
Accession à la seigneurie de Joinville vignette|gauche|alt=Sceau médiéval montrant un chevalier en armes monté sur son destrier.|Sceau montrant Simon de Joinville, monté sur son destrier, vêtu d’un haubert recouvert d’une cotte d’armes sans manches serrée à la taille par une ceinture et la tête protégée par un heaume cylindrique à timbre plat, brandissant une épée de la main droite et de la gauche un bouclier triangulaire. meurt en 1190 au siège de Saint-Jean-d'Acre durant la troisième croisade. Il y était accompagné par son fils aîné . Simon de Joinville a également souvent été cité comme accompagnant son père et son frère en Terre sainte par des auteurs du et du début du .., mais il s'agit très certainement d'une erreur. En effet, Simon de Joinville est supposé être né vers 1175 et serait par conséquent trop jeune pour avoir participé à cette croisade.
À la mort du sire de Joinville, l'aîné de ses frères, , revenu de la croisade avant la fin du siège de Saint-Jean-d'Acre, hérite de la seigneurie de Joinville, tandis que le deuxième frère, Robert, obtient celle de Sailly. Le troisième frère, Guillaume, est destiné à une carrière ecclésiastique et devient archidiacre de Châlons en 1191, puis évêque de Langres de 1209 jusqu'à 1219, et enfin archevêque de Reims de 1209 jusqu'à sa mort en 1226.
vignette|droite|alt=Église de style gothique surmontée d'un haut clocher.|L'église de la Nativité-de-Notre-Dame de Joinville, dont le début de la construction date du . Simon de Joinville n'est donc pas destiné à obtenir de titre ni à fonder une nouvelle branche de la famille de Joinville. Toutefois, meurt fin 1203 ou début 1204 en combattant au krak des Chevaliers en Terre sainte pendant la quatrième croisade. Quant à Robert, il était parti en afin d'aider son cousin le comte dans sa conquête des Deux-Siciles en laissant probablement la seigneurie de Sailly à son frère puîné Simon de Joinville. Robert trouve la mort à Sarno, en Italie, le .. Guillaume étant devenu ecclésiastique, Simon de Joinville devient par conséquent le nouveau sire de Joinville, titre qu'il arbore dès dans un acte célébrant l'anniversaire de son défunt frère.
Dans une charte de , il porte pour la première fois le titre de sénéchal de Champagne, que possédaient déjà son père et son grand-père avant lui, mais la comtesse de Champagne Blanche de Navarre lui conteste par la suite la nature héréditaire de cette fonction.
Quant à la seigneurie de Sailly, elle passe au frère puîné de Simon, Guy de Joinville.
Le dernier frère cadet de Simon, André de Joinville, devient chevalier de l'ordre du Temple.
Premier mariage
vignette|gauche|alt=Ruines d'un château-fort massif flanqué de plusieurs tours et entouré d'arbres.|upright|Ruines du château de Montclair situé sur le territoire de la commune allemande de Mettlach, en Sarre. Alors qu'il déclare être sans femme et sans enfant dans un acte de 1205, l'accession à la seigneurie le pousse à devoir fonder sa propre lignée. Contrairement à ses aînés qui ont tous cherché leurs épouses dans le comté de Champagne, Simon de Joinville se marie vers 1207 avec Ermengarde de Montclair, fille et héritière de Jean, seigneur de Montclair et avoué de l'abbaye de Merzig dans le diocèse de Trèves.
À la suite de ce mariage, Simon de Joinville prend quelquefois le titre de seigneur de Montclair, mais à la mort de son épouse, probablement peu après 1218, ce titre revient à son fils aîné Geoffroy de Joinville. Toutefois, ce dernier meurt vers 1232 sans héritier ; le titre passe donc à sa sœur puînée Isabelle de Joinville qui devient dame de Montclair. Celle-ci épouse par la suite . Par conséquent, les seigneurs de cette maison deviennent également seigneurs de Montclair.
Simon de Joinville et Ermengarde de Montclair ont ensemble trois enfants.
Le temps des guerres
Chevauchée en Barrois
Durant l', le duc de Lorraine , alors en guerre contre son beau-père le comte de Bar , dévaste les terres de l'abbaye de Gorze, placée sous la surveillance de ce comte, en représailles de semblables dommages occasionnés un an plus tôt par le comte sur les terres du duc. Mais le duc est fait prisonnier avec deux de ses frères et est contraint d'accepter les conditions du comte et un traité est conclu le .
Simon de Joinville a très probablement pris part à cette guerre, car il figure comme pleige pour sur les que devait payer le duc de Lorraine et est désigné par ce duc comme l'un des otages choisis parmi ses hommes. Dans ce traité, Simon de Joinville est systématiquement nommé à côté des plus grands seigneurs tels que le duc de Bourgogne ou le comte de Deux-Ponts.
Croisade des albigeois
En 1209, il décide de participer à la croisade des albigeois. Afin de préparer son départ et de s'attirer les faveurs divines, il fait divers dons à la collégiale Saint-Laurent de Joinville, aux abbayes de La Crête et de Clairvaux ou encore au prieuré de Mathons.
Il part probablement au mois de puis est signalé peu après dans la région de Montségur.
Simon ne reste pas longtemps en Languedoc et est de retour à Joinville en . Peut-être a-t-il fait partie des croisés qui choisirent de rentrer chez eux après la prise de Béziers et de Carcassonne aux mois de juillet et .
Guerre de succession de Champagne
vignette|gauche|alt=Miniature médiévale représentant le buste de la comtesse Blanche de Navarre.|La comtesse Blanche de Navarre. Avant même le début de la guerre de succession de Champagne, la comtesse régente Blanche de Navarre, anticipant les futures prétentions d'Érard de Brienne et de Philippa de Champagne, demande à ses vassaux de faire hommage à son jeune fils le futur , âgé de et hériter du comté de Champagne. Simon de Joinville est alors le premier à prêter ce serment dès , mais il profite de l'occasion pour mettre sa promesse sous réserve de l'hérédité de la sénéchaussée de Champagne. Son frère Guillaume de Joinville, alors évêque de Langres, et son cousin se portent cautions de cette promesse en et .
Mais Simon de Joinville ne respecte pas son serment et prend finalement parti pour le prétendant Érard de Brienne contre la comtesse Blanche de Navarre. Il laisse ainsi au début de l' son château de Joinville à Érard lorsque celui-ci commence de revendiquer le comté de Champagne par la force. Les raisons de ce revirement peuvent s'expliquer par les liens de parenté étroits entre Érard et Simon, mais aussi pour la sénéchaussée de Champagne qui fait partie des revendications ultérieures de Simon.
vignette|droite|alt=Miniature médiévale représentant un homme richement vêtu écrivant sur un long parchemin.|Le comte , dit le Chansonnier. Une première trêve à lieu en après l'intervention du roi qui impose la paix, mais les hostilités sont rapidement relancées par Érard de Brienne qui s'estime toujours floué de ses biens qui ont été confisqués par la comtesse pendant son séjour en Terre sainte. Vers la même période, le pape exhorte Simon de Joinville à exécuter son vœu de rejoindre la cinquième croisade et entraîner ainsi par son exemple d'autres croisés hésitants, mais Simon préfère rester avec les autres coalisés et continuer le combat.
Le , Érard de Brienne et Simon de Joinville déclarent de concert avec qu'ils accordent à Blanche de Navarre une trêve qui durera jusqu'au premier dimanche après Noël.
En , Blanche de Navarre et le duc de Bourgogne , alors en marche pour attaquer la ville de Nancy où siège le duc de Lorraine qui compte parmi les plus puissants soutiens d'Érard de Brienne, attaquent tour à tour les châteaux de Châteauvillain, de Clefmont et de Joinville.. Lors de ces batailles, Simon perd également son château de Doulevant qui est pris par la comtesse.
Le sire de Joinville prend probablement part à ces batailles, mais le , défait, il se soumet et fait hommage à la comtesse Blanche et à son fils Thibaut. Comme gage de fidélité, il leur laisse en otage son fils aîné Geoffroy et remet son château de Joinville entre les mains de son frère Guillaume, évêque de Langres. De plus, son vassal Hugues de la Fauche doit transférer son hommage à Blanche. Les seules concessions que Simon parvient à obtenir sont la reconnaissance de l'hérédité du titre de sénéchal de Champagne ainsi qu'une indemnité en échange de la mouvance de la Fauche.
Enfin, le , Simon de Joinville est relevé par le pape de l'excommunication dont il avait été victime comme tous les partisans d'Érard de Brienne.
Cinquième croisade