Odile de Hohenbourg (sainte Odile) née vers 660.De nombreuses notices biographiques indiquent une naissance vers 660 et quelques-unes en 657. peut-être à Obernai (Bas-Rhin), morte en 720 à Hohenbourg, est une dame de l'époque mérovingienne, fille du duc Etichon-Adalric d'Alsace, fondatrice et abbesse du monastère de Hohenbourg, sur l'actuel mont Sainte-Odile.

Elle a été canonisée au et elle est considérée comme la sainte patronne de l'Alsace, ainsi que des non-voyants et des malvoyants. L'Église catholique la fête le ., l'Église orthodoxe le ..

Hagiographie gauche|vignette|220px|Adalric et Bereswinde, parents de sainte Odile. Fresque de Charles Spindler (1865-1938) exposée à l'entrée du mont Sainte Odile, à côté du kiosque. thumb|right|upright|180px|Statue de sainte Odile à l'église du Dompeter à Avolsheim (Alsace).

Un texte anonyme latin écrit peu avant 950 raconte la vie d'Odile, mais cette Vita Odiliae (BHL 6271) est une composition hagiographique d'une autorité discutable. Les informations biographiques sûres sont donc limitées.

Odile est la fille d'Etichon-Adalric, duc d'Alsace, mort en 690, et de son épouse Berswinde (ou Bereswinde) qui, selon le Chronicon Ebersheimense, est la fille d'une sœur de saint Léger, évêque d'Autun, et la sœur de la reine franque Chimnechilde. Son père, qui attendait un héritier mâle, se montre d’abord déçu puis intraitable quand il découvre que l’enfant est aveugle et décide qu’elle doit mourir. Sa mère réussit toutefois à la confier provisoirement à une nourrice pour la soustraire à son époux, mais l'enfant doit être éloigné davantage pour échapper au danger : Berswinde la confie donc à une tante vivant au monastère de Palma (aujourd’hui Baume-les-Dames).

La fillette est protégée et élevée religieusement, mais sans baptême. Alors qu'elle a atteint l'âge de quinze ans, l'évêque Erhard d'Ardagh, du comté de Longford en Irlande, tandis qu’il parcourt la Rhénanie, a une vision dans laquelle Dieu lui ordonne de se rendre à Baume-les-Dames afin de procéder au baptême d’une jeune fille aveugle, ce qu'il fait quelques jours plus tard. Au moment où il touche les yeux de la jeune fille avec l'huile sainte, elle recouvre la vue. C'est alors qu'elle reçoit le nom d'Odile (en latin Odilia), qui signifierait selon la légende « lumière de Dieu » (l'étymologie acceptée aujourd'hui est différente pour le prénom Odile et dériverait de "od" signifiant prospérité, richesse en germanique). Une version alternative moins populaire suggère que la jeune Odile s'enfuyant dans le massif des Vosges croisa le chemin de l'ancien chorévêque de Trèves devenu abbé de Moyenmoutier nommé Saint Hydulphe, qui la baptisa de la même manière, sacrement aucours duquel elle retrouva la vue comme dans l'autre version. La confusion vient peut-être du fait qu'Hydulphe et Erhard sont présentés par certaines sources comme des frères.

Tandis que le miracle, qui pourtant fait grand bruit, ne réussit pas à faire fléchir son père Adalric, la jeune Odile se consacre pleinement aux différents aspects de la vie monacale. Un jour, en accueillant des pèlerins, elle apprend qu’elle a une sœur et quatre frères dont Hugues (latin Hugo), lequel va l’aider à revenir auprès de sa famille. Quelques semaines plus tard, loin de se réjouir de revoir sa fille et très mécontent de la manœuvre de son fils, le père s’emporte au point de le tuer d’un coup de sceptre sur la tête. Sa mort laisse trois fils en bas âge, dont Remigius, le futur évêque de Strasbourg. Très vite, le père est pris de profonds remords et se repent en acceptant que sa fille reste vivre dans une dépendance du château.

Monastère du mont Sainte-Odile thumb|right|upright|170px|Statue de sainte Odile au monastère du mont Sainte-Odile en Alsace.

Là, elle mène une vie humble, dévouée aux pauvres et aux malades. Ses prières, notamment pour son père, finissent par porter leurs fruits et elle est réintégrée à la famille. Petit à petit, son père la comprend mieux et accepte de l’aider à poursuivre sa destinée religieuse. Il décide même de lui céder son château de Hohenbourg, qu'elle transforme en couvent féminin sur le modèle qu’elle a connu au monastère de Palma. Le succès est au rendez-vous et des jeunes femmes affluent, dont sa jeune sœur et les trois filles de l’un de ses frères. Odile dote l’édifice de deux chapelles, l’une consacrée à Marie et l’autre à Jean le Baptiste. Si le lieu est favorable à la dévotion, il n’est pas aisé pour l’accueil et le soin des plus faibles et des plus âgés. Les bâtiments étant construits sur une montagne, beaucoup de fidèles, notamment les malades, ont du mal à y accéder. Aussi Odile fait-elle construire pour eux un second établissement appelé Niedermünster, c'est-à-dire le « monastère d'en bas ».

Miracles et fin de vie thumb|right|upright|Sarcophage de sainte Odile dans l'abbaye du mont Sainte-Odile.

Ses parents ayant fini par résider auprès d’elle dans une dépendance et après que le duc a partagé son domaine entre ses enfants ils s’éteignent tous deux à neuf jours d’intervalle.

Après avoir vécu et manifesté plusieurs miracles dont certains de guérisons (baiser curatif à un lépreux, protection imprévue dans une paroi rocheuse, source jaillissante abreuvant un moribond... ), Odile intercède durant cinq jours pour son père qu’elle finit par voir dans une vision quitter le purgatoire pour rejoindre la béatitude du paradis.

On situe la date de sa mort le , voire 722. En plus du recueillement des sœurs, nombre de personnes croyantes et secourues viennent vénérer son corps une semaine durant.

Quand , l’empereur du Saint-Empire romain germanique, fait ouvrir sa sépulture pour y prélever une relique pour la cathédrale Saint-Guy (Vite) de Prague, le corps de la sainte est retrouvée bien conservé.

En , pour les protéger des révolutionnaires, les reliques sont secrètement emmenées et cachées à Ottrott.. Lorsque les révolutionnaires arrivent dans le monastère, en , ils brisent le sarcophage mais n'y trouvent aucun ossement. Les reliques sont ramenées dans le monastère du mont Sainte-Odile seulement en https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM67001118..

Postérité

Canonisation, patronage et Jubilé Elle est canonisée par le pape , élu en 1049 et mort en 1054.

En 1807, sainte Odile est proclamée « sainte patronne de l'Alsace » par le pape Pie VII.

À partir du et durant un an, le diocèse de Strasbourg organise un Grand Jubilé pour les de la mort de sainte Odile.

Mont Sainte-Odile Sur le Hohenbourg, auquel a été donné le nom de mont Sainte-Odile, on trouve un Mur païen, ainsi que des vestiges importants de l'ancienne abbaye, notamment les tombeaux d'Odile et de ses parents, ainsi qu'une basilique de l'Assomption qui remonte au et a été érigée en basilique mineure en 2006. Le site reçoit chaque année des dizaines de milliers de visiteurs.

L'abbaye Sainte-Odile de Baume-les-Dames

L'abbaye Sainte-Odile aurait été fondée au à Baume. C'est là qu'Odile est cachée jusqu'à son baptême. L'abbaye est reconstruite au .

Représentations de la sainte thumb|right|230px|Vitrail de l'église Saint-Pancrace à Waldolwisheim. Elle apparaît toujours en robe d'abbesse bénédictine, ce qui la distingue de Lucie de Syracuse, et parfois avec des parements d'hermine, rappelant l'ascendance royale racontée dans sa légende.

Sur de nombreux vitraux, elle figure tenant le livre de la Règle bénédictine, sur lequel sont disposés deux yeux.

Littérature apocryphe Au cours de la Première Guerre mondiale fut publiée la traduction française d'un texte latin connu comme la « prophétie de Sainte Odile » et annonçant la chute de la Germanie. vignette|Vitrail de l'église Saint-Barthélemy à Église-Neuve-de-Vergt Bien que ce texte ne doive rien à sainte Odile (le latin employé, par exemple, ne correspond pas à la période où vécut la sainte), il connut une certaine célébrité, étant copié et commenté pour galvaniser les troupes françaises. Il connut un regain de popularité durant la Seconde Guerre mondiale. Actuellement, rien ne permet de penser qu'il soit antérieur à 1915.

Autres hommages Voies publiques Rue Sainte-Odile : à Strasbourg, Boersch (Bas-Rhin), Meistratzheim (Bas-Rhin), Bernardswiller (Bas-Rhin), Molsheim (Bas-Rhin), Obernai (Bas-Rhin) Sarrebourg (Moselle), à Huttenheim (Bas-Rhin), à Erstein (Bas-Rhin), à Rosenwiller (Bas-Rhin), Sélestat (Bas-Rhin), Reichshoffen (Bas-Rhin)

Impasse Sainte-Odile : à Rouffach (Haut-Rhin) Place Sainte-Odile (Odilienplatz) à Dillingen (Sarre)

Établissements scolaires (catholiques) École, collège et lycée Sainte-Odile : à Lambersart (Nord) École et collège Sainte-Odile : à Courset (Pas-de-Calais) École Sainte-Odile : à Montpellier (Hérault) ; Le Vésinet (Yvelines) ; Grivegnée-Liège (Belgique) ; Québec (Canada) thumb|230px|François Décorchemont, Sainte Odile, vitrail, église Sainte-Odile de Paris. Œuvre musicale Odilia, Jacob de Haan

Église

Église Sainte-Odile dans le arrondissement de Paris Église Sainte-Odile : à Lapoutroie (Haut-Rhin)

Son nom est donné à une station de la ligne de tramway T3b à Paris, ouverte à la circulation en 2024, proche du square et de l'église..

Voir aussi Sources Le texte de la Vie de sainte Odile (Vita Odiliae, abbatissae Hohenburgensis) a été éditée à plusieurs reprises, notamment par : Éditions anciennes Hugues Peltre, La Vie de sainte Odile, Storck, Strasbourg, 1699. Éditions récentes .

Bibliographie Marie-Thérèse Fischer, Treize siècles d'histoire au mont Sainte-Odile, Éditions du Signe, Strasbourg, 2006, 527 p. . .

Documents particuliers Archevêque de Strasbourg Luc Ravel, Lettre pastorale sur le Grand Jubilé de sainte Odile, .

Articles connexes Abbaye de Hohenbourg Etichon-Adalric d'Alsace, Remigius Congrégation des Missionnaires bénédictins de Sainte-Odile

Liens externes

Histoire de sainte Odile et vitraux de l'église Saint-Georges de Sélestat

Notes et références

Catégorie:Naissance à Obernai Catégorie:Naissance dans la province d'Alsace Catégorie:Abbesse du VIIe siècle Catégorie:Abbesse du VIIIe siècle Catégorie:Sainte du haut Moyen Âge Catégorie:Saint catholique et orthodoxe de France Catégorie:Saint catholique et orthodoxe du VIIIe siècle Catégorie:Noblesse franque du VIIe siècle Catégorie:Noblesse franque du VIIIe siècle Catégorie:Étichonides Catégorie:Personnalité du haut Moyen Âge par nom Catégorie:Personnalité alsacienne du Moyen Âge Catégorie:Personnalité liée à Baume-les-Dames Catégorie:Mont Sainte-Odile Catégorie:Personnalité féminine du VIIe siècle Catégorie:Personnalité féminine du VIIIe siècle Catégorie:Parrain de promotion de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr Catégorie:Saint catholique fêté le 14 décembre Catégorie:Saint orthodoxe fêté le 13 décembre Catégorie:Aveugle

Catégorie:Date de naissance incertaine (VIIe siècle) Catégorie:Date de décès incertaine (VIIIe siècle) Catégorie:Décès en Alsace