Le prieuré du Louroux, également connu sous le nom de château du Louroux, est situé sur la commune du Louroux dans le département français d'Indre-et-Loire en région Centre-Val de Loire. Il est fondé au cours du par l'abbaye de Marmoutier. Ce monastère bénédictin fait alors partie des neuf prieurés possédés par l'abbatiat tourangeau et implantés dans le diocèse de Tours.

Les bâtiments, construits entre le et le , sont entourés d'un enclos et d'une enceinte fortifiée d'époque féodale disposant d'un pont-levis et d'un pont dormant. D'époques romane, gothique, Renaissance et enfin classique, l'ensemble comprend plusieurs bâtiments, notamment le logis du prieur, deux granges, une fuye, ainsi qu'une église placée sous le vocable de Saint Sulpice. Le prieuré comportait également un bâtiment de style roman, probablement une , construit au Moyen Âge et dont il ne subsiste plus que des vestiges.

Vers le milieu du , avec le début du régime commendataire au sein de l'abbaye de Marmoutier, le prieuré est transformé en établissement agricole, puis passe sous l'administration de l'archevêché de Tours au milieu du . Loué à des exploitants agricoles, l'ancien prieuré et son domaine sont ensuite vendus comme biens nationaux en 1791.

L'église bénéficie d'une inscription en 1973. La fuye, mais également les façades et les toitures des bâtiments agricoles d'époque féodale font l'objet, quant à eux, d'une inscription sur l'inventaire général en 1975.

Le prieuré du Louroux, qui a fait l'objet de multiples campagnes de travaux initiés par des abbés de Marmoutier, a été restauré dans les années 2000.

Contexte géographique et historique

Le prieuré du Louroux, également appelé ., est localisé à l'est du centre-bourg du Louroux, une commune située dans l'arrondissement de Loches, département d'Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire. Au nord-est du Louroux se trouve l'ancienne commune de Saint-Bauld, paroisse dont la fondation date de la même époque que celle du prieuré. Le fief d'Armançay, ou Armençey, situé à cheval sur les communes de Tauxigny-Saint-Bauld et du Louroux, au sein duquel Hardouin V de Maillé possédait un manoir vers la fin du ., a été ultérieurement élevé en châtellenie. La commune de Manthelan, orientée selon l'axe sud-sud-est, était probablement le centre d'un , une petite agglomération datant du .

vignette|redresse=1.2|alt=Image en couleurs représentant le plan au sol de constructions urbaines.|Les bâtiments du prieuré sur le plan cadastral napoléonien du Louroux de 1832.. Le complexe fortifié est encadré par la route de Louroux, au nord et par la , à l'ouest. La rue du Château, dont le début est disposé au sud-ouest, permet d'accéder à l'enceinte du prieuré... L'enceinte du prieuré est délimitée dans sa partie nord par un bras de l'Échandon, une rivière tributaire de l'Indre et qui alimente les étangs du Louroux, situés au sud-ouest du centre communal... Ce cours d'eau, qui forme une partie des douves de l'ensemble fortifié, le sépare du centre-bourg, à l'ouest. Le bras de l'Échandon joue un rôle de frontière, un type de délimitation spécifique de la région lochoise au cours du Moyen Âge..

vignette|gauche|redresse=1.2|alt=Photographie en couleurs d'une étendue d'eau bordée par des arbres et des herbacées.|Les étangs du Louroux. Les étangs du Louroux, formés de deux étendues d'eau, l'étang des Roseaux, qui recouvre une surface de , et l'étang de Beaulieu, qui s'étend sur , ont été respectivement créés aux et exploités par les moines du prieuré.. Non loin des étangs, au lieu-dit de « Mazère », se déploie une d'époque gallo-romaine mise en évidence en 1976.. L'établissement antique, qui mesure et dont il ne reste plus que des traces, a été repéré par prospection aérienne...

Le complexe fortifié, qui s'inscrit au cœur d'une petite vallée, est délimité au sud par un plateau, lequel s'élève à faible altitude. Le prieuré du Louroux, comme l'ensemble du territoire communal, repose sur un sous-sol en grande partie constitué de calcaires jaunes formés au Turonien, ainsi que d'argiles siliceuses et de calcaires à caractère lacustre formés au Sénonien..

Enfin, après sa fondation, le monastère du Louroux fait partie des neuf prieurés possédés par l'abbatiat de Marmoutier et implantés dans le diocèse de Tours..

Histoire Moyen Âge Fondation En 993, l'archevêque de Tours d'Archembault de Sully fait acte de don de l'église Saint-Sulpice (ou plus précisément d'un oratoire.) aux moines de l'abbaye de Marmoutier . Cet acte est le plus ancien document manuscrit se rapportant au Louroux. L'église lorousienne fait ensuite l'objet d'une cession en bénéfice en contrepartie d'un revenu annuel (ou cens) de dix sous. Cette rétribution annuelle prend fin sous le ministère de Raoul II, vers la fin du et début du .

vignette|redresse=0.8|alt=Ancien dessin gravé et en noir et blanc représentant un homme près d'une table, le corps recouvert d'une armure, le haut d'une cotte de maille enserrant sa tête et tenant un marteau d'armes dans la main droite, un artefact cylindrique visible entre l'index et le pouce de sa main gauche.|Geoffroy Martel. La création du prieuré est très probablement contemporaine de la fondation de la paroisse du Louroux, ainsi que de celle de Saint-Bault. En revanche, à l'instar des dix-huit autres prieurés érigés en Touraine par l'abbatiat de Marmoutier., il n'y a aucune trace de l'acte de fondation de celui du Louroux. Pour Jacques-Xavier Carré de Busserolle, le prieuré du Louroux aurait été fondé en 1058 par .. Lors de sa fondation, l'établissement lourousien constitue alors le siège d'une châtellenie détenue par l'abbaye de Marmoutier et dont le dirigeant possède . Toutefois, comme le soulignent Edward Impey et Élisabeth Lorans, aucun document ne permet d'attester la fondation du Louroux par le comte d'Anjou. Pour autant, des chartes de donation, émises aux , permettent de retracer l'augmentation des droits seigneuriaux et religieux du Louroux. Ces documents indiquent qu'au cours de cette période, Geoffroy II d'Anjou, mais également les seigneurs qui lui sont proches, ont contribué au développement du prieuré.

Premières constructions et développement du prieuré La toute première mention se rapportant au prieuré figure dans une charte de donation de 1052 émise par Goscelin de Sainte-Maure. Le seigneur de Sainte-Maure consent à céder aux moines du Louroux le droit de panage, à l'exception des personnes qui lui doivent depuis longtemps le privilège d'exercer cette pratique. Cette donation a été exécutée avant le , date à laquelle Goscelin de Sainte-Maure trouve la mort.

Durant le , Montbazon apparaît dans les actes relatifs au prieuré. Les moines du Louroux, qui appartiennent à l'ordre des bénédictins., détiennent de Thibault de Braord, chevalier de Montbazon, depuis la fondation de l'établissement monastique, des terres au (fief du Lavoir, commune de Veigné) contre un cens annuel de . À la mort de Braord, Audierne, sa femme, réclame, en surplus du cens, un setier de blé ou de froment et de vin. Les moines refusent, le différend est porté devant la cour de Montbazon et la veuve de Braord se trouve déboutée de sa réclamation.

Les Ulger, une autre famille seigneuriale que celle des Sainte-Maure, est également liée à l'histoire du prieuré. Le prieuré est en relation avec cette famille dès la première moitié du . Une charte ne portant pas de date précise, met en évidence qu'Archembault et Ulger, deux des fils d'Ulger, doyen de Saint-Martin, renoncent à .. Cet acte est associé à une reconnaissance de la part de Marmoutier des possessions de Geoffroy de Montbazon sur la viguerie du Louroux, détentions qui sont ultérieurement annulées devant la cour de Montbazon contre un paiement de . Un second document, daté de 1064, fait mention du doyen Ulger et de son fils cédant aux coutumes et perceptions sur le domaine du Louroux. En , Geoffroy, le fils cadet du doyen Ulger, en contrepartie de accordés par Barthélémy, abbé de Marmoutier, cède ses droits d'usage et de coutume sur le prieuré du Louroux.

Sous l'abbatiat de Barthélémy, entre 1064 et 1084, un personnage dénommé Ainard de Sainte-Maure fait don de dix serfs originaires de la paroisse lourousienne.. Vers la fin du , entre l'an 1080 et l'an 1100, son fils, Hugues de Sainte-Maure, cherche à obtenir la moitié de la dîme et le droit de pâturage revenant au prieuré du Louroux. Ardonius, le prieur alors responsable du Louroux, ne cède pas aux revendications ; le différend se résout par le fer et la tentative de Sainte-Maure échoue...

Les premiers bâtiments construits, le logis du prieur et l'église Saint-Sulpice, datent du . Le bâtiment le plus ancien est probablement l'édifice destiné à loger le prieur. Pour André Montoux, l'église dédiée à saint Sulpice, donnée au début des années 990, aurait été entièrement rebâtie à la fin du . L'archéologue Robert Ranjard estime quant à lui que la construction de la nef actuellement en place date du . Élisabeth Lorans et Edward Impey corroborent cette datation. En 1146, un homme dénommé Hugues , réalise la vente de six arpents de terre, localisés () au profit des moines du Louroux. Une somme de , complétée d'une rétribution annuelle de six deniers, est versée en contrepartie.. La fin du , entre 1180 et 1188, est marquée par un désaccord entre le prieuré du Louroux et celui de Saint-Bauld, l'objet de ce conflit portant sur la dîme perçue sur le fief d'Armançay . Le désaccord relatif à l'impôt d'Armançay, domaine situé à cheval de Tauxigny-Saint-Bauld et du Louroux, a pour conséquence de matérialiser de manière officielle la frontière entre les deux paroisses.

Fortification Dans les années 1210 et 1220, selon les chartes de Marmoutier, l'aménagement de l', la réfection du logis, l'érection d'une grange et la fortification du site, pourraient être le fait d'Hugues des Roches, alors abbé du monastère tourangeau.. Au sein de la Grande chronique de Touraine d'André Salmon, le texte se rapportant à ces événements est le suivant :

Toutefois, l'attribution de ces travaux de construction à l'initiative de l'abbé de Marmoutier est à nuancer : pour Impey et Lorans il n'est pas impossible qu'il s'agisse d'un bâtiment plus ancien que Des Roches aurait uniquement fait réparer et que cette même ait été détruite ultérieurement.

vignette|gauche|alt=Dessin en noir et blanc de l'avers et du revers d'un ancien sceau de forme circulaire.|Sceau et d'Hardouin V de Maillé. En 1221, un chevalier appelé Geoffroy Isoré fait acte de donation d'un tiers de deux arpents de pré au prieuré. Ces terrains se trouvent à proximité du moulin cédé en 991 par l'archevêque Archembault Sully.. Vers la fin du , dans un acte daté du , Hardouin V de Maillé et son épouse Jeanne de Beauçay, alors propriétaires d'un manoir sur la partie lourousienne d'Armançay, abandonnent la totalité des droits de panage, de fumage et de cornage qu'il détenaient sur les moines du Louroux. En 1251, au bénéfice du prieuré, les moines de Marmoutier rachètent un bief et la place d'un moulin, implantés dans la paroisse lourousienne. En 1302, un chevalier et seigneur de Blou, abandonne ses droits de propriétés sur une lande faisant partie de la paroisse du Louroux.

La seconde phase de construction concerne la mise en fortification des lieux. La seconde étape date plus probablement du début du que de l'abbatiat de Des Roches, au début du . Cette deuxième phase consiste à creuser le fossé et à ériger la muraille.

vignette|redresse=0.8|alt=Dessin en noir et blanc et en buste d'un homme portant une couronne ornée de lys et vêtu d'une hermine et d'un manteau fleurdelisé.|Philippe confirme par lettres patentes les droits du seigneur du Louroux en 1334.