La (en occitan : carrièra de Santa Ursula) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.

Situation et accès Description La rue Sainte-Ursule est une voie publique. Elle se trouve dans le quartier Capitole.

Elle est longue de 190 mètres, relativement rectiligne et orientée du sud au nord. Elle naît de la place de la Bourse, au carrefour de la rue du May et de la rue Temponières. Elle prolonge un axe formé au sud par la rue de la Bourse, la rue des Paradoux et la rue Saint-Rémésy. Elle se termine au carrefour de la rue Léon-Gambetta qui la prolonge au nord jusqu'à la place du Capitole.

La chaussée compte une voie de circulation automobile à sens unique, de la rue Léon-Gambetta vers la place de la Bourse. Elle appartient à une zone de rencontre et la vitesse y est limitée à 20 km/h. Il n'existe pas de piste, ni de bande cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.

Voies rencontrées La rue Sainte-Ursule rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :

Place de la Bourse (g) Rue Temponières (d) Rue Tripière (d) Rue du May (d) Rue Léon-Gambetta (g) Rue des Gestes (d)

Transports La rue Sainte-Ursule n'est pas directement desservie par les transports en commun Tisséo. Elle se trouve cependant à proximité immédiate de la rue Léon-Gambetta, parcourue par la navette . Les stations de métro les plus proches sont, au nord, la station Capitole et, au sud, la station Esquirol, toutes deux sur la ligne de métro . Sur la place du même nom se trouvent également les arrêts de la ligne de bus .

Il existe plusieurs stations de vélos en libre-service VélôToulouse le long de la rue Sainte-Ursule ou des voies les plus proches : les stations (15 rue Sainte-Ursule) et (28 rue des Marchands).

Odonymie vignette|gauche|Plaques de rue en français et en occitan. La rue Sainte-Ursule tient son nom du couvent Sainte-Ursule, édifié à la suite de l'établissement, en 1604, des Filles de la Doctrine chrétienne de la Compagnie des Vierges de Sainte-Ursule – les Ursulines – par le cardinal et archevêque François de Joyeuse. Elles occupent à partir de 1608 un vaste bâtiment dans cette rue (emplacement des actuels )Chalande 1924, .Salies 1989, vol. 2, ..

Au Moyen Âge, déjà au début du , la rue est désignée comme la rue de Falgar (ou Falga) et En-Falga aux siècles suivants (carraria Falgarii, Falguarii ou de Falgario en latin médiéval)Salies 1989, vol. 1, .. Il viendrait d'un habitant du lieu : l'hypothèse selon laquelle il serait un hommage à Raimond du Falga (1232-1270), évêque de Toulouse, quoique séduisante, est repoussée par Jules Chalande. Au milieu du , on rencontre également le nom de rue des Trois-Roys, particulièrement pour la première partie de la rue, entre la place de la Bourse et la rue du May. En effet, depuis la fin du , une hôtellerie à l'enseigne des Trois-Roys se trouvait dans la rue (emplacement de l'actuel ). Au début du , on la désigne comme la rue des Trois-Roys-Vieux, pour la distinguer d'une autre rue des Roys, où se trouve une autre hôtellerie des Trois-Roys (emplacement de l'actuel rue Peyras). C'est au qu'on commence à utiliser le nom de rue Sainte-UrsuleChalande 1924, ..

Histoire Moyen Âge et période moderne Au , une salle de jeu de paume est ouverte dans l'hôtel de Cheverry (emplacement de l'actuel ). C'est un lieu de rencontre pour les élites toulousainesSalies 1989, vol. 2, .. L'auberge des Trois-Rois, une auberge à enseigne privilégiée, s'y trouve à la même époque, entre le milieu du Salies 1989, vol. 2, ..

En 1604, Arnaud de Bourret, conseiller au parlement, et le cardinal et archevêque François de Joyeuse font appel aux Filles de la Doctrine chrétienne de la Compagnie des Vierges de Sainte-Ursule - les Ursulines. Ils s'inscrivent tous les deux dans le cadre de la Réforme catholique de la première moitié du , qui passe particulièrement par un effort missionnaire et par l'essor de l'enseignementLux-Stretitt 2004, .. Elles sont d'abord accueillies dans l'hôtel d'Arnaud de BourretSalies 1989, vol. 2, .Lux-Stretitt 2004, .. Elles occupèrent à partir de 1608 l'ancien hôtel Cheverry (emplacement de l'actuel ). Elles y fondent un pensionnat, où elles accueillent les filles de bonne famille, mais les cours qu'elles dispensent est ouvert à toutes les jeunes filles, même les plus pauvres. Leur enseignement s'appuie sur l'apprentissage de la « doctrine », c'est-à-dire de la religion catholique, mais aussi des rudiments de lecture et de coutureLux-Stretitt 2004, .. En 1610, l'église du prieuré Saint-Martin leur est concédée par le prieur de la Daurade, Jean DaffisChalande 1924, .Salies 1989, vol. 2, .. À cette date, on compte 27 congrégées, et leur communauté ne cesse de croîtreLux-Stretitt 2004, .. Mais dans le même temps, elles sont confrontées à un problème institutionnel : en 1609, le pape Paul V leur refuse l'approbation papale, qui leur demande de se conformer aux règles d'un ordre religieux déjà confirmé, les contraignant donc à une clôture stricte – en contradiction avec leur vocation d'enseignement ouvert à des jeunes filles extérieures au couventLux-Stretitt 2004, .. La congrégation ne reçoit l'approbation royale qu'en 1611, puis l'enregistrement du Parlement en 1612Lux-Stretitt 2004, ., mais elles rencontrent encore l'hostilité de plusieurs familles toulousainesLux-Stretitt 2004, .. Finalement, en 1614, le pape élève par une bulle leur congrégation en couvent de l'ordre saint Augustin, puis en 1616, les autorise par un bref à l'enseignementLux-Stretitt 2004, .. Le couvent se structure progressivement dans la première moitié du : le bâtiment le long de la rue Sainte-Ursule, accessible depuis la rue pour les élèves externes et depuis l'intérieur du couvent pour les religieuses et les élèves internes, abrite les salles de classeLux-Stretitt 2004, ..

Époque contemporaine En 1789, les religieuses de Sainte-Ursule sont encore 48. En 1790, leur congrégation est supprimée et les religieuses sont dispersées. Les bâtiments du couvent deviennent biens nationaux. Ils sont acquis par un riche marchand de grains, Jean Mamignard, qui fait reconstruire et rénover une partie des bâtiments (actuel )Salies 1989, vol. 2, .. Au , la rue Sainte-Ursule est ainsi au cœur d'une importante activité commerciale. Entre 1800 et 1889, la cour de l'ancien couvent des Ursulines est occupée par la Poste aux Lettres. En 1826, une halle est construite au centre de cette même cour par les frères Cibiel, marchands de draps, qui y vendent leur production. À la même époque, l'auberge du Portail-de-Fer est un important relais de diligence tenu par Pierre Muratel (actuel )Salies 1989, vol. 1, et vol. 2, ..

Dans la première moitié du , l'activité industrielle s'accentue. En 1923, la halle des frères Cibiel devient le siège de la manufacture de confection de Félix Saint-Sernin. Plusieurs imprimeries s'installent dans la rue : vers 1920, c'est l'Imprimerie moderne (actuel ) et, vers 1930, l'imprimerie Castellvi, qui occupe un immeuble à l'angle de la rue Tripière (actuel )Salies 1989, vol. 2, .. Les commerces y sont toujours nombreux, en particulier de ceux qui sont liés à la confection comme Les Corderies de France (actuel )Salies 1989, vol. 1, . et Aux Bons Lopins (actuel )Salies 1989, vol. 1, ., mais aussi une boutique d'engrais, la Nouvelle Foncière toulousaine (actuel )Salies 1989, vol. 2, ., un commerce de laines, Solando (actuel )Salies 1989, vol. 2, .. On y trouve également des cafés et des restaurants, comme le restaurant Marseillais (actuel )Salies 1989, vol. 2, . et le Grand Café Central, devenu le café-restaurant du Grand Soleil en 1930 (actuel )Salies 1989, vol. 1, et 544.. Il existe même une école commerciale, l'école Barthès, dirigée vers 1920 par Salies 1989, vol. 1, .. C'est aussi une rue très passante et encombrée, puisque la municipalité décide, en 1926, de la mettre en sens unique, de la rue Léon-Gambetta vers la place de la BourseSalies 1989, vol. 2, ..

Patrimoine et lieux d'intérêt Hôtel Mamignard hôtel Boysson, puis Mamignard. ... Le couvent est acheté par Jean Antoine Marty-Mamignard (1752-1814), fils d'un boucher du quartier de Saint-Étienne, enrichi dans le commerce de grains sous la Révolution française.

vignette| : le pavillon Mazar. pavillon Mazar. .. En 1826, une halle est construite par les frères Cibiel, marchands de draps, qui y vendent leur production. À la fin du , le marché ferme, mais il conserve d'ailleurs une vocation industrielle jusqu'à la fin du : entre 1923 et 1992, il est occupé par la manufacture de confection de Félix Saint-Sernin. Après la fermeture de la manufacture, il est réhabilité en 1992 et abrite à partir de 1997 la compagnie de théâtre Groupe Merci. En 2011, les propriétaires lancent une procédure d'expulsion qui aboutit finalement en Armelle Parion, « Culture : la ville de Toulouse ne sauvera pas le pavillon Mazar », Mediacités, 8 février 2021.David Saint-Sernin, « Toulouse. Près du Capitole, le dernier vestige industriel de l'hyper-centre n'est plus un lieu culturel », ActuToulouse, 7 février 2021..Le pavillon se situe au centre de la cour intérieure de l'hôtel. Son architecture est caractéristique du style néo-classique de la première moitié du toulousain. Les façades sont rythmées par les grandes arcades qui reposent sur des pilastres à bossage et chapiteaux doriques. Les élévations sont couronnées d'une corniche à denticules. La toiture à quatre pans est surmontée d'un lanternon. À l'intérieur, le rez-de-chaussée est entièrement dégagé, entouré de coursives en bois..

Hôtels particuliers 11 : hôtel Monserat. L'hôtel particulier est construit en 1628 pour Jacques Monserat, marchand et capitoul en 1628-1629Chalande 1924, .. La façade sur rue se développe sur cinq travées et s'élève sur trois étages. Au rez-de-chaussée, le portail, percé dans la travée de gauche et bâti en pierre, s'ouvre dans une grande arcade en voûtée en plein cintre et surmontée d'une large corniche moulurée. Au , les fenêtres ont des garde-corps en fonte. Dans la cour rectangulaire, les façades sont homogènes. À l'angle sud-est s'élève une tour capitulaire rectangulaire, haute de 20 mètres, flanquée à partir du d'une tourelle ronde coiffée d'un toit conique..

12 : hôtel Darbou. En 1688, François Darbou, conseiller au sénéchal, achète à Jean-Antoine Dumay une vaste parcelle à l'angle de la rue du May (actuel ). C'est au qu'est construit l'hôtel actuel, qui reste dans la famille Darbou jusqu'en 1830. Dans la rue du May s'ouvre la porte cochère, qui donne accès à une cour sur laquelle s'ouvrent plusieurs corps de bâtiment. L'imposte de la porte présente une ferronnerie en fer forgé..

Immeubles 5 : immeuble. L'immeuble, construit dans la deuxième moitié du , est représentatif du mouvement moderne. Il possède une ossature en béton, mais la brique est utilisée en parement sur les murs de refend, tandis que la façade est largement éclairée par les baies à structure métallique..

7 : immeuble en corondage. L'immeuble est construit entre le . Il s'élève sur quatre niveaux : un sous-sol, un rez-de-chaussée, deux étages et un niveau de comble. Aux étages, le pan de bois, à grille et à décharge, et hourdé de brique, est masqué par l'enduit..

16 : immeuble. L'immeuble est construit dans la première moitié du . Il présente sur la rue Sainte-Ursule une imposante façade classique, qui se développe sur neuf travées et s'élève sur trois étages décroissants. Elle est tout entière traitée en bossage continu. Le rez-de-chaussée est largement ouvert par des arcades de boutiques segmentaires. La porte, centrale, s'inscrit dans un arc en plein cintre, dans lequel prend place une imposte en fer forgé où se trouve le monogramme M. Au , les fenêtres ont un chambranle mouluré, un garde-corps à balustres en terre cuite et sont surmontées d'une corniche. L'élévation est couronnée par une large corniche moulurée..

Notes et références