Francine Kaufmann, née le à Paris, est une universitaire et une journaliste française, professeur retraitée de l'université Bar-Ilan en Israël, spécialiste de la Shoah, traductrice et interprète, réalisatrice de radio et de télévision. Elle est la fille de Sylvain Kaufmann, personnalité française du judaïsme et survivant de la Shoah, et de Sophie Sarah Rosenberg, conservateur du Musée d'Art juif de la rue des Saules à Paris, de 1974 à 1998Sophie Rosenberg : L’artisanat, une nouvelle muséologie, in Musei ebraici in Europa : actes du colloque de Bologne, 1996, et poète (Les Mots défenestrés, éditions Jean d'Hallouin, Paris 1970).
Biographie Francine Kaufmann est née à Paris le Francine Kaufmann. imdb.com.Francine Kaufmann. Notice Biographique. Institut Universitaire Elie Wiesel.. Elle est la fille de Sylvain Kaufmann (Sali ou Sally) Francine Kaufmann. Geni.com. Kaufmann, né le à Metz et mort le à Paris, survivant de la Shoah, homme d'affaires, personnalité française du judaïsme, et auteur de deux livres de témoignage sur la déportation : Au-delà de l'enfer› ark: Au-delà de l'enfer / Sylvain Kaufmann ; préf. de Robert Badinter ; postf. de Francine Kaufmann. et Le livre de la mémoire › ark:Le livre de la mémoire : au-delà de l'enfer / Sylvain Kaufmann ; préf. de Robert Badinter.. Ses parents se rencontrent au Camp de DrancyPaulette Angel Rosenberg, Le Tournesol, Collection Témoignages de la Shoah, éditions Le Manuscrit / Fondation pour la Mémoire de la Shoah, septembre 2020, ; .. Sa mère, Sophie-Sarah Rosenberg est née le à Metz . et morte le à ParisVoir annonce nécrologique dans Le Monde du 16 janvier 2020.. Libérée de Drancy en 1942, car elle est Française âgée de moins de 17 ans et fille d'une employée de l'UGIF., elle s'engage en dans la Résistance, chez les Francs-tireurs et partisans - Main-d'œuvre immigrée (FTP-MOI), bataillon Liberté à Grenoble et Carmagnole à Lyon.
Francine Kaufmann a un frère, Alain-Moché Kaufmann, rabbin à Bnei Brak (Israël)Francine Kaufmann. Lettre de Jérusalem. Tribune juive. 27 juillet 2014.. Il est Directeur d'un Institut talmudique pour adultes (Roch Kollel) et auteur notamment de Lev Avoth al Banim, ouvrage reconnu dans le domaine de l’éducationRav Moche Kaufmann. torah-box.com.. Leur sœur, Laurence Kaufmann, a longtemps travaillé pour Antenne 2 avant d'ouvrir sa propre société : IDM. Titulaire d'un DEA de Communication, elle a été chargée de cours à la Sorbonne.
Études Francine Kaufmann fait ses études secondaires à l'École Yabné. Dans le cadre des accords culturels signés entre la France et Israël en 1962, qui admettent l'hébreu comme langue étrangère au baccalauréat français., elle passe ses deux parties du baccalauréat (1963 et 1964) avec l'hébreu comme première langue. A la rentrée 1964, elle entre à l'Université de Nanterre, encore en construction mais qui vient d'ouvrir. Elle fera partie de sa première promotion en Sciences humaines, en 1967. Cette année-là, elle obtient une double Licence d’enseignement : Lettres modernes en langue et littérature françaises de l'Université de Paris-X-Nanterre, et Langue et littérature hébraïque de l'Université de Lille. L'année suivante, elle achève un diplôme supérieur en Langue et littérature hébraïques et Civilisation d’Israël et du Moyen-Orient de l’Institut national des langues et civilisations orientales (Langues O.), et obtient une maîtrise d’enseignement de Lettres modernes, à l'Université de Paris X-Nanterre, après avoir déposé son mémoire en mai 68, en pleine Révolution des Étudiants. Dirigé par Jacques Truchet, il a pour titre : Dieu, les dieux et le divin dans le Théâtre de Racine. En 1968-69, elle reçoit une bourse d'études du ministère israélien des Affaires étrangères pour commencer un doctorat de littérature comparée sur ce qu'on appelait encore , sous la direction du professeur Guy Michaud, de l'université de Nanterre. Après une année passée en Israël, elle est pressentie par le professeur et rabbin René-Samuel Sirat comme assistante d'hébreu du nouveau département qui va s'ouvrir à la Sorbonne nouvelle (sous la direction de Georges Vajda). Son sujet de doctorat évolue avec les années et sous le nouveau régime, c'est un Doctorat de troisième cycle en Littérature française, qu'elle soutient en à Paris-X-Nanterre sur Le Dernier des Justes d’André Schwarz-Bart : genèse, structure, signification ..
Elle complète sa formation par un diplôme de l’Institut de Communication Publique de l’Université de Boston en 1984.
Enseignement Francine Kaufmann est assistante de langue et de littérature hébraïques à l'université de Paris III de 1969 à 1974, ainsi qu’à l'INALCO et à l’Université de Vincennes, Paris VIII, avant de s’installer à Jérusalem en 1974Francine Kaufmann. Ivrit bedaka. L'hébreu, bien plus qu'une langue..
Elle enseigne de 1974 à 2011 à l’Université Bar-Ilan, à Ramat Gan, en Israël, au Département de Traduction, d'Interprétation et de Traductologie, qu’elle dirige à deux reprises. Elle est aujourd'hui professeur des universités à la retraite.. Depuis 2006, elle fait partie du corps enseignant de l'Institut Elie Wiesel, à Paris.. Elle y a notamment donné un Mook sur la littérature hébraïque : période biblique, en 2016-2017 ., et assuré des séminaires annuels de quelques semaines sur la Traduction biblique, l'hébreu, la Tour de Babel, André Schwarz-Bart, André Neher, etc. Elle y donne chaque année des conférences dans le cadre des Lundis de Wiesel.
Journaliste et réalisatrice Francine Kaufmann a collaboré à de nombreux journaux et revues de la presse juive : L'Arche Voir par exemple la Table des auteurs de l'année 1972 dans L'Arche n° 191, 26/1 au 25/2 1973, p. 66., Information juive, Les Nouveaux Cahiers, Ariel, Amitiés France-Israël, La Terre retrouvéeVoir par exemple la publicité dans La Terre retrouvée n° 12, du 1er mars 1973., Tribune juive, Hamoré, le Jerusalem Post, édition française. Elle a aussi été reporter, présentatrice et speakerine pour différents médias, ainsi que documentaliste, assistante de réalisation puis réalisatrice à part entière. D'abord à la télévision française où elle a travaillé de 1970 à 1998 aux côtés du rabbin Josy Eisenberg, producteur délégué et animateur des émissions juives du dimanche matin : La Source de VieLire l'interview du rabbin Josy Eisenberg dans Amitiés France-Israël n° 198, mai 1973, pp 31 et 33. Il évoque la participation de Francine Kaufmann p. 33., et À Bible ouverte.. À cette époque, la participation de femmes dans des émissions religieuses était rare. Parmi ses contributions les plus importantes : de nombreux magazines littéraires, religieux (sur les fêtes et sur le rituel), sur la philatélie israélienneVoir L'Écho de la philatélie du 1er octobre 1984, p. 28. , et des séries historiques : Histoire des Juifs de Perse et de Provence (1972), des Juifs de Rome (4 volets, 1973-74), des Juifs d'Alsace (6 volets, 1983-84) Voir notamment Télérama du 29 mai 1983, p. 66 ; du 30 octobre 1983, p. 56; du 29 avril 1956, p. 60. de Marseille Télérama 22 janvier 1984, p. 58. et de Lyon (1984) Télérama 18 mars 84, p. 58., des Juifs du Kurdistan (3 volets, 1983-84), des Juifs de France face à la Révolution française (2 volets 1989) ; présentation d'institutions telles que le CDJC à Paris (1984), le Keren Kayemeth (KKL,1988), Yad Vashem (1990), le Maguen David Adom (1996), le Musée d'Art juif de la rue des Saules à Paris (1998)Voir PASQUES Anne, Le musée de la rue des Saules : premier musée d’art juif à Paris 1948-1998, Maîtrise [Patricia Hidiroglou], Univ. Paris 1 CHS, 2009. Bibliographie p. 129.. Dans le cadre de À Bible ouverte, elle a été l'interlocutrice de Josy Eisenberg dans 43 émissions de commentaires sur Le Cantique des Cantiques (1987-88) et 9 sur les femmes dans la Bible (1990).
À la radio, elle a fait partie depuis 1973 de la section française de la radio nationale israélienne Kol Israel. Speakerine et reporter, elle a couvert notamment la guerre de Kippour (1973), la visite de Sadate à Jérusalem (1979). Réalisatrice, elle a conçu et présenté de nombreuses séries, par exemple sur l'histoire de Jérusalem, sur les chansons de poètes et sur la langue hébraïque dans l'actualité. Elle a tenu une rubrique hebdomadaire de théâtre, cinéma et ballet ; elle a interviewé écrivains et artistes. Lors de la guerre du Golfe en 1990, elle est devenue correspondante et interprète pour RCJ - Radio de la Communauté Juive, média parisien du FSJUVoir : Nicole Benattar : Les francophones qui comptent : Francine Kaufmann dans Israël Magazine, édition internationale, n° 70, décembre 2006, pp.66-67.. Elle a couvert notamment le processus de paix, les attentats en Israël, l'assassinat d'Yitzhak Rabin, diverses soirées électorales (en direct), et assuré une revue hebdomadaire de la presse israélienne.
Scénariste Elle a proposé à la télévision israélienne, un film sur le philosophe juif français André Neher : « Être juif » (Liyiote Yehoudi). Elle en a écrit le scénario en hébreu, a réalisé les interviews et une partie du montage, aux côtés du réalisateur 'Haïm Shiran. Ce film, diffusé en 1978 puis en 1980 en noir et blanc, sur l'unique chaîne de télévision de l'époque, a été par la suite sous-titré en français pour être diffusé en France par La Source de vie.
Avec le réalisateur Emmanuel Chouraqui, elle a co-écrit le scénario du film André Chouraqui, l'écriture des écritures, diffusé en 2015, dans lequel elle réalise une partie des interviews et témoigne elle-même. (90 minutes)..
Elle est aussi l'auteur des scénarios des films qu'elle a réalisés pour La Source de vie, ainsi que pour des institutions telle que l'Organisation sioniste mondiale (unité médias de Kiriate Moria, à Jérusalem). Par exemple, des documentaires sur le journaliste André Scemama, sur le peintre 'Haïm Amouyal, sur l'écrivain Claude Vigée ; entretiens avec le rabbin Léon Askénazi - dit Manitou, avec le philosophe André Neher etc. On peut voir l'entretien de Francine Kaufmann avec André Neher sur le site des Juifs d'Alsace et de Lorraine..
Sous-titreuse de films Outre de nombreux documentaires d'entreprises, d'associations ou d'institutions, Francine Kaufmann a traduit quelques longs métrages (et enseigné le sous-titrage dans un module de son cours de traduction écrite hébreu-français à l'université Bar-Ilan, dès 1975). 'Haïm Shiran, Lior, film sur le fils tué au combat du poète Nathan Yonathan. D'abord diffusé à la télévision isréélienne, le film - qui contient de nombreux poèmes - est sous-titré en français par Francine Kaufmann pour son passage sur TF1 en . Mira Recanati, Mille petits baisers, long métrage sous-titré en pour le Festival de Cannes dans la série : Un certain regard. Haïm Shiran, La statue de Sel, long métrage d'après le roman d'Albert Memmi diffusé en 1968 à la Télévision éducative en Israël. Premier prix au Festival du film de Munich, il est diffusé par la suite sur FR 3, avec les sous-titres français de Francine Kaufmann, réalisés en . Haïm Shiran, Hommage à David, long métrage sur la vie romancée du poète liturgique marocain, rabbi David 'Hassine. (Le script, traduit en , comprend des prières et des poèmes liturgiques). Yaakov Assal, Les Juifs de France, Documentaire de la télévision israélienne produit par Esther Sofer dans la série Sur les rives des fleuves du monde (Al neharoth tével). Traduction des commentaires et des dialogues en voice-over. Julie Schless, Sandjin ; pitarone diyour zemani, « Saint Jean ; Solution provisoire de logement », documentaire de 52 minutes primé au Festival de Jérusalem de . Diffusé le après avoir été intitulé par Arte : « Étranger dans son propre pays ». Sous-titrage et traduction des dialogues en voice-over[Sur ce travail, voir l'article de Francine Kaufmann : Un exemple d'effet pervers de l'uniformisation linguistique dans la traduction d'un documentaire : de l'hébreu des immigrants de « Saint-Jean » au français normatif d'ARTE, sur érudit : https://www.erudit.org/fr/revues/meta/2004-v49-n1-meta733/009030ar]..