thumb|Vivier (1980)
Claude Vivier, né à Montréal le , mort à Paris le Archives en ligne de Paris , année 1983, acte de décès , cote 11D 414, vue 27/31, est un compositeur québécois.
Il entreprend ses premières études de musique à , et entre par la suite au conservatoire de musique de Montréal. De 1967 à 1970, il étudie la composition avec Gilles Tremblay. Grâce à une bourse du Conseil des arts du Canada, il part étudier la composition électroacoustique aux Pays-Bas (Utrecht) et en Allemagne sous la tutelle de Stockhausen de 1970 à 1974. Il s’est par ailleurs initié à la musique des ensembles de gamelan au cours d’un séjour dans l’île de Bali en Indonésie.
Biographie Jeunesse et formation Claude Vivier naît de parents inconnus ; il est placé dans un orphelinat où il reste jusqu’à Noël 1950« Tous les spectres de Claude Vivier » par Pierre Gervasoni, Le Monde du .. Il est adopté officiellement (en ), à deux ans, par une famille modeste. À 8 ans, il est abusé sexuellement par un oncle ; envoyé dans un internat, il ne voit plus sa famille que pendant les vacances.
À 13 ans, il est dans un pensionnat dirigé par les Frères maristes, un séminaire voué à la formation de jeunes garçons à la prêtrise. Il y étudie la musique, joue de l'orgue et écrit ses premières mélodies. Son amour de la poésie et de la musique moderne éclipsent bientôt la vocation religieuse. Il a découvert son homosexualité et, surtout, sa nature de compositeur.
Lorsqu’on lui indique de quitter le noviciat à l’âge de dix-huit ans, pendant l’année scolaire 1966-1967, pour « manque de maturité », il s’inscrit au conservatoire de musique de Montréal en 1967, où il étudie la composition avec Gilles Tremblay , avec qui il obtient ses prix d’analyse et de composition, et le piano avec Irving Heller jusqu'en 1970.
En 1971, il entreprend des études en Europe, d’abord à l’Institut de sonologie d’Utrecht, puis, en 1972 à Cologne, avec Karlheinz Stockhausen. Il apprend beaucoup de ce dernier, bien que ses œuvres subséquentes n’en portent pas la marque, ainsi que le montre sa pièce pour chœur a cappella Jesus erbarme dich (« Jésus prends pitié »), composée en 1973.
Voyages et compositions Il revient à Montréal en 1974 où il commence à être reconnu. Des pièces comme Lettura di Dante sont créées avec un certain succès lors des concerts de la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ). À l’automne de 1976, il entreprend un long voyage en Extrême-Orient, principalement au Japon et à Bali. Hommage à la musique balinaise, Vivier dit de Pulau Dewata ( en indonésien, 1977) :
Son opéra Kopernikus (1978-1979), sous-titré « Rituel de mort », inspiré des Aventures d’Alice au pays des merveilles, et dont il est l’auteur du livret, est créé le au Monument national de Montréal. À cette époque, son style change, avec son intérêt pour les échelles non tempérées et son goût pour les superpositions de timbres et d’harmonies, sous l’influence et dans la mouvance de la musique spectrale, née en France dans les années 1970, principalement développée par les compositeurs Gérard Grisey et Tristan Murail. Sa première pièce dans ce style musical, Lonely Child, pour soprano et orchestre, écrite entre 1974 et 1980, est devenue l’une de ses plus connues. Celle-ci, de même que des pièces telles Prologue pour un Marco Polo et Wo bist du Licht!, est conçue pour faire partie d’une œuvre, restée inachevée, un « opéra fleuve », intitulé Rêves d’un Marco Polo.
Une de ses dernières œuvres, Trois airs pour un opéra imaginaire (1982),
En , grâce à une bourse du Conseil des arts du Canada, Vivier rejoint Paris, où il entreprend l’écriture d’un opéra sur la mort de Tchaïkovski.
Assassinat Le , à l'âge de 34 ans, un mois avant son , il est assassiné à son domicile parisien. Son corps n'est découvert que le Voir sur lemonde.fr du .. Le compositeur était coutumier de s’enfermer durant des semaines pour faire avancer son travail. Mais, début mars, il n'était pas présent à la soirée que l’Ambassade du Canada lui a consacrée, de même qu'il était absent au rendez-vous prévu avec le musicologue Harry Halbreich pour écrire le livret de son opéra sur Tchaïkovski.
C'est la sœur d'Halbreich qui, après s'être rendu chez lui, alerte la police qui découvre le cadavre sous un matelas, la bouche bourrée de papiers journaux. Il a reçu dix-sept coups de couteau. Sur sa table de travail, on retrouve le manuscrit inachevé de sa dernière œuvre chorale Glaubst du an die Unsterblichkeit der Seele (« Crois-tu en l'immortalité de l'âme? »). Il y décrit une rencontre dans le métro parisien avec un beau jeune homme. L'œuvre s'interrompt sur le texte : , sans doute en référence à l'agression similaire qu'il a subie quelques semaines auparavant, le .
Il est incinéré au Père Lachaise ; une seconde cérémonie a lieu à Montréal un mois plus tard« C’est Claude Vivier qu’on assassine », France Musique, Carrefour de la création du ..
L'assassin, Pascal Dolzan, un prostitué sans domicile fixe âgé de 21 ans« La "java" meurtrière de Pascal Dolzan » par N. B., Le Monde du .20 ans, selon La Presse du ., qu'il a rencontré dans un bar gay, est appréhendé huit mois plus tard, le , et inculpé pour plusieurs meurtres crapuleux d'homosexuels. Il est condamné, en , à la réclusion à perpétuité par la cour d'assises de ParisVoir archives des Dernières Nouvelles d'Alsace.La Presse, 26 novembre 1986, page 3..
Commentaires
György Ligeti, quant à lui, considérait Vivier comme
Pour le musicologue Alain Poirier, parlant du projet mélodique de Vivier et de cette ,
Citation
Œuvres Claude Vivier laisse une quarantaine d'œuvres, dont la plupart ont été enregistrées sur disque ou DVD.
Notes et références
Références
Voir aussi Bibliographie Bob Gilmore, Claude Vivier: a composer's life, Rochester, NY : University of Rochester Press, , 2014, 295 p. Jacques Tremblay, « L'écriture à haute voix : Lonely Child de Claude Vivier », Circuit, vol. 11, n° 1
Radio « C’est Claude Vivier qu’on assassine », France Musique, Carrefour de la création du
Archives Un fonds d'archives de Claude Vivier (fonds Claude Vivier (P570)) est conservé au centre d'archives de Montréal de Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ). Un fonds Claude Vivier, est conservé par la division de la gestion de documents et des archives de l'université de Montréal.
Liens externes
Catégorie:Élève de Karlheinz Stockhausen Catégorie:Compositeur québécois Catégorie:Compositeur canadien de musique classique de la période contemporaine Catégorie:LGBT au Québec Catégorie:Naissance en avril 1948 Catégorie:Naissance à Montréal Catégorie:Décès en mars 1983 Catégorie:Mort assassiné en France Catégorie:Décès à 34 ans Catégorie:Décès dans le 11e arrondissement de Paris Catégorie:Musicien assassiné Catégorie:LGBT dans la musique au Canada