Marck est une commune française située dans le département du Pas-de-Calais, en région Hauts-de-France. Ses habitants sont appelés les Marckois. La commune est membre de la communauté d'agglomération Grand Calais Terres et Mers.

La commune de Marck (nom officiel depuis 1801), est une commune littorale avec de grands espaces dunaires située dans le nord-est du département du Pas-de-Calais et limitrophe, à l'ouest, de la commune de Calais. Elle marque la séparation entre la Manche et la mer du Nord (au niveau du phare de Walde). C’est une commune de type ceinture urbaine, appartenant à l’unité urbaine de Calais, avec une population qui est passée de en 1946 à au dernier recensement de . La commune s’inscrit dans les « paysages des dunes de la mer du Nord » tels qu’ils sont définis dans l’atlas de paysages du Nord-Pas-de-Calais.

Le territoire communal comprend trois espaces protégés et gérés et deux ZNIEFF dont le platier d’Oye et la plage du Fort Vert. Il est traversé par la piste cyclable « La Vélomaritime », partie côtière française de la « Véloroute de l’Europe - EuroVelo 4 » et par le sentier de grande randonnée ou (partie du sentier européen E9).

Le patrimoine architectural de la commune comprend deux monuments présents à l'inventaire des monuments historiques : l'église Saint-Martin (inscrite) et le phare de Walde (classé).

La commune a servi de cadre pour la réalisation du film L'Amour ouf réalisé par Gilles Lellouche.

Géographie Localisation Localisée dans le nord-est du département du Pas-de-Calais, Marck est limitrophe, à l'ouest, de Calais (chef-lieu d'arrondissement). Elle est située, à vol d'oiseau, à à l'ouest de Dunkerque, au nord-ouest de Lille et environ au nord de Paris.. Sur sa plage se trouve le phare de Walde, qui marque l'endroit séparant la mer du Nord de la Manche.

Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de six communes, de la Manche et de la mer du Nord.

Géologie et relief La superficie de la commune est de ; son altitude varie de .

Marck repose sur des sédiments holocènes (c'est-à-dire datant des dernières années) dont l'important banc des Pierrettes.. Il s'agit d'un cordon littoral composé de banc de sables, graviers et galets qui émerge de Sangatte à Marck. de quelques mètres au-dessus de la plaine environnante en s'élargissant vers l'est.

À Marck, à l'extrémité est du banc des Pierrettes, les affleurements sont sableux avec quelques lits de galets en profondeur (accumulation littorale qui s'est terminée au Subboréal soit vers 1500-1000 avant J.-C.).

L'axe Sangatte-Marck constituait le front littoral ancien.. Le front littoral actuel est l'aboutissement de la dynamique d'érosion et de sédimentation. qui s'est terminée vers 400 avant J.-C. Elle a été suivie de dépôt de sables éoliens dunaires (-)..

Toutefois la morphologie de la plaine côtière continuera de se modifier jusqu'au sous l'influence des entrées marines (transgression marine Dunkerque II) contrariées au niveau de Marck par l'axe dunaire des Pierrettes qui reste émergé.

Au nord de ce cordon (entre l'actuel canal de Marck et le rivage), des dunes vont se former tout au long du Moyen Âge avec des épisodes de submersion (on y trouve des alluvions marines argileuses). Au sud, des terres humides voire marécageuses rendent l'occupation humaine difficile. À l'est le vaste golfe correspondant à l'estuaire de l'Aadésigné sous le nom de Sinus Itius par Malbrancq. Cette appellation est contestée par les auteurs contemporains (Delmaire). En effet, elle introduit une confusion avec Portus Itius, lieu d'embarquement de César pour ses expéditions en Bretagne, qui se situait vraisemblablement à Boulogne. va progressivement se combler par le jeu de facteurs naturels (alluvions fluviatiles et marines argileuses) et par l'action de l'homme.. L'Aa s'écoule alors par une multitude de bras. L’un d'eux va percer le cordon dunaire à l’ouest de Calais et rejoindre la mer.. Les plus importants seront canalisés au fil des siècles (canal de Calais, d'Audruicq, d'Ardres, de Guines). La région est alors un vaste marécage.

Géomorphologie Les plages de Marck, au Fort-Vert et aux Hemmes de Marck, présentent des caractéristiques originales bien documentées..

En effet, depuis le Moyen Âge, les terres ont gagné deux kilomètres sur la merphénomène de progradation, on dit aussi d'accrétion ou d’engraissement. Les photos aériennes des années 1950 montrent même un gain de 3 à par an jusqu'à aujourd'hui..

L’accrétion est donc ancienne mais pas linéaire. L’histoire garde la mémoire de fréquentes et catastrophiques inondations marines de la plaine en arrière du cordon dunaire jusqu’au .

Les travaux d’endiguement (digue royale en 1620, digue taaf en 1773) ont mis fin à ces inondations et l’accrétion s’est poursuivie ( depuis la construction des digues).

Comment expliquer ce phénomène alors que les autres plages de la Côte d’Opale subissent plutôt des phénomènes d’érosion ?

Les courants marins d’ouest de sortie du Pas-de-Calais jouent un rôle majeur avec la formation de bancs de sable de pleine mer (ridens de Calais, ridens de la rade) constituant un stock important de sable pour l’accrétion à venir.

L’estran est très peu incliné avec moins de 0,4 % sur de plage. Le bas de plage est plus incliné avec une pente de 1 à 1,5% et avec un marnage compris entre pour des coefficients de marée moyens de 45 à 95. On qualifie la plage de macrotidale, c'est-à-dire que l'estran subit des amplitudes de marée importantes (plus de ).

La pente et le marnage permettent la création d’un système de barres et de bâches peu profondes (). Le courant, les marées engendrent une migration des barres vers le haut de la plage.

À ce stade, le vent va permettre l’accumulation vers le haut de la plage de sable qui va être piégé par une armature dense de rhizomes et de tiges aériennes d’Elymus farctus (chiendent des sables ou chiendent piquant, espèce particulièrement colonisatrice). Cette accumulation par déflation éolienne est d'autant plus importante que la plage est ventéece qui est le cas avec météorologiques spéciaux signalant des vents supérieurs à 7 sur l'échelle de Beaufort (supérieurs à 62 km/h) en 2007. et que les vents dominants sont orientés nord-ouest et épisodiquement nord-est.

Ces dunes embryonnaires sont submergées à l’occasion des grandes marées mais le solde demeure positif avec un engraissement de ces dunes générant une élévation progressive. Avec le temps elles forment un réseau de dunes parallèles et sont colonisées par les oyats (Ammophilia arenaria).

Hydrographie

Le territoire de la commune est situé dans le bassin Artois-Picardie..

La plaine maritime dont fait partie Marck est en fait un polder. De ce fait, de nombreux canaux, watergangs, ou wateringues, parcourent la commune et en assurent le drainage comme le watergang des Cappes, le watergang du Plein Fossé, le watergang du sauve-en-temps.,le watergang des salines., le watergang du bandick., le watergang du bas-près des matelots., le watergang du Meldick., le watergang du nord., le watergang du sud., le watergang du sud., le watergang des accrues.. Le réseau est géré par l'Institution intercommunale des wateringues et Marck fait partie de la troisième section.

Le canal de Marck est le principal de ces canaux, d'une longueur de , il prend sa source dans la commune d'Ardres et se jette dans le canal de Calais à Saint-Omer au niveau de la commune de Calais.

Le polder est très plat et son altitude générale ne permet l’écoulement des eaux douces à la mer que pendant la marée basse, quand le niveau de la mer est inférieur au niveau d’eau dans les canaux. On appelle cet écoulement l’évacuation gravitaire.

À marée haute, il faut empêcher la mer d’envahir les terres. Les portes à la mer sont fermées. Les eaux douces arrivant de l’amont ainsi que les eaux pluviales sont stockées dans le réseau de canaux.

À marée basse, les portes à la mer sont ouvertes pour évacuer les eaux qui se sont accumulées dans les canaux.

Lorsqu’à marée haute, les pluies engendrent un apport d’eau ne pouvant pas être stocké dans les canaux sans provoquer de débordements et donc d’inondations, des stations de pompage de grande capacité permettent d’évacuer artificiellement les eaux excédentaires à la mer.

Concernant le canal de Marck, une station de pompage d’une capacité de permet l’évacuation de l’eau collectée au niveau du port de Calais (exutoire dans le nouveau bassin de l’est).

Il est aussi équipé d’un clapet qui permet la régulation et de faire face soit au manque d’eau, soit aux excès d’eau. Il est manœuvré au rythme des marées et des saisons.

Deux modes de gestion des niveaux d’eau sont appliqués sur un polder : d’octobre à mars : les niveaux d’eau sont abaissés afin de disposer d’un volume de stockage maximum en cas d’événement pluvieux. Les vannes sont entièrement ouvertes. Le pompage peut être activé pour relever l’eau des terrains les plus bas vers les canaux et pour ensuite la rejeter à la mer si les canaux sont susceptibles de déborder ; d’avril à septembre (étiage) : la pluviométrie est généralement plus faible. Les ouvertures des portes à la mer sont limitées à marée basse afin de ne pas gaspiller l’eau douce. Les pompes ne sont pas mobilisées, certaines vannes (ou clapets) sont abaissées pour retenir l’eau, d’autres sont ouvertes pour alimenter les watergangs par des prises d’eau sur les canaux. Les watergangs sont maintenus à un niveau relativement haut pour empêcher les remontées d’eau salée, éviter le tassement des tourbes, permettre l’irrigation des parcelles et préserver la biodiversité des watergangs et des zones humides.

Ainsi le canal de Marck collecte les eaux du watergang du nord et du bandyck, lui-même alimenté par le redyck lebeurre.. Il est en connexion avec la rivière d’Oye, alimentée par le redyck couvois. et se poursuit en direction des Attaques en prenant le nom de canal du Houlet. Il permet l’assainissement de six cents hectares..

vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de MarckLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement () ; forte humidité de l’air (plus de avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents.. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Paysages