Le cimetière de Vichy, appelé aussi cimetière des Bartins, du nom du quartier où il se trouve, est le cimetière communal et l'unique cimetière de Vichy (Allier). Créé en 1866 sous Napoléon III pour remplacer le cimetière des Moutiers qui se trouvait dans ce qui était en train de devenir le quartier thermal, il couvre et comprend , deux carrés militaires de plus de 500 tombes deux carrés musulmans, deux carrés israélites et un colombarium.

Histoire Décision tumultueuse pour un nouveau cimetière La décision de construire un nouveau cimetière est actée par le conseil municipal de Vichy en 1863 pour remplacer le cimetière des Moutiers, lieu d'inhumation de la cité depuis le Moyen Âge et situé à proximité des actuels bains Callou. Vichy, sous l'impulsion de Napoléon III connaît alors un important développement et le cimetière est situé dans ce qui va devenir le quartier thermal. Mais le lieu d'implantation du nouveau cimetière n'est pas encore décidé et il va créer des polémiques au sein du conseil municipal et dans la population vichyssoise. Cette question du cimetière est un des enjeux de l'élection municipale de . Le préfet de l'Allier a fait savoir quelques mois plus tôt, en février, que pour hâter la décision il était disposé . Plusieurs emplacements sont envisagés et une commission d'étude, composée de trois membres, après avoir visité les différents sites, se prononce pour le secteur des Bartins, alors situé à l'écart de la ville, au nord, au-delà du Sichon et à la limite de Cusset. Le site a été choisi car il répond aux exigences sanitaires d'alors: .

Mais au moment du vote en conseil municipal le , plusieurs conseillers se retirent empêchant que le quorum soit atteint. Les réunions suivantes du 10, 18 et sont trop agitées pour qu'un vote se déroule. Finalement, le préfet prend son arrêté le 23 mais une majorité de conseillers municipaux décident de l'attaquer devant le Conseil d'État. Le conflit autour du cimetière devint un point de friction dans le conflit plus large entre réformateurs et traditionalistes sur l'avenir de la station thermale. À l'approche des élections, les chances de parvenir à un compromis s'amenuisèrent.

Aux élections de juillet, le maire sortant et son adjoint sont battus ainsi que Nicolas Larbaud, qui, bien que farouche opposant au maire et à la compagnie fermière, était favorable au transfert du cimetière. Sur les 22 conseillers, 17 élus sont des opposants au maire sortant. Napoléon III, qui s'était abstenu de venir à Vichy cet été là, signe un décret le nommant comme maire, parmi les conseillers de l'opposition élus, l'avocat Joseph Bousquet, alors un des plus gros propriétaires de la ville.

Le nouveau maire allait se montrer habile pour convaincre le nouveau conseil municipal et la population pour la translation vers un nouveau cimetière. Il évoque le sujet lors de la séance du conseil municipal le , indiquant que c'était un souhait de l'Empereur qui après études et laissant entendre que s'il avait préféré Biarritz comme lieu de villégiature le précédent été, la polémique sur le cimetière en était une des raisons.

Enfin il trouve les mots pour justifier sur un plan moral le transfert du cimetière en expliquant aux conseillers municipaux que .

Le conseil municipal décide dans la foulée et lors du conseil municipal du , l'emplacement des Bartins fut choisi.

Pour faire adhérer la population et désamorcer d'éventuelles protestations, il lance une enquête publique de commodo et incommodo où les électeurs peuvent venir s'exprimer à la mairie. Sur les électeurs que compte alors la ville, seuls 289 se présentent à l'hôtel de ville, place du Fatitot (à l'emplacement de l'actuel Palais des Parcs), 243 pour protester contre la translation des tombes de l'ancien vers le nouveau cimetière et 46 contre l'emplacement choisi des Bartins. Les trois-quarts de la population ne sont donc pas opposés au nouveau cimetière et à la translation.

Création du cimetière des Bartins thumb|Grand croix en fonte du cimetière en juin 2018. Elle a été renversée et cassée en août 2019 et il ne reste aujourd'hui (sept. 2022) que son socle. Le nouveau cimetière fut finalement créé en aux Bartins. Il a alors une superficie de (correspondant à la partie sud actuelle, face à l'entrée principale). Les premières inhumations débutent dès juillet.

Une croix de fonte est érigée en dans ce qui est alors le centre du cimetière. Elle est réalisée à Paris, aux ateliers Barbezat et Cie, à partir, indique la presse locale de l'époqueLa presse locale de l'époque indique que la fonte pour la croix du cimetière aurait été fournie par un dénommé Vieillard, marchand de fonte de Cusset. Mais la croix a été fondue par Barbezat et Cie (aussi connu sous le nom de fonderie du Val d'Osne), alors une des plus grandes fonderies d'art françaises et située en Haute-Marne. Il parait curieux que de la fonte ait été acheminée de Vichy vers l'est de la France dans une fonderie déjà bien approvisionnée et plus proche des lieux de production de ce matériau., d'une fonte fournie par un dénommé Vieillard, marchand de fonte de Cusset. La croix est bénite par l'abbé DupeyratL'abbé Louis Dupeyrat était le curé des églises Saint-Blaise et Saint-Christophe. C'est lui qui avait demandé à Napoléon III en 1861, la construction d'un « temple digne de Dieu » La nouvelle église Saint-Louis, financée par l'Empereur, sera livrée en 1865. l'année suivante. Haute de , elle repose sur un socle en fonte octogonal sur lequel est gravé d'un côté et de l'autre . Une croix de chêne, qui n'existe plus de nos jours, avait également été réalisée pour le cimetière à la même époque, faite par M. Chervin, charpentier à Vichy. Depuis , il ne reste que son socle, la croix, cassée lors d'une chuteSelon l'historienne locale Nicole Perrichon, la croix en fonte a été percutée en août 2019 par un camion de travaux lors d'une manœuvre en marche arrière et se serait cassée en chutant de son socle. En 2024 celle-ci fut réinstallée.

Transfert des tombes Le transfert de l'ensemble des tombes de l'ancien cimetière des Moutiers vers le nouveau cimetière a lieu quelques années plus tard sous le mandat municipal (1879-1884) de Georges Durin. Parmi ces tombes figurent celles qui se trouvaient peu de temps auparavant au cimetière des Sœurs de l'Hôpital. En , la percée de la rue du Casino (alors rue Rouher, sur un trajet légèrement différent de celui d'aujourd'hui) se heurta à ce petit cimetière qu'il fallut déménager. D'une superficie de , ouvert en 1789 à la suite de l'interdiction d'inhumation dans les églises et fermé en 1842 par décision préfectorale, il servait principalement à l'inhumation des religieuses de l'hôpital, alors situé à proximité. Ce cimetière se trouvait sur l'emplacement de l'actuel kiosque à journaux. Les tombes avaient été alors déplacées au cimetière du Moutiers sauf celles du baron Lucas et de son épouse, temporairement réinhumés dans la chapelle du nouvel hôpital en attendant la construction du nouveau cimetière où ils seront finalement réenterrés. Les cendres des religieuses seront elles regroupées dans une grande tombe commune dans le nouveau cimetière. thumb|Vue de la face sud de la tombe et du monument aux morts de la guerre de 1870, le long de l'allée principale du cimetière

Tombe et monument des morts de la guerre de 1870 En est inauguré en grande pompeLa presse locale de l'époque parle pour cette inauguration de la tombe des soldats de la guerre de 1870 d'un des plus grands cortèges qu'ait connu Vichy. Il partit de la mairie pour rejoindre le cimetière avec à sa tête le maire, le préfet, le représentant du ministre de la Guerre suivis par différents anciens combattants, les pompiers en grande tenue et les élèves des écoles laïques conduits par leur directeur et leurs professeurs, le cercle vichyssois, la société de gymnastique et la chorale des travailleurs, la police fermant le cortège. La foule le long du parcours était estimée à personnes., le tombeau des soldats morts dans pendant la guerre franco-prussienne de 1870. Cette guerre est la première en France qui voit l'érection de monuments aux morts pour la patrie et la création de cimetières spécifiques pour les simples soldats. Le Souvenir français voit aussi le jour après cette guerre.

En 1885 ont été inhumés dans une grande tombe les restes de 117 soldats blessés ou malades et évacués sur Vichy et qui y sont morts. Un monument a été érigé sur cette tombe, sorte de large obélisque haut de dont les quatre assises sont en pierre de Volvic et ceint par une chaine de fer reliant des flambeaux en fonte. On peut lire sur sa face antérieure tandis que la face gauche (côté sud) honore les huit morts de Vichy durant cette guerre.

Première Guerre mondiale et carrés militaires Lors de la Première Guerre mondiale, la ville de Vichy va de nouveau accueillir de nombreux blessés et ce dès le premier mois de la guerre, en , tant à l'hôpital thermal militaireVichy disposait depuis 1847, d'un hôpital militaire, destiné initialement au repos et à la remise en forme des soldats revenant des colonies, cet hôpital fermera ses portes au début des années 1990 et à son emplacement a été construit l'actuel centre commercial des Quatre Chemins. et à l'hôpital civil que dans les grands hôtels de la station thermale transformés en hôpitaux provisoires. Pendant le conflit, plus de soldats y seront hospitalisés soit du total des soldats français blessés ou malades pendant la guerre. thumb|Les deux carrés militaires du cimetière de Vichy avec, au centre à droite, le monument du Souvenir français avec la statue du Devoir. Plusieurs blessés ne survivront pas et seront inhumés dans le cimetière de la ville, ce qui explique le nombre important des tombes militaires au regard de la population de la ville à l'époque. Ainsi dès , une quinzaine de soldats y sont enterrés. En , ils sont plus de 550 et en 1922, on en dénombre près de 950, soldats français et alliés mais également 24 Allemands. Des familles vont au fur et à mesure récupérer les dépouilles des leurs et il ne restera alors que 503 soldats inhumés dans les deux carrés militaires spécialement créés, situés le long du mur Est du cimetière. Si les personnes inhumées sont très majoritairement des soldats français, on compte également trois tirailleurs de troupes coloniales, un soldat belge et trois ouvriers indochinois Les quelques tombes de soldats non français se trouvent dans le carré Sud, dispersées parmi les autres tombes, avec : Trois tirailleurs avec une stèle islamique : , et ; Trois ouvriers indochinois avec stèle ronde neutre, , et ; Un soldat belge avec une cocarde belge sur la croix, ..