Un pouilly-fuissé est un vin blanc d'appellation d'origine contrôlée produit sur les communes de Chaintré, Fuissé, Solutré-Pouilly et Vergisson en Saône-et-Loire, à une dizaine de kilomètres à l'ouest de Mâcon.

Le pouilly-fuissé est l'appellation communale la plus ancienne, la plus réputée et chère du vignoble du Mâconnais ; en part de sa production, elle est la plus exportée du vignoble de Bourgogne.

Histoire Notoriété ancienne En 1816, André Jullien décrit le vignoble du Mâconnais comme produisant surtout du vin rouge à partir de gamay, mais met les vins blancs de Pouilly sur la commune de Solutrée (le village de Pouilly est rattaché à la paroisse de Solutré en 1613), ainsi que ceux de « Fuissey », comme les seuls méritant la première classe de sa hiérarchie, supérieurs aux autres blancs du reste de Solutrée, et à ceux de Chaintré, de Davayé et de Vergisson (en deuxième classe) ; , ..

Dans son Étude des vignobles de France publiée en 1868, Jules Guyot fait des vignes de Pouilly le modèle pour la taille à queue locale : .. Avec la replantation du vignoble après la crise du phylloxéra, le vignoble de l'actuelle aire d'appellation est désormais intégralement planté en chardonnay.

Création de l'appellation Le nom de pouilly se vendant bien comme vin, les producteurs locaux cherchèrent à en interdire l'usage par ceux des autres communes. La loi de 1919 sur les appellations d'origine (AO), publiée au JORF du . autorise de poursuivre un présumé usurpateur d'appellation devant le tribunal de grande instance (du lieu d'origine du produit), mais aussi que . Cette phase judiciaire voit s'affronter les producteurs et négociants des différentes communes pour avoir le droit de vendre le vin sous le nom de pouilly, d'où le jugement du tribunal civil de Mâcon en date du qui restreint l'usage de l'appellation, puis celui du qui délimite un périmètre plus précis.

Les vignerons autour de Solutré-Pouilly participent au développement du mouvement coopératif : la cave de Chaintré et celle de Prissé sont fondées en 1928, celles de Charnay-lès-Mâcon et de Vinzelles en 1929.. Le est fondée l'« Union des producteurs des grands vins blancs de Pouilly-Fuissé », couvrant cinq villages (Pouilly et Solutré indiquées séparément), qui conduit le dossier de reconnaissance auprès de l'Institut national des appellations d'origine, aboutissant au décret du reconnaissant l'appellation d'origine contrôlée (AOC) « Pouilly-Fuissé », publié au JORF du . (cette forme composée pour éviter la confusion avec le pouilly-fumé, qui est un vin de Loire). Depuis lors, l'aire de production initialement délimitée en appellation contrôlée n'a jamais été étendue.

Évolutions Après la Seconde Guerre mondiale, des négociants commencent à vendre le pouilly-fuissé auprès d'importateurs aux États-Unis et au Royaume-Uni. ; la vente à l'export représente depuis la décennie 1980 la majorité de la production (jusqu'aux trois-quarts).. Depuis 1994, les hospices de Beaune sont propriétaires de trois parcelles totalisant quatre hectares dans l'appellation pouilly-fuissé : c'est le seul cru (la , du nom de la donatrice : à Chaintré sur les Plessys, les Robées et les Chevrières). non produit en Côte-d'Or qui soit mis aux enchères chaque année lors de la vente des hospices, qui a lieu le troisième dimanche de novembre.

La demande de reconnaissance des premiers crus a été faite auprès de l'INAO en (dépôt du dossier par l'ODG), 248 pages.. Le cahier des charges de l'appellation a été modifié en (reconnaissance en AOP), publié au JORF du ., en (augmentation du rendement maximum, passant de 50 à ) () homologué par le publié au JORF du . et en (reconnaissance des premiers crus), homologué par l'arrêté du publié au JORF du ..

Vignoble Aire d'appellation Le pouilly-fuissé est produit au sud du vignoble de Bourgogne, en Saône-et-Loire sur les quatre communes de Chaintré, Fuissé, Solutré-Pouilly et Vergisson. L'aire d'appellation est voisine de celles du pouilly-loché (Loché est à l'est de Fuissé), du pouilly-vinzelles (Vinzelles est au nord de Chaintré) et du saint-véran (Davayé et Prissé sont au nord de Solutré ; Chasselas, Leynes, Saint-Vérand et Chânes sont au sud).

Selon le service des Douanes, la superficie revendiquée en 2023 sous l'appellation est de , dont en premier cru.. En 2008, cette aire de production était de ..

Lieux-dits

Le nom de l'appellation sur les déclarations comme sur l'étiquette peut être suivi du nom du climat (lieux-dits) sur lequel le vin a été produit.

Depuis 2020, 22 des climats (une dénomination bourguignonne du lieu-dit) de l'appellation bénéficient désormais de la mention « premier cru », à la suite d'une demande faite auprès de l'INAO.. Pour avoir ce droit il faut que le vin respecte des critères spécifiques fixés par le cahier des charges pour l'ensemble de ces climats. Pour eux, l'étiquette peut porter juste après le nom de l'appellation la mention soit « premier cru », soit premier cru suivi du nom d'un des climats, en caractères de la même taille que ceux du nom de l'appellation. Ce sont, du nord-ouest au sud-est :

D'autres lieux-dits cadastrés peuvent figurer sur l'étiquette, mais en caractères de taille moitié moindre que ceux du nom de l'appellation :

Géologie et orographie Les terrains sur lesquels sont produits le pouilly-fuissé sont variés. Au nord-ouest (Vergisson, Solutré, Pouilly et Chaintré en partie) ils sont majoritairement argilo-calcaires datant du Jurassique (vieux de 150 à d'années), tandis que le sud-est (Fuissé en partie et un peu de Chaintré) sont sur des sols cristallins, schisteux et gréseux. L'altitude varie de 225 à plus de ; les vignes de Vergisson sont les plus hautes.

Si la cuesta (roche de Vergisson, roche de Solutré et mont de Pouilly) est constituée de calcaire à entroques datant du Bajocien, ses flancs orientaux (« Sur la Roche » à Vergisson ; Au Vignerais, En Servy & La Frérie à Solutré), couverts de vignes, sont sur des calcaires et des marnes jaunâtres du Bathonien inférieur. Les pentes sous la roche de Vergisson (La Côte, Les Croux & Les Crays) sont sur des marnes très calcaires de l'Aalénien inférieur.

« Aux Chailloux » doit son nom aux chailles qu'on y trouve dans les marnes du Callovien ; Pouilly est sur des marnes à Pholadomyes (des fossiles marins) du Bathonien supérieur. Le climat des Vignes Blanches (à l'ouest de Fuissé) est sur des éboulis et du calcaire grisâtre du Bathonien moyen. Le climat Vers Cras (partagé entre Pouilly et Fuissé) est sur du calcaire du Rauracien inférieur (calcaire de Lévigny) et un conglomérat calcaire (dit de Saint-Pierre-de-Lanques). les climats au nord de Chaintré (Aux Quarts, Le Clos Reyssier, Les Chevrières) sont sur des sols argileux qui s'épaississent en allant vers l'est.

Tout autres sont le sud et l'est de Fuissé, sur des sols acides issus d'un sous-sol de tufs et de rhyolites (une série volcano-sédimentaire), voisinant un sous-sol du Trias gréseux, quelques schistes et granites..

Climatologie Le Mâconnais a un climat tempéré de type océanique dégradé (ou semi-continental), avec de légères tendances continentale (un peu plus sec, avec des hivers un peu plus froids) et sub-méditerranéenne (bon ensoleillement et été plus chaud). En raison de l'actuel changement climatique, les vendanges sont souvent plus précoces de quelques jours (le débourrement, la floraison et la véraison de la vigne se faisant plus tôt)..

Pour la station météorologique de Charnay-lès-Mâcon (à d'altitude, en bordure de l'aérodrome : )., les valeurs climatiques sont :

Encépagement

Le chardonnay BLe code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. . est le seul cépage autorisé pour produire cette AOC.

Ses grappes sont relativement petites, cylindriques, moins denses que celles du pinot noir NChristian Pessey, Vins de Bourgogne, chapitre « La vigne et le vin – Chardonnay », ., constituées de grains irréguliers, assez petits, de couleur jaune doré. De maturation de première époque comme le pinot noir N, il s'accommode mieux d'une humidité de fin de saison avec une meilleure résistance à la pourriture s'il n'est pas en situation de forte vigueur. Il est sensible à l'oïdium et à la flavescence dorée. Il débourre un peu avant le pinot noir N, ce qui le rend également sensible aux gelées printanières. Les teneurs en sucre des baies peuvent atteindre des niveaux élevés tout en conservant une acidité importante, ce qui permet d'obtenir des vins particulièrement bien équilibrés, puissants et amples, avec beaucoup de gras et de volumeCatalogue des variétés et clones de vigne cultivés en France, ENTAV Éditeur..

Méthodes culturales vignette|Taille à queue du Mâconnais. Le travail manuel commence par la taille, dite « taille à queue du Mâconnais » caractéristique du Mâconnais : c'est une dérivation de la taille en guyot. Cette taille en « arcure » permet de lutter contre le phénomène d'acrotonie, typique du cépage chardonnay, elle permet aussi de préserver la vigne contre le gel de printempsConduite et gestion de l'exploitation agricole, cours de viticulture du lycée viticole de Beaune (1999-2001), baccalauréat professionnel option viticulture-œnologie.. Les tailles en « cordon de Royat » et « guyot simple » sont autorisées. Le tirage des sarments suit la taille. Les sarments sont enlevés et peuvent être brûlés ou mis au milieu du rang pour être broyés. On passe ensuite aux réparations. Puis vient le pliage des baguettes. Éventuellement, après le pliage des baguettes, une plantation de nouvelles greffes est réalisée. L'ébourgeonnage peut débuter dès que la vigne a commencé à pousser. Cette méthode permet, en partie, de réguler les rendements. Le relevage est pratiqué lorsque la vigne commence à avoir bien poussé. En général, deux à trois relevages sont pratiqués. La vendange en vert est pratiquée de plus en plus dans cette appellation. Cette opération est faite dans le but de réguler les rendements et surtout d'augmenter la qualité des raisins restants. Pour finir, avec le travail manuel à la vigne, se réalise l'étape importante des vendanges.

L'enjambeur est d'une aide précieuse. Les différents travaux mécaniques se composent du broyage des sarments, réalisé lorsque les sarments sont tirés et mis au milieu du rang. De trou fait à la tarière, là où les pieds de vignes sont manquants, en vue de planter des greffes au printemps. De labourage ou griffage, réalisé dans le but d'aérer les sols et de supprimer des mauvaises herbes. De désherbage fait chimiquement pour tuer les mauvaises herbes. De plusieurs traitements des vignes, réalisés dans le but de les protéger contre certaines maladies cryptogamiques (mildiou, oïdium, pourriture grise, etc.) et certains insectes (eudémis et cochylis). De plusieurs rognages consistant à reciper ou couper les branches de vignes (rameaux) qui dépassent du système de palissage. Des vendanges mécaniques se réalisant avec une machine à vendanger ou une tête de récolte montée sur un enjambeur.

Pour les parcelles classées comme premier cru, le désherbage chimique est interdit (). En cas d'arrachage d'une de ces parcelles, une jachère d'au moins trois ans est obligatoire avant replantation.

Rendements

Les rendements sont limités par le cahier des charges de l'appellation à un maximum de par hectare, descendant à pour les premiers crus. Chaque année, ce rendement maximum peut être modifié à la hausse ou à la baisse par un arrêté du ministère de l'Agriculture, dans la limite des rendements butoirs de l'appellation, fixés respectivement à 70 et .

Vins La production déclarée en 2023 a été d'un total de (un hectolitre = = de ), dont classé comme premier cru. En moyenne de 2004 à 2008, le volume était de .

Volumes Les données de production des années récentes, telles que publiées par les Douanes, sont :