Bruno Gollnisch est un homme politique français membre du Front national et un professeur de l'université Jean-Moulin-Lyon-III. Dans cette université, plusieurs scandales éclatent régulièrement à la suite de propos considérés comme antisémites et/ou négationnistes. Ces affirmations faisant scandale, une commission d'enquête est créée en 2000. Cette commission, présidée par l'historien Henry Rousso porte le titre de « commission sur le racisme et le négationnisme à l'université Jean-Moulin-Lyon-III » a pour objectif d'émettre un rapport sur le sujet. Le rapport est remis le à François Fillon, ministre de l'Éducation nationale.
Le , Bruno Gollnisch organise une conférence de presse au cours de laquelle il conteste le choix du président de la commission — dont il rappelle l'origine juive — et critique l'analyse classique de la Shoah.
Ces propos ont suscité de nombreuses réactions politiques, associatives et universitaires mais aussi une réaction judiciaire. Les poursuites se clôturent par une cassation sans renvoi au motif que : Crim. 23 juin 2009, pourvoi 08-82521.
Contexte et déclarations Conférence de presse du 11 octobre À la suite de la publication du rapport de la commission Rousso (commission d'historiens chargée d'enquêter sur le racisme et le négationnisme à l'université Jean-Moulin-Lyon-III), remis le à François Fillon, ministre de l'Éducation nationale, Bruno Gollnisch, lors d'une conférence de presse organisée le à Lyon, tient des propos qui suscitent une polémique. Les thèmes de la conférence de presse concernent, outre le rapport Rousso, l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne, l'affaire des otages en Irak et la rentrée politique et économique. Lorsque le thème du rapport Rousso est abordé, au bout d'une heure, notamment par des questions de journalistes, Bruno Gollnisch tient ses propos s'appuyant sur la lecture de notes qu'il tient à la main, commençant par préciser que « n’étant [lui-même] spécialiste que de l’histoire du Japon, [il ne peut], s’agissant de la Seconde Guerre mondiale, prendre position à titre académique que sur le théâtre Asie-Pacifique. »
« Je reconnais les millions de morts du drame de la déportation et de l’univers concentrationnaire. »
« S’agissant toutefois, au cas par cas, des modalités et de l’étendue de ce drame, je m’en remets au jugement des historiens spécialistes, dont les discussions devraient être libres, et non sous la menace d’une loi d’inspiration communiste, la loi dite loi Gayssot, dont le but était de faire oublier les crimes soviétiques. »
Au sujet du rapport Rousso, il déclare :
« M. Rousso, historien estimable d’origine juive, directeur de l'Institut d'histoire du temps présent, adversaire déclaré des « révisionnistes » […] aurait pu être considéré comme un historien engagé contre ce qu’il avait pour mission d’étudier », propos reportés dans le magazine Français d'abord du (article du site).
« Monsieur Rousso est un adversaire de ceux qui contestent la vérité officielle en matière de Seconde Guerre mondiale. Il était juge et partie. C’est une personnalité juive. C’est un fait. Cela pouvait laisser craindre que le rapport ne soit pas tout à fait objectif », cité sur tf1.fr et mis en ligne le (interview).
« Henry Rousso est un historien engagé, c’est une personnalité juive, une personnalité estimable, mais sa neutralité n'est pas assurée », cité dans Le Figaro du , article d'Olivier Pognon, 8.
La discussion porte plus tard sur le rappel d'un échange qui s'est déroulé entre Michel Noir et Claude Lanzmann, réalisateur du film Shoah, sur l’antenne d’Europe 1, après la soutenance de la thèse de Nantes. Michel Noir y avait exprimé en direct à l’antenne que son père, ancien déporté à Mauthausen, avait attesté auprès de lui de l'existence de chambres à gaz. Claude Lanzmann et les autres participants avaient alors apporté des précisions sur la nature de ce camp. Bruno Gollnisch déclare à ce sujet : « Je suis tout à fait incapable quant à moi de porter un jugement sur ce point. C'est entre historiens spécialistes que ce débat doit avoir lieu. »
Il aurait également déclaré par la suite, lorsqu'il est interrogé par les journalistes afin de savoir s'il remet en question l'existence des chambres à gaz (cité dans Le Monde du ) :
« C'est aux historiens d'en discuter », tout en précisant « ne pas remettre en cause le drame concentrationnaire », il revendique « le droit d'en discuter librement » tout comme le droit de « discuter » du « nombre effectif de morts ».
« Qu’il soit bien clair, en ce qui me concerne, que je nie pas l’existence des chambres à gaz homicides », propos rapportés dans le journal Le Monde du .
Dans ses conclusions écrites présentées au tribunal de grande instance de Lyon, Gollnisch « conteste absolument avoir précisé que les historiens pouvaient aussi discuter du "nombre de morts" ».
Il affirme également :
« Je ne remets pas en cause l’existence des camps de concentration mais, sur le nombre de morts, les historiens pourraient en discuter. Quant à l’existence des chambres à gaz, il appartient aux historiens de se déterminer », cité dans Libération, .
« Je reconnais les millions de morts du drame de la déportation et de l’univers concentrationnaire. […] S’agissant toutefois, au cas par cas, des modalités et de l’étendue de ce drame, je m’en remets au jugement des historiens spécialistes, dont les discussions devraient être libres, et non sous la menace d’une loi d’inspiration communiste, la loi dite loi Gayssot, dont le but était de faire oublier les crimes soviétiques. […] En effet, s’agissant du massacre de officiers polonais à Katyń, assassinés d’une balle dans la nuque, il n’y a plus un historien sérieux qui adhère intégralement aux actes du procès de Nuremberg depuis que l’on sait que ce crime, mis sur le compte des Allemands, était à mettre sur celui des Soviétiques. Disant cela, je ne cherche pas à minimiser les crimes du régime national-socialiste, pour lequel je n’ai jamais eu la moindre sympathie. »
« Les Français en général, et les Lyonnais en particulier sont peu informés de la réalité des persécutions et des mensonges. […] Que M. Roques, auteur de la fameuse thèse de Nantes, était considéré publiquement comme le meilleur spécialiste de la question par le célèbre historien Alain Decaux, académicien, et ancien Ministre socialiste », dans Français d'abord, (article du site).
Dans ses conclusions écrites présentées au tribunal de grande instance de Lyon, Gollnisch affirme que des propos qui lui ont été imputés par la presse sont « manipulés, tronqués et, surtout, sortis de leur contexte. » Certains journalistes, lorsqu'ils ont retranscrit sur ordinateur leurs notes manuscrites, auraient volontairement modifié ses paroles afin de lui attribuer des propos qui prêteraient à controverse.
L'entretien au site tf1.fr Dans l'après-midi du , Bruno Gollnisch accorde un entretien au site tf1.fr dans lequel il affirme (article) :
« Le débat sur les chambres à gaz appartient aux historiens. Cinquante ans après, il me semble que ce débat pourrait être libre. Il pourrait y avoir une confrontation, autrement que par tribunaux interposés ou procès d’intentions de part et d'autre ».
Interventions des jours suivants La lecture de ces propos dans les journaux ayant entraîné diverses réactions négatives, dont celle du ministère français de l'Éducation nationale, les jugeant « scandaleux » et affirmant étudier « les suites à y donner », tandis que d'autres, dans la presse, y voyaient des propos « négationnistes », Bruno Gollnisch est intervenu le lendemain sur l'antenne de LCI. Les entretiens qu'il accorde à certains médias dans les jours qui suivent, le 11 et le , relancent un peu plus la controverse.
« Il y a des tas de camps de concentration […] où des historiens officiels disent qu’il n’y a pas eu finalement de chambres à gaz. », NouvelObs.com, 12/10/2004, citant une interview donnée à la chaîne LCI (article).
et « J'ai dit que je n'étais pas compétent sur le sujet. (…) Je ne juge pas de ces questions-là, je ne suis pas spécialiste. (…) Je pense que le débat devrait être libre entre historiens puisque les historiens ne sont pas d'accord ». Il revendique ensuite « la liberté de l'appréciation de l'Histoire » qui « n'a rien à voir avec l'antisémitisme ».
Et, dans un droit de réponse au journal La Croix le :
« Ce terme [négationnisme] n’est pas adéquat. On ne peut en effet qualifier ainsi ni ma critique de la loi Gayssot, ni le fait que j’ai rappelé que l’assassinat de officiers polonais à Katyń, contrairement à ce qui a été jugé après la guerre, était un crime des soviétiques, ainsi que l’ont depuis lors reconnu les autorités russes »
Points ayant porté à controverse De nombreux partis politiques et plusieurs associations et mouvements se sont élevés contre les propos de Bruno Gollnisch. Parmi celles-ci, l'UNEF, Hippocampe (Association des étudiants de l'université Jean-Moulin-Lyon-III contre le négationnisme, le racisme et l'antisémitisme), ou le site internet d'archives phdn.org. Celui-ci résume les griefs qui sont faits à Bruno Gollnisch et les points que ces associations dénoncent :
Sur le président de la commission Bruno Gollnisch eut ces propos au sujet du président de la commission : « Monsieur Rousso est un adversaire de ceux qui contestent la vérité officielle en matière de Seconde Guerre mondiale. Il était juge et partie. C’est une personnalité juive. C’est un fait. Cela pouvait laisser craindre que le rapport ne soit pas tout à fait objectif. »
Cette dernière appréciation fait réagir ces associations qui estiment que Bruno Gollnisch émet un jugement sur une personne sur le simple fait d'une origine juive attribuée, état de judéité qui biaiserait nécessairement l'appréciation de cette personne, ce que ces associations dénoncent comme poncif antisémite.
L'utilisation des termes tels que « ceux qui contestent la vérité officielle » est également reprochée, permettant à Bruno Gollnisch, selon le site phdn.org, de faire passer une réalité qui recueille un consensus unanime des historiens comme une représentation tendancieuse dont certains briseraient les tabous.
Sur les procès de Nuremberg Son appréciation concernant le procès de Nuremberg :
« Je reconnais les millions de morts du drame de la déportation et de l’univers concentrationnaire. […] S’agissant toutefois, au cas par cas, des modalités et de l’étendue de ce drame, je m’en remets au jugement des historiens spécialistes, dont les discussions devraient être libres, et non sous la menace d’une loi d’inspiration communiste, la loi dite loi Gayssot, dont le but était de faire oublier les crimes soviétiques. […] En effet, s’agissant du massacre de officiers polonais à Katyń, assassinés d’une balle dans la nuque, il n’y a plus un historien sérieux qui adhère intégralement aux actes du procès de Nuremberg depuis que l’on sait que ce crime, mis sur le compte des Allemands, était à mettre sur celui des Soviétiques. Disant cela, je ne cherche pas à minimiser les crimes du régime national-socialiste, pour lequel je n’ai jamais eu la moindre sympathie »,
ainsi que le droit de réponse au journal La Croix :
« Ce terme [négationnisme] n’est pas adéquat. On ne peut en effet qualifier ainsi ni ma critique de la loi Gayssot, ni le fait que j’ai rappelé que l’assassinat de officiers polonais à Katyń, contrairement à ce qui a été jugé après la guerre, était un crime des soviétiques, ainsi que l’ont depuis lors reconnu les autorités russes »,