Le Film d'art est une société de production cinématographique française pionnière fondée en 1908 par le financier Paul Laffitte, un actionnaire de Pathé, rachetée en 1936 par Henri Diamant-Berger et disparue en 1972.
Histoire Le , Paul Laffitte fonde à Paris au 4 rue Charras, sur sollicitation des sociétaires de la Comédie-Française, la société Le Film d’art pour assurer la production à l'écran de scènes historiques, mythologiques ou théâtrales filmées à partir d'adaptations authentiques et renomméesL'acte de constitution (février 1908) du Film d'art annonce . Cité in 1895, , Dictionnaire du cinéma français des années vingt, 2001, : il a pour associés son frère Léon Laffitte et son beau-frère Richard Cantinelli (1870-1932), Henri Lavedan, Charles Le Bargy, Jean Camille Formigé et pour principal client les productions Charles Pathé, dont Laffitte est actionnaireVentes de 180 lettres du Films d'art - Correspondance Henri Lavedan et autres, Ader, 16 mai 2018..
Le but principal de la création de cette société est à la fois d'élargir le public du cinéma (alors plutôt populaire) aux couches plus cultivées de la population et de faire du cinéma « le grand éducateur du peupleIbid. ». Victime de sa réputation de spectacle de foire, le cinéma est à l'époque un spectacle dont se détournent le public du théâtre et celui de l'opéra. Pour les amener au cinéma, Le Film d'art fait appel aux comédiens et metteurs en scène du théâtre.
Les ateliers de production se situaient à Neuilly-sur-Seine, au 14 rue Chauveau.
La soirée du , avec la projection de L'Assassinat du duc de Guise, marque ainsi selon les mots de Georges Sadoul In Histoire générale du cinéma, tome 2, Paris, Denoël, 1948, . Le film, écrit par l'académicien Henri Lavedan et réalisé par André Calmettes et Charles Le Bargy, reçoit un accueil enthousiaste de la part d'un public et a droit, c'est une première et une promotion pour le cinéma, à une critique d'Adolphe Brisson dans le quotidien Le TempsReproduit in Daniel Banda et José Moure, Le cinéma : naissance d'un art. 1895-1920, Paris, Flammarion, Champs, 2008.
La société eut pour directeurs : Paul Laffitte (1908-1909), puis Paul Gavault (1909-1911), puis Charles Delac (1911-1936) et Marcel Vandal, puis Henri Diamant-Berger (1936-1972).
Le siège parisien passa au 21 rue Chaptal, puis à partir de 1912, au 5 boulevard Montmartre : devenue société anonyme à la suite de son entrée réussie à la bourse de Paris, elle déclarait à cette époque un capital de francs.
Comme L'Assassinat du duc de Guise, les films les plus célèbres sont des reconstitutions historiques ou des « grands sujets » : Le Baiser de Judas (1908) réalisé par Armand Bour et André Calmettes ou Le Retour d'Ulysse (1909) réalisé par André Calmettes et Charles Le Bargy, etc.
Le Film d'art adapte pour le cinématographe un certain nombre de mimodrames ayant eu du succès, quelques années plus tôt, sur les scènes parisiennes comme L'Empreinte ou la Main rouge réalisé par Paul-Henry Burguet (1908), L'Homme aux poupées (1909) et La Main (1909), réalisés tous deux par Henri Berény.
Le est fondée la Société Générale de Cinématographie (SGC) qui a pour objet « l’achat, la vente, la location de tous films cinématographiques et d’une façon plus particulière, l’exploitation exclusive sous toutes formes des marques cinématographiques connues sous le nom de Film d’Art, Film des Auteurs et Monofilm ».
Dans les années 1960, la raison sociale est réactivée par Henri Diamant-BergerFilmographie du Film d'art (Henri Diamant-Berger).. Ce dernier a acquis la société en 1936Ciné-Ressources, Henri Diamant-Berger..
Une société portant le même nom est constituée en 2009 par Jérôme Diamant-Berger, petit-fils d'Henri Diamant-Berger.
Filmographie partielle
1908 : Un duel sous Richelieu d'André Calmettes 1908 : L'Assassinat du duc de Guise d'André Calmettes 1908 : Britannicus d'André Calmettes 1908 : L'Empreinte ou la Main rouge de Paul-Henry Burguet 1908 : Le Baiser de Judas d'Armand Bour et André Calmettes 1908 : Œdipe roi d'André Calmettes 1909 : Héliogabale d'André Calmettes 1909 : Le Retour d'Ulysse d'André Calmettes et Charles Le Bargy 1909 : Andromaque d'André Calmettes 1909 : L'Homme aux poupées d'Henry Berény 1909 : La Main d'Henry Berény 1909 : Hamlet d'André Calmettes 1909 : Macbeth d'André Calmettes 1909 : La Tosca d'André Calmettes et Charles Le Bargy 1909 : Rigoletto d'André Calmettes 1909 : Rival de son père d'André Calmettes 1911 : Le Colonel Chabert d'Henri Pouctal 1911 : Une conquête d'Henri Pouctal 1912 : La Dame aux camélias d'André Calmettes et Henri Pouctal 1912 : Les Trois mousquetaires d'André Calmettes et Henri Pouctal 1912 : La Robe rouge d'Henri Pouctal 1914 : La Dénonciatrice de Georges-André Lacroix 1916 : Alsace d'Henri Pouctal 1916 : Ce que les flots racontent d'Abel Gance 1916 : Fioritures d'Abel Gance 1916 : Le Fou de la falaise d'Abel Gance 1917 : Les Mouettes de Maurice Mariaud 1917 : Mater dolorosa d'Abel Gance 1917 : Barberousse d'Abel Gance 1918 : Frivolité de Maurice Landais 1918 : Le Comte de Monte-Cristo d'Henri Pouctal 1919 : Fanny Lear de Jean Manoussi et Robert Boudrioz 1919 : Les Dames de Croix-Mort'' de Maurice Mariaud
Filmographie Vandal et Delac
Notes et références
Voir aussi Bibliographie .
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Chronologie du Film d'Art. L'histoire mouvementée d'un catalogue
Liens externes
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