Koenig & Bauer AG (anciennement KBA de Koenig & Bauer-Albert) est un fabricant de machines à imprimer dont le siège social se situe à Wurtzbourg en Allemagne. L'entreprise fut créée par Friedrich Koenig et Andreas Friedrich Bauer en 1817, ils inventèrent tous deux la presse rapide. Selon ses propres propos, l'entreprise est le plus ancien constructeur de machines à imprimer du monde et leader du marché en impression offset grand format, en impression d'emballages et de journaux, ainsi qu'en impression sur métal. L’entreprise possède également une division spécialisée dans la production de machines destinées à l'impression de billets de banque (KBA-NotaSys), domaine dans lequel elle possède environ 90% de parts de marché. L'entreprise est cotée à la bourse allemande dans la liste SDAX.

Historique

Start-up londonienne vignette|212x212px|Friedrich Koenig (1774 - 1833), cofondateur de Koenig & Bauer L’entreprise Koenig & Bauer a été fondée en 1817 par Friedrich Gottlob Koenig (1774 Eisleben – 1833) et Andreas Friedrich Bauer (1783 Stuttgart – 1860) dans un cloître à Oberzell, près de Wurtzbourg en Allemagne. Alors que Friedrich Koenig, l’imprimeur typographe, avait le sens pratique et était l’inventeur de la presse rotative, son associé Andreas Bauer qui était opticien et mécanicien de précision et avait poursuivi des études de mathématiques et de sciences appliqués apportait les connaissances théoriques nécessaires au succès de l’entreprise.

C’est durant son apprentissage chez Breitkopf & Härtl à Leipzig et à l’égard de l’épuisement physique qu’il éprouvait lors de la conduite des presses que Friedrich Koenig se mit en tête d’inventer un moyen pour faciliter le travail des imprimeurs. Pourquoi pas avec une machine à vapeur ? Koenig concevait et construisait un premier modèle de presse à vapeur mais il n’avait pas assez d’argent pour ouvrir une fabrique. Il trouva alors un mécène en Angleterre, Thomas Bensley, qui était à l’époque un des imprimeurs de livres les plus puissants. En , Bensley et Koenig signent un contrat car Bensley voulait construire une presse d’après les dessins et idées de Koenig. C’est dans ces années l’année que Koenig rencontre également Andreas Bauer. En Koenig et Bauer présentent le premier prototype de leur presse à cylindre. Parmi les curieux qui assistèrent à cette présentation se trouvait l’éditeur du fameux magazine "The Times". John Walter. Il était tellement impressionné par la performance de cette nouvelle machine – 400 feuilles / heure – qu’il commanda tout de suite deux machines doubles. En 1814, la presse à cylindres de Friedrich Koenig imprime pour la première fois le quotidien The Times. Bien évidemment les deux Allemands voulaient vendre un maximum de machines, mais leur associé Bensley, craignant la concurrence, savaient comment les en empêcher. Koenig et Bauer quittaient alors l’Angleterre pour l’Allemagne où ils signent le l’acte de fondation de l’atelier de fabrication de presses rapides Koenig & Bauer dans un cloître à Oberzell près de Wurtzbourg.

Les débuts d’une entreprise sont souvent difficiles. À l’époque, dans la région, il n’existe aucune infrastructure propice à la production industrielle. Pourtant, l’affaire se développe. Le Haude und Spenersche Zeitung daté du 25/01/1823 est, à Berlin, le premier journal imprimé sur une machine Koenig & Bauer sur le continent européen. D’autres titres renommés suivent en Allemagne et dans le reste de l’Europe.

En 1833, Friedrich Koenig meurt. Sa veuve Fanny Koenig et Andreas Bauer poursuivent son œuvre. De nouvelles machines sont mises au point et la centième presse est livrée dès 1838. En même temps, de jeunes ouvriers quittent l’entreprise et fondent leurs propres ateliers. Le monastère d’Oberzell devient ainsi le berceau de la construction de machines d’imprimerie en Allemagne. La période fondatrice se termine en 1860 avec la mort d’Andreas Bauer.

Des avancées sociales en avance sur leur temps (1855 – 1873) Les deux fils du fondateur, Wilhelm Koenig et Friedrich Koenig jr., entrent dans l’entreprise en 1849 et 1857. Wilhelm Koenig se consacre à la technique, Friedrich Koenig jr. modernise l’entreprise et introduit des innovations sociales. Après la création en 1855 de sa propre caisse d’assurance-maladie – qui existe toujours aujourd’hui ‒ l’entreprise se dote en 1865 d’une caisse d’épargne, puis, en 1868, d’un lycée professionnel qui deviendra l’actuel centre d’apprentissage de Wurtzbourg. Une école privée pour les enfants de familles pauvres ainsi qu’une caisse des veuves et des orphelins font également partie des avancées sociales pionnières. Le statut de l’entreprise de 1873 définit les droits et devoirs des ouvriers et de leurs supérieurs hiérarchiques et met en place voici plus de 140 ans l’un des premiers systèmes de cogestion sous la forme d’un comité d’entreprise.

1876 : le début de l’ère de l’impression sur rotative 1875 voit l’avènement des presses rotatives. Celles-ci vont marquer de façon décisive l’évolution technologique, l’activité et l’image de Koenig & Bauer durant les 125 années suivantes. La première rotative typo est livrée par l’entreprise au Magdeburgische Zeitung en 1876. En 1886, Wilhelm Koenig crée la rotative variable, en 1888 la première rotative quadri et peu après des machines spéciales pour imprimés luxueux en couleurs. Il s’intéresse en outre à l’impression fiduciaire, un secteur dans lequel Koenig & Bauer deviendra quelques dizaines d’années plus tard le leader du marché et chef de file technologique. De nouvelles machines feuilles et chromotypographiques viennent s’ajouter. En 1895, la 5000 presse sort des ateliers.

Wilhelm Koenig meurt en 1894, Edgar Koenig en 1897. Entretemps, Albrecht Bolza, l’un des petits-fils du fondateur, et Constantin Koenig, le plus jeune fils de Friedrich Koenig jr., ont rejoint l’entreprise. Cette troisième génération assurera la direction jusque dans les années 1920. vignette|380x380px|Site de production de Koenig & Bauer à Wurtzbourg (1913)

1900 : expansion dans une nouvelle usine En 1901, une nouvelle usine est construite sur le site actuel de la maison-mère de Wurtzbourg. Le hall de montage long de 225 mètres est à l’époque l’un des plus grands d’Allemagne. Les premières rotatives d’édition et hélio sont livrées, le développement de machines feuilles connaît des avancées décisives. Ainsi voit le jour notamment la presse quatre couleurs Iris, précurseur des presses pour impression fiduciaire. En plus des presses feuilles et rotatives, presses d’estampage et fondeuses sont expédiées dans le monde entier.

1914 - 1945 : destruction et reconstruction La première Guerre mondiale interrompt cet essor. Le rétablissement après-guerre des échanges avec l’étranger doit beaucoup au Dr. Hans Bolza, arrière-petit-fils de Friedrich Koenig. En 1920, il entre au directoire de l’entreprise transformée en société par actions et devient président du directoire en 1931. Une fonction qu’il exercera pendant 40 ans.

Koenig & Bauer survit à l’hyperinflation des années 1920 grâce à l’invention d’une presse à accumulation pour billets de banque en couleur. Avec la prise du pouvoir par les nazis en 1933, le commerce avec l’étranger redevient difficile. En 1934, l’entreprise se lance alors dans la fabrication de rectifieuses sans pointe qui resteront jusque dans les années 1990 au catalogue de l’usine autrichienne de Mödling ‒ deux exemples parmi beaucoup d’autres qui témoignent de la capacité d’adaptation de Koenig & Bauer.

En , le site principal de Wurtzbourg et l’usine II dans le quartier de Grombühl sont détruits par les bombardements. En 1946, la reconstruction commence. Après la réforme monétaire de 1949, Koenig & Bauer entre dans l’ère du miracle économique allemand avec un capital initial de 4,1 millions de DM. La première nouvelle rotative de presse est livrée en 1950 à Darmstadt. 1.147 personnes ont retrouvé du travail.

1952 : la success-story de l’impression fiduciaire Le début de la collaboration avec l’expert en impression fiduciaire Gualtiero Giori en 1952 et l’arrivée dans l’entreprise en 1951 du Dr. Hans-Bernhard Schünemann de la famille d’éditeurs brêmois du même nom constituent des dates-clés. Le premier des plus de 250 brevets du jeune ingénieur d’études porte sur la modification de la « croix de Malte » de la presse hélio feuilles Rembrandt MT III qu’il a lui-même conçue. En 1959, le Dr. Hans Bolza adopte l’inventeur de génie entré au directoire en 1956. De 1971 à 1995, soit durant près de 25 ans, le Dr. Bolza-Schünemann restera président du directoire de Koenig & Bauer AG et sera à l’origine du groupe KBA qui voit le jour en 1990. Après l’an 2000, ses fils Albrecht (2003 - 2009) et Claus (depuis 2011) lui succèdent en tant que représentants de la sixième génération de la famille fondatrice à la tête du directoire.

Condor et Rotafolio, deux modèles plébiscités En dépit de la concurrence croissante de l’offset dans les années 1960 et 1970, Koenig & Bauer reste longtemps attaché à l’hélio aussi bien pour les machines feuilles que pour les rotatives. À côté des machines pour l’impression de billets de banque mises au point en collaboration avec De La Rue Giori et des lignes hélio feuilles Rembrandt, les presses à deux tours Condor et la Rotafolio pour plaques enveloppantes, fabriquée à partir de 1963 sur le site de Trennfeld construit spécialement à cet effet connaissent un grand succès.

Rapida : l’offset feuilles hautes performances depuis 1974 vignette|363x363px|Le site de production de Koenig & Bauer à Radebeu (2008). Parallèlement à cela, les ingénieurs de Wurtzbourg se consacrent à l’offset et présentent à la drupa 1967 la première presse offset feuilles en demi-format, la Koebau-Rapida 0. Vient ensuite en 1969 la Koebau-Rapida III en moyen format. Toutes deux atteignent une vitesse maximale de 8.000 feuilles/h. Avec 15.000 feuilles/h, la Koebau-Rapida SR III de 1974 est presque deux fois plus rapide.

Parmi les grands concurrents de l’époque de Koenig & Bauer sur le marché de l’offset feuilles se trouve l’entreprise Planeta. C’est en 1898 que Josef Hauss et Alfred Sparbert créent à Dresde leur entreprise commune appelée « Dresdner Schnellpressen-Fabrik », un petit atelier dans lequel ils construiront des machines à imprimer. Les deux partenaires inventent leur première presse qui possède un bâti solide, quatre bandes d’entraînement et quatre rouleaux toucheurs. La première machine est installée dans une imprimerie à Dresde. Rapidement l’entreprise se fait un nom et son atelier atteint ses limites. Les partenaires décident donc de construire une usine aux portes de Dresde à Brockwitz où ils vont inventer en 1901 l’entraînement planétaire qui donnera le nom Planeta à l’entreprise. 1991 Planeta est repris par le groupe Koenig & Bauer qui transfère un an plus tard sa construction de presses offset feuilles vers sa nouvelle filiale.

C’est l’origine de la spécialisation de Radebeul dans les presses offset feuilles hautes performances qui constituent depuis des années la référence dans leurs catégories respectives, à l’instar de la Rapida 106 actuelle, avec une vitesse jusqu’à 20.000 feuilles/h, des changements de travail extrêmement rapides et jusqu’à 19 groupes d’impression et d’ennoblissement, pour le moyen format, et des gammes Rapida 145 et 164 pour le grand format. Héritières des Rapida 142 et 162 mises au point dans les années 1990 à Radebeul avec l’aide des équipes de Wurtzbourg, ces lignes très grand format très performantes ont remplacé dans bien des imprimeries les traditionnelles machines à cinq cylindres d’autres constructeurs. Le passage à une génération grand format technologiquement supérieure et son perfectionnement constant ont fait de KBA-Sheetfed il y a 20 ans le leader en grand format. Une position une nouvelle fois confortée en 2003 avec le lancement de la plus grande presse offset feuilles du monde, la Rapida 205.

Pionnier en matière de nouveaux procédés