Armand-Auguste Balouzet, né le à Saint-Genis-Laval et mort le à Charbonnières-les-Bains, est un peintre paysagiste français.
Biographie Contexte historique En 1843, près de la moitié des exposants lyonnais sont des paysagistes, et si leur nombre s'abaisse au tiers par la suite, l'abondance de leurs œuvres demeure. Les administrateurs des Amis des Arts encouragent le paysage et la peinture de genre ; ils déconseillent les toiles trop vastes et les nus jugés osés qui, disent-ils, risquent d'« éloigner quelques-uns de leurs cinquante-six acheteurs ».
Les motifs offerts aux Lyonnais se diversifient avec l'amélioration des chemins de fer. L'attrait du sud grandit. Alors, les déplacements estivaux des lyonnais vers la mer deviennent très fréquents vers 1880. Cependant, la Provence, son arrière-pays et la Drôme attirent moins les Lyonnais. C'est l'époque de spécialisation pour plusieurs peintres de représentation de leur région préférée.
Naissance et famille Armand, dit Auguste Balouzet, est né Arnaud Larose Balouzet à Saint-Genis-Laval le , fils de Jean Balouzet, plâtrier, et de Pierrette Mazencieux.
Il peint dès son plus jeune âge bien qu’il fût destiné à travailler dans l’entreprise familiale de peinture-plâtrerie et n’a de ce fait pas reçu d’éducation artistique académique. On nomme cependant son voisin, Leberecht Lortet, un élève de Calame qui lui aurait donné dix ans de leçons à Oullins. Ce dernier l’a notamment emmené peindre sur le motif dans les Alpes et dans le canton du Valais, on estime que c’est lui qui lui a donné le goût du paysage.
Vers l'âge adulte Balouzet fait sept ans de service militaire comme cuisiner à Gap et reprend l’entreprise familiale dans laquelle il fait fortune. Il habite alors une villa construite près de Charbonnières.
Payet le décrit moralement comme « volontaire, énergique et ambitieux » et physiquement « avec des traits taillés à coup de hache, le front haut, large, avec une moustache qui barrait la bouche et achevait de donner à sa figure l’aspect d’une tête de franc. »
Carrière Balouzet était à la fois un artiste et un homme d’affaires. Payet évoque « la diplomatique finesse que la pratique des affaires lui avait enseignée » ainsi que la jalousie des artistes car il avait de l’argent et des « relations utiles. »
L’artiste avait donc une double carrière d’artiste et d’homme d’affaires.
À ses débuts, son atelier est situé 45 rue de la République et était entièrement tapissé de paysages comme on peut le voir sur la photographie La Vie Française (1895). Cet atelier est ensuite transféré au 15 rue Jarente en 1895, ce qui témoigne de sa reconnaissance publique et de son accession à un statut social stable.
Balouzet a conservé toute sa vie des relations avec les métiers du bâtiment.
Des œuvres qu’il a créés sont vendues de manière posthume et témoignent d’un atelier bien garni.
On considère également que l’artiste a eu une carrière importante de décorateur d’édifices privés (hôtels, petits châteaux) et de cafés. Il parle peu de ses décors à ses biographes bien que l’on en connaisse certains comme celui du Cercle international de Vichy, composé de six panneaux en hauteur et d’un panneau en largeur de sur 6 intitulé Une matinée de mai. Il aurait également réalisé un décor dans l'église Saint-Bonaventure à Lyon.
Influences Balouzet fut fortement influencé par Leberecht Lortet puisqu'il prit des leçons avec lui seulement.
Il aurait également été influencé par l’œuvre de Carrand, Vernay et Ravier. Un petit groupe de peintres lyonnais de la seconde moitié du proche de l'École de Barbizon et considérés comme précurseurs directs des impressionnistes pour ce qui est de Carrand et Ravier. Vernay, lui, entre dans les courants de l'expressionnisme et du fauvisme.
Mort
Balouzet meurt d’une fièvre typhoïde à Charbonnières-les-Bains le à l’âge de 47 ansArchives départementales du Rhône Acte de décès dressé le 13/05/1905, vue 4 / 8., en laissant derrière lui sa veuve et quatre enfants. On considère qu’il a laissé derrière lui une œuvre peinte considérable partiellement localisée aujourd’hui.
Style du peintre vignette|Site du Dauphiné, huile sur toile, , 1865. Balouzet est un paysagiste dans l'âme. Et son âme se balade des paysages des Alpes françaises ou suisses (Valais), de l'Isère (Oisans, Morestel), à la Loire, du Forez et du Bugey, aux bords de la Méditerranée. Il fait partie des précurseurs de l'Impressionnisme. Il joue de sa carrière de peintre-plâtrier pour réaliser des œuvres sur des toiles de grandes tailles démontrant son goût et habileté pour les compositions ambitieuses ou offrant un grand sentiment d'espace. Il réalise aussi des toiles de taille moyenne, et fait de la peinture à l'huile son outil indispensable. Son tempérament le porte vers les sites grandioses et sauvages, il aime en accentuer les effets, privilégiant notamment les ciels orageux et contrastés tout en harmonisant l’ensemble.
Expositions et œuvres
Salons et expositions à Lyon de 1877 à 1918 Salons et expositions à Lyon de 1877 à 1918 : 1877 :
Chemin de Campagne animé, huile sur toile,
1878 :
Le Besso – Vallée d’Annivières (Valais) Après la pluie – Chemin aux environs de St-Genis-Laval
1879 :
Le Col du Géant-Cormayeur (Italie)
1880 :
Les Bords de l’Iseron – Matinée d’été
1881 :
Fishing on the Banks of the Garon, France, huile sur toile.
1882 :
Les Bords du Garou à Brignais (Rhône)
1883 :
Matinée de juin à Brignais (Rhône) Crépuscule d’automne dans les marais de la Mouche à Saint-Genis-Laval
1884 :
Septembre dans la vallée d’Amby (Isère) Solitude La lisière du bois
1885 :
Octobre à Optevoz (Isère) Soir d’automne, à Riorges (Loire)
1886 :
Septembre à Marnix (Ain)
1887 :
La Rosée Après l’averse, en octobre Le Jardin du père Talon (Miribel, Ain)
1888 :
Le Rhône et ses délaissés à Miribel (Ain)
1889 :
La Fin de l’orage Le Chemin du moulin, à Miribel (Ain)
1890 :
Le Lac du Riffel, près Zermatt (Valais) Fin d’orage à Miribel (Ain) Pluie (collection particulière)
1891 :
La Mare de Neyron (Ain), soir après la pluie Les Bruyères Étude à Belmont
1892 :
Quatre panneaux, paysage Étude en Suisse
1893 :
Le Soir, bord de l’Azergues L’Etang de Billionnay Maquette des panneaux décoratifs de la salle des jeux du cercle international de Vichy
1894 :
Rosée de septembre dans les près de Riorges (Loire) Le Matin dans les Alpes, chaîne du Mont-Rose (Valais) La Plage du corail à Saint-Raphaël (Var) La Mer Maquette des panneaux décoratifs exécutés dans la salle de jeu du cercle international de Vichy Vallée de l’Yzeron Le Printemps (sept panneaux décoratifs_Cercle international de Vichy) Crépuscule (étang de Billonnay) Matinée de septembre, bords du Suran (Ain)
1896 :
Rosée d’octobre à Optevoz, Isère La Brévenne en octobre
1897 :
Après l’averse, en octobre, à Optevoz (Isère) Matinée de septembre à Morestel (Isère)
1898 :
Soir d’automne à Morestel Le Moulin Léotard, à St-Genis-Laval (Rhône).
1899 :
Bords du Rhône à Irigny (matinée d’automne) Le Lac du Pras, près Brides-les-Bains
1900 :
Le Matin à Poleymieux Le Soir à Poleymieux
1901 :
Le Rhône à Miribel (Ain) À Riorges, près de Roanne, étude
1902 :
À Morestel (Isère) À Charbonnières (Rhône)
1903 :
Après la pluie. Lac Champe, Valais (Suisse) Bords de l’Oise
1904 :
Matinée de septembre Solitude Temps gris Bords du Suran Soir d’automne
1905 :
Pluie et soleil Bords du Suran (Ain) À Montbard (Côte-d’Or) À Morestel Crépuscule
1914 :
Bords de rivière, bois, Sentier fleuri au bord d’un champ de blé mûr. Paysage., bois, La Mare., bois,
Galerie
Salon à Paris 1884 :
Juin à Riorges Matinée de juin sur les bords de Renaisson (Loire)
1885 :
Optevoz en octobre
1886 :
L'étang de Billionay a Optevoz
Balouzet a présenté plusieurs expositions particulières. En 1892, dans la maison de Guignol, quai Saint-Antoine, il expose avec le peintre Barriot une centaine de toiles. Il expose aussi régulièrement chez Fournier et Dusserre.
Réception de son œuvre
De son vivant De nombreux journaux tels que Le Salut Public, Lyon-Revue ou encore Le Courrier de Lyon saluent en 1885 l'arrivée de ce « nouveau talent ». Il s'agit du moment où son art se sépare nettement des « factures adroites minutieuses et peu sincères qui lui avaient été enseignées », c'est ainsi que Bertnay qualifie l'enseignement de Lortet. Le nombre des journalistes attentifs à son travail augmente au fil des années. Et Balouzet se soumet volontiers aux interviews de Tairig. La Revue du Siècle lui ouvre ses colonnes, il se retrouve dans son atelier devant l'objectif de La Vie Française avant que Le Tout Lyon n'aide à lui consacrer une gloire qu'aucun journaliste ne conteste de son vivant. Des articles le mentionnant paraissent presque chaque année. Les années 1880 délivrent une gloire lyonnaise à Balouzet.
Dès 1884, E. Vintrigner prédit un bel avenir à ce jeune peintre. Après avoir décrit la toile La lisière du bois, il écrit ses quelques mots : « Voilà tout. D'un petit sujet M. Balouzet a su faire un grand et magnifique tableau » et le compare au classicisme romain de P. Flandrin. Oscar Havard appuie le point de vue de Vintrigner, selon lui : « Balouzet a entendu l'appel des naturalistes de l'ancienne Grèce ». Et Jumel apprécie la « poésie mélancolique » de la toile. Tout plaît et une conclusion s'impose : « nous avons affaire à un grand paysagiste ».
Quant à Bertnay, le « bourreau » des gloires en place, il détecte en lui un talent naissant avec la toile Octobre à Optevoz de l'artiste qu'il déplore de voir reléguer dans un petit salon pour le punir de l'imposante taille de cette œuvre.
Bleton, plus réticent, est l'un des premiers à détecter les limites de cet art de l'effet : « qui nous donne l'image exacte des choses sans nous en faire sentir l'âme ». Jean-Bach Sisley, dans La Vie Française écrit exactement l'inverse : « Cet idéal qui est dans les choses, Balouzet accomplit son œuvre d'artiste en le dégageant pour nous ». La fâcheuse insinuation de Bleton reste cependant sans écho face aux éloges de Crépuscule, toile de 1894, qui est mise à la mode par l'emploi du mot impression. LM écrit dans Le Salut Public : « Une terre rocheuse et déserte couverte d'un manteau de ténèbres naissantes, vaguement éclairée par la pleine lune qui monte à l'horizon. C'est fait à coups de balai, et pourtant d'une mélancolie saisissante. Voilà de l'impressionnisme intelligible et puissant ». Pour sa toile Bords du Suran à Châteauneuf-le-Vieux, Balouzet fait face à une ligne laconique en 1894 de Bleton : « les Bords du Suran sont en faveur cette année »; il ajoute qu'il en trouve « la note moins décorative et plus humaine, moins extérieure et plus intime ».
Bords de Suran, exposé à Lyon en 1904, valent à Balouzet un commentaire effarouché de René Milhac : « Que dirais-je de Balouzet ? Sa puissance m'effraie un peu ; comme il connaît bien son art ! Il souligne ses effets en lutteur sûr du succès. Néanmoins, je préfère ses petites toiles : Bords du Suran aux grandes dont les qualités ne sont pas supérieures et qui tiennent plus de place. » Cette critique se montre sévère pour un paysagiste comme lui qui sait se montrer luministe distingué et qui est un incontestable maître des gris.
À la fin du siècle, Balouzet est un paysagiste qui est alors considéré par ses pairs et le public, y compris ceux qu'impressionne un labeur aussi persévérant que l'artiste a su prélever sur ses horaires de puissant homme d'affaires.
Après sa mort