Paul-Marie Coûteaux, né le à Paris, est un haut fonctionnaire, essayiste et homme politique français.

Conseiller ministériel dans des gouvernements socialistes entre 1981 et 1991, puis conseiller de Philippe Séguin de 1993 à 1996, il est député européen souverainiste de 1999 à 2009, élu sous les couleurs du Rassemblement pour la France et réélu sous celles du Mouvement pour la France.

En 2008, il devient président du Rassemblement pour l'indépendance et la souveraineté de la France (RIF), puis crée en 2011 son propre parti, Souveraineté, identité et libertés (SIEL), proche du Front national. En 2014, ses désaccords avec Marine Le Pen lui valent de perdre la présidence du SIEL.

Il soutient François Fillon lors de la campagne présidentielle de 2017, rejoint le Parti chrétien-démocrate en 2019 et se rallie à Éric Zemmour pour l'élection présidentielle de 2022.

Ses positions politiques font polémiques et lui valent une condamnation en 2016.

Biographie Famille Descendant de Mathieu Coûteaux, bailli et receveur de Claude Lamoral II de Ligne pour la baronnie de Belœil, arrière petit-fils de Louis Coûteaux, avocat, petit-neveu de Gabriel Coûteaux (né en 1896), armateur et agent maritime, propriétaire du et commandeur de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, petit-fils de Louis Albert Joseph Marie Coûteaux, né le à Constantinople, négociant, représentant de Lever Bros et directeur de la compagnie britannique MacNamara en Turquie, et de Katevana Elbori-Dsasokov-Tzaradzontzev (née à Vladikavkaz, en Ossétie-du-Nord-Alanie, en Russie, remariée à Hubert de Truchis de Lays, directeur de la Banque ottomane), Paul-Marie Coûteaux est le fils de Marie-Paule Girard et de l'écrivain André Couteaux, le neveu de la journaliste et le cousin des producteurs de films Éric et Nicolas Altmayer et du Premier ministre Michel Barnier (par alliance).

Formation Ancien élève du lycée Camille-Jullian puis de l'Institut d'études politiques de Bordeaux, il est titulaire d'une maîtrise en droit public et d'un DEA en relations internationales. Il est également ancien élève de l'ENA, promotion Henri François d'Aguesseau (1982). Il vit au château de Charmant.

Carrière et premiers engagements Diplomate de formation, il est conseiller dans différents cabinets, celui de Michel Jobert de 1981 à 1983, de Philippe de Saint Robert de 1984 à 1987, de Jean-Pierre Chevènement entre 1988 et 1991, de Boutros Boutros-Ghali de 1991 à 1993 puis de Philippe Séguin à l'Assemblée nationale de 1993 à 1996. Il est également du comte de Paris .

Militant socialiste et électeur de François Mitterrand dans sa jeunesse , il est membre du Centre d'études, de recherches et d'éducation socialiste (CERES) de Jean-Pierre Chevènement puis du Mouvement des démocrates de Michel Jobert.. Il dit avoir découvert le gaullisme en trouvant fortuitement dans un bar homosexuel un exemplaire du livre Les Chênes qu'on abat..., d'André Malraux . Devenu un admirateur passionné du général de Gaulle, il dirige un temps la revue doctrinale Une certaine idée, éditée par le RPR. Il publie en 1998 Traité de savoir-disparaître à l'usage d'une vieille génération, un essai en forme de pamphlet contre Mai 68, puis en 2002 Le Génie de la France : de Gaulle philosophe, que Le Point compare à .

Parcours politique 1999-2009 : député européen souverainiste thumb|Paul-Marie Coûteaux à la manifestation du MPF devant l'Assemblée nationale en 2005.

En 1999, Paul-Marie Coûteaux rejoint Charles Pasqua, lors de sa scission avec le RPR et est élu député européen, avec William Abitbol, sur la liste conduite par Charles Pasqua et Philippe de Villiers. Membre du Rassemblement pour la France fondé par Pasqua, il finit par quitter ce parti.

Il intègre dès sa fondation le Conseil national souverainiste de l'Alliance pour la souveraineté de la France : l'historien Christophe Le Dréau relève qu'il .

En 2001, il crée L'Entente souverainiste, qui devient en 2003 le Rassemblement pour l'indépendance et la souveraineté de la France (RIF), parti politique qui dénonce .

Lors de la campagne présidentielle 2002, il soutient activement la candidature de Jean-Pierre Chevènement. À la suite de la présence au second tour de Jean-Marie Le Pen, il n'appelle pas à voter Chirac, tout comme William Abitbol et Florence Kuntz, ce qui lui vaut d'être exclu du Pôle républicain.

En 2004, il conserve son mandat de député européen, étant la tête de liste MPF en Île-de-France.

En 2005, il fait campagne pour un « non » souverainiste de droite dans la campagne référendaire sur le traité établissant une constitution pour l'Europe.

En novembre 2002, il crée une lettre d'actualité mensuelle, L'Indépendance, qu'il complète en 2006 en créant le trimestriel Les Cahiers de l'indépendance, consacrée à des analyses de fond et d'envergure.

Lors de la campagne présidentielle de 2007, il est conseiller politique de Philippe de Villiers.. Entre les deux tours, il appelle à voter blanc, contrairement à Philippe de Villiers, qui à voter pour Nicolas Sarkozy afin de ; il est même allé jusqu'à évoquer un vote pour Ségolène Royal comme préférable à un vote pour Sarkozy. Lors des législatives de 2007, alors qu'un front républicain se constitue face à Marine Le Pen dans la quatorzième circonscription du Pas-de-Calais, il appelle à voter pour la candidate du FN..

Le politologue Jean-Yves Camus relève que Paul-Marie Coûteaux ..

2009-2010 : rapprochement avec DLR En mai 2008, il est élu président du Rassemblement pour l'indépendance et la souveraineté de la France (RIF), succédant à Jean-Paul Bled.

Aux européennes de 2009, il n'est pas réinvesti par le MPF, qui lui préfère Jérôme Rivière comme tête de liste en Île-de-France. Il se rapproche alors de Nicolas Dupont-Aignan et de Debout la République que la tête de liste en Île-de-France, Anne-Marie Le Pourhiet, a quitté ; mais l'alliance ne se fait pas et Paul-Marie Coûteaux annonce sa candidature, soutenue par le RIF et le collectif des « Gaullistes en colère »Le Monde du 22 avril 2009, .. Estimant qu'aucune liste aux élections européennes ne vise à rompre avec l'Union européenne et que la stratégie de division choisie par Libertas et Debout la République conduit la base souverainiste de leur électorat dans une impasse, il se retire officiellement le , et prône le vote blanc ou l'abstentionEntretien à la Revue Républicaine du 15 mai 2009.

2011-2014 : alliance avec le FN thumb|Paul-Marie Coûteaux le , au cours de la manifestation du RIF commémorant la victoire du non au référendum de 2005. En 2009, Paul-Marie Coûteaux, désireux , entretient déjà des rapports avec le Front national. Il présente divers militants à Marine Le Pen ; c'est par son entremise que la future présidente du FN rencontre Florian Philippot, peu avant les élections européennes de 2009. Marine Le Pen lui ayant demandé de l'aider à améliorer sa culture générale, il lui adresse en un document comportant une série de conseils de lecture .

En , il appelle son parti, le RIF, à constituer une alliance avec le FN, DLR et le MPF pour les échéances législatives de 2012.. Après l'échec partiel de ces négociations, Paul-Marie Coûteaux se rallie finalement à la candidature de Marine Le Pen . Il joue un rôle de pour faire venir au FN des cadres venus d'horizons extérieurs à l'extrême droite, ouvrant la porte au ralliement au FN de Bertrand Dutheil de La Rochère. et Florian Philippot., ancien proche de Jean-Pierre Chevènement et de Philippe Martel, ex-chef de cabinet d'Alain Juppé. Il démissionne du RIF en ., puis crée son propre parti, le SIEL (« Souveraineté, indépendance et libertés »), qui vise à rallier et . Dans le même temps, il est désigné comme l'un des cinq porte-parole de Marine Le Pen dans le cadre de sa campagne présidentielle.

En parallèle, il affirme Guillaume Peltier alors que celui-ci a rejoint en 2009 l'Union pour un mouvement populaire (UMP), , ce que dément Guillaume Peltier..

Il est candidat aux élections législatives françaises de 2012 dans la Haute-Marne (, Saint-Dizier).... Il obtient 19 % au premier tour., face à François Cornut-Gentille (UMP) et Denis Maillot (PS). Il ne peut se présenter au second tour n'ayant pas obtenu le minimum de 12,5 % du vote des inscrits.

Il soutient Philippe Herlin pour sa candidature au congrès de l'Union pour un mouvement populaire de 2012, dominé par François Fillon et Jean-François Copé..

En 2012, il s'associe au projet « Notre antenne », porté par Gilles Arnaud et Philippe Milliau, qui donne naissance en 2014 à TV Libertés..

En , il est annoncé comme futur administrateur du Rassemblement bleu Marine mais sa relation avec la présidente du FN se dégrade par la suite. En 2013, il déclare considérer l'introduction du mariage homosexuel en France comme , appelle à manifester contre le projet de loi le légalisant et critique la stratégie alors menée par la présidente du FN .

En , il soutient la manifestation d'extrême droite « Jour de colère »..

Il est le candidat du SIEL-RBM dans le de Paris aux élections municipales de 2014. À l'issue du premier tour, où le maire sortant Jean-Pierre Lecoq est réélu, Paul-Marie Coûteaux se classe en quatrième position, avec 4,80 % des voix. Lors de ce scrutin, il provoque la polémique en suggérant, sur son blog de campagne, de les Roms (il sera condamné par la justice en 2016 pour des propos racistes.). Il déclare regretter des écrits mais cet épisode, qui vient s'ajouter à une série de tensions et de déclarations maladroites, entraîne une dégradation de ses rapports avec Marine Le Pen. En , cette dernière lui adresse un courrier pour lui signifier qu'elle n'entend plus collaborer avec lui .

Après avoir tenté un rapprochement avec Nicolas Dupont-Aignan, Paul-Marie Coûteaux est évincé du SIEL. Le , des adhérents, réunis en congrès extraordinaire, de , démettent ce dernier de la présidence et réaffirment l'alliance de leur parti avec le FN. Karim Ouchikh devient président par intérim RTL.. Coûteaux accuse alors Marine Le Pen d'avoir , et affirme être toujours le président légitime de son parti . Le , Karim Ouchikh est confirmé à son poste lors d'un nouveau congrès. L'Obs analyse ces événements comme une de Marine Le Pen sur le SIEL. Paul-Marie Coûteaux, pour sa part, dénonce l' et annonce son intention d'arrêter la politique . Il reproche à Marine Le Pen d'avoir délaissé sa stratégie d'alliances, de ne pas avoir développé de et de privilégier la ligne « ni droite, ni gauche » à l'union des droites..

2017 : rapprochement avec Les Républicains Il soutient Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien-démocrate, à la primaire présidentielle des Républicains.. En , il rallie le vainqueur de la primaire François Fillon . S'il assure des formules à François Fillon lors de sa campagne, l'équipe de ce dernier dément tout rôle actif et officiel le concernant.. Jusqu'à la veille du premier tour, il est en contact autant avec Philippe Olivier, beau-frère et proche conseiller de Marine Le Pen, qu'avec Bruno Retailleau, directeur de campagne de François Fillon. Alors que Marine Le Pen est accusée, dans l'entre-deux-tours, d'avoir plagié le passage d'un discours de François Fillon, Paul-Marie Coûteaux indique qu'il en est l'auteur mais qu'il n'a pas collaboré avec Marine Le Pen ou son équipe.. Finalement, le FN reconnaît un envers les électeurs de droite..

Depuis 2017 : soutien de Dupont-Aignan puis de Zemmour À partir de 2017, il est l'un des proches conseillers de Nicolas Dupont-Aignan.. Il se présente comme celui qui a organisé, en 2018, le rapprochement entre ce dernier et le groupe des Conservateurs et réformistes européens.. Il soutient sa liste pour les élections européennes de 2019.. Il est notamment l'une des chevilles ouvrières de la plateforme de rassemblement de la droite « Les Amoureux de la France ». Néanmoins, celle-ci est sabordée par Dupont-Aignan en vue des élections européennes de 2019. Face à cette politique, Coûteaux affirme , mais ..