La Fédération syndicale unitaire (FSU) est la première fédération syndicale en France de l'enseignement en 2022Élections professionnelles 2022 : les résultats officiels : https://www.education.gouv.fr/elections-professionnelles-2022-les-resultats-343849. Son champ de syndicalisation est restreint à la Fonction publique (essentiellement la Fonction publique d’État et la Fonction publique territoriale) et à quelques secteurs « mixtes » (Caisse des dépôts et consignations, France Travail, secteurs associatifs). Elle est la deuxième organisation syndicale de la fonction publique d'État, derrière la Confédération générale du travail - Force ouvrière (FO)..
En 2025, la FSU revendique , dont 83 % d'enseignants, ce qui en fait le français derrière la Confédération générale du travail (CGT), la Confédération française démocratique du travail (CFDT), Force ouvrière (FO) et l'Union nationale des syndicats autonomes (Unsa).
Elle œuvre à l'unité syndicale, d'où son nom qui marquait originellement un refus de l'exclusion-scission de la Fédération de l'Éducation nationale (FEN) de 1992. Elle travaille à la recomposition syndicale, à gauche, et au rassemblement organique de ce qu'elle nomme le ..
Son fonctionnement, qui associe les syndicats nationaux, les sections départementales et les tendances, est repris de la FEN dont elle est issue.
Sa secrétaire générale est Caroline Chevé depuis .
Historique Scission de la Fédération de l'Éducation nationale Les fondements de la Fédération syndicale unitaire (FSU) se trouve dans la Charte de Clermont-Ferrand proposée lors du Congrès de 1991 de la Fédération de l'Éducation nationale (FEN) par l'ensemble des composantes minoritaires (syndicats, tendances et sections départementales) de la fédération.
Cette charte propose un nouveau fédéralisme, contestant celui pratiqué par la direction de la FEN. Le rassemblement opéré à cette occasion est relativement inédit . Vingt-cinq ans plus tard, la géographie interne avait donc profondément changé.
En 1992, au moment de l'exclusion de la FEN du SNES et du Syndicat national de l'éducation physique (SNEP), qui refusaient de se dissoudre dans un Syndicat des Enseignants, l'ensemble des signataires de la Charte de Clermont-Ferrand décident de garder le contact. Ils créent alors des Comité de liaison unitaire (CLU), qui vont dans bien des départements comme au niveau national, être le lieu de débat sur l'avenir de la FEN, puis sur la forme de la future fédération.
Fondation de la Fédération syndicale unitaire Après une bataille juridique qui voit confirmer, par un congrès extraordinaire, l'exclusion des SNES, le pas est franchi, et la Fédération syndicale unitaire (FSU) est créée en 1993. Elle rassemble alors des structures anciennes (les syndicats nationaux exclus ou ayant décidé de quitter la fédération, une trentaine de sections départementales de la FEN, dirigée soit par Unité et Action, soit par l'École émancipée), des structures nouvelles (comme le syndicat du premier degré, le Syndicat national unitaire des instituteurs, professeurs des écoles et PEGC (SNUipp), et l'essentiel des sections départementales), ainsi que les tendances minoritaires, organisations assez informelles.
À la surprise générale, en , lors des élections professionnelles chez les enseignants, la FSU, qui ne dispose encore que de statuts provisoires et qui, dans nombre de départements, n'a pas de moyens militants très importants, devient la première fédération syndicale de l'éducation nationale, passant devant la FEN.
Le congrès fondateur, qui a lieu à Mâcon en , se tient donc dans des conditions optimales, ce qui n'empêche pas les débats d'être assez vifs entre des composantes qui n'ont pas forcément la même conception du rôle d'une structure fédérale. Lors de ce congrès est annoncé le retrait du Contrat d'insertion professionnelle (CIP), ancêtre du Contrat première embauche (CPE), que la FSU avait condamné et contre lequel elle avait combattu.
Le souci principal, dans cette période, est d'éviter que ce qui avait été considéré comme l'hégémonisme d'un syndicat et d'une tendance (UID) dans la FEN se reproduise dans la FSU. Outre le fait que le secrétaire général de la fédération est choisi parmi les représentants du syndicat de l'enseignement agricole, des dispositions statutaires (comme le vote à 70 % de toutes les décisions) limitent l'influence d'Unité et Action, la tendance largement majoritaire.
À partir de 1995, cependant, des tensions internes vont se faire jour entre la direction du Syndicat national de l'enseignement technique action autonome (SNETAA) et le reste de la fédération. La FSU gagne en effet à la fin de cette année une reconnaissance certaine de sa place dans le syndicalisme français en participant de façon très active à la mobilisation contre le « plan Juppé » de réforme des retraites et de la protection sociale. Mais le SNETAA estime que la fédération dérive vers une forme de syndicalisme contestataire et politisé, et devrait se cantonner dans la défense du personnel qu'elle représente.
Cette divergence va se transformer en crise interne, lorsque la direction du SNETAA décide de ne plus payer ses cotisations fédérales, de ne pas siéger dans les instances et de ne pas participer aux congrès fédéraux. Cette crise va pourrir la situation interne jusqu'en 2001 année où les instances nationales constatent que le refus du SNETAA de payer ses cotisations constitue une démission de la fédération. C'est, à cette heure, la seule désaffiliation qui ait touché la fédération.
La période est aussi marquée par une crise de direction. Michel Deschamps démissionne de son poste de secrétaire général en 1999, pour figurer sur la liste du Parti communiste français aux élections européennes. Un duo, constitué des secrétaires généraux des deux principaux syndicats, Monique Vuaillat (SNES) et Daniel Le Bret (SNUipp), est alors mis en place. Cette direction, dont la composition est surtout liée à des équilibres internes difficiles à trouver, ne fonctionne pas vraiment. L'année suivante, Daniel Le Bret quitte toutes ses responsabilités syndicales pour fonder la société de soutien scolaire Paraschool. Il est remplacé, aux côtés de Monique Vuaillat, par Pierre Duharcourt (SNESUP), un professeur des universités respecté, connu pour la qualité de son travail intellectuel et pour ses engagements militants de longue date (il a été, notamment, secrétaire général du SNESUP de 1975 à 1983).
Lorsque Monique Vuaillat part en retraite, pour des raisons d'équilibre, Pierre Duharcourt quitte également sa responsabilité à la tête de la fédération. Un nouveau secrétaire général, unique, est alors élu : c'est Gérard Aschieri, issu du SNES, mais surtout connu pour son travail de négociateur et d'élaboration syndicale sur les questions corporatives.
Pour autant, la FSU, qui décide de créer un nouveau syndicat des lycées professionnels, le SNUEP, ne voit pas son développement s'arrêter. Grâce à la progression des « nouveaux syndicats », et notamment du SNUipp, qui passe devant le SE-FEN aux élections professionnelles, elle devient la première fédération de la fonction publique d'État.
Elle participe à de nombreuses mobilisations, directement ou par le biais de ses syndicats nationaux. En 2003, elle est un des principaux moteurs de l'action contre la Loi Fillon (retraites) et la décentralisation.
Parallèlement, la question de son avenir et de sa place dans le syndicalisme se pose de façon constante. Contrairement à l'UNSA, par exemple, la FSU ne théorise pas son autonomie et s'interroge en permanence sur la stratégie à adopter pour rassembler le syndicalisme. Après avoir décidé en 2001 d'élargir son champ de syndicalisation à toute la fonction publique d'État, elle franchit un nouveau pas en 2004, lors du Congrès de Perpignan, décidant d'accepter désormais des syndicats des trois fonctions publiques. Cette décision est prise après des débats assez serrés.
Mais, malgré l'adhésion de nouveaux syndicats, pour l'essentiel issus de l'opposition interne de la Confédération française démocratique du travail (CFDT), l'implantation de la FSU en dehors de son champ historique de l'éducation, recherche et culture, reste assez faible. En 2007, le Congrès de Marseille décide de « relancer » cette implantation, tout en ouvrant le débat sur d'autres options pour l'avenir de la FSU.
Depuis 1999, la FSU s'est vue reconnaître le droit de siéger au Conseil économique, social et environnemental. Son premier représentant fut, de 1999 à 2010, Pierre Duharcourt, professeur des universités en économie, ancien secrétaire général du SNE-Sup, jusqu'à son décès. Puis Gérard Aschieri, ancien secrétaire général de la FSU et président de l'Institut de la FSU, la représentait dans cette assemblée. Il siégeait, comme son prédécesseur, au sein du groupe des personnalités qualifiées, l'unique siège dont dispose la FSU ne lui permettant pas de constituer un groupe. Aujourd'hui, Bernadette Groison, elle aussi ancienne secrétaire générale de la FSU, participe au groupe "Alternatives sociales et écologiques" avec la Confédération paysanne et Solidaires..
En 2010, la FSU formule des propositions pour réformer le système de la retraite en France et participe aux cinq grandes journées du mouvement social contre la réforme des retraites en France de 2010. Elle propose d'augmenter les financementshttp://www.fsu.fr/IMG/pdf/doc_reunion_100219_retraites_revendications.pdf et de les diversifier, pour ne pas peser sur le coût du travail mais au contraire décourager les opérations en capital, rendues omniprésentes par le développement de la spéculation à court terme. Elle demande aussi bien l'abrogation des mesures de la réforme Balladur des retraites de 1993 que celles de la Loi Fillon de 2003. La FSU propose aussi un dispositif de « cessation progressive d’activité », reprenant « les aspects positifs de l’ancienne CPA, dont l'exercice à mi-temps rémunéré 80 %, avec un droit ouvert à partir 55 ans et 25 années de cotisation) ». La FSU a été avec la CGT, dont elle s'est rapprochée, particulièrement active contre la réforme des retraites en France en 2010.
En , dans l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2017 qui oppose Marine Le Pen et Emmanuel Macron, la FSU appelle à "faire barrage" à la candidate du FN..
Dans le contexte politique et social très tendu du début des années 2020, la FSU fait partie des piliers de l'intersyndicale nationale qui organise dix journées de manifestations géantes dans 300 villes, avec de nombreuses grèves et occupations temporaires de péages et sites logistiques ou autoroutiers au centre du mouvement social contre le projet de réforme des retraites en France de 2023 et écrit à Emmanuel Macron pour demander des négociations, puis n'ayant pas été reçue, une médiation et une suspension de l'adoption du texte de loi.
Les syndicats affichent tout au long du mouvement leur autonomie par rapport aux partis politiques, face à Emmanuel Macron qui parle de et d'une foule illégitime, prétextant son souhait de ne pour refuser le de rencontrer l'intersyndicale..
Syndicats affiliés La FSU est essentiellement une fédération de syndicats relevant du champ Éducation, Jeunesse et Sport, Recherche, Culture, Justice qui était celui de l'ancienne Fédération de l'Éducation nationale (FEN). Toutefois quelques syndicats externe a l'Éducation nationale l'ont rejointe, notamment après le conflit sur les retraites du printemps 2003. Il s'agit le plus souvent de militants ou de syndicats appartenant au courant oppositionnel de la CFDT et qui ont rompu avec leur confédération d'origine.