vignette|Carte des pays ayant mis en place des sanctions contre la Russie en 2014. Les sanctions contre la Russie sont une série de sanctions, notamment économiques, diplomatiques et sportives, mises en place à partir de 2014 par les États-Unis, l'Union européenne, ainsi que d'autres institutions et pays, occidentaux et mondiaux, contre la Russie, à la suite de la crise ukrainienne. En , en réaction à l'invasion de l'Ukraine par la Russie, considérée par l'Union européenne comme une agression militaire non provoquée et injustifiée de la Russie contre l'Ukraine, de nouvelles sanctions sectorielles d'une plus grande ampleur sont mises en place notamment par l'Union européenne, le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada et le Japon.

Depuis 2022, la Russie est devenue le pays le plus sanctionné au monde, dépassant l’Iran et la Corée du Nord, tandis qu'en , plus de 25 000 mesures restrictives visaient des individus ainsi que des entités russes. À la suite de ces sanctions, la Russie a mis en place des contre-sanctions dont, notamment, un embargo alimentaire en 2014, puis en 2022, la Russie adopte de nouvelles mesures de représailles contre les pays occidentaux.

Quelques jours après le début du conflit, les agences de notation Standard & Poor's, Fitch Ratings et Moody's classent la dette russe en « investissement spéculatif », faisant entrer la Russie dans la catégorie des pays risquant de ne pas pouvoir rembourser leur dette.

En , Vladimir Poutine admet que les sanctions internationales pourraient avoir des conséquences négatives à moyen terme sur l'économie russe. Mais la croissance économique russe, tirée par l'économie de guerre – l'industrie de l'armement et les salaires des soldats –, se maintient à un taux de 4 % en 2023 et 2024. Un taux qui devrait diminuer à environ 1 % en 2025 selon le FMI, la Russie ayant épuisé ses moyens de croissance extensive en raison d'une pénurie de main d'œuvre, d'une saturation de certaines capacités industrielles, et d'une difficulté des entreprises à investir en raison du taux directeur élevé.

Contexte précédent l’invasion russe de 2022

Structure et intégration de l'économie russe L’économie de la Russie s’est largement appuyée depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine en 2000, sur les rentrées budgétaires issues de la vente des hydrocarbures et une ouverture vers le marché européen. Historiquement, la Russie a dépendu des hydrocarbures pour plus d’un tiers de ses recettes fiscales. Avant cela, les années 1990 ont été marquées par une forte instabilité économique et politique, culminant en une importante crise financière en 1998. Cette dépendance de la Russie à la rente pétrolière et gazière, et à ses débouchés commerciaux vers l'Europe, la rend vulnérable à des sanctions. Mais Vladimir Poutine, conscient de cette situation, avait misé sur la forte dépendance de l'Allemagne au gaz russe pour faire fonctionner son industrie, notamment après la mise en service des gazoducs Nord Stream, pour s'en faire une alliée au sein de l'Union européenne. En outre, l'invasion russe de l'Ukraine en était supposée être une « guerre éclair » de 15 jours, mettant rapidement les Occidentaux devant le fait accompli. Vladimir Poutine ayant perdu ces deux paris, des séries de sanctions sont imposées à la Russie, d'abord à la suite de l'annexion de la Crimée, puis à la suite de l'invasion plus large de l'Ukraine

Annexion de la Crimée en 2014 L'annexion de la Crimée par la Russie en 2014 déclenche une première série de sanctions portée par plusieurs acteurs.

Union européenne À partir du , l'Union européenne (UE) met en place des sanctions contre la Russie en réponse à l’annexion de la Crimée. Ces sanctions initiales ciblent 21 personnalités russes, en leur interdisant de voyager dans l'UE et en gelant leurs actifs financiers.. Ces sanctions ont été étendues à 12 nouvelles personnalités russes dès le ., puis régulièrement en 2014 pour arriver à plus de en .. Le , l'UE interdit l'accès aux crédits européens à plusieurs banques russes et compagnies pétrolières russes, interdit l'exportation de biens pouvant être détournés militairement et interdit l'exportation d'équipements pétroliers vers la Russie. En détail, l'Union européenne interdit les échanges financiers avec 5 banques d'État russes et leurs filiales, trois entreprises de l'énergie, trois entreprises d'armement russes ; l'exportation d'armes et de technologie à usage militaire de l'UE vers la Russie ; l'exportation d'équipements et de technologie destinés au forage en Arctique de l'UE vers la Russie. Ces sanctions touchent plus particulièrement Rosneft, Transneft et Gazprom Neft. et les 5 grandes banques publiques russes : Sberbank, VTB, Gazprombank, Vnesheconombank et Rosselkhozbank.. En , l'Union européenne sanctionne plus particulièrement les entreprises liées à la Crimée sans certificat d'origine ukrainien, que cela soient les entreprises pétrolières mais également celles de transport maritime, ainsi que les entreprises investissant dans l'immobilier et le tourisme en Crimée.. Les sanctions sont prolongées en ., en ., en , puis en ..

Conseil de l'Europe Le , l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), décide de lever les sanctions prises contre la Russie après l'annexion de la Crimée en 2014. Certains considèrent qu'il s'agissait d'une fleur faite à Vladimir Poutine, parmi lesquels le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui se tourne alors vers les États-Unis de Donald Trump. D'autres voient la décision de l'APCE comme un moyen de protéger les droits des citoyens russes.. États-Unis En , Barack Obama décrète, via le , des interdictions de voyager et des gels d'actifs financiers contre certaines personnalités impliquées dans la crise de Crimée.. Sanctions qui sont renforcées le même mois, après le référendum en Crimée, alors que, dans le même temps, le Canada, l'Australie, le Japon et l'Union européenne mettent en place des sanctions similaires.. Fin avril, 17 entités bancaires russes sont ajoutées à la liste des organismes sujets à ces sanctions. En , les États-Unis renforcent leurs sanctions en ciblant les institutions bancaires russes notamment VTB, la Banque de Moscou, la Rosselkhozbank, ainsi que United Shipbuilding Corporation, une entreprise de construction navale.. En , les États-Unis sanctionnent la banque Sberbank, le conglomérat militaire Rostec, plusieurs autres entreprises militaires russes et plusieurs entreprises pétrolières russes : Gazprom, Gazprom Neft, Lukoil, Surgutneftegas et Rosneft..

Le , le Congrès américain vote le Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act (CAATSA) qui vise les investissements dans les infrastructures pétrolières russes, notamment les pipelines.

Japon À la même date, le Japon met en place des sanctions contre la Russie. Ces sanctions sont d'une ampleur moindre, concernant la gestion des visas entre les deux pays, ainsi que les investissements notamment dans le domaine militaire et spatial..

Ukraine En , l'Ukraine renforce ses sanctions contre la Russie, en ciblant près de 170 personnalités russes et russes dont Gazprom..

Canada En , le Canada ajoute à sa liste de personnalités sanctionnées, ainsi que ou organisations, dont Rosneft..

Invasion de l'Ukraine en 2022 En , en rétorsion à l'invasion de l'Ukraine, de nouvelles sanctions d'une plus grande ampleur sont mises en place, notamment par l'Union européenne, le Royaume-Uni et les États-Unis. Le , dans une action commune, l'Union européenne, le Royaume-Uni, les États-Unis et le Canada annoncent empêcher l'utilisation par la Banque centrale de la fédération de Russie de ses avoirs à l'étranger.. Certains pays d’Asie se joignent aux sanctions internationales parmi lesquels la Corée du Sud., le Japon., Taïwan et Singapour...

Type de sanctions

Fermeture de l'espace aérien vignette| Le , la Pologne et la République tchèque sont les premiers pays à annoncer la fermeture de leur espace aérien aux compagnies aériennes russes, décision suivie dans la journée par la Bulgarie et le Royaume-Uni... Le , la Roumanie indique à son tour que son espace aérien a été fermé au trafic aérien russe.. Cette décision a été suivie par l'Estonie, la Lettonie et la Lituanie.

Le 27 , la Finlande, le Danemark, l'Allemagne, la Belgique, l'Italie, le Luxembourg, la Suède, l'Islande, la France, l'Irlande, les Pays-Bas, l'Autriche, la Macédoine du Nord, l'Espagne et le Canada annoncent à leur tour fermer leur espace aérien aux avions et compagnies aériennes russes. Plus spécifiquement, l'Allemagne ferme son espace aérien aux compagnies russes et aux jets privés pour trois mois, sauf pour les vols humanitaires.. Le , c'est un total de 23 pays qui ont fermé leur espace aérien au trafic aérien russe et en représailles huit de ces pays (le Royaume-Uni, la Bulgarie, la Pologne, la République tchèque, la Lettonie, la Lituanie, l'Estonie et la Slovénie) voient leur trafic aérien interdit de survoler la Russie. Quelques heures après, est annoncée la fermeture de l'espace aérien de tous les pays de l'Union européenne aux avions russes.. En représailles, la Russie ferme son espace aérien aux compagnies aériennes de 36 pays dont les pays de l'Union européenne, le Royaume-Uni et le Canada..

Le , la Suisse annonce également la fermeture de son espace aérien aux avions russes.. Le , c'est au tour des États-Unis d'annoncer qu'ils excluront également les avions russes de leur espace aérien..

Suspension et limitation des visas La Tchéquie annonce suspendre la délivrance de visas aux citoyens russes et a annoncé la fermeture de son consulat à Saint-Pétersbourg..

Comme la Tchéquie, la Lettonie prend la décision de « ne plus délivrer de visas lettons aux citoyens de la fédération de Russie, sauf dans les cas d'urgence humanitaire »..

Le , les ministres des affaires étrangères de l'UE décident de suspendre intégralement l'accord conclu avec la Russie sur les visas et de renforcer l'examen des futures demandes de visas par des citoyens russes. L'accord de 2007 sur les visas permettait une procédure simplifiée pour les citoyens russes souhaitant se rendre dans l'UE.

Contrôle ou interdiction des importations et des exportations Le , une liste de mesures de privation concernant les exportations a été formulée par le Japon, parmi lesquelles figurent les semi-conducteurs.

Le , le Canada annonce vouloir interdire toute importation de pétrole depuis la Russie. tandis que la Corée du Sud interdit les exportations de matériels stratégiques vers la Russie.

Le , les États-Unis et l'Union européenne annoncent interdire les exportations de produits de luxe vers la Russie, comprenant des spiritueux, du tabac, de la mode vestimentaire, de la joaillerie et des véhicules...

En , les États-Unis et le Royaume-Uni décident d'interdire les livraisons de métaux russes (aluminium, cuivre et nickel) à leurs bourses des métaux, le Chicago Mercantile Exchange (CME) et le London Metal Exchange (LME). La Russie est l'un des principaux producteurs de métaux de la planète. Elle fournit 5 % du nickel dans le monde et sa part de marché est bien plus élevée pour le nickel de classe 1, servant à la fabrication des batteries de voitures électriques. Elle fournit également de l'aluminium (6 % de l'offre mondiale) et du cuivre (4 %). L'objectif de la mesure est de réduire les revenus de la Russie afin d'entraver le financement de son effort de guerreEtienne Goetz, Aluminium, cuivre, nickel : l'offensive de Washington et Londres contre les métaux russes, Les Échos, 15 avril 2024..