Marc-René de Voyer de Paulmy, d'Argenson, né le à Venise et mort le à Paris, est un homme d'État français.

Ministre d'État et lieutenant général de police pendant vingt-et-un ans, de 1697 à 1718, il fut ensuite garde des Sceaux du au et dirigeant du Conseil de finances de à 1720.

Biographie

Marc-René de Voyer de Paulmy d'Argenson naquit à Venise, où son père était ambassadeur du roi Louis XIV. Il est le fils de René de Voyer d'Argenson et de Marguerite Houlier de La Poyade. Selon la tradition, il fut déclaré filleul de la république de Venise, ce qui lui valut de porter le prénom de Marc en plus du prénom familial de René.

Un serviteur de l'État Il est ministre d'État et lieutenant général de police pendant vingt-et-un ans de 1697 à 1718. Son nom est indéfectiblement attaché à l'institution de la lieutenance générale de police, qu'il a très largement renforcée, notamment en créant le corps des inspecteurs de police en 1708 et en développant la surveillance des lieux publics, des hôtels et des chambres garnies.

En 1702, il organise une rafle contre les occultistes de la capitale, dont Marie-Anne de La Ville fait partie.

Il combat les jansénistes et, en 1709, expulse les religieuses de Port-Royal des Champs.

En 1716, sous la Régence, il se retrouve dans le collimateur de la Chambre de justice pour corruption. Plusieurs de ses complices financiers sont déjà condamnés au pilori et aux galères. Son entourage est interpellé, et sa propre garde à vue est prévue pour le lendemain. Jouant son va-tout, il se rend au Palais-Royal. Refoulé plusieurs fois en journée, il réussit finalement à forcer le passage jusqu’au Régent. Face au refus de ce dernier de l’écouter, d’Argenson lance un chantage direct : sa chute entrainera celle du Régent. Il révèle qu’il détient tous les dossiers secrets que Louis XIV lui avait confiés sur les affaires d’Espagne. À l’époque, le duc d’Orléans était en effet accusé de complot pour détrôner et empoisonner Philippe V, et pour répudier sa femme. Toutes les pièces à conviction avaient été transmises à la cour de Versailles. D’Argenson propose alors un deal : échanger la cassette contenant ces preuves explosives contre celle contenant les documents qui l’envoient droit en prison. Le Régent accepte le compromis. L’échange est immédiat, et les deux hommes passent deux heures complètes à bruler l’ensemble des documents..

Il est garde des Sceaux du au . Il devient garde des sceaux en profitant de l'éviction du chancelier d'Aguesseau. De même, il reçoit la alors que le duc de Noailles démissionne de la présidence du Conseil de finances, qui avait été mis en place par le Régent dans le cadre de la polysynodie. D'Argenson s'emploie à faire du Conseil de finances une coquille vide, en centralisant les décisions financières..

Il expérimente une dîme royale, dans les élections de Niort, où elle est bien accueillie, La Rochelle et Cognac, où les privilégiés la repoussent vigoureusement et obtiennent l’appui du peupleJean Nicolas, La Rébellion française : mouvements populaires et conscience sociale, 1661-1789, Paris, Gallimard, 2008. Collection Folio, , p. 219. Il s'efforce en vain de prévenir la faillite du système de Law, mais ayant reconnu l'inutilité de ses efforts, il démissionne de ses fonctions en 1720. Le contrôle général des finances est alors rétabli au profit de John Law.

Saint-Simon l'a peint avec

Son buste par Guillaume Coustou, est au musée du château de Versailles.

Membre de l'Académie française Membre honoraire de l’Académie des sciences (1716) et de l’Académie des inscriptions et belles-lettres, il est élu en 1718 à l'Académie française, au fauteuil numéro 1. Il fréquenta assidûment le salon de de Tencin dont il fut très proche.

Mariage et descendance Il épouse à Paris, paroisse Saint Nicolas des champs, le Marguerite Lefebvre de Caumartin, fille de Louis François Lefebvre de Caumartin, seigneur d'Argouges, conseiller au Parlement de Paris, conseiller d'État, maître des requêtes, et de Catherine Madeleine de Verthamon. Elle appartient à une ancienne famille de la Noblesse de Robe. De ce mariage, sont issus :

Marie Catherine de Voyer de Paulmy d'Argenson (1693-1735), mariée en 1715 avec Thomas Le Gendre de Collandres, seigneur de Collandres, Gaillefontaine, maréchal des camps et armées du Roi, commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint Louis (1673-1738), dont postérité. Leur petit-fils Armand Marc de Montmorin de Saint Herem fut ambassadeur puis ministre du Roi Louis XVI ; René Louis de Voyer de Paulmy, d'Argenson (1694-1757), marié en 1718 avec Marie Madeleine Françoise Méliand (1704-1781), dont postérité ; Marc Pierre de Voyer de Paulmy, comte d'Argenson (1696-1764), marié en 1719 avec Anne Larcher (1706-1764), dont postérité.

Portrait littéraire Alexandre Dumas en brosse un portrait dans Chroniques de la Régence, Paris, éd. C. Schopp, Vuibert, 2013, .

Références

Bibliographie Fontenelle, Éloge de M. d'Argenson, dans Histoire de l'Académie royale des sciences - Année 1721, Imprimerie royale, Paris, 1723, , , Yves Combeau, Le comte d'Argenson, 1696-1764 Ministre de Louis XV, École nationale des chartes, , . Georges Martin, Histoire et généalogie de la Maison de Voyer de Paulmy d'Argenson, 1997, Lyon, l'auteur, 242 p., .

Articles connexes Famille d'Argenson Liste des ministres français de la Justice Liste des membres de l'Académie royale des sciences Impasse de l'Hôtel-d'Argenson Marie-Jeanne-Constance de Voyer d'Argenson (1734-1783)

Liens externes

Académie des sciences : Les membres du passé dont le nom commence par A Sa généalogie sur le site geneanet samlap

Chronologie

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