La mariée était en noir est un film franco-italien réalisé par François Truffaut, sorti en 1968.
Truffaut est en pleine écriture de son livre-entretien avec Alfred Hitchcock lorsqu'il adapte La mariée était en noir, traduction française de de William Irish (1940).
Synopsis Julie Kohler tente de se suicider en sautant d’une fenêtre, mais sa mère l’en empêche. Après avoir préparé des vêtements et une grosse somme d’argent, elle quitte la maison et part en voyage vers la Côte d’Azur pour retrouver Bliss, ancien coureur de jupons. Elle s’invite à sa fête de fiançailles dans son appartement, attire son attention, le conduit sur le balcon en jetant son écharpe sur un montant de l’auvent et, après s’être présentée, le pousse dans le vide avant de s’enfuir. Sa prochaine cible est Robert Coral, célibataire solitaire. Elle organise une rencontre à un concert de musique classique, achète une bouteille d’arak dans laquelle elle injecte du poison, puis la lui sert dans son studio ; tandis qu’il agonise, elle lui révèle son identité. Un flashback montre que, juste après le mariage de Julie son mari a été abattu sur les marches de l’église.
Julie vise ensuite Clément Morane, politicien en devenir. Après avoir suivi sa femme et leur jeune fils, Cookie, jusqu’à leur pavillon, elle se fait passer pour l’institutrice de Cookie, Becker, et fait sortir la mère de la maison grâce à un faux télégramme annonçant la maladie de sa grand-mère. Invitée à rester pour le dîner, elle joue à cache-cache avec Cookie, découvre un petit placard sous l’escalier, puis met l’enfant au lit. Prétextant avoir perdu une bague, elle pousse Morane à ramper dans le placard pour la chercher, verrouille la porte et révèle son identité ; Morane plaide l’accident, mais elle rend étanche la porte au ruban adhésif et le laisse s’asphyxier. La véritable Becker est arrêtée après que Cookie l’a désignée à la police, mais Julie la disculpe par un appel anonyme où elle revendique le meurtre, tout en donnant des indices pour prouver ses dires.
Un second flashback précise que le mari de Julie a été tué accidentellement par un tir de fusil de Delvaux, qui se trouvait là avec ses amis chasseurs Bliss, Coral, Morane et Fergus ; les cinq hommes manipulaient une arme chargée dans un immeuble en face de l’église et se sont ensuite séparés en jurant de garder le secret. Julie attend Delvaux dans sa casse automobile, projetant de l’abattre, mais son projet est soudainement avorté par l'irruption de policiers venus procéder à l'arrestation de Delvaux, qui est poursuivi pour recel de voitures volées. Elle se tourne alors vers le cinquième et dernier de la bande, Fergus, artiste volage, qui l’engage comme modèle pour une série d’illustrations de Diane chasseresse ; il lui avoue rapidement ses sentiments, qu’elle repousse, avant de le tuer d’une flèche dans le dos. Après avoir découpé son visage sur l’une de ses toiles, elle découvre une fresque murale la représentant nue de plain-pied ; elle envisage de la recouvrir de peinture, puis renonce et s’en va.
Julie assiste aux funérailles de Fergus, où Corey — ami proche de Bliss et Fergus — la reconnaît, l’ayant vue à la fête de fiançailles. Au commissariat, elle confesse placidement les meurtres de Bliss, Coral, Morane et Fergus, tout en refusant d’en exposer les motifs. Incarcérée dans la même prison que Delvaux, elle aide les surveillantes à distribuer les repas aux détenus. Dissimulant un couteau de cuisine, elle parvient finalement (hors champ) à poignarder Delvaux, accomplissant ainsi son ultime vengeance.
Fiche technique
Titre : La mariée était en noir Titre anglophone : Réalisation : François Truffaut Scénario : Jean-Louis Richard et François Truffaut, d’après le roman policier éponyme de Cornell Woolrich, alias William Irish Musique : Bernard Herrmann avec quelques extraits du concerto pour mandoline de Vivaldi ; orchestre dirigé par André Girard Décors : Pierre Guffroy Photographie : Raoul Coutard Son : René Levert Scripte : Suzanne Schiffman Montage : Claudine Bouché Directeur de production : Georges Charlot Sociétés de production : Dino De Laurentiis Cinematografica, Les Films du carrosse et Les Productions Artistes Associés Société de distribution : Les Artistes Associés S.A (France), (Portugal). et Lopert Films (États-Unis) Pays de production : , Langue originale : français Générique : Jean Fouchet. Format : couleur (Eastmancolor) - 35mm - 1,66:1 - son monophonique Laboratoires : LTC (Saint-Cloud) Genre : drame et thriller Durée : 107 minutes Date de sortie : Date de sortie DVD : 1999 Visa d'exploitation : Box-office France : entrées. Affiches : Macario Gómez Quibus (Espagne), René Ferracci (France).
Distribution
Jeanne Moreau : Julie Kohler, la veuve Claude Rich : Bliss Michel Bouquet : Robert Coral Michael Lonsdale (Michel Lonsdale dans le générique) : Clément Morane, l'industriel Charles Denner : Fergus, le peintre Daniel Boulanger : Delvaux, le ferrailleur Jean-Claude Brialy : Corey Jacqueline Rouillard : la logeuse de Coral Sylvine Delannoy : Morane Christophe Bruno : « Cookie » Morane Alexandra Stewart : Becker, l'institutrice Luce Fabiole : la mère de Julie Michèle Montfort : le modèle de Fergus Paul Pavel : le mécanicien de Delvaux Gilles Quéant : le juge d'instruction Serge Rousseau : David Kohler, le mari de Julie Van Doude : l'inspecteur de police Frédérique Fontanarosa : la pianiste au concert (non créditée) Renaud Fontanarosa : le violoncelliste au concert (non crédité) Jacqueline Gaillard : la femme de chambre (non créditée) Maurice Garrel : le plaignant (non crédité) Daniel Pommereulle : un ami de Fergus (non crédité) Elisabeth Rey : Julie enfant (non créditée) Jean-Pierre Rey : David enfant (non crédité) Dominique Robier : Sabine, la nièce de Julie (non créditée) Jacques Robiolles : Charlie, le concierge (non crédité) Marcel Berbert : le policier qui vient chercher Mlle Becker (non crédité) Michèle Viborel : Gilberte, la fiancée de Bliss (non créditée).
Dates et lieux de tournage vignette|Le porche de l’église Saint-Lambert de Vaugirard, scène de la sortie du mariage.
Le film a été tourné entre le et le Scène de la sortie du mariage et du tir sur le marié : église Saint-Lambert de Vaugirard dans le , le tireur se trouve à une fenêtre du dernier étage du de la rue Gerbert face à l'église La séquence avec Claude Rich a été tournée à Cannes à l’immeuble le St-Michel Quelques scènes ont été tournées dans la vallée du Grésivaudan (à Biviers), endroit que François Truffaut appréciait, notamment la maison filmée lors de l’enfance du personnage principal comme dans La Femme d'à côté, ou au Bourg-d'Oisans quand le personnage joué par Michel Bouquet sort de son hôtel. On distingue au loin, la façade Est du massif du Vercors donnant sur la vallée du Grésivaudan. La scène suivante, censée se passer dans les Alpes, est en fait filmée à Étampes, à la sortie du théâtre, en face de la statue Étienne Geoffroy de Saint-Hilaire.
Sortie et accueil
Réception critique Dans Le Nouvel Observateur, le critique Jean-Louis Bory est élogieux : ..
Box-office Entre sa sortie en et l'année suivante, La Mariée était en noir totalise en France., dont rien que pour la première année d'exploitation en salles., ce qui lui vaut d'atteindre le top 30 du box-office des films sortis en 1968.
Grâce à sa sortie initiale et les reprises en salles qui ont suivi, le long-métrage totalise , ce qui lui vaut de se classer à la place du box-office annuel de 1968..
Autour du film L’influence de ce film sur le scénario des films de Quentin Tarantino a été évoquée, quoique niée par le réalisateur.
Le film influence Kate Bush dans l’écriture de sa chanson , tirée de l’album ..
Fergus, joué par Charles Denner, se définit lui-même dans ce film comme un « cavaleur ». Truffaut reprendra cette orientation du « cavaleur » pour élaborer le personnage central de L'Homme qui aimait les femmes en 1977, où le rôle sera également interprété par Charles Denner.
Truffaut a modifié le roman de William Irish selon les principes hitchcockiens : dans le livre, le mobile de Julie ne nous est dévoilé qu’à la fin, et l’énigme demeure un mystère ; dans le film, l’explication est donnée au public pendant le troisième meurtre, celui de Morane, et l’énigme devient suspense.. Le dénouement du film présente également une grande différence avec celui du roman : dans l’œuvre de William Irish, l’héroïne découvre — comme plus tard le personnage de Jim Douglas dans le western américain Bravados — qu’elle a tué des innocents.
Le film de François Truffaut, La Sirène du Mississippi (1969), est aussi adapté d’un roman de William Irish. Fenêtre sur cour (1954), film d’Alfred Hitchcock, également tiré d’une nouvelle de William Irish.
Après Fahrenheit 451 (1966), La Mariée était en noir est la deuxième et dernière collaboration de François Truffaut avec le compositeur américain Bernard Herrmann, connu notamment pour les musiques qu’il écrivit pour les films d’Alfred Hitchcock.
Le train entrant en gare au début du film est le Mistral tracté par la diesel, car la ligne de Marseille à Nice n’était pas encore électrifiée. Jeanne Moreau monte à bord d’une voiture TEE inox arborant le nom Mistral. Lors de la deuxième séance de pose, Charles Denner fait porter à Jeanne Moreau un bracelet réalisé selon lui par Alexander Calder.
Les esquisses réalisées au fusain par le personnage de Charles Denner ont été produites par l'artiste Charles Matton. ; on voit une affiche annonçant une exposition de l’artiste dans l’atelier de Fergus. Lors de la réception au domicile de Charles Denner, Jean-Claude Brialy fait référence aux Mémoires de Saint-Simon. L’affiche de la compagnie des wagons-lits présente dans la chambre d’hôtel de Michel Bouquet, se retrouve dans le salon de coiffure de L'Argent de poche.
Le cinéaste François Truffaut, et trois de ses interprètes du film, Jeanne Moreau, Jean-Claude Brialy et Michael Lonsdale, sont tous les quatre inhumés au cimetière de Montmartre.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Gilbert Salachas, « La mariée était en noir », Téléciné , Paris, Fédération des Loisirs et Culture Cinématographique (FLECC), , , Jean-Louis Veuillot, « La mariée était en noir », Téléciné , Paris, Fédération des Loisirs et Culture Cinématographique (FLECC), , , fiche , .
Liens externes Entretien avec François Truffaut., à propos de La mariée était en noir, Jeune Cinéma , .
Catégorie:Film français sorti en 1968 Catégorie:Film italien sorti en 1968 Catégorie:Film dramatique français Catégorie:Film dramatique italien Catégorie:Thriller (film) français Catégorie:Thriller (film) italien Catégorie:Film italien tourné en français Catégorie:Film réalisé par François Truffaut Catégorie:Film de la Nouvelle Vague Catégorie:Film de Dino De Laurentiis Cinematografica Catégorie:Film tourné dans l'Essonne Catégorie:Film tourné dans le 15e arrondissement de Paris Catégorie:Film sur la peinture Catégorie:Film sur le deuil Catégorie:Film sur la vengeance Catégorie:Film sur le mariage Catégorie:Film mettant en scène un tueur en série Catégorie:Adaptation d'un roman américain au cinéma Catégorie:Noir dans l'art et la culture Catégorie:Film en français