Woluwe-Saint-Pierre (. ; en néerlandais : Sint-Pieters-Woluwe) est une commune de Belgique située dans la région de Bruxelles-Capitale. Comme les autres communes de cette région, elle est officiellement bilingue (français et néerlandais).

Située dans le sud-est de Bruxelles, elle est considérée comme l'une des communes résidentielles les plus huppées et les plus vertes de la capitale et de Belgique.

Géographie Communes limitrophes Woluwe-Saint-Pierre est limitrophe des communes bruxelloises d'Etterbeek, d'Auderghem et de Woluwe-Saint-Lambert. Elle est également limitrophe de Kraainem, commune à facilités de la Région flamande et de Tervuren.

Topographie Woluwe-Saint-Pierre est traversé du sud au nord par la petite rivière Woluwe, marqué aujourd'hui par plusieurs étangs, juste en dessous de d'altitude. Le versant ouest est coupé en deux par le vallon d'un petit affluent, le Bemel ou Bemelbeek (vouté), montant au nord-ouest jusqu'au rond point Montgomery, et au sud-ouest jusqu'au Chant d'Oiseau où plus que d'altitude sont atteints. À l'est de la Woluwe, la commune s'étend un peu plus, montant au nord-est jusque Stockel et au sud-est au Quatre-Bras, dans la Forêt de Soignes, où se trouve son point culminant, à d'altitude. Il faut encore mentionner, cependant, le vallon de la Struybeek, qui s'écoule en venant de la Forêt de Soignes vers Stockel, pas loin de la limite est du territoire et qui a été capté et enterré.

Toponymie Le toponyme « Woluwe », du nom de la rivière locale, se trouve dans des documents remontant jusqu'au , mais seulement à partir de 1300 on commence à y ajouter les noms de saints chrétiens, ce qui rend possible de distinguer la commune de Woluwe-Saint-Lambert et de Woluwe-Saint-Étienne en aval.

Histoire Préhistoire Quelques artefacts du paléolithique ont été trouvés sur le territoire de la commune, près du square Montgomery, ainsi que du mésolithique à Stockel. On trouve des éléments similaires sur le plateau du Kapelleveld à Woluwe-Saint-Lambert et Val Duchesse à Auderghem. De nombreuses artefacts du néolithique sont trouvés à Stockel et près des étangs Mellaerts (grattoirs, armatures, fragments de haches); on trouve des éléments similaires à Woluwe-Saint-Lambert, Crainhem et Zaventem. Aucune découverte n'a été faite à Woluwe au sujet de l'Âge du fer ou de la protohistoire, au contraire des quelques découvertes faites à Schaerbeek, Uccle et Anderlecht. Aucune de ces découvertes ne permet d'être certain actuellement d'une occupation durable sur le territoire de la commune.

thumb|Peinture de rhinocéros laineux (grotte Chauvet). Au niveau de la paléontologie, on a trouvé des os de rhinocéros laineux près du square Montgomery.

Antiquité Dans l'antiquité, le territoire de la commune fait partie du territoire des Nerviens, dont la capitale est Bavay. À la fin du 1er siècle, une dizaine de villae romaines se développent en région bruxelloise, essentiellement sur la rive gauche de la Senne. Quelques pièces de monnaie romaines en bronze du IIe et IIIe siècles sont découvertes à Woluwe-Saint-Pierre, sur le plateau entre les vallées du Maelbeek et de la Woluwe. De la céramique gallo-romaine est trouvée à Stockel.

Le territoire de Woluwe-Saint-Pierre est à proximité de deux diverticula (voies romaines secondaires) ː à environ 3km vers l'ouest, le diverticulum de Rumst à Namur via Elewijt et Baudecet, passe à l'est de Wezembeek; ce divertuculum rejoint à Rumst le prolongement de la Voie romaine Bavay-Asse vers Kontich et probablement Utrecht. À un peu plus de 15 km au nord se trouve le diverticulum reliant Velzeke à Tienen en passant par Asse et Elewijt.

Haut Moyen Âge L'archéologie n'a rien donné concernant le Haut Moyen-Âge à Woluwe-Saint-Pierre. De 580 à 1559, le territoire de la commune fait partie du diocèse de Cambrai.

Woluwe-Saint-Pierre fait successivement partie de la Lotharingie (855-959), dont la capitale est Metz, puis de la Basse-Lotharingie (959–1190), dont la capitale est Bruxelles, avant de faire partie du Duché de Brabant.

Aux et , Diegem, Crainhem et Watermael commencent à se développer dans la zone. Les hameaux de Boisfort et d'Auderghem apparaissent au . Au , l'ecclésiastique Fulbert de Cambrai naît à Viluwa, dont on pense qu'il s'agit de Woluwe-Saint-Étienne.

Moyen Âge classique ( / )

Les premières traces d'habitation pérennes font remonter la naissance du villaage entre les , sur la rive gauche de la Woluwe, là où se trouve toujours l'église Saint-Pierre, non loin du centre de Woluwe-Saint-Lambert. En 1117, une charte de l'évêque de Cambrai mentionne Uuoleuue, probablement à l'emplacement de l'Hof ten Berg à Woluwe-Saint-Lambert. En 1129, des manses de terres sont évoquées à Woluwe-Saint-Pierre. En 1156, Gérard de Woluwe donne une manse sise à Stocla (Stockel) à l'abbaye du Parc d'Hervelee. En 1163, Henricus de Wilewe est cité dans un acte. En 1147, le hameau de Stockel est cité dans un document.

Woluwe-Saint-Lambert voit son existence attestée au milieu du , en même temps que Woluwe-Saint-Pierre, aucune source historique n'établissant d'antériorité ou de hiérarchie entre les deux villages rive gauche dont les églises sont séparées de moins de 330 mètres. Cela s'explique probablement par le fait que les deux villages relèvent dès l'origine d'autorités ecclésiastiques différentes. En 1173, une charte indique le don de l'église de Obwolewa (Woluwe en amont) à l'abbaye de Forest, on pense qu'il s'agit de l'église de Woluwe-Saint-Pierre. C'est la première mention irréfutable du noyau villageois. Obwoluwe signifie Woluwe-en-Amont (en opposition à Nederwoluwe, soit Woluwe-Saint-Etienne, en aval) et peut désigner à fois Woluwe-Saint-Pierre et Woluwe-Saint-Lambert, mais cette dernière appartient au chapitre de Sainte-Gudule.

Le toponyme Woluwe, à l'origine, est utilisé indifféremment pour Woluwe-Saint-Pierre, Woluwe-Saint-Lambert, Woluwe-Saint-Etienne et même un Woluwe-Saint-Rombaut dont la localisation est inconnue. Au , les noms des paroisses sont ajoutés au toponyme pour différencier les villages.

En 1269, la charte de l'abbaye de Forest mentionne en latin Woluwe-sancti-Petri. Cette même abbaye possède aussi la ferme de l'Hof ten Berg à Woluwe-Saint-Lambert, créée sur des terres cédées par l'abbaye de Nivelles et le chapitre Saint-Vincent de Soignes.

En 1286, Woluwe-Saint-Pierre et Woluwe-Saint-Lambert dépendent de la mairie d'Overijse. En 1334, l'ammanie de Bruxelles est divisée en six mairies : Vilvorde, Campenhout, Rhode-Saint-Genèse, Asse, Merchtem et Capelle-au-BoisSerge Boffa, "Le différend entre Sweder d'Abcoude et la ville de Bruxelles. La chute du château de Gaesbeek (mars avril 1388)", dans : Mélanges André Uyttebrouck, Bruxelles, 1996.. Woluwe-Saint-Pierre dépend alors de la mairie de Rhode-Saint-Genèse avec Crainhem, Etterbeek, Watermael-Boisfort (dont Auderghem) et Uccle et de l’échevinageÉchevinage, désigne ici une cour de justice accordée à une localité par un seigneur de Watermael. A contrario, Woluwe-Saint-Lambert et Woluwe-Saint-Étienne dépendent de la mairie de Vilvorde avec Wezembeek, Oppem et Zaventem et de l'échevinage de Erps. Aucun n'appartient à la Cuve de Bruxelles.

Vers le le village est rejoint par le hameau de Stockel, qui garde pendant des siècles une population de taille comparable. S'y ajoutent deux hameaux plus petits à l'emplacement des actuelles voiries nommées en leur mémoire : Bémel et surtout Bovenberg.

Au puis au , sont successivement créés à proximité dans la forêt de Soignes le Prieuré de Val Duchesse puis le Prieuré du Rouge-Cloître à Auderghem et le Prieuré de Groenendael. Ces communautés religieuses n'auront initialement que peu d'influence sur le dévéloppement de Woluwe-Saint-Pierre.

le village est d'abord entre les mains des comtes de Louvain, qui cèdent ensuite leurs terres de Woluwe-Saint-Pierre à plusieurs institutions ecclésiastiques et à différentes familles seigneuriales, comme l'abbaye de Forest, l'hôpital Saint-Jean à Bruxelles (entre 1266 et 1290, l'hôpital possède de nombreux biens fonciers sur la commune, avec plus un moulin et une ferme situés sur les actuels Parc de Woluwe et Parc des Étangs Mellaerts, qu'il conservera jusqu'au XVIIIe), l'abbaye de Parc (possèdant une importante grange à Stockel de XIIe au XVIIIe) à Heverlee et les seigneurs de Woluwe, Crainhem et Wezembeek. S'y ajoutent la collégiale Saint-Vincent de Soignies, le prieuré du Rouge-Cloître à Auderghem, et l'hospice Terarken à Bruxelles (dont la première maîtresse est Yde de Woluwe en 1268 et la famille de Woluwe fait partie des principaux donateurs). Tout ceci favorise le développement de l'agriculture.

À partir du Woluwe-Saint-Pierre appartient à la mairie de Rhode-Saint-Genèse, échevinage de Watermael, ce qui le distingue des deux autres « Woluwe », attachés à la mairie de Vilvorde. Pendant ce temps, la paroisse de Saint-Pierre (plus ancienne citation connue de 1173) dépend de l'abbaye de Forest, alors que celle de Saint-Lambert dépend de la Collégiale Sainte-Gudule. La paroisse de Saint-Pierre s'occupe aussi de la chapelle de Stockel (mentionnée depuis 1326).

En 1453, le nom Sint-Peeters-Woluwe est cité.

Renaissance

La carte de la province de Brabant de Jacob van Deventer en 1556, indique "S. Peters Woluwe", avec pour localités proches Opwoluw et Wesenbeke au nord-est, Ouwerghem au sud-ouest, Roeÿen Closter au sud. Un peu plus loin, on observe une seconde couronne avec Craÿnhem au nord, Vueren à l'est, Groenendael au sud, avec à l'est Ieuerbeake (Everberg), Onneré (Overijseʔ), Boelerda (Boisfort?) et Watermalehttps://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8490720q/f1.item.zoom; https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Brabantiae_Belgarum_provinciae_recens_exactaque_descriptio_-_RRA_3%3D_72._Pi%C3%A8ce_13.jpg. La carte du Brabant de Christian Sgrooten de 1573, qui indique les églises, indique clairement "S. Peters. Wol.". Comme voisins immédiatls, au nord on trouve "op Wolù" (Woluwe-Saint-Lambert), au sud "Ouergem" (Auderghem) et Roÿ Cloister. Dans une deuxième couronne à l'ouest Kameren (Abbaye de la Cambre) et Bottendal, à l'est "Vueren" (Tervuren), avec au nord-est Crainné (Crainhem) et Weseberke (Wezembeek) at au sud Groenedal. Stockel n'est mentionné sur aucune de ces cartes.

Debut XVIe, la tenture Les Chasses de Maximilien montre les abords de la Forêt de Soignes et plusieurs lieux voisins tels que Boisfort et Auderghem, mais aucun lieu sur l'actuel territoire de Woluwe-Saint-Pierre n'est représenté.

Dès 1580 l'abbaye de Forest demande au curé de Saint-Lambert de s'occuper aussi de Saint-Pierre. On se partage alors la dîme, deux tiers pour Forest, un tiers pour Saint-Lambert. Au fil du temps, cet arrangement incite des projets annexionnistes de la part de la paroisse de Saint-Lambert, rejetés, en 1721, par l'archevêché de Malines au profit de Forest, qui ne fait plus appel à Saint-Lambert par la suite. En ce qui concerne Stockel, le curé de Saint-Pierre se fait parfois remplacer par des chanoines du Rouge-Cloitre mais sans jamais leur céder la tutelle.

Dans les années 1770, les noms de « Sint Peeters Woluwe » et « St Pierre Woluwé » sont mentionnés sur la carte de Ferraris. C'est la seule commune de la zone où le nom est mentionné en français en plus du néerlandais. Le village est attenant à celui de Woluwe-Saint-Lambert, autour de l'église Saint-Pierre. Stockel est visible (orthographié « Stockel »). Sont indiqués la chaussée de Bruxelles à Tervueren, une route de l'Abbé qui mène de la chaussée à Stockel, un chemin des Vaches qui part de cette route en direction d'Oppem. On trouve aussi un chemin de Bemel, situé au-dessus du Mesdael-Bosch.