L’Aber-Ildut (Aber Ildud en breton) est un des trois abers du Léon, dans le Finistère, en Bretagne. Formé de lIldut, un petit fleuve côtier et de sa basse vallée inondée par la mer, cet aber, le plus petit du Léon, est connu pour ses anciennes productions de granite et de cassitérite.
Étymologie L’Aber-Ildut porte le nom d’un saint gallois, Ildut de Llantwit qui eut de nombreux disciples en Bretagne armoricaine. Il n’est pas certain que cet homme soit lui-même venu en Bretagne et qu’il débarqua dans l’aber qui porte son nom. Il est possible que l’aber soit le lieu de débarquement d’une équipe de ses disciples arrivés d’outre-MancheNini Le Goff, Saint Ildut : du Pays de Galles à la Bretagne, Cercle d’histoire locale de Lanildut Lire en ligne..
Géographie Cours du fleuve vignette|gauche|Vue de l'estuaire de l'Idut dans l'aber. L’Aber-Ildut est le plus méridional des abers qui débouche dans la mer Celtique face à l'île d'Ouessant, c'est également le plus court () et le plus étroit. Cette ria correspond à la vallée inférieure de l'Ildut, petit fleuve côtier, long de . Autrefois, avant que le Goulet de Brest ne se soit creusé, l'Aulne et l'Élorn se déversaient vers le nord-ouest à travers la basse vallée de la Penfeld (en sens inverse du courant actuel) et la vallée de l'Aber-Ildut. C'était il y a d’années. Les vallées de l'Aber-Ildut et de ses affluents de rive gauche, notamment l'Allégouet, s'abaissent progressivement vers le nord jusqu'à à la sortie de l'Aber-Ildut du territoire communal de Plouzané : des étangs liés à l'exploitation de l'étain contenue dans les sables fluviatiles (exploités principalement à Saint-Renan) parsèment son coursAndré Guilcher, Évolution morphologique de vallées bretonnes, "Bulletin de la Section de géographie", 1961, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6246312w/f52.image.r=Plouzan%C3%A9.
Ce cours d'eau prend sa source au sud de la ferme de Kerverrien à Plouzané, à une altitude de - toutefois sa véritable source se localisait un peu plus à l’est jusqu'à la fin du avant d'être détournée vers la Penfeld, en 1886 ; un canal fut creusé pour envoyer les eaux de l'Ildut vers l'arsenal de Brest par l'intermédiaire du seuil de Castel-an-Daol et de l'étang de Villeneuve. Le fleuve côtier s’écoule ensuite selon une direction générale sud-est/nord-ouest, baigne les territoires communaux de Guilers et de Saint-Renan avant de rejoindre la mer à Lanildut.
La région des sources actuelles de l'Aber Ildut, aux confins des communes de Plouzané, Guilers et Brest, est surnommée "Petite Russie" en raison de sa platitude, de ses marécages et de ses brouillards fréquents. La carrière de Bodonou, vaste de , exploite les sables et graviers pliocènes, avec une obligation de restauration en zone naturelle au fur et à mesure de l'exploitationhttp://www.lanildut.fr/histoire/LanSource003.html et http://www.echodestpierre.infini.fr/msp/msp177.htm.
Malgré sa faible longueur, on peut diviser le cours du fleuve en quatre parties distinctes (ces dernières sont déterminées par des ruptures dans la pente d'écoulement qui est en moyenne assez forte, de l'ordre de 0,3 %)L'ildut sur Locmaria.patrimoine. :
près de sa source, le cours de l'Ildut présente une pente forte et un écoulement rapide. abordant la plaine renanaise, le fleuve voit sa pente s'adoucir et traverser les principaux étangs de son cours creusés, dans un premier temps, pour l'exploitation de l'étain, puis pour celle du sable et des graviers. la pente devient à nouveau forte en aval du lac de Lanéon jusqu'au lieu dénommé Pont Reun. au-delà de Pont Reun, l'écoulement redevient faible jusqu'à l'aber et la limite de la salinité des eaux qui correspond à l'entrée dans ce dernier.
Il est possible de longer la rive droite de l'aber à partir de Lanildut, dominé par le rocher du Crapaud, jusqu'à Brélès par la D 27, puis de franchir le fond de cette vallée ennoyée qui a tendance à s'envaser rapidement. En revanche, aucune route ne vient longer la rive gauche et il faut passer par Lampaul-Plouarzel pour atteindre le sud de l'embouchure; de là, on peut rejoindre Pors-Cave, sorte de presqu'île née d'une digitation du cours d'eau. Une ligne imaginaire partant de l'estuaire de l'Aber-Ildut et traversant l'île d'Ouessant en son centre constituerait la limite entre la Manche et l'océan AtlantiqueGuide Bleu Bretagne, Hachette, édition de 1991, ..
Cadre géologique
vignette|Carte géologique du Massif armoricain. thumb|L'Ildut. L'Aber-Ildut est à l'extrémité occidentale du domaine structural de la zone de Léon qui constitue un vaste antiforme métamorphique de sur orienté NE-SW. Postérieurement au métamorphisme hercynien, se développe un important plutonisme : le chapelet nord de granites rouges tardifs (ceinture batholitique de granites individualisée pour la première fois par le géologue Charles Barrois en 1909C. Barrois, Carte géologique à 1/80000, feuille Lannion (), 1909., formant de Ouessant à Barfleur (Aber-Ildut, Carantec, Ploumanac'h, puis Flamanville et Barfleur) un alignement de plutons de direction cadomienne, contrôlé par les grands accidents directionnels WSW-ENE), datés aux alentours de 300 Ma, correspond à un magmatisme permien.. Le complexe granitique de l'Aber-Ildut est un des éléments majeurs de la traînée de ces massifs granitiques à biotite et feldspaths roses à rouges.. La formation de ce complexe est liée à une grande zone de faiblesse dans l'écorce terrestre, le cisaillement senestre de Porspoder-Guissény (CPG). C'est vraisemblablement à la faveur de cette faille que le magma granitique a commencé à monter et, en s'éloignant de la faille, s'est déversé progressivement vers le sud en prenant la forme d'un laccolite. . Sa paragenèse comprend 65 % de feldspaths blancs et roses (ces derniers pluricentimétriques atteignent et sont responsables de la couleur dominante du granite, 20 % de quartz gris à éclat gras (aspect de gros sel) de forme quelconque, des paillettes de biotite à vif éclat noirâtre, et absence de muscovite..
Connu sous le nom de « granite de Brest », le granite porphyroïde rose de l'Aber-Ildut a été autrefois très exploité dans la régionLes carrières abandonnées sont nombreuses dans les environs., en particulier pour les mégalithes (selon des degrés de façonnement divers)Louis Chauris, « III - Les mégalithes en granite rose », 5 août 1995, série de 13 articles parus dans Le Courrier du Léon/Le Progrès de Comouaille (8 juillet 1995 - 6 janvier 1996, les stèles de l'âge du fer à l'époque gauloiseLouis Chauris, « IV - Les stèles de l'Âge du fer », 19 août 1995, série de 13 articles parus dans Le Courrier du Léon/Le Progrès de Comouaille (8 juillet 1995 - 6 janvier 1996, les constructions à la mer. Économiquement, son exploitation a donné lieu à l'existence de nombreuses carrières qui extraient le granite. L'espacement des diaclases qui isole de grands éléments parallélépipédiques, sa couleur rose, sa grande résistance à l'érosion et l'excellence du poli ont participé à sa renommée nationale (Lanildut est dominé par des rochers dans lesquels a été taillé le piédestal de l'obélisque de Louxor) et internationale (quais de la Tamise à Londres)..
Le sous-sol de l'Aber-Ildut est formé d'autres types de granit. En amont du cours d'eau, près de Saint-Renan, on trouve du granit stannifère dont les filons de quartz sont riches en cassitérite et en tourmaline ; une partie de ce granit a été altéré par le climat tropical qui régnait sur la région durant l'ère tertaire et entrainé vers l'aval où il rencontra, près du seuil de Lannéon, le granit de Plouarzel, plus résistant. En aval, l'Ildut pénètre dans la zone du granit porphyroïde de l'Aber-Ildut, composé de feldspaths roses, de quartz gris et de mica noir. Cette intrusion magmatique complexe présente ainsi, .
L'étude de ces granits a démontré que la vallée actuelle de l'Ildut avait été occupée pendant plusieurs millions d'années par un puissant fleuve drainant les Monts d'Arrée, les montagnes Noires, la presqu'île de Crozon et qui, après avoir traversé l'actuelle rade de Brest, rejoignait l'océan à l'emplacement de l'Aber-Ildut. Cet important cours d'eau drainait ainsi les eaux de l'Aulne, de l'Elorn et de la Penfeld, réduits au rôle d'affluents. À l'ère quaternaire, des mouvements tectoniques ont modifié la disposition des lieux, ouvert la rade de Brest et bouleversé l'hydrographie des lieux, le fleuve de première importance se divisant en cours d'eau de taille modeste dont l'Ildut actuel.
Hydrographie Le bassin versant de l'Ildut - entièrement sis dans le département du Finistère - couvre une superficie de et compte lors du dernier décompte de 2010 (soit une densité élevée de 348). Cette population est en forte augmentation depuis 1990 (+ 15 %) ; cette croissance correspondant essentiellement au phénomène de la périurbanisation affectant l'agglomération brestoise. Le fleuve côtier draine les territoires des communes de Brélès, Guilers, Lampaul-Plouarzel, Lanrivoaré, Locmaria-Plouzané, Milizac, Plouarzel, Ploumoguer, Plourin, Plouzané, Porspoder, Saint-Renan qui sont intégrées à la Communauté urbaine Brest métropole océane ou à Communauté de communes du Pays d'Iroise.
Même si le cours de l'Ildut apparaît modeste, le fleuve côtier est alimenté par de nombreux affluents et sous-affluents, au total 69, ce qui aboutit à un linéaire de plus de . Ses principaux affluents se situent en rive gauche avec le Plouazané (), le Plouarzel (), en rive droite avec le Langonery (), le Vizac (), le Kergroadès (). Le cours du fleuve est également marqué par l'omniprésence des étangs qui se succèdent sur le cours supérieur : Pontavennec, Ty-Colo, Comiren, La Laverie, Poulinoc, Lannéon.
Hydrologie Le climat qui baigne le bassin-versant de l'Ildut est typiquement océanique avec des précipitations de l'ordre de par an, caractérisées par un maximum d'octobre à mars et un minimum d'été (le mois de juillet étant le plus sec). Les températures sont caractérisées par une faible amplitude thermique avec des hivers doux de 2 à 5 °C et des étés frais de 18 à 20 °C. La proximité de la mer et la fréquence des vents d'ouest expliquent la modération des indicateurs climatiques.
À l’exutoire de l'Ildut, le débit, enregistré à la station hydrologique de Brélès, atteint en moyenne , pour la totalité de son bassin versant, soit , dans le cadre d’un régime pluvial océanique. Observé depuis 31 ans (entre 1977 et 2014), le fleuve côtier présente de variations importantes de son module, la période des hautes eaux est enregistrée durant la période hivernale (de janvier à mars) avec une moyenne mensuelle comprise entre et atteint en février, les basses eaux interviennent durant l'été avec des débits compris entre et de juillet à septembre (ce dernier mois voyant le plus bas module de l'année). Les périodes d'étiage, tout comme les crues (le débit de l'Ildut est monté jusqu'à le , soit 13,6 fois le module moyen), sont fortement prononcées en raison de la nature des sols imperméables qui favorise un écoulement brutal des précipitations (absence d'aquifère notable permettant le soutien des débits d'étiage).
Lame d'eau et débit spécifique En établissant une comparaison entre le débit et le bassin versant, l’Ildut présente un module élevé ainsi que l'atteste une lame d'eau de /an (bien supérieure à la moyenne nationale qui est de , mais globalement semblable à celle du bassin voisin de l'Aulne de l'ordre de ) et un débit spécifique (ou Qsp) de par seconde et par kilomètre carré de bassin ( pour l'ensemble des cours d'eau français, dans le cas du bassin de l'AulneLes chiffres délivrés pour le bassin versant de l'Aulne correspondent aux données enregistrées à la station hydrologique de Châteauneuf-du-Faou (Pont Pol).).
Histoire thumb|upright=1.2|right|Le viaduc ferroviaire de Daoulas construit en granite de l'Aber-Ildut.