Le de hussards (ou RH) est une unité de cavalerie de l'armée française, créé sous la Révolution à partir du régiment de Lauzun hussards, un régiment de cavalerie français d'Ancien Régime.
Il se distingua particulièrement lors de la guerre d'indépendance des États-Unis et pendant les guerres de la Révolution et de l'Empire.
Création et différentes dénominations Le de hussards est l'héritier de la Légion des volontaires étrangers de LauzunOrdonnance royale du 5 mars 1780 (SHD) ou Légion de Lauzun, devenue, le , le régiment de hussards de LauzunOrdonnance royale du 14 septembre 1783 (SHD). Le , tous les régiments sont renommés d'après leur arme et numérotés d'après leur ancienneté dans celle-ci et le régiment devient le de hussards : hussards de Lauzun : devient le régiment de hussards juin 1793 : devient le de hussards après la trahison et l'émigration de la majorité du 4e régiment de hussards ci-devant régiment de Saxe hussardsAprès la trahison du 4e régiment de hussards ci-devant régiment de Saxe hussards, tous les régiments suivants sont décalés d'un numéro vers le bas. 12 mai 1814 : le de hussards devient le régiment des hussards d'Angoulême 22 avril 1815 : le régiment reprend son nom de de hussards 30 novembre 1815 : le de hussards est dissous et recrée à Provins sous le nom de régiment des hussards du Bas-Rhin, 1825 : reprend le nom de de hussards : dissous à Neufchâteau (Vosges) : recréation à Coblence du de hussards 1976 : transformé en de dragons au camp de Stetten 1980 : recréation comme régiment de réserve du de hussards 1986 : dissolution du de hussards, mais maintien des traditions du RH pour des escadrons répartis au profit des régiments inter-armes divisionnaires. : dissolution des RIAD
Chefs de corps vignette|colonel de Castellane en uniforme des Hussards du Bas Rhin (1815-1821) vignette|passation de commandement entre le colonel Bernard et le lieutenant-colonel Gaudet en 1953, à Weingarten
(*) Officier qui devint par la suite maréchal de camp ou général de brigade.
(**) Officier qui devint par la suite lieutenant-général ou général de division.
Historique des combats et batailles du de hussards 400px|thumb|Motif la Hongroise, Il rappelle la boutonnière, très particulière et typique de la mode hongroise, brodée sur les uniformes des premiers hussards engagés en France au . 200px|thumb| de hussards, broche des épouses.
Origine
Le de hussards est l'héritier de la des volontaires étrangers de la marine dite Légion des volontaires étrangers de Lauzun, créée par Armand Louis de Gontaut-Biron duc de Lauzun. Le régiment des hussards de Lauzun, de l'arme, est officiellement créé le à Hennebont (Morbihan), au retour de la légion de Lauzun des États-Unis.
Le régiment de 1783 à 1792 Le régiment de Lauzun fut déplacé en , 3 mois après sa création à Hennebont (Morbihan), à Lauterbourg (Bas-Rhin). En 1788, il fut définitivement complété à quatre escadrons de deux compagnies en incorporant les détachements des régiments réformés de Nassau-Cavalerie, de La Marche ( de chevau-légers) et de Franche-Comté ( de chevau-légers). En , le régiment est déplacé en Lorraine et s'installe à Verdun. Il fait alors brigade avec le régiment Colonel-Général des Hussards et manœuvre au camp d'instruction de Montigny-lès-Metz.
Une loge maçonnique au régiment des hussards de Lauzun Les officiers de Lauzun ont créé en avril 1789, alors qu'il était en garnison à Verdun, une loge maçonnique au sein même du régiment. La demande fut enregistrée auprès du Grand Orient de France sous le nom de loge de l'Amitié Eternelle, à l'Orient de LauzunBibliothèque nationale FM 3 et FM 8. Il y eut au total vingt-trois officiers, le chirurgien, l'aumônier et huit civils qui participèrent aux travaux de cette loge entre 1789 et 1790 : 49 % des officiers (en prenant en compte le chirurgien et l'aumônier) étaient maçons.
L'affaire de Nancy - août 1790
Un détachement de 300 hussards du régiment est envoyé à Mantes, puis à Marly le : ils repartent dès le et rentrent à Verdun le . Deux escadrons sont alors détachés à Troyes d' à . Le , l'état-major et deux escadrons du régiment, alors cantonné à Toul, participent à la répression de la mutinerie de Nancy : sur un effectif de , les hussards de Lauzun ont 3 officiers tués et , tués et et tués ou blessés, dans la charge effectuée dans les rues de NancyLEONARD (de), Relation Exacte et impartiale de ce qui s'est passé à Nancy le 31 août et les jours précédents, Nancy, chez Henry, 1790, .
L'incident de Belfort - 21 octobre 1790 Le régiment déplacé vers Belfort est impliqué avec le régiment Royal-Liégeois le dans des manifestations hostiles à l'Assemblée constituante : le régiment est déplacé en urgence sur Épinal dès le puis à partir du vers Vitry-le-François. Un décret de l'Assemblée nationale du est pris pour « l'arrestation et la mise en jugement des auteurs des désordres et excès commis dans la ville de Belfort par les régiments de Royal Liégeois et des hussards de Lauzun ». Le colonel de Pestalozzi, mestre de camp du régiment, est mis aux arrêts. Après une déclaration de repentir et de dévouement exprimé par douze officiers à l'Assemblée nationaleDiscours des officiers du régiment de Lauzun-hussards, à l'Assemblée nationale (13 novembre 1790), Imprimé par son ordre., un décret du lève les restrictions de service imposées aux régiments de Royal-Liègeois et des hussards de LauzunLoi relative aux régiments de Royal-Liègeois et Lauzun, donnée à Paris, le 23 janvier (décret de l'Assemblée nationale du 20 janvier 1791).
L'affaire de Varennes - 21 juin 1791 Plusieurs détachements du régiment sont impliqués dans le dispositif militaire mis en place sur la route empruntée par le roi Louis XVI et sa famille lors de leur tentative de fuite vers Montmédy : un détachement de 40 hussards à Pont-de-Somme-Vesle sous les ordres du sous-lieutenant Boudet, 60 hussards à Varennes commandés par le sous-lieutenant Röhrig et 100 hussards à Dun sous les ordres du chef d'escadron Calixte Deslon. Trois officiers sont obligés d'émigrer après l'échec de cette opération dès le Courriers du colonel de Pestalozzi du juillet (Etain) et du 3 juillet 1791 (Bouzonville), SHD, Xc 245.
Les guerres de la Révolution (1792-1799) Les campagnes de 1792 et 1793 vignette|Trompette du en 1793. Après la réorganisation des corps de cavalerie le , il est stationné à Saint-Avold à la fin de 1791, avec des détachements en Bourgogne. Le de hussards, ci-devant Lauzun est commandé depuis février 1792 par le colonel Paris d'Illins. Dès le début de la guerre contre l'Autriche, le régiment, commandé par le colonel Emmanuel de Grouchy, est rassemblé à Metz pour former l'avant garde de l'armée du Centre commandée par le général La Fayette. L'échec de l'offensive en Belgique et la menace prussienne en Champagne entraînent le transfert du à l'armée du Nord, commandée par le général Charles François Dumouriez. La capitulation de Longwy () livre à l'ennemi le dépôt du régiment, ses archives et sa caisse. Affaibli par l'émigration, le régiment commandé par Jennings de Kilmaine participe avec succès aux opérations de la bataille de Valmy, de celle de Jemmapes () et au siège de Namur.
En juin 1793, le de hussards, ci-devant régiment de Saxe, étant totalement passé à l'ennemi avec le général Dumouriez, le de hussards, ex-colonel-général prend le et le de hussards prend définitivement le .
Le colonel de Kilmaine est remplacé par le colonel de La Grange. Le régiment stationne à Givet, Maubeuge et Valenciennes. À partir du mois de mai, deux escadrons du de hussards passent à l'armée des Ardennes où ils participent à des opérations mineures ; deux escadrons restent à l'armée du Nord. Le régiment est regroupé pendant le mois d'août 1793.
Sous les ordres du général Houchard, le combat l'armée hollandaise à Wervik () et à Menin (12 et ) ; sous les ordres du général Jean-Baptiste Jourdan, le régiment participe aux opérations de Wattignies (). Le colonel de La Grange est remplacé par le chef de brigade François Ruin.
Le , le est engagé avec succès contre le régiment de hussards autrichiens Kaiser Franz : le colonel baron Pàl von Blascovisch et 50 hussards sont capturésMASSONI (Gérard-Antoine), Un régiment de cavalerie légère : le de hussards de 1783 à 1815, Paris, Archives et culture, 2007, .
La campagne de 1794 et la conquête des Pays-Bas en 1795 En 1794, le appartenait à l'armée du Nord, commandée par le général Pichegru. Le bouscule un régiment de dragons hessois, dans les opérations du 18 et à Abscon, capturent le colonel, de nombreux officiers et 120 dragons montés. Le , à Villers-en-Cauchies et le , à Troisvilles, à l'Est de Cambrai, les troupes françaises sont fortement bousculées par la cavalerie anglo-autrichienne du général von Otto : le dans ces deux occasions protège la retraite des troupes françaises mais perd 34 hussards, dont 6 tués, 11 blessés et 17 hussards laissés sur le terrain, prisonniers ou tués.
Un détachement du régiment fut détaché à l'armée de Sambre-et-Meuse qui participa à la prise de Charleroi et à la bataille de Fleurus (). La jonction de l'armée du Nord et de Sambre et Meuse se fit devant Bruxelles et le fut engagé à Templeuve, Wervick, Menin et le siège de Courtrai.
La poursuite de l'armée anglaise du duc de York amena le sur la frontière des Pays-Bas. Le , le attaqua avec la plus grande énergie le régiment de dragons hollandais Van Bylandt, le mit en fuite et lui fit de nombreux prisonniers. De nouveau engagé à Boxtel, le , contre le régiment des hussards de Homspech, il le mit en fuite. Le , à Druten, les troupes anglaises confondirent les uniformes du dit « Lauzun Patriote » avec ceux des hussards de Rohan, unité d'émigrés français : la brigade anglaise du général Fox fut sévèrement bousculé et le de hussards captura le drapeau du du .
Le de hussards fut engagé dans les opérations du siège de Nimègue et prit ses quartiers d'hiver à Venlo et la région de Clèves.
En janvier 1795, le Rhin gelé fut franchi par l'armée du général Pichegru. Le de hussards entre dans Utrecht, Amsterdam, La Haye et château de Loos à Apeeldoorn. Il est plusieurs fois engagé contre les régiments des hussards de Hompesch ou de Salm-Kirburg. La paix de Bâle () met un terme à la Coalition. Le régiment stationne à Deventer, Amsterdam et La Haye.
Les campagnes à l'armée de Sambre et Meuse de 1796 et 1797 En 1796, plusieurs détachements du de hussards furent détachés auprès de l'armée de Sambre-et-Meuse, en dans la région de Düsseldorf, puis en dans la région de Cologne, puis une nouvelle fois de Düsseldorf.
Le dépôt du régiment était toujours à Amsterdam et une troisième fois le de hussards fut dirigé à l'armée de Sambre et Meuse : en , deux escadrons du régiment pour participer au blocus de Mayence pendant que les deux autres rejoignirent le général Lazare Hoche et participèrent à la bataille de Neuwied, le , où le lieutenant Bertholet captura un canon et un drapeau.
Avec les préliminaires de la paix de Leoben, le de hussards fut dirigé vers les Pays-Bas, avant de revenir à l'armée de Sambre et Meuse une quatrième fois en .
Les campagnes de la Coalition (1798-1800) Regroupé aux Pays-Bas en , le de hussards est désigné pour rejoindre l'armée d'Angleterre, commandée par le général Jennings de Kilmaine. Le régiment rentre en France après une absence de près de 4 ans et séjourne à Rouen, Falaise (mars à mai) et Rennes (mai juillet).
Dès le , le régiment est dirigé vers l'armée d'Allemagne et le régiment se déplace vers Strasbourg.
Le de hussards est engagé, avec le de hussards aux combats de Liptingen (), de Dillinger () et à la bataille de Stockach () et il perd 40 officiers et hussards. Le régiment couvre la retraite de l'armée et rejoint Strasbourg dès . Le régiment est néanmoins engagé dans de nombreux combats d'avant-garde.