Gustave Achille Laviarde, né le à Reims et mort le à Paris, est un aventurier et cryptarque français, devenu prétendant au trône du royaume d'Araucanie et de Patagonie sous le nom d'Achille , succédant à Antoine de Tounens (Orélie-Antoine ), dont il était l'ami et le secrétaire.

Biographie Enfance et jeunesse Achille Laviarde, né le au 201 (renuméroté au n°38) , rue du Barbâtre à Reims, est le fils de Bertrand Xavier Laviarde (1808-1867), fabricant de tissus, négociant, et de Marie Anne Rosalie Colmart (1812-1888), dont la propriété de Fléchambault  comprend des lavoirs. Il passe son enfance dans sa ville natale, au 33 rue du Barbâtre.

À 18 ans, après ses études au Lycée Georges-Clemenceau de Reims, il part pour cinq ans de voyage en Europe, commençant par effectuer un tour de France, avant de visiter l'Italie, la Suisse, l'Allemagne, la Belgique et l'Angleterre, et même de pousser jusqu'en Afrique du Nord.

Après la mort de son père, en 1867, Achille Laviarde se rend en Tunisie pour l’exploitation du chêne-liège et entre en contact avec le bey de Tunis qui lui décerne le  Nichan Iftikhar. Suite aux épidémies et aux insurrections, il abandonne son projet et rentre en FranceArch. départ. Marne, 21 M 1..

Achille s’active alors pour recueillir des souscriptions pour défendre la cause garibaldienne et obtient au printemps 1868 la croix de chevalier officier de l’ordre de Saint-Marin. Il s'engage ensuite en politique, dans le parti impérial. Lors des élections législatives de , il soutient le candidat impérial Édouard Werlé, ancien maire de Reims, qui est élu député.

vignette|gauche|Achille Laviarde parmi les bonapartistes présents lors de la proclamation de la majorité du prince impérial Louis-Napoléon Bonaparte (photomontage d'Appert, 1874). Le , il assiste, officiellement, aux obsèques de l'ex-empereur Napoléon III, puis, le , il est à la tête du Comité rémois de pétition de l'appel au peuple à la proclamation de majorité du Prince impérial Louis-Napoléon Bonaparte (1856-1879)..

On le voit figurant comme chef délégué de la section de Reims aux côtés des impérialistes et de Paul de Cassagnac sur un photomontage représentant le groupe des personnalités rassemblées en 1874 à Camden House, à l'occasion de la proclamation de la majorité du prince impérial.. Son implication avec les bonapartistes lui vaut un épais dossier aux archives de la police de Paris.

Prétendant au trône d'Araucanie et de Patagonie

right|thumb|100px|Son prédécesseur Antoine de Tounens (1825-1878), roi d'Araucanie et de Patagonie sous le nom d'Orélie-Antoine . Achille Laviarde a sans doute été secrétaire du Français Antoine de Tounens (1825-1878), qui se proclamait roi d'Araucanie et de Patagonie sous le nom d'Orélie-Antoine , lui portait de l'amitié et lui décerna, le , les titres de prince d'Aucas et duc de Kialéon, et le désigna par son testament comme son successeur éventuel..

Trois ans et demi après la mort d'Antoine de Tounens le , Achille Laviarde accède donc en 1882 au trône de son prédécesseur, sous le nom d'Achille (en espagnol : Aquiles I), roi d'Araucanie et de Patagonie..

Achille Laviarde fera parfois état d'un testament cryptographique d'Antoine de Tounens dont le texte sera publié en 1888, dix ans après la mort de celui-ci., par lequel Antoine de Tounens l'avait désigné comme son héritier et successeur au trône d'Araucanie et de Patagonie. Achille Laviarde fait signer le un acte de renonciation à l'héritier naturel, Adrien de Tounens, boucher à Tourtoirac et neveu d'Antoine de Tounens.. Cet acte de renonciation mentionne aussi comme ministres secrétaires d'État le comte Antoine Jimenez et Antoine-Hippolyte Cros, duc de Niacalel, qui fait fonction de garde des sceaux, ainsi que des conseillers. Un ami des premières heures, Émile Godret, dit Bazière, et enfant du Barbâtre, est ministre de la Marine. En effet, à l'époque, l'épopée de son prédécesseur reste alors à ce point populaire en France qu'Achille Laviarde peut assurer le fonctionnement des institutions de cette monarchie en exil.

En tant que roi d'Araucanie, Achille Laviarde a comme premier soin de créer des ordres de chevalerie, il « accordera une concession à une compagnie britannique qui ne verra jamais le jour, se fera lui-même duc de Kiaélon et comte d'Alsena, distribuera des titres, des cordons et des étoiles, désavouera ses consuls et chargés d'affaires qui en Italie avaient essayé d'escroquer les Salésiens ». (Monseigneur Infante, prélat chilien, interrogé à cette occasion sur l'existence du royaume d'Araucanie dénonce la farce. et déclare en des termes assez rude que le royaume n'existe que dans les esprits de certains.).

left|thumb|200px|Achille Laviarde en costume mapuche. Ayant échoué dans toutes ses tentatives importantes, il exploite la situation par de petits moyens. Antoine de Tounens avait créé l'ordre de la Constellation du Sud : Achille Laviarde le réglemente et définit les classes et les insignes ; les amateurs sont nombreux car l'insigne comporte beaucoup de rouge. (pour le ruban de la Couronne d'acier qui ressemble à celui de la Légion d'honneur il est demandé 100 à ) et il a aussi coutume de désintéresser ses créanciers les plus exigeants en leur décernant un grade dans les ordres du royaume. : des naïfs se laissent toujours prendre à cette « ferblanterie exotique ».

Achille Laviarde habite à Paris, 110, boulevard Rochechouart (1882-1893), 51, boulevard de la Chapelle (1896-1898) et enfin place du Trône, mais réside plus fréquemment au cabaret Le Chat noir, au pied de la butte Montmartre, et le protocole exige que les nouveaux venus soient présentés au roi.

right|thumb|150px|Achille Laviarde arborant ses décorations. Le journaliste Paul Ginisty rapporte qu'on peut le voir « trônant » dans les cafés de Montmartre où « pour un bock offert, il vous bombardait aussitôt dignitaire de la couronne. Des gens qui avaient été jusqu'à payer une troisième tournée s'en retournaient au moins ducs et pairs, ou avec la solennelle promesse d'une charge de ministre quand les Araucaniens se décideraient à appeler à eux leur monarque. C'est de quoi Achille premier n'était pas très pressé »..

Selon l'écrivain Jean Raspail, « il régna en roi d'opérette sur les cabarets de Montmartre et de Montparnasse tant qu'il y tint table ouverte »..

Dans ses dernières années, il réside à Reims, pour réduire ses dépenses. Il y possède le Château des Grenouilles Vertes, une villa acquise en 1867 et située au bord de la Vesle et du canal (cette maison fut rasée en 2001 et la municipalité aménagea un jardin public à cet emplacement).

Achille Laviarde, contrairement à son prédécesseur Antoine de Tounens, ne s'est jamais rendu au Chili.

Les prétendants au trône d'Araucanie et de Patagonie sont considérés par diverses sources comme des monarques et souverains de fantaisie.. ... et Achille Laviarde, qui était « un citoyen français ne possédant aucun titre d'identité attestant des qualités ou des titres étrangers de cette sorte et n'ayant que des prétentions fantaisistes sur un royaume sans existence légale et ne jouissant d'aucune reconnaissance internationale ». est parfois qualifié de « roi d'opérette », « d'intrus dans la famille des têtes couronnes ». et de « joyeux fumiste ». (le , le tribunal correctionnel de Paris a jugé qu'Antoine de Tounens, premier roi d'Araucanie et de Patagonie, ne justifiait pas de sa qualité de souverain)..

Franc-maçonnerie Giambattista Pessina, autoproclamé , lui décerne le titre de "grand-maître honoraire du rite et grand protecteur du Souverain Sanctuaire de Naples" (sic).. Achille Laviarde lui décerne en retour le grade de Grand Croix de l'ordre royal de la couronne d'acier et en fait son chargé d'affaires en Italie..

Vie privée le à Londres, Achille Laviarde épouse Marie Élisa Octavie Guéry (1852-1893), tenue pour une sud-américaine, mais qui est née à Reims d'un père ferblantier, dans le même canton que son mari.. Ils n'ont pas eu d'enfants.

Décès

Il meurt le à Paris, âgé de 60 ans, terrassé par une congestion, et est inhumé à Reims dans le caveau de famille.. Ses restes et ceux de son épouse Marie Guéry sont transférés en 1976 au cimetière de Tourtoirac, où est enterré son prédécesseur Antoine de Tounens. Sur leur tombe, située à gauche de celle d'Antoine de Tounens, ils sont désignés comme « S.M. Achille , Roi d'Araucanie » et « S.M. Doña Maria d'Araucanie ».

Succession left|thumb|100px|Antoine-Hippolyte Cros (1833-1903), successeur d'Achille Laviarde sous le nom d'Antoine II. Achille Laviarde meurt le sans laisser d'héritier ni de testament. Un de ses amis, Antoine-Hippolyte Cros (1833-1903) (qu'il a vraisemblablement rencontré au cabaret Le Chat noir), est désigné comme son successeur (sous le nom d'Antoine II) par le conseil d'État du royaume (formé des sept membres restant de la Société des médaillés de la Constellation du Sud)., et conformément à la volonté d'Achille Laviarde. (car on raconte qu'il a cédé sa couronne à Antoine-Hippolyte Cros, à l'issue d'une partie de cartes perdue au cabaret Le Chat noir.).

À ce sujet, l'écrivain Jean Raspail indique : « Il n'y eut jamais qu'un seul roi de Patagonie S. M. Orélie-Antoine . Achille Laviarde inaugura une fausse dynastie qui s'acheva avec Antoine Cros. Jacques Bernard [successeur d'Antoine Cros], ne fut ni roi ni prince patagon. »..

Quelques portraits

Références

Annexes Bibliographie

. . , Achille Laviarde, in Travaux de l'Académie de Reims, , Reims, 1951-1952. Simon de Schryver, Le Royaume d'Araucanie-Patagonie, Antoingt, 1887. Achille Gigante, Il nuevo regno Arauco-Patagone (actes diplomatiques d'Achille Laviarde), Rome, 1888 (BM Reims). Jean Émile-Bayard, Montmartre, hier et aujourd'hui. Avec les souvenirs de ses artistes et écrivains les plus célèbres. Ouvrage orné de 15 h.-t. d'après les eaux-fortes originales de M. Lucien M. Gautier, Jouve & Cie éditeurs, Paris, 1925. Eugène Dupont, Rois d'opérette, , in Almanach Matot-Braine, 1935, reproduit sur le site de La vie Rémoise. Claude Pasteur, Le descendant du roi d'Araucanie, in Miroir de l'Histoire, août-. Dominique Labarre de Raillicourt, Nouveau Dictionnaire des Biographies françaises et étrangères, tome I, fascicule 10 (rois d'Araucanie), 1965. Jacques Fontugne, Gustave Achille Laviarde 1841-1902, communication faite en séance de la Société d'Agriculture, Commerce, Sciences et Arts de la Marne, à Châlons le . Jacques Fontugne, Généalogie Laviarde (1978). Jacques Fontugne, baron de Fonte-Milla, vice-président du Souvenir Franco-Araucanien, Renseignements bibliographiques sur Achille , second roi d'Araucanie de 1882 à 1902, Cahiers de l'Académie des Hautes Études Araucaniennes, , Paris, 1979. Michel Gaudart de Soulages et Hubert Lamant, Dictionnaire des Francs-maçons français, éd. Albatros, 1981 (Achille Laviarde, Grand Maître honoris de la Franc-maçonnerie italienne). Bernard Fouqueray, Achille Laviarde, enfant de Fléchambault, roi d'Araucanie, article publié dans Ville de Reims Informations en . Société bretonne des études patagonnes (président d'honneur : François Jean Mouneix, arrière-petit-neveu de Sa Majesté Orllie-Antoine ), , L'acharnement de la police parisienne contre Achille Laviarde. Dinan, éditions Protésilas, 2001. Philippe Prince d´Araucanie: Histoire du Royaume d´Araucanie (1860-1979), une Dynastie de Princes Français en Amérique Latine. S.E.A., Paris 1979, 468 p. 4000 ans de mystifications historiques, Gerald Messadié, 2011 Francis A. Boddart, Achille 1er , 2e roi d’Araucanie et de Patagonie (1841-1902). Une vie ardente. Reims - Paris - Tourtoirac. Fabedit, 2026, 480 p.

Articles connexes

Antoine de Tounens Antoine-Hippolyte Cros Bibliographie sur le royaume d'Araucanie et de Patagonie Drapeau du royaume d'Araucanie et de Patagonie Liste de micronations Mapuches Micronation Occupation de l'Araucanie Patagonie Prétendant au trône Région de l'Araucanie Royaume d'Araucanie et de Patagonie

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