René Schickele est un romancier, essayiste et poète alsacien de langue allemande, né à Obernai (aujourd'hui Bas-Rhin) le en Alsace alors allemande, et mort le à Vence (Alpes-Maritimes). Il est membre de l'Académie de Berlin.

Biographie Jeunesse Son père est issu d'une famille de viticulteurs de Mutzig (Bas-Rhin). Sa mère, francophone, est originaire du Territoire de Belfort. En même temps qu'il poursuit des études d'histoire de la littérature, de sciences et de philosophie, à Strasbourg, Munich, Paris et Berlin, avec quelques amis, il fonde dès 1901 à Strasbourg la revue d'avant-garde .

Premiers engagements politiques Avec ses amis Ernst Stadler et Otto Flake, il s'efforce de promouvoir une « alsacianité de l'esprit » qui met en valeur, dans une perspective européenne, la vocation médiatrice de l'Alsace entre la France et l’Allemagne. Il crée avec eux un cercle artistique et littéraire, Das jüngste Elsaß, afin de promouvoir la culture germanique et dialectale proprement alsacienneBernard Vogler, Strasbourg au temps d’Arp, de 1900 à 1914, in Mélusine, cahiers du centre de recherches sur le surréalisme n°IX, actes du colloque de Strasbourg de septembre 1986, éditions L’Age d’Homme, Paris, 1987, , consulté en ligne le 29 mai 2017. En 1909, Schickele, journaliste à Paris, est fortement impressionné par la personnalité de Jaurès et par son socialisme pacifiste. En dépit des contresens et des procès d'intention, c'est la ligne qu'il s'efforcera de défendre année après année malgré la montée des tensions diplomatiques entre la France et l'Allemagne et le déchaînement, des deux côtés du Rhin, des propagandes nationalistes et bellicistes. En 1911, il devient rédacteur en chef du journal libéral , fondé par Gustave Stoskopf en 1908. Il mène la lutte pour développer parallèlement les libertés locales et le processus de démocratisation.

Rupture de la Première Guerre mondiale Lorsqu'éclate la Première Guerre mondiale, il se retire en Suisse. Directeur de la revue expressionniste , il transforme peu à peu la revue en un organe de l'internationale pacifiste.

En , il est à Berlin où il s'efforce de contribuer à la réalisation de son idéal socialiste et pacifiste. Fidèle à ses principes, il refuse l'idée d’une dictature du prolétariat comme moyen d'instaurer la société nouvelle. L'échec de la Révolution allemande brise en lui le ressort de l'action et l'éloigne de l'engagement politique.

Œuvres en allemand Après la guerre, il quitte l'Alsace pour s’établir de l'autre côté du Rhin, à Badenweiler, continuant de se revendiquer pourtant plus que jamais comme « citoyen français » (en français, « et poète allemand »). C'est durant cette période qu'il écrit sa grande trilogie romanesque, : Maria Capponi (1926), (1927) et (1931).

Malgré sa nationalité française, il est élu à l'Académie de Berlin, en compagnie de Thomas Mann, de Heinrich Mann et d’autres grandes figures de la littérature germanophone de l’époque.

Retour en France et au français Pressentant l'avènement du nazisme, il quitte Badenweiler en 1932 pour s'installer en Provence, précisément à Sanary-sur-Mer (Var) au 363 rond point Stellamare. Au travers de son roman La Veuve Bosca (1933) avec une grande sensibilité, et poésie, il va décrire la vie dans le milieu viticole, renouant avec son enfance, tout en y mêlant la dimension dramatique de l'époque.

Pour son dernier roman, Le retour (1938), il revient à la langue maternelle, le français. Il le traduit en allemand l'année suivante sous le titre .

Héritage Dans l'esprit de René Schickele, le Cercle René-Schickele, fondé en 1968 par la société Culture et bilinguisme d'Alsace et de Moselle, voudrait devenir une sorte de pont entre les cultures française et allemande. En son honneur a été fondé un prix René-Schickele et son nom a été donné à un collège de Saint-Louis (Haut-Rhin) ainsi qu'à une école primaire située à Mutzig. À l'occasion du soixante-dixième anniversaire de la mort de René Schickele, le Prix du Patrimoine Nathan Katz 2009 a été attribué à Irène Kuhn et Maryse Staiber pour la première traduction française de son livre , sous le titre Paysages du ciel.

Ouvrages

Poésie , Strasbourg, 1902. , Strasbourg, 1902. Mon Repos, Berlin et Leipzig, 1905. , Stuttgart et Berlin, 1906. , Berlin, 1910 ( augmentée en 1920). , Leipzig, 1914. , Leipzig, 1915.

Romans , Berlin, 1909. , Berlin, 1911. , Berlin, 1913. , Leipzig, 1914. , Leipzig, 1914. Aïssé, Leipzig, 1916. , Berlin, 1920. : (Berlin, 1926), (1927), (1931). , Berlin, 1929. , Berlin, 1933. , Amsterdam, 1937.

Essais , Berlin, 1913. , Berlin, 1918. , Berlin, 1919. , Munich, 1922. , Berlin, 1932. — Traduction française : La Frontière, Strasbourg, 2021. , Berlin, 1933. , Amsterdam, 1935. Le Retour, in Les Œuvres libres, Paris, 1938. Réédition 2010 aux Editions bf, Strasbourg.

Théâtre , Leipzig, 1915 (nouvelle version en 1927). , Berlin, 1920. , Berlin, 1920.

Traductions françaises d'ouvrages de René Schickele Terre d’Europe, poèmes choisis et traduits par Gérard Pfister, postface d’Adrien Finck, Éditions Arfuyen, Paris, 1990. La Veuve Bosca, traduction de E. Alfandari-Botton revue et corrigée par Dominique Dubuy, préface de Thomas Mann traduite par Maxime Alexandre, Éditions Circé, Strasbourg, 1990. La Bouteille à la mer, traduit par Dominique Dubuy, Éditions Circé, 1996. Paysage du ciel, traduit par Irène Kuhn et Maryse Staiber, Éditions Arfuyen, 2010, Prix du patrimoine Nathan Katz 2009. Nous ne voulons pas mourir (), traduit par Charles Fichter, Éditions Arfuyen, 2019

Notes et références

Pour approfondir

Bibliographie Charles Fichter, René Schickele et l’Alsace jusqu’en 1914, Salde, Strasbourg, 1980. Adrien Finck, Introduction à l'œuvre de René Schickele, Salde, Strasbourg, 1982. Adrien Finck, « René Schickele », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 33, Adrien Finck, René Schickele, Salde, Strasbourg, 1999. Adrien Finck et Maryse Staiber (éd.), , Kehl, 1984. Adrien Finck et Maryse Staiber (éd.), , Hildesheim, 1991. Jean-Marie Gall, René Schickele. Environnement familial, social et culturel (1883-1904), thèse, Strasbourg, 1996. Julie Meyer, , München, 1981. Annemarie Post-Martens, , Frankfurt am Main, 2002. Maryse Staiber, L’Exil de René Schickele (1932-1940), Strasbourg, 1989. Maryse Staiber, L’Œuvre poétique de René Schickele. Contribution à l’étude du lyrisme à l’époque du « » et de l’expressionnisme, Strasbourg, 1998.

Liens externes

Voir l'hommage rendu à René Schickele lors de la remise du Prix du patrimoine Nathan Katz dans le cadre des 5 Rencontres européennes de littérature à Strasbourg : site officiel du Prix

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