La coupe du monde d'escrime 2018-2019 est la de la coupe du monde d'escrime, compétition d'escrime organisée annuellement par la Fédération internationale d'escrime. Elle débute le et s'achèvera en au terme des championnats du monde. Le calendrier officiel comporte huit compétitions (cinq tournois de catégorie A et trois Grands Prix) par arme, en plus des championnats de zone et du monde.

Distribution des points Les compétitions du calendrier se divisent en cinq catégories. Toutes rapportent des points comptant pour la coupe du monde selon un coefficient préétabli : coefficient 1 pour les épreuves de coupe du monde, coefficient 1,5 pour les grands prix et championnats de zone et coefficient 2,5 pour les championnats du monde. Les tournois satellite, destinés à familiariser de jeunes tireurs avec les compétitions internationales, rapportent peu de points.

Au cours du congrès annuel de la FIE du , la décision est prise de réduire le coefficient des championnats de zone à 1. Cette décision ne sera cependant appliquée qu'à partir de la saison suivante et n'affecte donc pas le processus de qualification pour les Jeux olympiques d'été de 2020. Le coefficient de 1,5 était jugé trop avantageux pour les escrimeurs non-européens.

Individuel Le barème complet est le suivant. Pour calculer le classement d'un escrimeur, seuls comptent les cinq meilleurs totaux de points obtenus au cours des huit épreuves de coupe du monde et Grand Prix, ainsi que les championnats de zone et du monde. Rang à à à à à à à Championnats du monde 80 65 50 35 20 10 5 2,5 1,25 0,625Championnats continentauxGrand Prix 48 39 30 21 12 6 3 1,5 0,75 0,375Coupe du monde 32 26 20 14 8 4 2 1 0,5 0,25Satellite 4 3 2 1 0

Par équipes Le partage des points est le même pour toutes les compétitions par équipes, sauf pour les championnats du monde qui rapportent le double. Pour calculer le classement d'une équipe, seuls comptent les quatre meilleurs résultats des cinq épreuves de coupe du monde et les résultats des championnats de zone et du monde. Rang à Championnats du monde 128 104 80 72 64 60 56 52 50 48 46 44 42 40 38 36 16Championnats continentauxCoupe du monde 64 52 40 36 32 30 28 26 25 24 23 22 21 20 19 18 8

Faits notoires Hors-compétition Changements dans le calendrier Peu de modifications sont à dénombrer dans le calendrier par rapport à l'année précédente en termes de pays visités. Dans le calendrier masculin, le Jockey Club Argentino de Buenos Aires reprend sa place dans le calendrier au détriment du trophée Carroccio de Legnano. Chez les dames, les tournois tenus l'an passé dans les villes de Katowice et Baltimore sont prévues dans les mêmes pays, mais dans deux villes différentes, à Gdańsk (l'étape habituelle du tournoi de fleuret de Pologne) et Salt Lake City.

Les principales modifications se situent dans les dates, avec le début du grand circuit de la coupe du monde repoussé à la deuxième semaine de novembre. Ce retard provoque un certain nombre de chevauchements entre deux épreuves. Paradoxalement, tout le mois de décembre se déroule sans compétition, créant un intervalle de plus d'un à deux mois entre les épreuves, suivant les armes, au désarroi des représentants des tireurs. L'autre changement se situe dans le regroupement des épreuves mineures, les tournois satellite, en début de saison, entre septembre et octobre. Le nombre de ces épreuves et leur répartition entre hommes et femmes est en progression, avec 20 épreuves respectivement pour les femmes et pour les hommes.

Cette saison marque le début de la période de qualification pour les Jeux olympiques d'été de 2020 à Tokyo. La période qualificative débutera en fin de saison, à partir du pour se conclure le de l'année suivante.

Suspension de la fédération géorgienne A compter du mois d'août, la fédération géorgienne d'escrime a été sanctionnée d'une suspension provisoire par la Fédération internationale pour Sans davantage de précision, ainsi que d'une amende. La Fédération géorgienne pourra être réintégrée dès le , si l'amende a été payée. Pour les escrimeurs géorgiens, cette suspension ne se traduit pas par des sanctions sportives : ils sont autorisés à prendre part à toutes les compétitions de la FIE, mais sous le drapeau de celle-ci et non sous drapeau géorgien. Dans le même temps, la fédération du Koweït est réintégrée, permettant à ses escrimeurs de prendre part aux compétitions sous leurs couleurs nationales.

Modification des règles de non-combativité Le , le congrès de la FIE réuni à Paris valide une proposition de modification des règles de non-combativité dont la réforme majeure remontait à 2010. La non-combativité, définie par une période d'environ une minute sans touche, valable ou non-valable, n'était plus sanctionnée de cartons mais occasionnait le passage sans transition à la période de trois minutes suivante, ou bien, si la non-combativité survenait durant la dernière période, à une dernière minute avec tirage au sort du vainqueur en cas d'égalité. Ce mécanisme chronométrique était originellement destiné à rendre plus attractifs et plus rythmés les matchs d'escrime, en particulier d'épée, mais obtenait parfois l'effet inverse : certaines rencontres par équipes, hachées par plusieurs relais non-disputés et s'achevant sur un score bas, laissaient dans les médias une image négative, comme la finale féminine des championnats du monde 2018 par équipes à l'épée entre les États-Unis et la Corée du Sud, conclue sur le score de 18-17.

Les nouvelles règles réinstaurent des sanctions en cas de non-combativité, tout en abandonnant le principe de transition à la période suivante. Le dispositif crée les cartons «P», infligés uniquement en cas de non-combativité et non-cumulables avec les cartons ordinaires, dispensés pour les autres fautes prévues au règlement. Les sanctions s'échelonnent de la façon suivante : carton jaune «P» à la infraction, carton rouge «P» aux et infractions et carton noir «P» à la infraction. Les sanctions sont les mêmes que les cartons ordinaires (simple avertissement pour le carton jaune, touche de pénalité pour le carton rouge) exception faite du carton noir «P», qui sanctionne le tireur fautif d'une élimination de la compétition mais non-assortie d'une suspension de toute compétition de deux mois. En cas de non-combativité, la sanction diffère selon le score : si les deux tireurs ou équipes sont à égalité, ils sont tous deux sanctionnés et si les scores diffèrent, c'est le tireur ou l'équipe qui est derrière au score seul qui est sanctionné.

Déroulement de la saison Le retour gagnant de Di Francisca thumb|250px|La fleurettiste Elisa Di Francisca en 2014 Cette saison marque le retour à la compétition de la championne olympique de fleuret aux Jeux de Londres 2012, Elisa Di Francisca, absente du circuit depuis les Jeux de 2016 où elle avait pris la médaille d'argent derrière la nouvelle reine du fleuret féminin, Inna Deriglazova. Di Francisca s'était retirée du circuit pour donner naissance à son premier enfant et revient cette année avec pour objectif principal la qualification pour les Jeux olympiques de Tokyo. À Alger, pour son premier tournoi en plus de deux ans, elle bénéficie d'une partie de tableau dégagée de ses principales concurrentes, toutes éliminées prématurément, parmi lesquelles les plus redoutables étaient Alice Volpi (), Inès Boubakri (), Ysaora Thibus (), Eleanor Harvey (), Camilla Mancini () et Nicole Ross (). Elle s'impose donc sans affronter de membre du top 16, mais après des victoires contre Larisa Korobeynikova, Martina Batini et la jeune japonaise de 19 ans Sera Azuma en finale. Pour son retour à la compétition, Di Francisca est venue accompagnée d'un jeune supporter, son fils Ettore, né en . Batini, elle aussi jeune mère de famille, monte également sur le podium, à la troisième place.

Kim Jung-hwan se retire thumb|250px|left|Kim Jung-hwan en 2016, après sa victoire pour la médaille de bronze olympique Le champion du monde en titre du sabre masculin, le Sud-Coréen Kim Jung-hwan, annonce en début de saison sa retraite sportive. Kim, 36 ans, avait aussi été médaillé d'or olympiques par équipes aux Jeux de Londres en 2012 et de bronze individuel à Rio de Janeiro, quatre ans plus tard. Il avait aussi été plusieurs fois champion du monde par équipes et triple champion d'Asie. La nouvelle de ce départ inopiné est une surprise car malgré les années, Kim demeurait solidement en haut du classement mondial (il s'y classe troisième lors de cette annonce) et membre de la redoutable équipe nationale de Corée du Sud, gagnante de quatre coupes du monde et du titre mondial l'an passé, malgré la concurrence et la montée en puissance des jeunes sabreurs coréens. Après treize années dans l'équipe nationale, Kim part en beauté sur deux titres mondiaux et un titre par équipes aux Jeux asiatiques.

La révélation Jessica Zi Jia Guo Parmi les tireurs qui se révèlent cette année sur le circuit de la coupe du monde, la plus surprenante de tous est probablement la jeune Canadienne Jessica Zi Jia Guo, née en 2005 et donc âgée de seulement 13 ans, qui fait cette année ses débuts sur le circuit senior. À Alger et Katowice, Guo s'était extraite des éliminatoires et avait passé le premier tour du tableau final en éliminant Hanna Łyczbińska et Sumire Tsuji. Dès sa troisième épreuve, au Challenge international de Saint-Maur, elle se qualifie pour le tableau final et passe trois tours, atteignant pour la première fois les quarts de finale d'un tournoi de cette importance, éliminant au deuxième tour la mondiale Lee Kiefer avant d'être finalement stoppée par Ysaora Thibus (15-7). Guo pourrait devenir, en poursuivant sur cette lancée, la plus jeune participante aux Jeux olympiques de 2020 à Tokyo.

Sada Jacobson, dix ans après L'épreuve de coupe du monde de sabre féminin de Salt Lake City voit le retour d'une autre championne, Sada Jacobson (mariée depuis, elle tire sous le nom de Sada Bâby), âgée de 35 ans. Un retour exceptionnel pour l'Américaine qui avait mis fin sa carrière en 2008, au terme des Jeux olympiques de Pékin, soit plus de dix ans auparavant. Ce retour à la compétition internationale ne devrait cependant pas être suivie d'une tentative de qualification olympique, selon Sada Bâby elle-même : . Prolongé ou non, son retour s'est soldé par une qualification pour le tableau final de 64, où elle a été éliminée au premier tour par la future vainqueur du tournoi, Cécilia Berder.

thumb|200px|right|Yannick Borel remporte son quatrième titre d'affilée. Quatrième succès consécutif pour Yannick Borel Au cours d'un week-end fructueux pour l'équipe de France, avec les succès de Cécilia Berder et de l'équipe de France de sabre dames à Salt Lake City et des fleurettistes dames au Challenge international de Saint-Maur, par équipes, le mondial de l'épée messieurs Yannick Borel signe un retour gagnant en remportant le Grand Prix de Doha. Éloigné des pistes après une opération au poignet, en , le Français avait manqué les deux premières épreuves de la coupe du monde de la saison. Dans un style typiquement offensif, Borel conclut sa compétition en dominant largement l'Espagnol Yulen Pereira (15-4). Outre son retour gagnant, ce succès est le quatrième en autant de tournois, après avoir arraché la Coupe du monde 2018 pour trois points en remportant les trois derniers tournois de la saison précédente, dans le titre européen et le titre mondial. Fort de ces 24 victoires consécutives en matchs à élimination directe, Borel est invaincu depuis . Il fait l'impasse sur la compétition individuelle lors de l'étape de Vancouver mais y fait son retour en par équipes. Sa série de 26 victoires consécutives en matchs à élimination directe se termine au Grand Prix de Budapest contre Kazuyasu Minobe (7-15), futur vainqueur du tournoi.

Changements de numéros 1 mondiaux