La (« arche passerelle »), (« passerelle/porte de l'Ouest ») ou (« arche de Saint-Louis ») est située dans le centre-ville de Saint-Louis dans l'État du Missouri, aux États-Unis. Symbole de la ville, cette arche recouverte d'acier inoxydable mesure de hauteur, ce qui en fait le plus grand monument qui puisse se visiter dans l'État, la plus grande arche du monde et le monument artificiel le plus haut du pays. Elle est consacrée à la conquête de l'Ouest, comme le mémorial dont elle fait partie.
L'arche est située sur la rive ouest du fleuve Mississippi, quelques kilomètres après sa confluence avec la rivière Missouri et presque sur un axe nord-sud, où la ville de Saint-Louis a été fondée en 1764. Elle a été conçue par l'architecte finno-américain Eero Saarinen, tandis que le Germano-Américain Hannskarl Bandel en est l'ingénieur structurel.
La construction, commencée le , est achevée le . Le monument à lui seul a coûté plus de de dollars à l'époque (soit près de de dollars en 2013). Il a été ouvert partiellement au public le et inauguré officiellement le .
Projet
Création et premier financement (1933-1935)
Vers la fin de , l'avocat et responsable municipal , de retour à Saint-Louis du George Rogers Clark National Historical Park de Vincennes dans l'Indiana, étudie les possibilités de développement du quartier de Saint-Louis jouxtant le Mississippi Archivé depuis l'original le 14 février 2011. Consulté le 14 février 2011.. Il imagine la construction d'un monument permettant à la fois de relancer l'attrait pour cette rive et de stimuler l'économie locale. Il confie son idée au maire Bernard F. Dickmann, qui, le , fixe une réunion avec les autres responsables de la ville. Ils valident la proposition et l'association à but non lucratif Jefferson National Expansion Memorial Association (JNEMA) est formée.. Smith est nommé vice-président et Dickmann président de celle-ci.
Le but de l'association était de créer .
vignette|gauche|alt=Carte du Grand Saint-Louis.|Agglomération du Grand Saint-Louis : situation de la ville de Saint-Louis à l'extrémité orientale de l'État du Missouri et séparée de l'État de l'Illinois par le fleuve Mississippi.
De nombreux habitants n'approuvent pas le fait de puiser dans les fonds publics pour cette cause. SaLees Smith, la fille de Smith, raconte que lorsque , il répondait que étaient tout aussi importantes. L'association s'attend à ce que de dollars soient nécessaires pour entreprendre la construction d'un tel monument. Elle appelle donc le gouvernement fédéral à prendre en charge trois quarts de la facture (soit de dollars).
La suggestion de raviver la rive du fleuve n'est pas inédite, mais les projets précédents manquaient de soutien populaire. L'idée du mémorial Jefferson émerge au milieu du désarroi économique de la Grande Dépression et fait la promesse de créations d'emplois : sur une période de trois à quatre ans.. Les membres du comité commencent à sensibiliser le public en organisant des collectes de fonds. Ils engagent également des membres du Congrès dans leur campagne, mettent au point des budgets de planification et préparent des factures, en plus de lancer des recherches sur les propriétaires des terrains choisis de la Third Street à la voie ferrée. En , le sénateur Bennett Champ Clark et le député John J. Cochran transmettent au Congrès des États-Unis un accord pour le déblocage de de dollars pour le mémorial, mais cette requête échoue à obtenir un soutien en raison de l'importance de la somme. En mars de la même année, les résolutions communes proposent la création d'une commission fédérale pour développer le mémorial. Bien que les propositions visent uniquement son autorisation, elles rencontrent une opposition du fait du soupçon que la JNEMA puisse plus tard chercher à s'approprier cette commission. Le , le projet du Sénat est ajourné et, le , il est remis au qui émet plus tard un rapport favorable sur celui-ci. Le , le projet est validé au Sénat et à la Chambre. Le , le président Franklin Delano Roosevelt signe le projet de loi instituant l’United States Territorial Expansion Memorial Commission. La commission comprend quinze membres choisis par le président, la Chambre, le Sénat et la JNEMA. Elle s'est réunie le à Saint-Louis où ses membres examinent le projet et son emplacement prévu.
Pendant ce temps, en décembre, la JNEMA discute de l'organisation d'un concours d'architecture pour concevoir le monument. L'architecte local Louis LeBeaume élabore des lignes directrices pour un lancement de ce dernier en . Le , la Commission valide les propositions de projet de la JNEMA, y compris les périmètres du mémorial, l'« importance historique » du mémorial, le concours et le budget de de dollars. Entre février et avril, l'Assemblée générale du Missouri adopte une loi permettant l'utilisation d'obligations pour faciliter le projet. Le , le gouverneur Guy Brasfield Park signe la loi. Dickmann et Smith demandent le financement de deux nouvelles agences fédérales créées à la suite du « New Deal » : la (PWA) dirigée par Harold LeClair Ickes et la (WPA) dirigée par Harry Hopkins. Le , à la fois Ickes et Hopkins consentent à la demande de financement, chacun promettant de dollars et déclarant que le National Park Service (NPS) gérerait le mémorial.. Le est adoptée la création de bons obligataires locaux pour de dollars afin d'aider au développement du mémorial.
Le , le président Roosevelt signe le . approuvant le mémorial et l'allocation de la zone de afin qu'il devienne le premier site historique national. Le décret affecte également de dollars via la WPA et de dollars à travers la PWA, soit un total de de dollars. La motivation du projet est double : la commémoration de l'expansion territoriale vers l'ouest et la création d'emplois. Certains contribuables commencent alors à intenter des poursuites pour empêcher la création du monument, qu'ils considèrent comme un gâchis financier.
Acquisition foncière, opposition, démolition et premières négociations sur les voies ferrées (1936-1939) vignette|alt=Rive du Mississippi à Saint-Louis après démolition de la zone cible.|Rive du Mississippi à Saint-Louis après démolition de la zone cible (vers 1942).
Avec l'utilisation de la subvention de 1935 de de dollars et les obligations de la ville de de dollars, le NPS acquiert les bâtiments situés sur le site, à travers l'expropriation plutôt que le rachat classique, afin de les faire démolir. En , le processus d'expropriation est complet. La légalité de ce dernier fait l'objet de nombreux procès qui se terminent le lorsque la Cour d'appel fédérale des États-Unis juge que ce processus est bien valide. Au , ce sont de dollars qui sont distribués aux propriétaires fonciers. La démolition commence le lorsque Dickmann extrait symboliquement trois briques d'un entrepôt vide Archivé depuis l'original le 25 février 2011. Consulté le 25 février 2011..
Dirigés par Paul Peters, les adversaires du monument livrent aux membres du Congrès à Washington un dépliant intitulé (« Nécessité publique ou simple démagogie »). L'avocat de la JNEMA, Bon Geaslin, considère que ces tracts ne parviennent pas à discréditer le projet et motivent même des membres du Congrès à s'y intéresser davantage. Bien que le représentant John Cochran souhaite demander au Congrès d'approuver une enveloppe supplémentaire de fonds, Geaslin estime préférable que l'association fasse .
La réduction des dépenses du Congrès rend impossible l'obtention des fonds alloués. Le NPS y répond en expliquant que la ville allait également réduire son financement si le gouvernement fédéral le faisait. Il avance également que les fonds sont validés par un décret présidentiel, mais le surintendant John Nagle reste prudent sur ce point : ce . En , le député Cochran déclare lors d'une réunion à l'Assemblée qu'il . Geaslin estime que ces déclarations vont être pénalisantes pour le projet en renforçant l'opposition de Paul Peters, tout en étant un mauvais signe pour le Congrès qui pourrait considérer les opinions de Cochran comme représentatives de l'opinion publique.
Peters et d'autres contestataires demandent à Roosevelt d'annuler le et de réallouer l'argent à la Croix-Rouge américaine. Smith conteste ces motivations et les accuse d'être . Dans The Nation en , un éditorial écrit par Paul W. Ward dénonce le projet. Smith est furieux, craignant l'impact de cette attaque provenant d'un magazine prestigieux et veut contre-attaquer. , un rédacteur d'un journal de renom, lui conseille alors de ne pas s'inquiéter.
Parce que le fleuve Mississippi joue un rôle essentiel dans l'établissement de l'identité de Saint-Louis en tant que , une commémoration se devait d'être près du cours d'eau. Des voies ferrées construites dans les années 1930 sur la digue obstruent la vue de la rive depuis la zone du mémorial. Lorsque Ickes explique que ces voies ferrées doivent être retirées avant qu'il alloue des fonds pour le mémorial, le président de la Commission de la fonction publique de Saint-Louis Baxter Brown suggère . Bien que l'architecte du NPS Charles Peterson rejette cette idée, la proposition de Brown sert de base pour l'accord final.
Concours architectural (1945-1948)
En , Smith échange avec Newton B. Drury, le directeur du National Park Service, sur la conception du mémorial, affirmant que celui-ci doit être , représentées au mieux par un Archivé depuis l'original le 14 février 2011. Consulté le 14 février 2011..
L'idée d'un concours d'architecture pour déterminer la conception du mémorial naît lors de la réunion inaugurale du JNEMA. Des liquidités pour le prix pour la meilleure conception sont prévues. En , le JNEMA annonce officiellement un concours de design en deux étapes dont l'organisation coûte . Smith et le JNEMA parviennent difficilement à réunir les fonds, recueillant seulement un tiers du total requis en . Le maire d'alors Aloys P. Kaufmann craint que le manque de soutien public ne conduise les fonctionnaires à abandonner le projet. Après une année sans plus de succès, Smith réalise une hypothèque pour le reste des en . En juin, d'autres personnes prennent en charge des parties de la souscription de Smith, laissant à sa charge. En , Smith est totalement soulagé de son hypothèque et le fonds s'élève alors à .
L'architecte local Louis LaBeaume prépare un ensemble de spécifications pour la conception et l'architecte George Howe est désigné pour coordonner le concours ; celui-ci est officiellement ouvert le . Les sept membres du jury qui juge les conceptions sont , Richard Neutra, Roland Wank, William Wurster, Louis LaBeaume, Fiske Kimball et S. Herbert Hare.. Le concours comprend deux étapes : la première pour présélectionner cinq propositions et la seconde pour choisir un seul architecte et son œuvre. Les spécifications sont précises mais laissent tout de même une certaine liberté aux artistes, et sont définies comme suit :
L'équipe de l'architecte Eero Saarinen comprend : lui-même en tant que concepteur, J. Henderson Barr en tant que concepteur associé et Dan Kiley comme architecte paysagiste., ainsi que Lilian Swann SaarinenLilian Swann Saarinen est la femme d'Eero Saarinen. Ils sont mariés . comme sculpteur et Alexander Girard comme peintre. Dans la première étape de la compétition, Carl Milles conseille à Saarinen de modifier les bases de chaque jambe de son arche pour qu'elles soient triangulaires plutôt que carrées. Saarinen explique qu'il . Lors de la soumission au concours, les plans de Saarinen sont ceux d'une arche de de haut et de large d'un centre à l'autre des bases triangulaires.
vignette|gauche|alt=Vue aérienne de l'arche.|Vue aérienne de l'arche (2006).