Isola (en occitan vivaro-alpin Líusola selon la norme classique ou Liéusoulo selon la norme mistralienne) est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

L'étymologie n'est pas transparente, sans rapport avec « isola » signifiant « île ». Ses habitants sont appelés les IsoliensGentilé sur le site habitants.fr Consulté le 20/07/2008.En niçois (Georges Castellana), ses habitants sont appelés lu Isoulan..

Géographie Localisation Nice se situe à 73 km au sud-est.

La station de ski d'Isola 2000 se trouve à 17 km du village d'Isola sur le territoire de la commune et est appelée ainsi en référence à son altitude.

Géologie et relief Le village est implanté au confluent de la Tinée et de la Guercha, à . « Torrent de la Guercha » qui, en amont, n'a pourtant qu'un affluent secondaire le « vallon de Chastillon ». C'est sans doute pour des raisons historiques et frontalières que la partie aval du vallon de Chastillon a ainsi été dénommée « Guerche ». En effet, de 1860 à 1947, le vallon de « Castiglione » (Chastillon depuis 1947) était situé en territoire italien et la frontière avec l'Italie passait alors par la partie amont de la Guerche. Pour les Français, c'est donc la Guerche (française) et non le Castiglione (italien) qui se jetait dans la Tinée. Et cette ancienne dénomination a perduré depuis - même si elle heurte la géographie - car elle relève sans doute de l'histoireIsola, vu de l’ouest (860 m).

Environnement La région et en particulier le parc du Mercantour abritent des paysages montagneux remarquables et une importante biodiversité, que de nombreux touristes, promeneurs et naturalistes viennent observer ou étudier. Les élus de la commune d'Isola ont cependant décidé en 2013 de se retirer du parc naturel régional (qui existe depuis plus de 30 ans), au motif que les gardes auraient appliqué trop sévèrement la réglementation sur la protection de la nature, et parce que la population craindrait que la réglementation contraignante du cœur de parc ne s'étende à la communeIsola, première commune à quitter le parc du Mercantour, article du journal Nice-Matin, daté 2013-05-16, consulté 2013-07-20.

Le bassin versant d'Isola est étudiéLaurent Pourcelot, Philippe Renaud, Didier Louvat, Rodolpho Gurriaran, Patrick Richon (2003), Influence des points de concentration en césium‐137 sur la contamination d‘une chaîne alimentaire de type alpin et estimation des doses associées ; Environnement, Risques & Santé. Volume 2, Numéro 2, 112-20, mars 2003 par l'IRSN car touché par les retombées du nuage de TchernobylRenaud Ph, Beaugelin K, Maubert H, Ledenvic Ph. Les retombées en France de l'accident de Tchernobyl, conséquences radioécologiques et dosimétriques. Paris : EDP Sciences, 1999 : 146 p.. Des prairies d'altitude contiennent encore des taux élevés de 137Cs. La a été évaluée : les produits consommés par l'homme (ou des animaux tels que le sanglier) sont les champignons (273 à 1165 Bq par kg de champignons frais) et les myrtilles (5‐140 Bq par kg de myrtilles fraiches), avec des variations saisonnièresAlbers BP, Steindl H, Schimmack W, Bunzl K. (2000)Soil to plant and plant to cow's milk transfer of radiocaesium in alpine pastures: significance of seasonal variability. Chemosphere ; 41 : 717-23. La radioactivité mesurées dans le muscle de quelques espèces de gibier pour le césium était en 1999-2002 jugée par l'IRSN « faible », ; c'est-à-dire bien moins élevée que celle de l'environnement dans les "points chauds" (ou où 13 à 15 ans après le passage du nuage, jusqu'à ont été mesurés). Ailleurs, des accumulations de radionucléïdes ont été trouvés aux pieds de dalles rocheuses ou dans les "dépressions" naturelles de montagne et de forêt de montagnePourcelot L, Louvat D, Gauthier-Lafaye F, Stille P. (2003) Mechanism of formation of enriched areas soils radioactivity in mountain soils. J Environ Radioact ; Volume 68, Issue 3, 2003, Pages 215–233 (résumé)) : À Isola et dans son bassin versant, pour les échantillons mesurés de viande de cerf, chamois et mouflons, le muscle était peu radioactif (quelques Bq.kg ‐1 de viande fraiche), mais plus importante chez le sanglier (qui apprécie les champignons). Le lait de vache (13 à 15 ans après l'accident de Tchernobyl contenait de 1,3 à 6,2 Bq.L-1, , probablement dues à . L'herbivorie n'expliquerait qu'une partie de la variabilité du lait. Le 137Cs contribue pour 40 % au débit de dose ambiant ; Selon l'IRSN, la est le scénario présentant le risque le plus élevé pour l'homme ().

Catastrophes naturelles - Sismicité Le , de nombreux villages des diverses vallées des Alpes-Maritimes (Breil-sur-Roya, Fontan, Roquebillière, St-Martin-Vésubie, Tende...) sont fortement impactés par un « épisode méditerranéen » de grande ampleurAlex : Épisode méditerranéen en Provence en octobre 2020. Certains hameaux sont restés inaccessibles jusqu'à plus d'une semaine après la catastrophe et l'électricité n'a été rétablie que vers le . L'arrêté du portant reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle a identifié , dont Isola, au titre des Communes reconnues en état de catastrophe naturelle - Alpes-Maritimes et Côtes-d'Armor.

La commune est située dans une zone de sismicité moyenneDidacticiel de la règlementation parasismique.

Hydrographie Cours d'eau sur la commune ou à son avalL'eau dans la commune : rivière la Tinée ; vallons de rubenta, de vareglio, de louch, de chastillon ; les trérious ; ruisseaux du bausset ; Riou merlier, Riou chaunisTronçons de cours d'eau classés en liste 1 ; torrent de la Guercha.

Isola dispose de deux stations d'épuration : Isola village, d'une capacité de Description de la station ISOLA Village ; Isola 2000, d'une capacité de Station d'épuration Isola 2000.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Var, Alpes-Maritimes » et « Alpes du sud ». Elle est en outre dans la zone H3 au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Voies de communications et transports Voies routières Accès par la route nationale 202, à partir du pont de la Mescla, départementale 2205Plan de situation.

Transports en commun Transport en Provence-Alpes-Côte d'Azur Commune desservie par le réseau Lignes d'AzurLignes d'Azur sur le territoire de la Métropole Nice Côte d'Azur.

Communes limitrophes

Urbanisme La commune est intégrée dans le plan local d'urbanisme métropolitain approuvé le Plan local d'urbanisme métropolitain (PLUm).

Typologie Au , Isola est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols simplifiée L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (99,3 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (99,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (45,9 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (27,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (26,2 %), zones agricoles hétérogènes (0,4 %), zones urbanisées (0,3 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Occupation des sols détaillée

Le tableau ci-dessous présente l'occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).

+Occupation des sols en 2018 Type d’occupation Pourcentage Superficie (en hectares)Tissu urbain discontinu0,3 %30Systèmes culturaux et parcellaires complexes0,3 %34Forêts de feuillus5,8 %578Forêts de conifères38,4 %3826Forêts mélangées1,7 %171Pelouses et pâturages naturels12,5 %1243Landes et broussailles4,7 %468Forêt et végétation arbustive en mutation9,0 %901Roches nues13,1 %1302Végétation clairsemée14,1 %1405Source : Corine Land Cover.

Toponymie Dans les archives, on trouve les noms de Leudola, en 1097, Lensola, en 1200, de Leuzolan, en 1296, Lieusola, en 1333 et 1562. C'est la déformation de cette dernière transcription par les cartographes qui aurait donné par erreur Isola au . La première transcription pourrait provenir du ligure *leu signifiant « pente herbeuse »Nice Rendez-vous : Isola.

Histoire Une opération archéologique conduite en 2018 par le Service d'Archéologie de Nice Côte d'Azur, sous la direction de Madame Lise Damotte, sur la place Vieille a permis d'identifier différentes phases d’occupation, allant de la Préhistoire récente (avec des indices de fréquentation de la fin de la Préhistoire ancienne) à l’Époque Moderne. L'implantation humaine à Isola remonte donc à une époque bien antérieure à la période pré-romaine.

À partir de la fin du Isola fait partie du comté de Provence. En 1384, à la mort de son suzerain, le roi Louis Ier d'Anjou comte de Provence, duc d'Anjou et roi de Naples, son fils — le roi Louis II d'Anjou — n'a que onze ans et c'est sa mère Marie de Blois qui assure la régence en ces temps troublés. Et c'est quatre ans plus tard, en 1388, que le comté de Provence est amputé de ses terres orientales dont Isola fait partie.

Sous l'autorité de la maison de Savoie de 1388 à 1792 En 1388, Jean de Grimaldi dit « Jean de Bueil », baron de Bueil (devenu Beuil), gouverneur de Nice et sénéchal dans le comté de Provence et de Forcalquier, négocie avec Amédée VII de Savoie — comte de Savoie, d'Aoste et de Maurienne — la dédition de Nice à la maison de Savoie. Dédition dans le cadre de la division administrative des « Terres neuves de Provence » (de la maison de Savoie) — dont fait partie Isola — et que les autorités dénommeront comté de Nice à partir de 1526.