Agde []La prononciation du toponyme est réduite à non-localement.Jean-Marie Pierret, Phonétique historique du français et notions de phonétique générale, Peeters, Louvain-la-Neuve, 1994, . (en occitan Agde ['atte]ALIBÈRT Loís (1966) = ALIBERT Louis, Dictionnaire occitan-français d’après les parlers languedociens, Toulouse: Institut d’études occitanes, p. 20., ALIBÈRT Loís (1935 [rééd. 1976, 2000]) Gramatica occitana segon los parlars lengadocians, Barcelona: Institut d’Estudis Catalans / Institut d’Estudis Occitans, p. 414.) est une commune française située dans le sud du département de l'Hérault, en région Occitanie.
Exposée à un climat méditerranéen, elle est drainée par le canal du Midi, l'Hérault, le ruisseau de l'Ardaillou, le ruisseau des Courredous et par divers autres petits cours d'eau. La commune possède un patrimoine naturel remarquable : quatre sites Natura 2000 (l'« étang du Bagnas », les « carrières de Notre-Dame de l'Agenouillade » et le « cours inférieur de l'Hérault » et « est et sud de Béziers »), cinq espaces protégés (la réserve naturelle nationale du Bagnas, « le Bagnas », « le Clot », « Les Monts d'Agde » et « Notre Dame de l'Agenouillade ») et sept zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique.
Agde est une commune urbaine et littorale qui compte en , après avoir connu une forte hausse de la population depuis 1962. Elle est dans l'unité urbaine d'Agde et fait partie de l'aire d'attraction d'Agde. Ses habitants sont appelés les Agathois ou Agathoises.
La ville d'Agde, surnommée parfois « la perle noire de la Méditerranée »Cette expression est attribuée à Marco Polo (cf. .) à cause de ses monuments construits en pierre basaltique, a une longue histoire. Des populations sont attestées dès la fin de l'âge du bronze sur le site de La Motte. (). Les Phocéens sont présents au , venus de Massalia (nom grec de Marseille dans l'Antiquité).
Dès le début du et jusqu'à la Révolution, Agde est le siège d'un évêché. Face à l'évêque, qui détient dès le le pouvoir temporel de la vicomté d'Agde, la ville fut très tôt, vers le début du , administrée par des consuls, préfiguration des municipalités modernes.
Ville portuaire depuis l'Antiquité, favorisée vers la fin du par l'ouverture du canal du Midi, Agde tira longtemps l'essentiel de ses revenus du commerce maritime et de la pêche. La ville a subi le déclin de son port sur l'Hérault, à cinq kilomètres de la mer, surclassé par celui de Sète dès l'arrivée des navires à vapeur. Au début du , la commune vivait principalement de la pêche et de l'agriculture (viticulture). Elle connaît une nouvelle phase de développement depuis la construction, dans les années 1970-1980, de la station balnéaire du Cap d'Agde, dans le cadre de l'aménagement touristique du littoral du Languedoc-Roussillon. Elle est devenue l'un des principaux ports de plaisance de la Méditerranée, la première station touristique d'Europe par sa capacité d'hébergement, et bénéficie d'une renommée internationale, en partie due à son quartier naturiste. La commune souffre cependant d'un taux de chômage élevé et son économie est marquée par l'importance des emplois saisonniers liés au tourisme estival.
Si la ville compte permanents en 2021, la population peut atteindre pendant la saison d'été, où elle devient la seconde ville du Languedoc-Roussillon... En mai 2024 le maire d'Agde est incarcéré pour des affaires de détournement de fonds.
Géographie Localisation La commune d'Agde se situe dans le fond du golfe du Lion, à l'embouchure de l'Hérault, dans le sud-ouest du département du même nom, et borde la mer Méditerranée dans sa partie sud. Par la route, Agde se trouve à à l'est de Béziers, chef-lieu d'arrondissement, à au sud-ouest de Sète et à au sud-ouest de Montpellier, chef-lieu du département.
C'est avec plus de une commune relativement vaste, qui s'étend sur environ d'est en ouest et du nord au sud. Les communes limitrophes sont Marseillan à l'est, Florensac au nord, Bessan au nord-ouest et Vias à l'ouest.
vignette|gauche|redresse=1.7|Schéma du littoral agathois. vignette|Le mont Saint-Loup domine le paysage agathois. vignette|Le fort de Brescou vu de la jetée du Cap-d'Agde. vignette|Réseau de ganivelles protégeant la plage Richelieu contre l'érosion éolienne. Le territoire de la commune a dans l'ensemble un relief très plat, dont l'altitude est le plus souvent inférieure à dix mètres, mais remonte légèrement vers le nord pour atteindre au Pioch Favié (nord-est du territoire)Carte topographique 2645Et Sète-Cap d'Agde 1/25000, IGN. Font exception les vestiges de l'ancien volcan dominés par le mont Saint-Loup, qui constitue avec ses un des rares reliefs de la côte languedocienne, et dont un prolongement en mer forme le cap d'Agde. Des éruptions volcaniques ont eu lieu dans la région à une époque géologiquement récente, entre ; les traces de ces éruptions se retrouvent dans les environs à Vias, Portiragnes, Saint-Thibéry.
Il inclut également l'îlot de Brescou, rocher basaltique portant le fort du même nom, situé à environ un kilomètre au sud-ouest de la pointe du cap d'Agde.
Le littoral, prolongé en mer par un vaste plateau continental, est principalement constitué de plages de sable fin, en pente très douce, très favorables aux activités de baignade. Les courants de dérive littorale qui longent la côteLanguedoc-Roussillon, courantologie, Ifremer, entraînant les sédiments, ont progressivement constitué un lido continu entre le delta du Rhône et les Pyrénées, isolant les étangs côtiers et faisant sensiblement avancer la ligne de côte depuis l'Antiquité.
Ces plages sont interrompues par la zone de falaise du cap et de quelques affleurements rocheux à l'est (vers la Roquille) et à l'ouest (Rochelongue) ainsi que par les entrées portuaires protégées par des jetées de port Ambonne, du port principal du Cap d'Agde et de l'embouchure de l'Hérault (Grau d'Agde). Une dizaine de plages se succèdent ainsi d'est en ouest sur environ : plage des naturistes, plage de la Roquille, plage du Môle, plage de la Conque (au sable noir résultant de la désagrégation des roches volcaniques), plagette entre la jetée Richelieu et les falaises, plage Richelieu, plage de Rochelongue, plage Saint-Vincent, plage du Grau d'Agde, plage de la Tamarissière. Certaines de ces plages sont sujettes à l'érosion et doivent être protégées et rechargées. Des brise-lames en épis ou parallèles à la côte ont été mis en place .
Entre 1946 et 1992, le solde entre érosion et accrétion a conduit à une perte de de terres au Cap-d'Agde et de à l'embouchure de l'HéraultL'évolution du trait de côte, Daniel Frayssinet, Diren Languedoc-Roussillon .. Cette érosion semble résulter d'une réduction des apports alluvionnaires des fleuves, notamment du Rhône (environ 90 %) depuis la création de nombreux barrages sur son cours, de l'urbanisation du littoral qui bloque une partie des sédiments et des aménagements portuaires (les jetées) qui contrarient les courants littoraux, ainsi que de l'élévation du niveau de la mer qui constitue surtout un facteur aggravant pour l'avenir.
Communes limitrophes
Hydrographie vignette|gauche|L'embouchure de l'Hérault au Grau-d'Agde. La commune d'Agde comprend l'embouchure de l'Hérault, dont le cours actuel serait, selon certains auteursEn particulier Charles lenthéric, Les villes mortes du golfe du Lion, réédité en 1989 chez Jean de Bonnot, ., l'ancien bras central d'un delta qui en aurait comporté deux ou trois dans l'Antiquité, formant plusieurs îles dont la plus grande comprenait la ville et le mont Saint-Loup. Le bras oriental, qui débouchait dans l'étang de Bagnas, est suivi à peu près par le cours du canal du Midi. Le tracé du bras occidental, qui se détachait un peu au sud de Bessan, est suivi par le cours actuel du ruisseau de l'Ardaillon, qui débouche dans l'étang du Clôt de Vias, en arrière de la plage de la Tamarissière.
vignette|Passe à poissons sur le barrage de la Pansière. Le cours actuel traverse la commune du nord au sud sur environ neuf kilomètres avec une très faible pente et en formant plusieurs méandres peu marqués. Il est coupé à l'entrée d'Agde par un barrage, la « chaussée des Moulins ». Cet ouvrage, appelé aussi « barrage de la Pansière« Pansière » dérive de l'occitan , barrage » marque la limite de salure des eaux. Il est doté d'une passe à poissons.
Le bief amont permet la communication entre les deux branches du canal du Midi. Sur une grande partie de son parcours entre Agde et la mer, le fleuve est bordé de quais en pierre basaltique construits aux . Son embouchure dans la mer est prolongée par deux jetées protégeant la passe contre l'ensablement qui a longtemps gêné la navigation dans le passé.
vignette|220px|gauche|Le Pont Saint-Joseph sur le canal du Midi. Plusieurs ruisseaux, généralement orientés nord-sud, irriguent aussi la commune. Ce sont, d'ouest en est, le ruisseau des Pantènes () entre le canal du Midi et le Clôt de Vias, où il rejoint le ruisseau de Montmorency, et dont le cours marque la limite avec la commune de Vias, le ruisseau des Mûriers () et le ruisseau de la Salamanque () entre le canal du Midi et l'Hérault (rive droite), le ruisseau des Courredous () prenant sa source à Florensac et débouchant dans l'Hérault (rive gauche) en amont de la ville d'Agde, le ruisseau Saint-Michel () qui se jette dans l'étang de Bagnas et dont le cours marque la limite entre les communes d'Agde et de Marseillan. Le Rieu mort () et le canal de Pont-Martin suivent la branche est du canal du Midi.. Le grau du Rieu, ancien émissaire de l'étang de Thau qui ne communique plus avec la mer, marque la limite intercommunale avec Marseillan-PlageCarte au 1/25000 Sète-Cap-d'Agde, n° 2645ET, IGN.
vignette|L'étang du Bagnas. La commune englobe des étangs et des marais : l'étang de Bagnas, le marais du petit Bagnas, partiellement asséché, tous deux inclus dans la réserve naturelle du Bagnas, l'étang du Clôt de Vias, séparé de la mer par la plage de la Tamarissière. L'ancien étang de Luno a été dragué pour former le port de plaisance du Cap-d'Agde. L'étang de Lano, dont une partie subsiste dans le parc du même nom, a été creusé pour former le port d'Ambonne, dans le quartier naturiste. Il est relié à la mer par un grau artificiel..
Si la plus grande partie de la commune se trouve dans le bassin versant de l'Hérault, sa partie orientale, limitrophe de Marseillan, appartient au bassin versant de l'étang de Thau. À ce titre la commune participe à la commission locale de l'eau du « SAGE du bassin versant de la lagune de Thau »..
Géologie Le sous-sol d'Agde est constitué de roches sédimentaires et volcaniques du Néogène (anciennement Tertiaire et Quaternaire), en partie recouvertes par des alluvions fluviatiles et marins récents..
Roches sédimentaires La région d'Agde est affectée au Tertiaire par l'effondrement de la chaîne pyrénéo-provençale suivi d'une série de transgressions et régressions marines au Miocène et au Pliocène, à l'origine de dépôts sédimentaires marins (molasses, argiles, sables) ou continentaux (alluvions, cailloutis, limons…). Lors de la transgression Pliocène, la mer s'est avancée jusqu'à dans les terres actuelles. On lui doit la couche des sables jaunes de Montpellier (faciès Astien) qui affleure au nord de Florensac. Ces sédiments sont recouverts par les épanchements et projections volcaniques ou par des alluvions plus récentes. vignette|La pointe du cap d'Agde, il s'agit des restes d'un dyke. À l'extrémité, les deux rochers dits « les Deux Frères ». vignette|Alignement nord-sud des coulées basaltiques dans l'Hérault.
Dans la frange littorale sont présents des dépôts dunaires de l'Holocène et des sables fins mêlés de débris coquilliers constituant le cordon littoral. Au Grau-d'Agde, la « roche Notre-Dame », formée de calcaire coquillier interglaciaire, présente les seuls rochers non volcaniques de la communeBRGM, carte géologique au 1/50000, feuille Agde..
Roches volcaniques