Leulinghen-Bernes est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais en région Hauts-de-France. Elle porte le nom officiel de Leulinghen dès 1801 puis le nom actuel Leulinghen-Bernes depuis 1921. Ses habitants sont appelés les Leulinghenois. Sa population est de au recensement de . Elle est située à mi-distance entre Boulogne-sur-Mer et Calais et dans le parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale.

Le territoire de la commune se trouve en partie dans le bassin carrier de Marquise duquel a été extrait le « marbre Lunel » pour la restauration du sol de la cathédrale Notre-Dame de Paris à la suite de l'incendie.

Géographie Localisation Localisée dans l’ouest du département du Pas-de-Calais, Leulinghen-Bernes est une commune limitrophe, au sud, de la commune de Marquise et située, à vol d'oiseau, à du cap Gris-Nez et à au nord-est de la commune de Boulogne-sur-Mer (aire d'attraction et chef-lieu d'arrondissement)..

Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de cinq communes.

Géologie et relief La superficie de la commune est de ; son altitude varie de .

Le relief, incliné depuis la cuesta de la boutonnière du Boulonnais, est le plus haut dans la partie nord-est de la commune ( en limite nord-est). Il est fortement marqué par l'exploitation des carrières dans la partie est ; et vallonné dans la partie agricole à l'ouest, le ruisseau de Blacourt serpentant au sud du village (situé à d'altitude), puis vers le nord-ouest et le hameau de Bernes (situé à d'altitude), dans le vallon, avant de rejoindre le bassin de la Slack à une altitude d'environ Carte IGN.. La commune est reconnue en état de catastrophe naturelle à la suite des inondations et coulées de boue du au ..

Sur le plan géologique, on retrouve à l'ouest les terrains secondaires du fond de la boutonnière (argiles, grès, calcaires) au sein desquels affleurent des terrains primaires à l'est (calcaires, dolomies, schistes, houillers, grès). Le risque lié au retrait-gonflement des argiles est globalement faible sur la commune. Il est nul sur la majorité du territoire communal dont le village et moyen au niveau de deux poches (entre l'autoroute et les hameaux de Bernes et Étienville, et au sud de l'église en limite communale)..

Hydrographie

Le territoire de la commune est situé dans le bassin Artois-Picardie..

La commune est drainée par cinq cours d'eau : le Blacourt, d'une longueur de ; le ruisseau de Bazinghen, cours d'eau naturel de , qui prend sa source dans la commune de Tardinghen et se jette dans la Fausse rivière au niveau de la commune de Marquise ; le ruisseau d'Estebecque, d'une longueur de ; un cours d'eau au toponyme hydrographique inconnu, d'une longueur de , qui prend sa source dans la commune de Ferques et se jette dans le Blacourt au niveau de la commune ; la Grange Bleue, d'une longueur de .

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Leulinghen-BernesLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement () ; forte humidité de l’air (plus de avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Boulogne-sur-Mer à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Paysages

La commune s'inscrit dans les « paysages boulonnais » tels qu'ils sont définis dans l'atlas de paysages de la région Nord-Pas-de-Calais, conçu par la direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL)La DREAL distingue, dans la région Nord-Pas-de-Calais, quatre grandes familles de paysages : ceux du Haut Pays, Bas Pays, Littoraux et d'interface. Ces grandes familles de paysages comprennent ... Ces « paysages qui concernent , se délimitent : au nord, par les paysages des coteaux calaisiens et du Pays de Licques, à l’est, par le paysage du Haut pays d'Artois, et au sud, par les paysages Montreuillois..

Ces paysages, constitués d'une boutonnière bordée d'une cuesta définissant un pays d'enclosure, sont essentiellement un paysage bocager composé de de son sol en herbe ou en forêt et de en herbage, avec, dans le sud et l'est, trois grandes forêts, celle de Boulogne, d'Hardelot et de Desvres et, au nord, le bassin de carrière avec l'extraction de la pierre de Marquise depuis le Moyen Âge et de la pierre marbrière dont l'extraction s'est développée au .

La boutonnière est formée de trois ensembles écopaysagers : le plateau calcaire d'Artois qui forme le haut Boulonnais, la boutonnière qui forme la cuvette du bas Boulonnais et la cuesta formée d'escarpements calcaires.

Dans ces paysages, on distingue trois entités : les vastes champs ouverts du Haut Boulonnais ; le bocage humide dans le Bas Boulonnais ; la couronne de la cuesta avec son dénivelé important et son caractère boisé.

Milieux naturels et biodiversité Espace protégé et géré

La protection réglementaire est le mode d’intervention le plus fort pour préserver des espaces naturels remarquables et leur biodiversité associée..

Dans ce cadre, le territoire de la commune fait partie d'un espace protégé : le parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale, d’une superficie de réparties sur , géré par le syndicat mixte d'aménagement et de gestion du parc naturel régional des Caps et Marais d'Opale. ; elle est par ailleurs incluse dans le périmètre du SAGE du Boulonnais.

Zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique

L’inventaire des zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) a pour objectif de réaliser une couverture des zones les plus intéressantes sur le plan écologique, essentiellement dans la perspective d’améliorer la connaissance du patrimoine naturel national et de fournir aux différents décideurs un outil d’aide à la prise en compte de l’environnement dans l’aménagement du territoire.

Le territoire communal comprend deux ZNIEFF de Les ZNIEFF de sont des secteurs d’une superficie en général limitée, caractérisés par la présence d’espèces, d’association d’espèces ou de milieux rares, remarquables, ou caractéristiques du milieu du patrimoine naturel régional ou national. : la basse vallée de la Slack. Cette large vallée est composée d’un remarquable complexe de prairies alluviales pâturées ou fauchées, plus ou moins longuement inondables et ponctuées de mares et d’étangs de chasse. ; le bocage au Nord de Ferques, d’une superficie de et d'une altitude variant de . Le site présente une géologie feuilletée où se succèdent une dizaine de couches géologiques dont les assises du Dévonien qui sont les plus étendues.. vignette|redresse=1.6|centre|Carte des ZNIEFF sur la commune.

Espèces faunistiques et floristiques L’Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) recense plusieurs espèces faunistiques et floristiques sur le territoire de la commune dont certaines sont protégées et d’autres menacées et quasi-menacées..

Urbanisme Typologie Au , Leulinghen-Bernes est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de MarquiseUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération intra-départementale regroupant trois communes, dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Marquise comprend une ville-centre et deux communes de banlieue... Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Boulogne-sur-Mer, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (68 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (77,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (41,3 %), mines, décharges et chantiers (31,6 %), prairies (26,3 %), zones agricoles hétérogènes (0,5 %), zones urbanisées (0,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Voies de communication et transports La gare de Marquise-Rinxent se situe à moins de , la gare de Calais-Fréthun à par la route. L'échangeur 36, à , permet l'accès à l'autoroute A 16. Le village est desservi par la D 241.

Risques naturels et technologiques Le risque sismique est faible sur l'ensemble du territoire communal (zone 2 sur cinq du zonage mis en place en )., comme dans la majorité du Pas-de-Calais.

Toponymie

D'après l'historien Auguste de Loisne, le nom de la localité est attesté sous les formes Loningaheimo en 776 ; Loningahem de 846 à 864 ; Loningehem en 1075 ; Lolingehem en 1157 ; Lulinghem en 1179 ; Lulingahem, Lullingahem en 1180 ; Lolinghem en 1223 ; Lollinghem, Lellinghem en 1286 ; Lunninghem en 1305 ; Loulighem à la fin ; Lelinguen en 1401 ; Loeulinguen, Loeulinguehen en 1501 ; Leullinghen en 1506 ; Lolanghem vers 1512 ; Lollinghem en 1572 ; Leulinghen en 1681.. ; Leulinghen en 1793 et en 1801 et Leulinghen-Bernes depuis 1921.

Comme pour son homonyme, la commune de Leulinghem, le toponymiste Ernest Nègre donne comme origine toponymique l'anthroponyme germanique Launo ayant subi l'attraction du nom Laulindis, suivi de -ingen « gens (de) » + heim « demeure, maison », donnant la « demeure du peuple de Launo »..