La (en occitan : carrièra Pargaminièras) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.
Situation et accès Description La rue Pargaminières est une voie publique. Elle se trouve à la limite entre le quartier Capitole, au sud, et le quartier Arnaud-Bernard, au nord.
La chaussée compte une seule voie de circulation automobile, en sens unique, de la place Saint-Pierre vers la rue Jean-Antoine-Romiguières. Elle est entièrement piétonne et la circulation y est règlementée, la vitesse limitée à 6 km/h. Il n'existe ni bande, ni piste cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.
Voies rencontrées La rue Pargaminières rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :
Rue Valade (g) Place Saint-Pierre (d) Rue Alexis-Larrey (d) Rue de la Bastide (g) Rue Joseph-Lakanal (d) Rue Antoine-Deville (g) Rue Jean-Antoine-Romiguières (d)
Transports La rue Pargaminières n'est pas directement desservie par les transports en commun Tisséo. Elle se trouve à proximité immédiate de la place Saint-Pierre, de la rue Valade et de la rue Jean-Antoine-Romiguières, parcourues par la navette . La station de métro la plus proche est la station Capitole, sur la ligne .
Plusieurs stations de vélos en libre-service VélôToulouse se trouvent dans la rue Pargaminières ou dans les rues voisines : les stations (10 rue des Lois), (66 rue Pargaminières) et (6 place Saint-Pierre).
Odonymie vignette|gauche|Plaques de rue en français et en occitan. Les premières mentions du nom de la rue Pargaminières, au , utilisent des formes diverses en latin médiéval – carraria de pargamineriis, carraria pargamineriarum – et en occitan médiéval – carrièra de pargaminieras, carrièra pargamenieras –, mais qui rejoignent toutes la même étymologie : ce nom lui vient des parcheminiers (pargaminièrs en occitan) qui l'habitaient au Moyen ÂgeSalies 1989, vol. 2, .. Ces artisans produisaient et vendaient le parchemin (pargamina en occitan) utilisé pour l’écriture, mais aussi pour la reliure des livres ou la fabrication d’instruments de musique. Ils utilisaient les peaux d'animaux, principalement chevreau, mouton ou veau« Préparation du parchemin », sur le site Le Livre : de l'Antiquité à la Renaissance, par l'Université de Montpellier III et l'Université ouverte des humanités, juin 2010 (consulté le 31 mars 2018).. La rue Pargaminières se trouvait effectivement à proximité du quartier universitaire, ainsi que des principales institutions monastiques toulousainesSalies 1989, vol. 2, ..
Au , on lui trouve parfois le nom de rue des Tierçaires, puisque les religieux du Tiers-Ordre franciscain s'y étaient établis, au déjà (emplacement de l'actuel )Salies 1989, vol. 2, .. En 1794, pendant la Révolution française, elle prit – comme les actuels place Saint-Pierre et quai Lucien-Lombard – le nom de Voltaire, en hommage au philosophe des Lumières, mais il ne subsista pasSalies 1989, vol. 2, ..
Histoire Moyen Âge et période moderne Au Moyen Âge, l'actuelle rue Pargaminières n'est qu'un chemin qui longe au nord le vieux rempart de la cité romaine, entre le port Bidou (emplacement de l'actuelle place Saint-Pierre), sur la Garonne, et la Porterie, la porte nord de la cité. À partir du , le développement d'un bourg autour de l'abbaye Saint-Sernin favorise l'urbanisation du quartier. Une rue s'organise entre la petite place de l'Orme-Sec, au carrefour de la rue du même nom (actuelle rue Jean-Antoine-Romiguières) et le port Bidou.
La rue Pargaminières connaît une activité commerciale importante, particulièrement du côté du port Bidou, qui voit passer les bateaux qui déchargent les marchandises – produits agricoles et de la pêche, matériaux de construction.
Surtout, la rue Pargaminières se trouve au cœur du « » toulousain, à proximité des couvents des dominicains et des franciscains, où s'établit, à partir du , l'université. Particulièrement nombreux sont les parcheminiers, qui fournissent l'université en parchemin.
Les religieux du Tiers-Ordre franciscain, désignés comme les « tierçaires », fondent au leur couvent entre la rue Pargaminières (emplacement de l'actuel ) et les rues voisines (emplacement des actuels à 23 rue Antoine-Deville et rue de la Bastide). Le couvent comprend une église, un enclos et une chapelle. L'entrée, dans la rue Pargaminières, fait face au couvent des dominicains.
En 1589, la rue Pargaminières est témoin de la mort de Jean-Étienne Duranti : réfugié dans le couvent des dominicains, mais sorti par une porte pour faire face à ses détracteurs, il est finalement pris à partie par la foule des Ligueurs et assassiné, victime d'un coup d'arquebuse.
Époque contemporaine La Révolution française apporte des bouleversements. En 1790, les ordres religieux sont supprimés et leurs propriétés deviennent biens nationaux. Le couvent des Jacobins et le couvent des Tierçaires passent entre les mains de l'administration militaire. En , le couvent des Tierçaires est utilisé durant quelques mois comme caserne du de volontaires de la Haute-GaronneRamet 1935, .. En , il est utilisé comme hôpital militaire pour l'armée des Pyrénées : on y place particulièrement les « galeux » et les « vénériens ». Mais, à partir de l'année suivante, la création d'un nouvel hôpital dans l'ancien couvent des Dames du Sac, religieuses de la compagnie des Filles de Notre Dame (ancien hôpital Larrey, actuel conservatoire à rayonnement régional, rue Alexis-Larrey) provoque son abandon progressifRamet 1935, .. En 1796, les bâtiments du couvent des Tierçaires, considérés comme inutiles à l'armée ou à l'administration communale et départementale, sont vendus et démolisRamet 1935, ..
La Croix-Rouge espagnole a établi son siège dans cet immeuble pendant quelques années au .
Les travaux de piétonnisation sont entrepris par l'équipe de l'architecte catalan Joan Busquets en 2013 et achevés en . Des arbres sont plantés et des bornes, installées en , permettent de contrôler le trafic automobile dans la rue et donnent un nouvel élan au développement du commerceGilles-R. Souillés, « La nouvelle vie programmée de la rue Pargaminières », La Dépêche du Midi, 12 mai 2015 (consulté le 31 mars 2018).Lola Fourmy, « A Toulouse, les voitures bannies de la rue Pargaminières », France Bleu Occitanie, 14 juillet 2015 (consulté le 31 mars 2018)..
Patrimoine et lieux d'intérêt Hôtels particuliers 66 : hôtel de Cambolas.Un hôtel particulier est élevé entre la rue Pargaminières et la rue Antoine-Deville (actuel ) dans la deuxième moitié du pour Jean de Cambolas, conseiller au parlement. Cependant, les deux corps de bâtiment sur la rue Pargaminières ne sont élevés que dans la première moitié du pour Bertrand Lagaillarde, également propriétaire de la maison voisine (actuel ), dans un style néo-classique alors en vogue à Toulouse. Un premier corps de bâtiment à gauche développe sa longue façade sur sept travées. Aux étages, les fenêtres sont rectangulaires et mises en valeur par un chambranle mouluré. Elles sont dotées de garde-corps en fonte : ceux du multiplient les motifs géométriques, de grecques et de mufles de lion. Elles sont également surmontées de corniches, soutenues au par des consoles en terre cuite ornées de motifs végétaux. Des cordons en creux courent au niveau des appuis des garde-corps. L'élévation est couronnée par une corniche à modillons, également ornés de motifs végétaux. Un deuxième corps de bâtiment à droite, long de quatre travées, correspond à la porte cochère. Celle-ci est prise dans un arc en plein cintre, percé au tympan par une petite fenêtre. La porte est mise en valeur par les dosserets à bossage qui l'encadrent et supportent un entablement décoré de triglyphes, surmonté d'une large corniche moulurée. De chaque côté de la porte, une travée percée de simples fenêtres rectangulaires éclaire les logements. Celle de l'entresol à gauche a conservé un garde-corps en fonte. Une terrasse enfin, aménagée au-dessus de la porte, est protégée par un garde-corps en fonte..
Immeubles 3 : immeuble. L'immeuble est construit dans la première moitié du . L'édifice se compose de plusieurs corps de bâtiment, entre la rue Pargaminières et la place Saint-Pierre (actuel ). L'élévation sur la rue Pargaminières est d'une grande simplicité. Elle compte cinq travées et s'élève sur deux étages. Aux étages, les fenêtres sont rectangulaires et celles du ont des garde-corps aux motifs géométriques. L'élévation est surmontée d'une corniche moulurée..
11 : immeuble. L'immeuble, construit dans la première moitié du , est de style néo-classique toulousain. La façade se développe sur trois travées et cinq niveaux (entresol, rez-de-chaussée et trois étages). La brique utilisée en bossage lui donne un léger relief. Au , les hautes fenêtres ont des garde-corps en fer forgé et sont encadrées de fins pilastres aux chapiteaux ioniques qui soutiennent des entablements ornés de frises de palmettes en terre cuite et surmontés par de larges corniches moulurées. Au , les fenêtres ont des appuis en pierre soutenus par des consoles. L'élévation est couronnée par une large corniche à denticules..
15 : immeuble. L'immeuble, construit au , est de style classique. La façade symétrique se développe sur cinq travées et deux étages décroissants, séparés par des cordons en brique. Au rez-de-chaussée, la porte cochère est mise en valeur par un encadrement mouluré et elle est surmontée d'une agrafe et d'une corniche. Elle est encadrée par deux arcades de boutiques en anse de panier. Aux étages, les fenêtres sont dotées d'appuis en pierre et possèdent des chambranles à crossettes qui descendent jusqu'au niveau inférieur. La fenêtre centrale du a un garde-corps en fer forgé qui contient le monogramme « A V R »..
25 : immeuble. L'immeuble est construit dans la dernière décennie du , à l'emplacement d'un terrain qui appartenait au couvent des religieuses du Sac, probablement par un certain Étienne Castillon, « acquéreur national ». Sa façade sur la rue est de style classique. La façade symétrique se développe sur cinq travées et deux étages décroissants, séparés par des cordons en brique. Aux étages, les fenêtres centrales ont des garde-corps en fer forgé..
34 : Îlot Valade. La parcelle est occupée entre 1662 et 1686 par la congrégation des Filles de l'Enfance, puis par les Jésuites, qui y établissent leur séminaire. Après l'expulsion de ces derniers en 1762, l'archevêque Étienne-Charles de Loménie de Brienne fait construire entre 1763 et 1784 le séminaire de Saint-Sulpice. Les bâtiments sont ensuite affectés aux services municipaux. Une entrée est aménagée sur la rue Pargaminières. Le bâtiment de gauche, construit au , accueillait les Pompes funèbres..
40 : immeuble. L'immeuble est construit au à l'emplacement d'une parcelle qui avait appartenu à la congrégation des Filles de l'Enfance, supprimée en 1686, puis aux Jésuites. La façade se développe sur cinq travées et s'élève sur deux étages et un niveau de comble. Au rez-de-chaussée, l'étroite porte piétonne est décentrée et encadrée par deux ouvertures de boutique. Celle de gauche, en plein cintre, est décorée d'un mascaron en pierre. Celle de gauche est rectangulaire et possède un poitrail en bois. Le , ajouté au , est en retrait et séparé de la rue par une galerie qui fait loggia..
48 : immeuble. L'immeuble est élevé sur une parcelle très étroite au , dans le style classique. Sa façade se développe sur deux travées et s'élève sur quatre niveaux, séparés par de larges corniches saillantes. Au , les fenêtres rectangulaires sont dotées de garde-corps en fer forgé aux motifs géométriques. Le est une surélévation de l'architecte Auguste Delort, en 1861, pour le compte de , tandis que le est ajouté dans les années 1950..